Dilemme

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Point de vue d'Anéon :

J'étais assis sur une chaise, juste à côté du lit où reposait Soraya, pensif, observant sans rien dire son visage grimaçant. Voilà plusieurs heures que j'étais ainsi, et la nuit était tombée depuis longtemps. Titania, que Lara avait emmené environ dix minutes après que je sois venu, était posée près de sa tête, aussi démunie que moi. Je comprenai ce qu'elle devait ressentir : comme elle, j'étais complétement inutile. Quel sentiment écrasant ! Je détestais me sentir comme ça, et encore plus de savoir que c'était de ma faute ! La pauvre fille souffrait le martyre, et je ne pouvais pas ne serait-ce que la soulager un peu ! Ceux qui l'avaient examiné en liant leur Mana au sien n'avait rien trouvé de problématique. Cependant, en étudiant avec attention son Aura, ils avaient clairement remarqué une forte activité émotionnelle, principalement composé de peur, de tristesse et de douleur, toutes les trois à leur paroxysme. Idemne pour la conscience. Elle semblait être plus active que jamais. Alors, autant dire qu'ils n'avaient encore jamais vu un cas comme elle.

Une main se posa sur mon épaule, à la fois forte et douce. Je ne me détournai pas de Soraya, car je savais déjà que c'était Onélo'ria. Elle restait ici, dans le cas où Soraya aurait de nouveau un problème, et pour s'assurer que je ne ferai rien de stupide. Ils avaient essayé de me faire sortir quand il fut tard, et je leur avais clairement fait comprendre que c'était totalement hors de question. J'avais d'ailleurs du les intimider un peu en usant de ma Présence pour leur montrer que je ne changerai pas d'avis. Avec Onélo'ria qui m'appuya en promettant de me surveiller, ils n'avaient pas cherché plus loin. Depuis, il n'y avait plus que nous quatre.

L'elfe se baissa à ma hauteur, et ses puissants yeux bleus me forcèrent, pour la première fois depuis que j'étais là, à me détourner de la princesse.

  • Plus tôt, j'ai discuté avec Johnatan et les autres soigneurs sur la manière de procéder par rapport à ton amie. Nous resterons là jusqu'à ce que l'état de Maria se stabilise, me confia-t-elle.

Il était vrai que le chef de marchand était venu entre temps pour voir comment allait Soraya. Je me souvenai vaguement que Onélo'ria et les trois soigneurs en charge ici étaient sortis. Je comprenai mieux pourquoi. Pourtant, même de savoir qu'ils étaient prêts à rester là jusqu'au rétablissement de la jeune fille ne remonta pas mon humeur. Je ne lui fis qu'un faible sourire, puis reportai à nouveau mon attention sur la cause de mes tracas.

  • D'accord. Remercie Johnatan de ma part. Et je te suis reconnaissant que tu continue de prendre soin de Soraya, lui dis-je sans enthousiasme.

Devant mon manque de joie, l'herboriste soupira un peu, puis elle se leva et prit la direction de la porte. J'entendis néanmoins ses pas s'interrompre, sans reprendre dans la foulée leur rythme. Je la percevai encore dans la pièce, et sa halte me laissa perplexe. Une deuxième fois, je la regardai en tournant ma tête, et la vis me regarder intensément. Cette façon de m'observer, que je trouvai bien trop semblable à la façon dont moi-même j'étudiai une bête inconnue, m'agitait et m'intriguait.

  • Tu veux rajouter quelque chose ? l'interrogeai-je, relativement mal à l'aise pour une raison que j'ignorai.
  • ...Ne fais pas de bêtise, lâcha-t-elle après quelques secondes en se détournant. Je vais vous laisser seuls avec elle, répondit-elle en s'en allant cette fois pour de bon.

C'était vraiment étrange... pensai-je en secouant la tête pour me débarrasser de l'impression que j'avais ressentis tantôt.

On aurait dit qu'elle avait été inquiété par quelque chose en particulier. Enfin, peut-être craignait-elle que l'on fasse n'importe quoi. Ce qui était assez justifiable. S'il y avait bien une autre chose que je regardai avec une certaine pensée, c'était cette maudite sphère, qui brillait plus ardemment que jamais, devenant une vive source de lumière. Selon Onélo'ria, lorsque Soraya avait été vite emmené, ils avaient oublié la sphère. Plus ils se seraient éloignés, plus les cris de l'adolescente s'étaient amplifiés, et son corps se tordait encore plus de douleur avec sa respiration encore plus difficile. L'elfe avait eu tôt fait de remarquer ce changement et, par intuition, aurait ordonné de prendre également la sphère en fonction de leur lien qui avait bien l'air d'influencer directement sur son état général.

Elle reposait donc sur une table, après que les soigneurs aient également vu le lien entre les deux. Ils avaient délibéré, et avaient décidé d'attendre un peu que Soraya aille mieux avant de faire quoique ce soit. Seulement, voilà, je ne l'entendais pas de cette oreille, car il était certain que je ne laisserai pas la jeune fille subir une nouvelle crise qui pourrait lui être fatal ! Et il n'était pas non plus sujet de prolonger son éprouvante lutte. Alors, depuis un long moment, je débattais avec moi-même. Mais un point l'emportait sur tous les autres : que risquait-il d'arriver si je faisais la moindre manipulation sur cette chose ? Je ne savais absolument ce que c'était. Et si ce que je ferais empirait son état ? Ou pire...

Plus le temps passait, et plus je m'enfonçais dans mon dilemne, sans parvenir à me décider. Et je me rendai bien compte que je n'arrivais à rien ainsi.

oOo

Je me réveillai en sursaut, sortant d'un sommeil sans rêve. Je mettai assoupi après tant de cogitation et de fatigue. Je ne mettais même pas senti partir. Par la fenêtre, je voyai toujours le bleu profond de la nuit et son plancher étoilé, ainsi que la lune vieille qui déclinait à son dernier quartier. Je fronçai un peu les sourcils en remarquant ça. C'était assez comprométant, surtout que je n'y avais pas fait attention depuis un moment. Mais le temps me rattrapait. Je fixai sans un mot la silhouette endormie de Titania, prenant particulièrement garde à ne pas la réveiller, sachant que si elle me voyait, elle devinerait ce que je m'apprêtait à faire. Je quittai ma place et approchai de la sphère, remerciant les constructeurs d'avoir fait le plancher dans un bois dur qui ne grinçait pas sous mes pas. Je souhaitai observer encore plus la sphère, pour tenter de trouver n'importe quel moyen qui me permettrait de sortir Soraya. Ou du moins comprendre ce qui lui arrivait.

L'objet entre les mains, je reculai de deux pas et me tournai pour m'asseoir plus loin, juste contre le mur le plus éloigné. Je notai aussi que Soraya s'agita un peu par mes actions, et je m'excusai intérieurement pour elle de lui causer cette tension. Je me mis en tailleur sur le sol. Je m'apprêtai à me mettre au travail, lorsque je senti tout à coup une Présence familière se manifester juste devant. Lorsque je relevai la tête, ce fut sans surprise, et avec un certain soulagement, que je vis Lyrhana, au regard que je croisai plein de gravité.

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