Corruption

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Point de vue de Rosa :

  • Quelle manière de nous remercier, entendis-je l'une des femmes grommeler. Dois-je vous rappeler que pendant que vous étiez bien à l'abri à contempler vos ongles, nous étions là, exposés à une éventuelle attaque gardienne ?

En l'entendant dire ça, je fronçais les sourcils, perdue. Je regardais Rolan et lui donnais un petit coup pour qu'il me regarde, cherchant une explication :

  • Pourquoi cette femme craint de tomber sur des gardes ? chuchotais-je en le fixant droit dans les yeux. Leurs monstres nous ont presque tous décimé.
  • Je ne crois pas qu'elle parle de nous. Il a été facile pour eux de nous éliminer en grande majorité. Non, elle doit parler d'une menace pour eux plus préoccupante que de simples gardes.
  • Alors quoi d'autre ?

Depuis que nous les avions trouvé, j'avais le pressentiment que nous assistions à une chose encore jamais vu et d'une importance primordiale pour la sécurité de tout Lyrhune. Rien que les voir, surtout leur chef, me donnait des sueurs froides. Et depuis longtemps, j'avais appris à me fier à mon instinct.

Aussi, quand Rolan me fit signe de poursuivre notre observation en désignant ceux que l'on espionnait, je me focalisais sur tout ce qui pourrait me donner le moindre indice à leur sujet, que ce soit pour découvrir qui ils étaient et ce qu'ils prévoyaient.

Aux protestations énigmatiques de sa collègue, la femme au masque de dragon eut un rire glacial, puis s'avança et se posta devant elle, la dominant au moins d'une tête.

  • Modère tes paroles petite insolente, répliqua-t-elle d'une voix calme et posée. Ce que je fais dépasse de loin vos compétences qui, pour le moment, ne valent guère plus que de la collecte d'Esprits. Et je vois qu'après tant d'années, tu ne sembles toujours pas l'avoir compris.

Collecte d'Esprits ? Voilà encore un nouveau point à éclaircir. Au fond de moi, j'avais bien peur d'avoir dans peu de temps une réponse. L'inconnue insultée se tendit et fit une mauvaise grimace tordue, tenant néanmoins sa langue devant sa supérieur. Elle se tourna vers ses complices, et la seconde femme fit un mouvement de tête aux monstres qui gardaient toujours les habitants sous surveillance. Obéissant à son ordre silencieux, les deux créatures empoignèrent chacune deux hommes d'une trentaine et d'une soixantaine d'année. Les pauvres se débattirent autant qu'ils purent, davantage le plus jeune avec hargne et férocité alors que le second se laissa faire très vite, résigné. Ils furent forcés à se mettre à genoux devant la femme qui devait diriger le groupe, et l'un après l'autre, elle eut l'air de les juger.

Rolan, sans crainte, s'approcha davantage pour observer le manège de l'intrigante femme. Celle-ci, avec fermeté, releva à tour de rôle leur tête, sembla plonger son regard en eux et, à chaque fois, une grimace de déception s'afficha. Une fois l'inspection finit, elle retira de sous sa manche un étrange poignard qui me laissa troublée. Il n'y avait aucune lame, seulement la poignée.

Que compte-t-elle en faire ? m'interrogeais-je.

L'homme qui s'était débattu, voyant cela, souria malgré sa situation, ayant sûrement eut une pensée similaire ou presque à la mienne.

  • Tu devrais retirer ton masque espèce de folle, tu ne risques pas de nous faire grand-chose avec ce truc !
  • Détrompe-toi, sotte larve, siffla-t-elle en avançant dans un espace vide ladite arme, puis l'abaissa progressivement vers le bas.

Dès lors qu'elle le fit, un étrange froid, intense mais familier, glaça mon sang. Tant que je ne pus m'empêcher de trembler, ne comprenant pas. Je me tournais vers Rolan, et je vis son visage se crisper. Il recula même un peu de la fenêtre, comme emplit d'un intense malaise rien qu'en regardant ça. Alors que son arme parcourut le bas, une étrange ligne noire de la longueur d'un humain se forma, et un liquide à la fois visqueux et brumeux s'écoula tout autour. Tous les habitants, comme soumis à la même sensation désagréable que nous, s'en éloignèrent. Les créatures ne leur laissant pas le choix de rester, insensibles à ce qui se passait, les maîtrisèrent vite.

