Figures étranges

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Point de vue de Rosa :

Nous avions traversé sans aucune résistance ennemie la base, sortant dans la cour où j'avais une première fois combattu ces monstres. Certains prisonniers, enfermés depuis un moment à en juger par leurs réactions, hurlèrent de joie de se retrouver enfin à l'extérieur. Trois d'entre eux allèrent jusqu'à nous serrer les mains pour nous remercier de leur avoir accordé cette chance. Cependant, un plus prudent que les autres se souvint de notre situation et réclama le silence, faisant taire les surexcités.

  • Il a raison, argumenta Rolan. Nous sommes très loin d'être sorti d'affaire. Écoutez.

Nous tendîmes tous l'oreille, attentif au bruit qui nous entourait. Très vite, je perçus le hurlement glacial des bêtes, ainsi que les cris et les pleurs d'humains. Cela les ramena vite à la réalité. Ils commencèrent à chuchoter nerveusement entre eux. Afin de prévenir une panique, je pris les choses en main.

  • Nous devons nous en aller. Je suggère de nous séparer pour éviter de trop attirer l'attention. Inutile de chercher la confrontation.
  • Attendez ! s'avança un homme d'une quarantaine d'année. Ma famille est toujours dans cette ville. Je dois partir les chercher.
  • Moi aussi, le rejoignit une jeune fille un peu maigre. C'est pour avoir volé un apothicaire afin de guérir ma petite sœur d'une mauvaise maladie que je me suis retrouvée dans ce trou. Il est hors de question que je l'abandonne maintenant !

Deux autres vinrent à leurs côtés, pour récupérer un bien précieux pour le premier et le second parce qu'il n'avait nul part où aller et préférais se cacher dans un lieu sûr. Nous nous séparions donc, seul, en binôme ou en groupe. Certainement par peur d'être repris par la justice, aucun des récents libérés ne nous accompagna Rolan et moi. C'était mieux ainsi. Chacun de nous se sépara dans une direction différente. Nous deux, nous nous dirigeâme pour l'entrée de la ville, également la voie de sortie. Ce n'était pas le plus facile à atteindre, car la base se trouvait un peu après le centre. Elle avait été conçue ainsi pour prévenir d'une attaque, et non d'une invasion intérieure.

Nous marchâmes, tous nos sens en alerte, et prêts à nous défendre ou décamper au moindre danger. Chaque fois qu'il y avait un bruit suspect, nous nous cachions dans l'embrasure d'une porte ou d'une ruelle sombre. Cela nous sauva de quelques monstres qui traînaient souvent au sol des habitants affolés qui se débattaient pour se sauver. L'envie de les délivrer était grande, mais les créatures ne se déplaçaient qu'en groupe fournit de quatre ou cinq individus, et un semblable de la créature évoluée en faisaient parfois partis. Je ne pouvais que les regarder avec regret en compagnie de Rolan, qui devait me forcer à reprendre le chemin.

  • Je n'arrive pas à comprendre, chuchotais-je alors que nous progression dans une allée aux nombreuses maisons enflammées, d'où je discernais d'autres morts trempant les briques de leur sang. Ils sont censés nous tuer. Alors pourquoi en épargner certains ? Tout à l'heure aussi, un monstre m'avait et, au lieu de me tuer simplement, il a essayé de m'incinérer. Cela n'a aucun sens !
  • Il doit y en avoir un, s'arrêta alors Rolan, me faisant le regarder avec dubitation. Tous ceux que l'on a croisé prenaient la même direction... Rosa, continue jusqu'à l'entrée de la ville. Je vais voir ce qui se trame.
  • Quoi ? Non ! Pas après avoir fait tout ça pour te sortir de là ! Viens, il faut que nous rejoignons Soraya.

L'homme secoua lentement la tête et recula, à mon plus grand désarroi, tout en me dévoilant un gentil sourire plein de gratitude. Je détestais ce genre de sourire dans une situation pareille.

  • Le fait que tu sois venue pour moi au lieu de partir quand tu le pouvais, c'est déjà beaucoup. Je ne tiens pas à t'en demander plus. Et puis, il faut au moins que l'un de nous parte prévenir le roi de ce qui se passe. Je suis sûr que si je les suis, je pourrais peut-être savoir la raison de leur apparition. Transmet mes salutations à la princesse, et mon pardon pour ne pas la rejoindre.

