Vision de cauchemar

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Point de vue d'Anéon :

Losque j'ouvris mes yeux, la première que je constatai fut que je me trouvai actuellement en lévitation au-dessus d'une ville en proie au flamme. Mon corps, dans tout ce chaos, était d'une transparence surprenante. Je pouvais tout voir à travers moi. Je ne m'attardai cependant pas trop sur cette étrangeté. Là, ce qui me préoccupait tout de suite, c'était de descendre de ma position !

Voyons, comment est-ce que je pourrai aller plus bas ? réfléchis-je en fredonnant légèrement.

Au moment même où cette pensée me traversa, la force qui me maintenait dans les airs me quitta et je fus entrainé au sol.

Horrifié à la vitesse à laquelle je m'y dirigeai, je hurlai et batti inutilement des bras, espérant me ralentir.

  • Stop, stop, stop, stop !!! m'époumonai-je alors que je fini par fermer les yeux tout en protégeant mon visage et à me préparer au désagréable choc qui allait immanquablement suivre.

Ce qui n'arriva jamais. Je défis mes bras de devant mes yeux et remarquai que je planais juste au-dessus de pavés des rues.

  • Ouf, j'ai eu de belles sueurs cette fois, respirai-je face à la peur que j'avais éprouvé.

D'un mouvement avec mes bras, je me redressai à l'endroit et me mis sur mes jambes... autant que je le pouvais. J'étais toujours à quelques centimètres du sol.

  • Alors, si je suis ce que Lyrhana m'a dit...

Je m'imaginai de toutes mes forces de nouveau attiré par la gravité. Aussitôt, l'effet d'ascension s'interrompit et je retrouvai le plancher-des-vaches. De nouveau sur pieds, je me testai un peu dans cet endroit et me vis dans mon esprit faire un long saut. Je pris donc mon élan, me mis à courir et, d'un seul coup, je sautai aussi loin que je le pus. Aisément, sans forcer, je parcouru ainsi au moins une trentaine de mètres, et j'atteris sans aucun tracas. Je riai un peu face à cette découverte. Visiblement, rien n'était physiquement impossible ici !

  • C'est génial cet endroit ! Enfin, à part pour le décor. D'ailleurs, où est-ce que je suis ?

Je ne reconnaissai absolumment pas cette ville. Et, en dépit du désastre qui avait l'air d'avoir lieu très récemment, je ne voyai pas la moindre présence d'autres personnes. Ni de corps. Et ce silence ! Il y avait les flammes et les maisons qui s'embrasaient, mais sans le moindre cri. Ce qui était assez louche.

Néanmoins, je n'avais pas le temps pour ce genre de question. Soraya devait être là. Le chemin m'avait mené à cette sphère, qui déversait à cet endroit. Mais il n'était pas question que je hurle son prénom en terrain inconnu. Aussi, je levai alors les yeux au ciel, et j'eus l'idée de voler au-dessus de la ville pour pouvoir mieux l'inspecter. Après tout, je devrai pouvoir y arriver sans aucun problème ! Et j'aurai peut-être la chance de trouver Soraya plus vite ainsi. Alors que je me préparai à prendre de la hauteur, j'entendis le premier son depuis que j'étais ici. Malheureusement, il était annonciateur d'ennui, car il s'agissait sans l'ombre d'un doute d'un grognement canin. Cependant, il était loin d'être ordinaire, mais lugubre, et il me donnait la chair de poule.

Sur mes gardes, j'observais les alentours tout en portant par réflexe ma main droite à mon épaule dans l'objectif de m'emparer de Vesingrí... que je ne trouvai pas. Alarmé, je regardai et remarquai effectivement qu'elle n'était pas ici !

  • Bon sang... grognai-je en constatant sa disparition.

Devrais-je penser à la matérialiser dans ma main ? Alors que j'allais essayer, un second grognement, beaucoup plus puissant, se manifesta, me figeant sur place. Il venait de sous une maison en ruine, juste derrière moi. Je dirigeai lentement mon regard là-bas, et vis une sorte de gros chien jaillir de la mainson par une porte dévissée. Il était très différent de ce à quoi j'étais habitué. Immense, au corps formé d'une étrange brume noir qui se déversait en continu de lui et aux cornes rouges étincellantes. Ses longues griffes qui raclaient le sol en s'approchant, ses babines et ses crocs découverts en une mimique menaçante étaient d'une lueur blanche, tandis que ses yeux ressemblaient à deux feux semblables à ceux qui détruisaient actuellemnent les habitations.

Un aboiement me fit sursauter et, à ma gauche, un autre identique jailli de l'ombre projeté par une calèche renversée, à la même posture d'attaque. Un troisième sauta depuis un toit pour rejoindre le premier. Avec un autre qui arriva de derrière les flammes, je me vis encercler par quatre chiens hargneux.

  • Alors là, je suis mal, murmurai-je en alternant mon regard de l'un à l'autre afin de ne pas leur laisser la moindre opportunité.

Que ce corps soit physique ou non, je n'avais pas envie de tester leurs crocs sur moi. Nous nous défiâmes des yeux, attendant ce que l'autre allait faire. Les molosses tournaient, deux dans un sens et deux dans un autre, tout en se décalant petits pas par petits pas vers l'intérieur du cercle qu'il formait, mais pas trop vite. Le changement était subtil, mais pas pour un œil aiguisé comme le mien. En parallèle, je surveillai la moindre réaction qui indiquerait une attaque prochaine, sur mes gardes, prêt à fuir. Le temps s'étira, sans que la situation ne change ou s'améliore. Plus pour longtemps. Après plusieurs minutes d'attente, où leur étau autour de moi se resserai, je remarquai un changement d'attitude sur l'un d'eux qui eut un rythme plus ralenti, avec sa gueule qui se tourna un peu plus vers ma gorge.

Rapide comme une vipère, il se jeta sur moi dans un rugissement, mais sa gueule se referma dans le vide alors que je sautai au même instant. J'atterissai violemment sur sa tête, le faisant gémir de douleur et reculer, mais l'assaut déclencha celui des autres qui rejoignirent leur camarade. J'esquivai en roulant deux autres et, sans plus attendre, je pliai les genoux et sautai dans les airs. Sans effort, j'atteri sur le toit, avec une barrière de feu qui me séparait de mes agresseurs qui tournèrent leur tête furieuse vers moi et aboyèrent agressivement de rage. Curieusement, je sentis une tension s'exercer sur moi après mon atterissage, et je dus souffler un peu depuis ma position. Je devinai alors que certaines actions, comme celle de tout à l'heure, et quand elles étaient échaînées, avaient un certain impact. Je n'eus hélas pas le loisir de rester trop longtemps sur place pour me reposer un peu.

Sans comprendre, je vis les chiens d'ombres décider de foncer sur moi, faisant fis des flammes et sautèrent jusqu'à moi.

C'est pas vrai ! Ils sont têtus ! pensai-je alors que je repris ma course folle.

Les limiers ne me lachèrent pas. Je sautai de toits en toits pour les semer, sans que l'effort ne les ralentisse. Apparement, ils étaient doués des mêmes capacités d'endurance et de force. Logique. L'affrontement était inéluctable. Je rejoigni alors le sol, faisant face à mes adversaires qui atterirent à quelques mètres de moi, claquant des mâchoires et grondant.

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