Une fois qu'elle en eut fini, la femme retourna auprès des deux hommes agenouillés devant elle. Sans aucune hésitation, elle poignarda le plus âgé qui, au contact avec la poignée, portait pourtant le visage d'une personne que l'on avait véritablement transpercé. J'hoquetais de stupeur en voyant ce qui se passa. Il n'y eut aucun sang de déversé mais, à la place, une étrange émanation blanche barbouillée de gris s'envola. L'homme frappé écarquilla les yeux et émit un cri silencieux. Lorsque la femme ôta l'arme, je vis une sorte de lame se créer, mais bien différente de ce à quoi j'aurais pu m'attendre. Elle était... spectrale. Ses contours informes étaient enveloppés de gris, tandis que son centre était lumineux.

Lorsque je vis le pauvre homme, il me semblait presque que sa vie l'avait quittée. Il n'avait plus aucune peur. Je ne lisais plus d'émotions en lui, il ne se contentait plus que de contempler le vide devant lui, malgré que son compagnon le secouait pour le faire réagir. Furieux, il se débattit contre les monstres qui le maintenait pour s'en prendre à celle qui avait fait ça.

  • Démone !!! Que lui as-tu fait ?! s'emporta-t-il.
  • C'est bien. Laisse les Ténèbres en toi gagner davantage en intensité, sussura-t-elle en se penchant vers lui et en aggripant son menton, le stoppant net, comme si elle le paralysait. Continue de me détester, de me haïr, de désespérer, de pleurer. Comme tu étais, tu ne m'aurais guère servi. Suivez donc tous son exemple !!!

Une fois qu'elle finit cette dernière phrase qui s'adressait à tous les autres, elle relâcha le visage de l'homme qui se crispa encore plus, en même temps que sa férocité dans sa tentative de dégagement augmenta. Ne lui accordant plus aucune importance, elle se dirigea vers la déchirure. Puis elle attendit.

Rolan et moi fîmes de même, sachant que bien tous ce qui se passait nous révulsaient et, je l'avouais de mon point de vue, me terrifiaient, ils nous fallaient aller jusqu'au bout. Il ne s'écoula pas grand-chose lorsque je remarquais qu'un monticule obscur s'élevait, comme si la femme l'appâtait. Par sa faute, la sensation de froid et d'inconfort s'intensifiaient toutes deux. Cette étrangeté prit la forme d'un être, sans que je ne puisse l'identifier à quoi que ce soit.

Parfois sans membres, puis en possédant autant que des araignées, comme un humanoïde, sa misérable forme recroquevillée et gémissante d'un ton lugubre changeait sans cesse, ne décidant pas de ce à quoi la chose devrait ressembler. Le poignard de celle qui lui avait permis de venir était le focus de ses yeux rouge et jaune démunis de pupilles. Avide de s'en emparer, il s'avançait d'un pas chancelant vers elle, étirant un long bras brumeux et suintant d'une matière noire vaporeuse et visqueuse dans sa direction, sa plainte encore plus stridente et angoissante.

Tout comme elle l'avait fait à l'homme éteint, elle poignarda son torse, faisant dégouliner sur elle sa substance dégoutante. Pourtant, l'être ne disparut pas. Au contraire, sa forme se mit à se définir et à se solidifier. Il revêtit une apparence physique faite de chair et de muscles. Le poignard perdait dans le processus son éclat et, simultanément, le vieil homme devenait de plus en plus mal en point et pâle, prenant la teinte et la consistance de l'albâtre. Et quand la dernière goutte de lumière disparut pour entrer complétement dans le monstre qui ressemblait désormais à tous les autres, il finit par disparaître brusquement en éclat de deux lumières, faisant sursauter celui qui l'accompagnait.

Je regardais avec une répulsion mélangée à de la curiosité les deux lumières s'élever et tourner l'une autour de l'autre dans les airs, avant de finalement se séparer et s'effriter dans l'espace, comme brûlées par un feu invisible. Leur disparition provoqua inexplicablement un profond vide en moi. Il était si inattendu que je dus me maintenir pour ne pas trébucher. J'entendis Rolan suffoquer, une expression douloureuse sur son visage.

La femme retira le poignard de sa création, puis se tourna vers sa prochaine victime en s'avançant d'un pas délibérément lent et assuré, faisant prendre à sa prochaine victime une mimique de peur et d'horreur.

  • Et maintenant à toi. Voyons ce que tu donneras.

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