Il me tourna le dos, mais je me précipitais sur lui et empoignais son épaule avec force. Il me regarda sans comprendre mon attitude, et je lui donnais un rude coup pour lui faire reprendre ses esprits.

  • Te rends-tu compte de ce que tu me demandes ?! Aucun soldat n'en abandonne un autre ! Voilà ce qu'on va faire : nous suivons des monstres, NOUS découvrons ensemble ce qui se trame. Je tiens au moins à t'acompagner jusque là. Après ça, nous partons de la ville. Un peu plus loin de l'enceinte, j'ai laissé nos montures.
  • Pourquoi ne les as-tu pas déposé à l'étable ? s'étonna Rolan tout en massant sa mâchoire endolorie.
  • Au cas où, pour éviter que quelqu'un est la brillante idée de les voler. Ce sont de rapides coursiers, ils auraient fait des envieux, expliquais-je en me remémorant un souvenir désagréable. Nous leur avions mis des couvertures invisibles, personne n'a du les remarquer. Une fois fait, nous partirons chacun de notre côté. Toi pour avertir le roi, et moi pour retrouver Soraya. D'accord ?

Rolan acquiesça et nous nous cachâmes derrière des tonneaux pour attendre le passage de nouveaux monstres. Quand nous persûmes des cris, nous filâmes à leur rencontre. Trois monstres transportant deux enfants évanouis traversèrent notre champs de vision sans nous voir. Nous leur laissâmes prendre de l'avance, puis nous nous mîmes à les filer. Nous nous cachions chaque fois que nous le pouvions, dans la perspective que d'autres créatures nous rejoignent. Aussi, tandis que Rolan ne quittait pas du regard celles devant nous, je surveillais nos arrières.

Nous finîmes par entendre une importante cacophonie de hurlements, de cris, de rugissements et de pleurs. Je suivis Rolan qui entra dans une maison saccagée, se mit dos au mur et regarda par la fenêtre, nous permettant de voir de près sans être vu et de minimiser les risques d'être pris par derrière. Au centre d'une immense place, une quarantaine de personnes avaient été rassemblées, et étaient étroitement surveillées par au moins cent monstres qui les bousculaient ou les jetaient à terre. Les mères avec leurs maris tenaient protectivement leurs enfants ou s'interposaient quand un monstre approchait trop, tandis que de vieilles gens essayaient de s'éloigner le plus possible de leurs agresseurs. Ce désolant spectacle me répugnait, et je dus user de toute ma volonté pour ne pas me jeter droit sur leurs tourmenteurs, voyant bien que nous étions en infériorité numérique.

Rolan finit par attirer mon attention un peu à la droite de tout cela, me forçant à m'avancer un peu pour mieux voir. Ma surprise fut grande lorsque je vis un groupe de trois personnes vêtues de toges pourpres et de masques de félins qui ne les recouvraient que jusqu'à leur nez. Je pus ainsi deviner qu'ils s'agissaient de deux femmes et d'un homme. Ils parlaient en grands mouvements et ne semblaient nullement dérangés par ce qui se passait juste à côté.

  • Qu'est ce qu'ils font ? murmurais-je à Rolan, me fiant à sa bonne capacité de déduction.
  • Je crois qu'ils doivent se servir des créatures. Sinon, pourquoi ne se font-ils pas attaquer et semblent indifférent à ce qui se passe ?
  • Oui, ça se tient.

Le plus grand des mystérieux personnages s'éloigna à grands pas de ses complices, fouillant dans une poche et en ressortit un grand cristal orangé. Il le jeta à terre, ce qui fit éclater l'objet. Une explosion de lumière illumina la place, nous aveuglant tous les deux et faisant hurler les pauvres malheureux. Une fois que je recouvrais l'usage de la vue, je fus ébahie de m'apercevoir de la présence d'une sorte de déchirure chaotique de l'air, déversant une sorte de lumière noirâtre. De là jaillit une nouvelle personne, mais portant un masque de dragon et une robe de rituelle grise aux longues manches bleu nuit. Dès son arrivée, les créatures se mirent à terre en signe de soumission, bien que deux évolués, dont celui que j'avais poignardé, restèrent debout pour surveiller les captifs. Elle les contempla quelques secondes avant de se tourner vers les trois individus, parlant d'une voix autoritaire et féminine :

  • Amenez les moi que je puisse juger de leur valeur. Et j'espère pour vous que, cette fois, il y ait quelque chose d'intéressant à exploiter.

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