Problème sur problème

5 minutes de lecture

Point de vue d'Anéon :

  • C'est bon, c'est bon, c'est bon !!! Lâche moi, j'te les rend !!! s'affola le lutin jaune haut comme un petit enfant coincé sous la semelle de ma botte et la lame de mon épée sous sa gorge.
  • Bien... mais déjà... demande pardon à la dame ! haletais-je en rapprochant encore plus Vesingrí de lui et en pointant la femme furieuse, mains sur les hanches, juste derrière moi.
  • Pardon, pardon, pardon gentille madame !!! Tenez, reprenez les !!! s'exécuta-t-il en tendant le collier et les deux bracelets d'or et d'argent qu'il lui avait dérobé.

Dès lors que la marchande volée récupéra ses biens, je relevais mon épée et soulevais mon pied. Il détala sans demander son reste dans la foule de citadins venant voir ce qui se passait tout en devenant invisible. Une prouesse de son espèce dont il s'était servit pour son affaire. Heureusement, ma vision d'Aura m'avait permis de vite le repérer lorsque j'avais entendu la marchande du nom de Marta s'époumoner contre lui. Malgré sa rapidité époustoufflante, j'étais parvenu à l'attraper en augmentant ma propre vitesse grâce à mon Mana et à le maintenir à terre. Enfin... si nous pouvions vraiment dire attraper. Un petit désagrément était survenu quand une montée trop importante de puissance dans mes jambes me projeta à tout allure droit sur lui. Il m'était déjà arrivé de faire ça, à plus d'une occasion. C'était une façon de se déplacer très utile... seulement quand j'y étais préparé. Dans ce cas précis, le manque de contrôle de ma part nous fit nous heurter violemement et rouler sur plusieurs mètres.

Une fois que je rengainais mon arme en soufflant un grand coup à cause de l'effort que j'avais fourni, elle se mit devant moi et ébouriffa gentiment mes cheveux.

  • Merci Anéon. Tu as fait du bon travail.
  • Y a pas de quoi ! lui assurais-je en me retirant dès qu'elle eut fini. Bon, j'y retourne avant qu'il y ait une autre catastrophe.

Je filai au marché chargé de monde où le groupe dont j'assurai la protection faisait des affaires, baîllant très largement et étirant haut mes bras, complétement à bout. Nous étions arrivés dans la ville de Breçon il y a à peine deux jours, et c'était la huitième fois que je devais empêcher des vols, que ce soit en journée ou au beau milieu de la nuit. Jamais, dans tous les petits villages où nous nous étions arrêtés, je n'avais été autant chargé en travail ! Je n'avais même plus le temps de rendre visite à Soraya, et ma fatigue me pesait beaucoup. Par chance, Johnatan prévoyait de partir vers le début d'après-midi. Et j'avais dans l'optique d'enfin avoir une nuit complète de sommeil.

Une fois sur place, je fis ma garde quotidienne et patrouillais parmi les marchands proposant leurs biens, essayant malgré mes yeux menaçant de se fermer à tout instant de rester attentif à ce qui se passait. Au bout d'un moment, quelqu'un m'attrapa à l'épaule, me faisant me retourner. Je reconnus tout de suite le fils aîné de Marta, Théo, juste derrière le meuble qui lui permettait de présenter avec son autre frère cadet Jim les bijoux de sa mère. Il n'eut pas besoin de parler que je le rassurai :

  • J'ai attrapé le lutin. Ta mère est en train d'arriver avec ce qu'il a volé.

Je lui montrais l'allée, où venait effectivement la marchande. Théo, demandant à son frère de maintenir la surveillance, contourna le meuble, et fila rejoindre sa mère. Jim se pencha et s'accouda en me fixant d'un air impressionné.

  • Franchement, respect. T'en a pas trop l'air, mais t'es assez doué pour quelqu'un d'aussi...

Il s'interrompit alors que je le foudroyais du regard, sachant pertinemment ce qu'il allait dire, les heures de sommeil ratées me rendant plus facilement irritable que d'habitude. J'amplifiais un très court instant ma Présence, le faisant déglutir de peur.

  • Je te défie de terminer ta phrase si tu en as le courage, grondais-je, tout en faisant crépiter sur moi un peu de mon pouvoir, laissant s'échapper involontairement une étincelle qui frappa tout près de ses bras.

Il s'éloigna vite de moi avec un cri et tourna son attention devant une jeune fille qui regardait avec insistance les bracelets de bronze assortis de perles. Je soupirai un peu et repris ma marche, agacé par la remarque. Ce sceau de Chronos commençait sacrément à être lourd. Surtout quand je savais le risque qu'il me soit collé à vie. Un battement vif d'ailes me signala de l'approche de Titania qui se posa sur mon épaule, rieuse.

  • Ma parole, faut pas te chercher aujourd'hui.
  • Titania... commençais-je sur un ton bas en guise d'avertissement. Je suis épuisé, et je te conseille de ne pas pousser trop loin.

Mon commentaire fit que Titania passa tour à tour de la surprise à la colère, avant de relever ses ailes translucides et de s'envoler. Je regrettais instantanément mon comportement complétement injuste : elle n'avait pas à prendre ma mauvaise humeur.

  • Attend Titania ! l'attrapais-je avec ma main en faisant attention à ne pas toucher ses ailes fragiles. Excuse moi, je suis un peu tendu aujourd'hui.
  • J'ai cru remarquer, grommela-t-elle en gonflant un peu ses joues et en poussant sur ses bras contre mon poing refermé. Heu... c'est pas que je n'apprécie que tu demandes pardon, mais tu m'écrases un peu les côtes là !
  • Oups ! Désolé ! la relâchais-je alors de mon emprise et en lui présentant ma main ouverte, où elle se posa en massant ses flancs avec une petite grimace.

