Contre-attaque

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Point de vue d'Anéon :

Et qui êtes-vous ? demandai-je au mystérieux personnage.

Je perçus un gloussement mental de sa part, avant qu'elle ne reprenne la parole avec un léger sarcasme.

Même dans une telle situation, tu poses une question pareille ? Pour le moment, contente toi d'ouvrir complétement ton Esprit au mien.

Qu'est ce qui me prouve que je peux vous faire à ce point confiance ?

Ce n'était pas pour rien que rechignai à accepter son aide, car ce qu'elle me demandait de faire n'était pas anodin. En plus du fait que j'ignorai ce que cette personne pouvait être, il y avait de grands risques à lui permettre l'accès total à mon Esprit. De ce que l'on m'avait enseigné, il existait des êtres dont les faits relataient une telle force spirituelle qu'elles pouvaient plier la volonté de leur victime et les obliger à faire tout ce qu'elles souhaitaient. Voire même de briser leur conscience et de les transformer en simple coquille vide. Il était donc extrêmement dangereux pour moi de lui obéir.

Je rompis le contact en entendant un fracas assourdissant de là où j'étais entré. L'un des chiens venait d'arriver, à ma plus grande horreur. Je lui fis face avec une certaine appréhension quant à ce que je devais faire, alors qu'il avançait calmement malgré la présence des flammes tout autour de lui. Alors que la bête grondante approchait, la voix se refit entendre avec un ton pressant.

Je ne pense pas que tu sois en mesure de discuter Anéon !

  • Comment est-ce que...

Fais ce que je te dis si tu veux vivre !

J'hésitai encore une seconde, et cela suffit pour que le chien, avec une rapidité incroyable, dévora l'espace entre lui et moi et sauta la gueule grande ouverte.

  • Bon sang !!! hurlai-je alors que, face au mur, je brisai toutes mes barrières mentales et permis à l'inconnue de se lier à mon Esprit.

Et aussitôt, alors que le chien était presque sur moi, mon corps ne m'obéit plus. La conscience de l'être dont j'avais offert l'accès me domina complétement, et s'appropria le contrôle, me laissant comme hors de moi-même. Sans que je ne puisse y faire quoique ce soit, elle releva mon bras encore valide, et l'emmena avec une aisance et une vitesse que je ne pus suivre droit sur le canidé. Il y eut un éclat de lumière qui se dégagea et s'allongea depuis ma main, et le bruit d'une lame tranchant la chair parvint à mes oreilles. Le prédateur de brume disparu en brûlant dans un feu rougeoyant, et alors que celle qui me possédait ramenait lentement mon bras, j'en profitai pour admirer la nouvelle épée que je tenais qui, contrairement à la projection de Vesingrí, avait une apparence physique.

Elle était aussi incroyablement grande, plus que ma taille actuelle, pourtant sans être trop lourde à porter. La lame assez large se scindait en deux, en formant en réalité deux qui divergeaient vers la moitié et revenaient une trentaine de centimètre avant la fin. Elles ne se rejoignaient pas complétement, celle de droite plus courte que l'autre, et leur seul lien était un cristal transparent installé entre elles vers la base sur dix centimètres. Elles étaient complétement noires, mais leurs extrêmités rayonnaient d'une blancheur éclatante. Sans parler de la puissance que je sentai bourdonner à travers elle.

L'être, toujours dominant mon corps, fendit l'air de l'épée pour en ôter le sang noir de la bête qui partit facilement, avant de s'adresser de nouveau à moi avec ma propre voix.

  • Pardon d'avoir emprunté ton corps, mais je me devais d'agir au plus vite. J'espère que tu ne m'en veux pas trop alors que tu m'as fait confiance.

Heu... Non. Au contraire, je te remercie. Sans toi, je me serai retrouver en nourriture pour chien.

  • Crois-moi, ce sort-là aurait été enviable à celui qui t'attendait s'il t'avait eu, rétorqua-t-elle gravement.

