Aiôn

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Point de vue de Rosa :

Je regardais la lande que j'avais quitté pour la première fois, une semaine après m'être échappée de Gahrn, assise sur un rocher. J'étais encore affaiblie, et pouvais à peine me servir de mes jambes encore assez fragiles, mais je n'en pouvais plus d'être dorlotée comme une mourante. Bon... c'était ce que j'ai été un petit moment. Mais la nounou qui s'occupait de moi était bien trop collante.

  • Hé Rosa ! Qu'est ce que tu fais là ?! s'énerva un homme albinos à la barbe de trois jours et aux cheveux retenus par un bandana lui donnant des allures de brigan qui vint jusqu'à ma hauteur. Tu te crois peut-être invincible, mais il faut encore que tu te reposes !

Quand on parlait du loup ! Je l'ignorai radicalement, profitant du vent froid qui apaisa mon esprit.

oOo

Une semaine auparavant, après que Rolan soit partit, j'étais préparée à affronter le groupe s'appelant les Éclaireurs. En particulier la femme du nom de Némésis. J'étais prête à lui faire payer ce qu'elle avait fait. D'avoir attaqué cette ville. D'avoir massacré ses habitants. D'en avoir réduit les prisonniers à ces apparences monstrueuses ! Je voulais plus que tout les venger. Sans plus attendre, je m'étais précipitée sur elle, sans qu'aucune hésitation ne vint me freiner.

Un coup. Une seule attaque. Voilà ce qui lui avait suffit pour me terrasser. L'action fut brève, et je ne l'avait vu que lever une main, invoquer une sphère rouge comme le soleil sous cette obscurité... et de l'avoir envoyé sur moi. Sa vitesse fut si élevée que, par instinct, j'avais essayé de l'esquiver... et l'énorme explosion qui suivit brisa mes os, déchira ma chair et me fit atrocement souffrir. Comme si l'on m'envoyait une quantité monstrueuse d'énergie foudroyante en moi, me tordant de douleur et brûlant mon corps. Incapable de bouger, dans une grande confusion, ni de réfléchir convenablement. Seulement de voir la prêtresse s'avancer vers moi, la poignée du poignard bien visible dans sa main, me laissant présager du sort qui m'attendait. Après ça, tout fut flou.

La seule chose dont je me souvenais avec certitude, c'était le visage d'un homme inquiet qui essayait de me maintenir éveillé, avant que je ne sombre dans les ténèbres.

Lorsque j'avais repris conscience, mon corps tout entier était enveloppé dans des bandages. Chaque mouvements, même respirer, m'étaient insupportable. En un éclair, je sus que j'étais très grièvement blessée. Et l'homme était là, attendant que je me réveille enfin. Il s'était présenté sous le nom de Aiôn. Il s'est occupé de moi, avait soigné mes blessures, et m'avait laissé me reposer tout mon loisir. J'étais restée plus endormie qu'éveillée, mais au moins, ces rares fois où je revoyais la lumière me montraient que j'étais toujours vivante. Que j'avais survécu... à eux.

oOo

  • Tiens, ton repas, me présenta Aiôn un bol d'où émanait une bonne odeur de ragoût. Profite d'être là car après, tu retournes te coucher !
  • Merci mère poule... marmonais-je avec humeur en portant une main tremblottante à mon repas, sous le regard inquiet de l'homme. Pas la peine de me regarder comme si j'allais me briser ! m'énervais-je en le prenant brutalement, me prenant une décharge de douleur dans mes doigts.

Je supportais la sensation en retenant tout bruit, puis pris la cuillière qu'il me tendit et portais le met à ma bouche avec une impatience que j'avais du mal à contrôler. Car ça me coûtais de l'admettre, mais si je devais reconnaître UNE qualitée à ce pot de glue, c'était son talent incroyable pour la cuisine ! Je ne pus m'empêcher de laisser échapper un gémissement heureux en sentant sur mes papilles les herbes arômatiques et médicinales parfaitement mélangées à la viande moelleuse et aux légumes. Après avoir mangé, je buvais la sauce et soupirai d'aise, satisfaite de mon repas. Aiôn attrapa mon bol, puis me fit signe de retourner sous la tente où je dormais. Je secouai la tête avec une vigueur renouvelée par mon repas.

  • Pas si vite. Je retourne dans mon lit lorsque tu répondras à mes questions. Hier, nous en avions discuté, tu te souviens ?
  • Faux ! J'ai dit que lorsque tu SERAS de nouveau sur pied, je répondrai.
  • Et tu ferais mieux de te souvenir de notre compromis ! Si tu tiens à ce que je t'emmène avec moi rejoindre mon amie et le gamin, tu ferais tout aussi bien de ne pas me faire regretter de te faire confiance et me dire ce que je veux sans attendre.

