Savoir quand partir

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Point de vue de Rosa :

Elle... Elle a réussi à vaincre un tel monstre ?! me stupéfiais-je en voyant la créature à genoux, totalement soumise.

Les trois prisonniers restant ne faisaient même plus de bruits, pétrifiés par ce qu'ils venaient de voir. Les monstres eux-même, dont il m'était difficile de voir une quelconque émotion, avaient l'air terrifié. Ce silence pesant se trouva enfin brisé par l'homme du groupe qui frappa bruyamment d'admiration, le bruit se résonnant dans toute la place.

  • Eh bien, eh bien, eh biiiiien... Une performance de ta part comme je les aime ! Ce spectacle était presque à la hauteur de celui que tu nous as donné avec ce gamin il y a plusieurs années, Lysa.
  • La ferme, Baptiste ! claqua alors la dompteuse en amplifiant d'un bloc sa Présence, me révélant alors un nouveau nom. Tu sais que je n'aime pas en parler !
  • Tu m'étonnes, souria l'homme d'un ton mauvais. Après tout, si tu n'avais pas lamentablement échoué, avec lui et sa puissance, on aurait pu invoquer l'un de nos favoris. Et puis, avec la raclée qu'il t'a mis, ta fierté de dompteur de monstres en a pris un sacré coup.

Lysa arracha son fouet du cou de sa prise, fit un pas... et disparu juste sous mes yeux en un battement de cil. Abasourdie, je la vis apparaître instantanément devant le fameux Baptiste, dégageant sur son apparition une traînée de poussière de là où elle se trouvait précédemment jusqu'à maintenant, son fouet brûlant férocement.

  • Tu veux mourir maintenant ou quoi ? gronda-t-elle glacialement presque en un murmure.
  • Calme toi donc, l'amadoua-t-il en ne bronchant pas devant la menace. Je te rappelle qu'au début, je te faisais un compliment.
  • Un compliment, dis-tu ? Je n'ai jamais été autant humiliée de toute ma vie, ce jour-là ! Des années sans jamais faillir, et un gamin de douze ans à peine me tue presque et me laisse brisée, physiquement et mentalement, sans m'achever, comme si je n'étais rien !!! Seulement me souvenir de lui me fait... me fait... Arrrrgh !!!

Dans un hurlement de rage, elle leva son fouet et l'abattit avec force sur le toit d'une habitation, la faisant s'effondrer et exploser dans ses flammes. Après avoir fait ceci, sûrement dans le but de faire passer ses nerfs, sa Présence s'affaiblit progressivement, jusqu'à revenir à une influence beaucoup plus supportable. Quant à moi, je ne savais plus où en donner de la tête. Ce que l'homme du nom de Baptiste venait de dire m'avait ajouté une nouvelle interrogation. Mais je ne voulais pas m'y étaler. Je n'en voyais pas l'utilité immédiate.

  • Rolan, je crois que l'on en a assez vu, tu ne penses pas ? chuchotais-je à mon complice. Ça commence tout de même à devenir dangereux, de rester là.

L'attaque impulsive n'avait été projeté qu'à quatre maisons de là nôtre. Je n'avais pas franchement envie de rester ici plus longtemps que nécessaire. Nous avions déjà deux noms, et nous savions ce qu'ils faisaient aux habitants. Plus rien ne nous retenait. Je souhaitai bien sûr délivrer les derniers encore vivants, mais le risque était beaucoup trop grand. Rolan demeura silencieux un petit moment, puis me répondit :

  • Attendons encore un peu Rosa. Seulement deux minutes, et ensuite nous partons.

J'allais protester en lui faisant remarquer que ce n'était plus nécessaire de s'exposer encore plus au danger, jusqu'à ce que la femme au masque de dragon s'approcha de Lysa et, sans que je ne m'y attende, se pencha vers elle et posa sa main sur son épaule.

  • Allons, allons. Inutile d'être aussi contrariée Lysa, la consola-t-elle chaleureusement.
  • Madame, navrée de m'être ainsi comportée, s'excusa la dompteuse sans plus manifester la moindre émotion.
  • Ne t'en fait pas. Souviens-toi que je tiendrai ma promesse que je t'ai faite lorsque nous avons conclu notre pacte. Jusque là, tu as fait un travail impeccable. Tu pourras régler ton différent avec lui. Il se peut d'ailleurs que vous vous revoyiez assez tôt. Et, si l'envie te prend, pour cette occasion, je t'offrirais même l'un de mes soldats personnels. Je connais celui qui serait parfait pour votre rencontre prochaine. Ta vengeance n'en sera que plus savoureuse.

Sur ces mots, la femme contempla un espace vide. De l'ombre projeté par les bâtiments, je vis une figure humaine faire son entrée d'une nouvelle ouverture, avec des vêtements complétement sombres et, tout comme les autres monstres, recouvert intégralement de brume noire. Il s'avança jusqu'à sa maîtresse, puis s'agenouilla comme faisait tous les chevaliers face à leurs souverains.

  • Ce soldat ?... Pour peu, je devais m'attendre à ce que vous me feriez une suggestion pareille. Et honnêtement, je ne tiens pas à ce que vous me prêtiez une assistance. Je veux régler cela par moi-même.
  • C'est bien dommage, se lamenta sa supérieure. Il m'aurait pourtant été agréable de voir la tête qu'il aurait fait en vous combattant tous les deux.

Cette fois, l'être semblait normal si je ne comptais pas ses mains blindées d'écailles se terminant par des griffes, et les cornes de couleur onyx sur la tête. Il était assez mince, et d'une taille moyenne. Je pouvais même voir une partie de son visage, recouvert par des bandages, hormis ses yeux où se déversaient des cheveux noirs et des yeux vides de la même couleur et aux pupilles rouge sang. Pourtant, en dépit de son apparence ordinaire, sans rien pour m'effrayer, il me filait tout comme l'Effrit attendant sagement la chair de poule. Et, pour la toute première fois alors que j'avais vu des monstres infiniment plus menaçants, je sentais qu'il nous fallait déguerpir au plus vite.

  • Rolan, les deux minutes sont passées ! Maintenant, partons d'ici !
  • Ne t'étonnes-tu donc pas de ce qui a été dit Rosa ? Cette femme, Lysa, aurait passé un pacte avec leur chef. Je me demande pourquoi. Et puis, elle parle aussi de vengeance...
  • C'est pas le moment abruti ! Je te dis qu'il faut partir !

Ma patience s'envola, et j'attrapais fermement le bras de Rolan et le dirigeais vers la sortie. Arrivés à la ruelle, nous nous apprêtions à la remonter lorsque mon sang se glaça dans mes veines.

  • Et où comptez-vous aller tous les deux ? Nous n'avons pas encore fini notre travail ici.

Lentement, le cœur au bord des lèvres, je me retournais. La femme au masque de dragon s'était éloignée de sa subalterne en nous faisant face, un large sourire sur son visage. Tous les autres membres du groupe nous fixaient sans ciller, non supris. Savaient-ils depuis le début que nous étions ici ?! Rolan était dans le même état de panique que moi, sa peau pâlissant à vue d'œil. La femme fit un pas dans notre direction, et je réagis sans perdre plus de temps.

  • ROLAN, COURS !!!

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