Le bâtiment de soins

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Point de vue d'Anéon :

Je filai droit devant moi, ne me souciant pas de ce qui m'entourait, ni même de Titania que je n'avais pas attendu. L'urgence dans le ton de Lara, ainsi que la peur que j'avais lu dans les yeux, me poussaient à me rendre au plus vite à la princesse. Je sentai quelque chose de mauvais qui arrivait. Étant assez avancé dans la matinée, il y avait sans grande surprise beaucoup de gens qui déambulaient dans la rue, mais la plus grande majorité se dirigeait hélas dans la même direction que moi, avec le même empressement. Ne voulant pas perdre de temps, je forçai le passage en les poussant sans ménagement, leur faisant cracher des remarques et des jurons désagréables. Malgré l'effort que je fis pour arriver au plus vite, bientôt, j'arrivai devant un grand rassemblement bruyant de personnes agglutinées devant une grande maison, sûrement par son architecture de type administrative, la mairie de la ville.

Entourant des escaliers, des soldats armés de lances et d'armures de fabrication que je n'avais encore jamais vu, mais technologiquement avancée, entouraient deux hommes. L'un, assez épais et à la moustache relevée, richement vêtu, était en pleine conversation avec un homme d'apparence plutôt jeune, mais aux courts cheveux blancs comme Titania, sans la luminosité, et aux yeux bleus pâles, portant des vêtements bien plus conventionnels, comme ceux pour des rencontres entre politiciens présent dans les journaux. Leurs échanges étouffés par le brouhaha du rassemblement attiraient les gens, me bloquant hélas complétement l'allée. Je décidai alors de rebrousser chemin, jouant des coudes pour me dégager des citadins qui s'étaient ajoutés en plus derrière moi, et essayai une autre ruelle bien plus aérée. Cependant, après trois tournants, je finissai par atteindre un cul-de-sac.

Et mince. Je fais comment maintenant ? me demandai-je en regardant partout autour de moi et décidant de faire machine arrière, dans l'optique d'en trouver une autre me permettant de contourner la foule.

Le problème était que je ne connaissais pas la ville, en dehors du chemin menant de l'entrée au marché, et cette route était bloquée. Je n'avais pas eu le loisir de l'explorer, ce que je regrettai amèrement. Alors que je sortai, un peu désespéré et pressé de rejoindre Soraya, je finis par lever les yeux vers les toits.

  • Pourquoi pas... murmurais-je en m'accroupissant un peu pour prendre mon élan.

C'était risqué avec ma fatigue, mais j'accumulai à mes jambes mon Mana et sautai sur le toit de la maison la plus basse. Je surpris dans la foulée quelques passants, sans que je n'y fasse vraiment garde. Pas de problème jusque-là. Un autre saut, et je rejoignis un second toit plus élevé juste à côté, glissant un peu sur l'ardoise rougeâtre bien que je me rattrapai vite. Avec cette vision en hauteur, j'analysai un possible moyen de rejoindre l'entrée de la ville, envisageant même de monter jusqu'à l'enceinte et de tomber de l'autre côté, lorsque j'entendis juste en dessous de moi la voix de Johnatan qui m'appelait.

Baissant les yeux, je le vis effectivement prendre le même chemin que moi au départ, sa fille dans son bras droit. Sentant que lui aussi devait être au courant de l'affaire avec Soraya, j'abandonnai mon projet et sautai pour atterir juste devant lui, le faisant reculer de peur avec un << wow ! >> et réveillant par la même occasion la petite Hélène à moitié endormie qui poussa un cri. Quand il me reconnut, Johnatan laissa échapper un rire nerveux, mais avec une expression plus sombre que d'habitude sur le visage.

  • Je crois deviner à te trouver ici que Lara a réussi à te prévenir, bien que j'aurai préféré que tu attendes sur place le temps que j'arrive au lieu de me forcer à courir pour te rattraper. Encore heureux que je sache où tu allais.
  • Johanatan, dis moi précisément ce qu'il s'est passé avec Maria.
  • ... Je vois. C'est arrivé il y a une demi heure, peut-être quarante minutes maintenant. Onélo'ria est entrée en trombe dans ma caravane me voir pour me dire que Maria a...