C'était rare que je sois brusque. Le problème était ma fatigue, et la prise sur ma force et mes pouvoirs s'en retrouvait totalement détraquée. Je frottai mes yeux en réprimant un second baîllement.

  • Anéon, demande à Johnatan de t'autoriser à aller te reposer, me conseilla avec sérieux Titania.
  • Non, je dois continuer au moins jusqu'à midi, refusais-je.
  • Assied toi quelque part pour mieux supporter l'attente à la rigueur ! Je sais pas moi... tiens, à la fontaine ! me désigna-t-elle le bassin de granite où l'eau jaillissait en scintillant sous le soleil hivernal.

Cette fois, j'acceptais et me posais lourdement sur la pierre froide. J'utilisais une main comme support et posais ma tête qui me paraissait peser comme une pierre, contemplant les échanges citadins-marchands d'un œil las.

Vivement qu'ils remballent tout ça, souhaitais-je en inspirant profondément, avec le clapotis régulier et apaisant de l'eau en bruit de fond.

SI ce fut une ruse de Titania pour me forcer à dormir un peu, elle marcha. J'étais néanmoins trop à bout pour chercher un autre endroit. Mes yeux finirent par se fermer après plusieurs clignements inutiles, et je finis par veiller dans un semi-sommeil. Ce fut assez agréable, et je restais un bon moment comme ça, me détendant progressivement de tout le stress qu'avaient engendré mes surveillances et la tension résultant des heures perdues pour récupérer.

  • ANÉON !!! ANÉON OÙ ES-TU ?!! m'en sortit brutalement la voix familière et paniquée de Lara, me remettant sur mes deux jambes.
  • Lara ! Je suis là ! me précipitais-je sur la jeune fille affolée dans la foule, pâle comme un linge et essouflée. Qu'est-ce qui t'arrive ?!
  • C'est... Maria. Il... Il y a un problème !

Tout de suite, je ne compris pas, jusqu'à ce que je me souvins que c'était ainsi que l'on avait appelé Soraya à tous les autres. Mon sang ne fit qu'un tour et, sans écouter plus, je filai la peur au ventre jusqu'à la caravane à l'extérieur de la ville où se trouvait la jeune fille.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 29 versions.

Recommandations

Défi
cornelie
En réponse au défi de Chuck Mac Cracker. Conversation vidéo, chapitre 3.
10
52
17
2
Marie Smorta


Une image
J’ai toujours voulu te dire
J’ai toujours voulu
« Tu es semblable au vent, à la tempête
Gouttes de pluie dans tes yeux quand tu te calmes un peu »
Je voulais t’écrire
Ça se bouscule dans ma tête
Ça fait beaucoup de bruit et réveille beaucoup de choses
Tout me dérange
Pourtant
Tu sais, c’est difficile de se dire que les choses continuent d’avancer. C’est difficile de se rendre compte qu’on ne peut pas se souvenir de tout. C’est dérangeant quand on essaye de contrôler ce qui ne peut plus l’être.
C’est triste quand on se rappelle d’avoir vécu

________________________________________________________________________________________________________

Je rapporte tout à l’amour, constamment.
Comme si c’était ce qui importait le plus.
C’est juste que j’ai été profondément blessée, pas que par toi mais aussi de la société.
Ce sont des choses qui arrivent, j’imagine.
Tant de cicatrices qui ne demandent qu’à se rouvrir inlassablement.

Ça fait mal, n’est ce pas ?
3
5
3
1
Défi
Naomie

    "-Ravi de faire votre connaissance, moi c'est Edgard mais vous pouvez m'appeler Ed. Je suis pizzaiolo.

     -Enchantée, moi c'est Jane. Je suis lycéenne."
Wow, y'a un rat dans la pizza de Ed, c'est énorme!

    "-Ahah c'est marrant le rat dans la pizza...mais vous êtes une licorne?!
     -Eh ouais, la classe hein? J'ai une idée géniale...j'ai un bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons dans l'avion. Tu veux l'essayer?
Waouh! C'est trop bien toutes ces couleurs, en plus Ed change de couleur et de forme, il est bleu, gros, rouge, c'est trop drôle. Putain! Le top du top.
    "-Comment ton avion est arrivé ici sans faire de bruit, il est trop fort!
     -C'est plutôt nous qui sommes arrivés à côté de l'avion sans faire de bruit. Chut, il risque de se réveiller."
Putain les marches de l'avion sont en guépard. Merde y'en a un qui me regarde, je dis quoi?
    "-Tout ceci n'a aucun rapport avec Gisèle! Demande à Ed, c'est à Christen qu'il faut s'en prendre, c'est elle qui a balancé de l'eau sur le ciel. Je l'ai vue...je l'ai vue de mes propres yeux! Croooois-moooii!"
Ses yeux se sont retournés et de la lumière en sort...on dirait des minis concerts à l'intérieur! C'est vraaaaaiiiiiment troooooop trop bien! Je me sens tellement...bien.
    "-Jane! Viens voir mon bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons...
     -Putain!! Elle est trop cool ta balançoire. Je peux faire un tour?
     -Bien-sûr que oui."
Elle est confortable...mais c'est encore le guépard. Il est trop drôle.
Merde! Ca a disparu, Ed, le guépard, l'avion et la balançoire. Et j'ai un de ces mal de tête, c'est horrible.
    "-Elle était puissante, hein? Je t'avais prévenue, aller je te l'offre pour cette fois."
2
1
0
1

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0