Puis, à la suite de ses paroles prononcées aussi sérieusement, je m'entendis ( ou plutôt mieux dit l'être ) glousser légèrement, avant que je ne la sente glisser hors de mon Esprit et rejoindre l'épée. Commençant à y voir plus clair, je fixai l'arme, comprenant que c'était elle qui m'avait contrôlé. Bien qu'il y avait encore trois chiens à l'extérieur qui ne tarderaient sans doute pas à venir, je posai à nouveau la question de départ :

  • Qui es-tu ?

... Tu peux m'appeler Yin. Et, comme tu as compris, je suis cette épée. Ou mieux dit, l'Esprit qui vit à l'intérieur. Nous n'aurions normalement pas du nous rencontrer si tôt, mais cet imprévu m'a obligé d'intervenir. Cependant, il s'agit d'une exception, et je ne peux te permettre de me manier que cette fois.

Avant que je n'eus le temps de poser une autre question, en particulier sur ce qu'elle voulait dire à propos du fait que nous n'aurions pas du faire connaissance maintenant, un hurlement m'avertit de l'approche d'un nouveau chien. Songeant immédiatement que cet endroit exigü ne m'avantageait pas, je sortis au plus vite de là et pris mon envol, ma pause m'ayant redonné suffisament de force.

  • Je ne saisis pas tout, confiai-je à l'épée alors que je distinguai venir d'en bas un chien qui remontait à toute allure, mais je suis ravi que tu sois tout de même venue me prêter main forte.

Et à partir de là, la tendance avait changé. Sans difficulté, je parvins à l'occire en une frappe oblique, et il finit comme le premier. Un raclement de griffe me fit regarder le toit d'une maison proche, et je vis distinctement les deux autres survivants qui me menaçaient en dévoilant leurs canines acérées, sans pour autant esquisser le moindre geste. Alors que je les fixai, j'eus du mal à me tenir en place, avec une folle envie de les terminer. Un besoin tel que je n'avais jamais senti auparavant, si fort que je tombai alors sur un toit voisin et amenai devant moi dans un grognement l'épée en signe de défi. Ma main qui tenait Yin était ressérée à m'en faire mal sur son manche bleu, et je pouvais sentir une énergie débordante me traverser par ce contact.

En voyant mes adversaires statufiés, je fis un pas dans leur direction, puis un autre. Au troisième, ils reculèrent en gémissant craintivement, puis je les vis se regarder et émettre des jappements et des grognements. Après un dernier regard brûlant, ils s'affaissèrent et s'enveloppèrent dans un tourbillon de fumée. Quand ce phénomène se dissipa, ils avaient disparu.

La curieuse tension qui m'avait envahi se relâcha, bien que je sentis une légère déception en n'ayant pas à les combattre. Je soupirai de soulagement, décrispant mes muscles et abaissant Yin. Je me mis à regarder d'un air curieux cette mystérieuse épée qui venait de me sauver la vie. Pour peu, je pourrai jurer que j'avais partager les émotions et les envies de l'épée, sa soif de combat et son impatience à entrer en action.

Normal, tu ne ressens pas la même chose lors d'une confrontation ? dit alors dans ma tête l'Esprit de l'épée.

  • Attend, comme tu as su...

Ce que tu pensais ? Nous sommes toujours connectés idiot. Tu m'as complétement ouvert ton Esprit, aussi il m'est facile de savoir tes pensées. Bien sûr, cela marche dans ce sens pour toi aussi. Nos émotions sont similaires durant tout ce temps que nous sommes synchronisés.

Face à une telle explication, je ne pus que ressentir un peu de réticence à cette idée. Mais avant que je puisse lui en faire part, elle me devança :

Assez de discours, je crois que tu as une princesse à sauver, non ? Alors en route avant que nous ne tombions sur un autre problème !

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