Il s'interrompit, hésitant clairement à dire le reste. Le chef des marchands paraissait chercher les bons mots, ajoutant encore à la pression que je ressentai déjà.

  • Elle a quoi, Johnatan ? Qu'est-il arrivé à Maria ? l'implorai-je de révéler en avançant d'un pas, exaspéré, mais tâchant de garder mon sang-froid.
  • ... Elle a cessé de respirer.

Il avait lâché ça d'un coup, les yeux bien plus attentifs que d'ordinaire voyant comme j'allai réagir. Il avait bien fait. Par son annonce, j'avais l'impression que le sol s'effondrait. Johnatan, qui dut voir mon choc par les trois derniers mots qu'il prononça, me retint par un bras, et m'empêcha de tomber.

  • E...Elle... a... bégayai-je, incapable de répéter ce que je venais d'entendre.
  • Seulement un moment, rassure toi. Quand je suis arrivée à elle, Maria avait reprit son souffle. Mais, pour limiter les risques d'une rechute, nous l'avons emmené dans un bâtiment de soin. Je venai pour t'y conduire.

Il avait essayé de me rassurer, mais ce que l'homme m'avait dit précédement revenait en boucle dans ma tête. Soraya avait cessé de respirer ! Ce n'était pas rien ! Cette fois, il devenait urgent de trouver le moyen de la sortir de son état ! Onélo'ria, pour avoir décidé de trouver une aide extérieure, avait probablement dû avoir le même raisonnement que moi.

Je le suivi juste après, progressant d'un pas qui, bien que rapide, était trop lent pour moi.

oOo

Après un temps infiniment long, nous arrivions à ce fameux bâtiment de soin. C'était une énorme bâtisse de pierre grise polie maintenue par des piliers, prenant une place assez importante comparée aux autres maisons. Il était aussi long que deux alignées. Son architecture que je voyais de l'extérieur se faisait ainsi : un premier étage avec de grandes fenêtres rectilignes se finissant ar un arc qui me permettait de voir des personnes attendant calmement dans un hall, et un second avec d'autres plus petites, que je devinai où se trouvaient les chambres des patients. Dans l'une d'elle devait se trouver Soraya.

Nous franchissions l'énorme porte qui s'ouvrit dans un silence imposant où véhiculaient dans la pièce spacieuse des soigneurs reconnaissables à leurs habits blancs et leurs tabliers. Johnatan en attrapa un avec des lunettes, dont les traits gracieux et sévères, surtout ses longues oreilles ne permettant aucune erreur, me laissaient constater qu'il était un elfe, ce qui était loin d'être inhabituel à trouver dans une structure où l'on procurait des soins, et lui glissa quelques mots. L'elfe soigneur hocha la tête, me fit signe de le suivre et, jetant un dernier coup d'œil à Johnatan qui m'enjoignit à y aller, je lui emboîtai le pas.

Dans les couloirs blancs désert de meubles et de peintures, seulements de chandelier en cristal de soleil, je contrôlai mon mal en patience par mon accablement à ne pas la voir plus vite. Nous gravîmes un escalier, peu à peu dans une obscurité seulement générée par les cristaux. Nous débouchâmes dans un nouveau couloir, avec de deux séries de portes opposées que je dénombrai d'une vingtaine. Au bout de quelques pas, il s'arrêta vers l'une d'elle, et je compris tout de suite que c'était là. Sans lui laisser l'opportunité de l'ouvrir, je me projetai sur elle, l'ouvrit avec brusquerie malgré sa protestation d'attendre, et voyai enfin celle que je voulai voir.

Soraya, surveillée par une Onélo'ria inquiète et deux autres assistants, irradiait d'une Aura visible, mais blanche et la parcourant comme des flammèches. Le vsisage de la jeune fille, non plus impassible, était soumise à une expression de douleur, comme en proie à un terrible tourment. Elle bougeait comme victime d'un terrible calvaire, les dents serrées et gémissante.

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