Aiôn fronça les sourcils en me dévisageant de ses yeux rouges, laissant émaner d'eux une lueur quasi-surnaturelle. Je gardais ma position, farouchement décidé à en savoir plus sur celui qui m'avait sauvé, comment il était parvenu à me sortir de ce mauvais pas, tout ce qu'il savait ... ainsi que son lien avec Anéon.

oOo

Il y a trois jours, je m'étais sentie la force de lui demander s'il connaissait les individus qui nous avait attaqué. Il m'avait dit oui, éveillant ma curiosité. J'avais voulu en savoir plus, mais cet idiot avait convenu que je ne devrais pas me stresser alors que j'étais encore aux portes de la mort. Plus tard, après m'être endormie de longues heures, il m'avait demandé si, par hasard, je savais où trouver le garçon du nom d'Anéon que j'aurai croisé il y a peu. J'avais tout de suite été méfiante. Le fait qu'il connaissait le garçon, celui qui veillait sur Soraya, et qu'il sache que je l'avais croisé m'était tout de suite apparu suspect. En tout cas, il n'avait rien retiré de moi dans un premier lieu quand je niai en prétendant ne pas le connaître.

Après tout, Soraya voyageait avec lui. Je n'étais pas idiote au point de lui dire où le trouver, alors qu'elle était sans aucun doute à ses côtés. Puis, pendant que je me reposais, j'avais mieux réfléchi, convenant que s'il voulait vraiment du mal au gamin, ou à Soraya, ou alors aux deux, il m'aurait tué sous mon refus à moins de me torturer pour soutirer ce que je savais. Ce qu'il n'avait pas fait, sauf de surveiller le moindre de mes faits et gestes pour que je n'en fasse pas trop et de me soigner en me faisant boire quantité d'élixirs et de breuvages. Cependant, j'étais encore sur mes gardes quant à ses intentions.

Donc, le lendemain, j'avais décidé de lui demander pourquoi il le recherchait. Aiôn n'avait fait que dire qu'il fallait qu'il le retrouve. Lorsque, épiant chaque signe suspect, je lui avais demandé s'il savait pour la princesse Soraya, il n'avait fait que me dire qu'elle avait mystérieusement disparu... sans que je ne trouve rien d'étrange dans sa réponse, ni dans son comportement. Et je cernais relativement bien les gens.

Alors la veille, j'avais passé un marché avec lui : il se devait de répondre à mes questions, puis je l'accompagnerai jusque là où je supposais que sera prochainement Anéon. Au début, il avait protesté en me disant qu'il devrait plutôt m'emmener chez un soigneur pour totalement récupérer sans risque, mais je lui avais fait comprendre qu'il ne retirerait rien de moi à moins qu'il ne me prenne avec lui. Je devais au moins garder un œil sur cet étrange personnage, dans le cas où il s'avérerait une menace potentielle. Aiôn avait rit de mon entêtement, jusqu'à ce que je lui fasse comprendre que je prenais un risque rien qu'en lui proposant cela, et que je mettais la vie d'une personne importante pour moi qui accompagnait Anéon en danger. Il s'était tu, puis avait accepté après un temps de réflexion. La condition était d'attendre que je sois un peu plus en forme.

oOo

Je ne cillai pas, et attendis qu'il céda. Il finit par longuement soupirer, se grattant le menton avec un léger sourire.

  • Ce sera un peu long à expliquer. Alors je vais abréger. Je développerai plus en détail quand nous serons sur le chemin.
  • Je suis toute ouïe.

Aiôn prit place par terre, juste à côté de moi, soupirant encore davantage.

  • Commençons par le début. Je sais très bien, Rosa, qu'en dépit de ce que tu dis, tu ne me fais pas confiance le moins du monde. Ce que je comprend tout à fait. Si tu tiens à ce point à savoir, Anéon se trouve être mon disciple. Enfin, disons plutôt ancien. Je l'entrainais à contrôler le Mana en lui. Il était très prometteur. Et pour le pourquoi je suis à sa recherche, c'est parce que j'ai été envoyé pour m'assurer que les types qui t'ont attaqué ne s'en prennent pas à lui.
  • Envoyé par qui ? Et pourquoi ? voulus-je savoir.
  • Je ne peux pas te le dire. J'ai juré sur Aléthéia que je garderai tout ce qui se mêlait et concernait le but de la mission secret. Désolé. Ensuite, parce que je devine ton autre question, c'est cette même personne qui m'a chargé de le retrouver qui m'a conduite jusqu'à toi... à temps. On dirait bien qu'elle savait que tu finirais par avoir des ennuis.
  • Tu as affronté Némésis ? m'étonnais-je, ne voulant pas croire que ce type à l'apparence plutôt banale ait pu la maîtriser.
  • Heu... ce serait plus l'avoir prise par surprise, rectifia-t-il en massant nerveusement son cou. Il faudrait être cinglé ou être au moins un garde céleste de statut Valkyrie ou Archange pour espérer tenir tête à la prêtresse des Parjures.

Le nom me laissa perplexe. Cette femme, Némésis, n'avait-elle pas dit que son clan se nommait les Éclaireurs ? Et puis, garde céleste ? Voulait-il dire ceux que celle qui s'était agacée contre la prêtresse craignait de voir apparaître ? Comme devinant mes interrogations intérieures, Aiôn poursuivit :

  • Ils s'appellent entre eux, et ils ont du se présenter à toi ainsi, les Éclaireurs. Mais entre nous, au sein de l'Ordre des Gardiens, nous préférons les nommer Parjures.
  • Quel << Ordre des Gardiens >> ?

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