Disparition inexpliquée

7 minutes de lecture

Point de vue de Rosa :

Sans que je ne sache pourquoi, le monstre stoppa son action et me dévisagea avec beaucoup d'attention, émettant pour la première fois non plus des grognements, mais un étrange vrombrissement. Il ne fit plus rien pendant quelques secondes, puis il plaqua avec force ma tête au sol en m'empoignant la nuque, me griffant tant il serra. Même si j'étais immobile ainsi, je le vis commencer à invoquer sur lui-même des flammes noires. Je sus tout de suite ce qu'il risquait de m'arriver. C'était dérisoire et inutile, mais j'attrapais de ma main droite une dague dans ma tunique au moment où il s'apprêta à s'embraser et la plantais de toutes mes forces entre son épaule et son cou. Au contact des flammes qui léchèrent durant une seconde ma peau exposée, je sentis ma main rencontrer non pas une grande chaleur, mais un froid douloureux qui me brûla légèrement. L'effet de surprise joua peut-être car le monstre, qui n'avait pas prévu ma riposte, rugit en sentant l'arme se frayer un chemin dans sa chair et s'écarta, me libérant ainsi. Sans perdre davantage de temps, je filais et partis trouver ces fichus escaliers.

Bon sang Rolan, t'a intérêt à être vivant après tout ça, sinon je te tue ! l'avertissais-je dans ma tête, espérant réellement que cela soit le cas.

Un second rugissement du même monstre succéda au premier, mais enragé. Le monstre devait être à ma recherche. J'entendais le crissement de ses griffes et sa démarche vive. Une bonne chose dans cette base relativement grande, c'était que je devais emprunter divers tournants et couloirs pour me rendre aux cachots. Plusieurs fois, des monstres commencèrent à apparaître, mais jamais je ne m'arrêtais une seule fois, profitant qu'ils soient ralentis pour prendre autant de distance que possible. En chemin, je croisais deux monstres déjà présent. En deux coups précis et esquivant leurs attaques, je les terrassais sans ralentir mon rythme.

Après plusieurs minutes de course précipitée, les cris du monstre que j'avais blessé finirent par se taire, me laissant envisager que je l'avais semé. Je profitais alors de ma victoire pour reprendre mon souffle. Je contrôlais mon souffle pour éviter de me faire repérer puis, après avoir suffisament récupéré, je repris ma marche.

Il n'y eut plus aucun monstre sur mon chemin qui se manifesta, et je croisais même alors que j'étais presque arrivée un petit groupe de soldats qui se parlaient entre eux, portant eux aussi les marques d'une confrontation récente à en juger par leurs blessures, ainsi que par la présence de trois sphères et du corps inerte d'un soldat.

  • Hé ! les appelais-je en m'approchant et me dévoilant, les faisant sursauter et relever leurs épées par mon apparition inattendue. Que faites-vous encore là ? Vous devriez sortir d'ici pendant qu'ils ne sont pas là !

Les soldats se regardèrent, puis une femme au visage balafré diagonalement et saignant de cette blessure s'avança à moi, portant un air troublé.

  • Il s'est passé une chose bizarre il y a quelques instants. Nous affrontions plusieurs monstres qui nous avaient pris en tenaille. Nous avons perdu deux hommes, celui que tu vois là, me pointa-t-elle du doigt le cadavre, et un autre emporté par un monstre qui s'est enflammé. Nous avions réussi à en tuer trois, mais ils avaient toujours l'avantage. Ils nous tenaient, puis tout à coup, ils ont cessé de nous attaquer et sont partis dans leurs passages.

Ce que je venais d'entendre m'interpella, ne comprenant pas la raison de la réaction des monstres alors que, depuis le début, ils nous massacraient.

  • Quelque chose a du les attirer, conclus-je. Ou bien ils ont trouvé à faire ailleurs. Mais...

Je regardais la fenêtre, me révélant un jour toujours aussi sombre et sinistre.

  • Ils sont toujours là je pense, terminais-je. Il faut que vous quittiez tout de suite la ville.
  • Attend, pourquoi tu dis seulement " vous " ? protesta un autre soldat. Ne me dis pas que tu restes là ?
  • Pas très longtemps. Juste le temps de retrouver un homme que j'ai mis dans les cellules.
  • Te rends-tu compte de l'absurdité de ta phrase ?! C'est du suicide ! Comme tu suggérais, il faut que nous partions tant que les monstres ne sont plus là ! De toute façon, pourquoi veux-tu libérer un prisonnier ?! Il est là pour une bonne raison, non ?! S'il était vraiment dans une cellule, et qu'une de ces choses s'est pointée, il doit être mort !
  • Je l'ai mis là alors qu'il n'avait rien fait de mal ! Il est de mon devoir de le sauver ! m'agaçais-je en haussant la voix sous ma colère alimentée par ma peur et la tension omniprésente que j'éprouvais, faisant taire l'homme qui regarda autour de lui avec les autres, inquiets que j'ai pu attiré un monstre.

Consciente de mon erreur, je me tus et vérifiais aussi. Il n'y eut aucune manfistation, ni aucun grondement. Apparemment, les créatures ne m'avaient entendu ou faisaient attention à ce moment. Je soupirais longuement pour me calmer, et repris plus bas :

  • Il faut au moins que je vérifie qu'il soit toujours en vie. Il ne mérite pas de rester là, ni de mourir.

Les soldats ne me dirent rien, me regardant avec un certain accablement. Je pris alors congé d'eux et repris ma progression, quittant alors par la même occasion ma dernière chance de rester en sécurité.

Je parvins enfin à atteindre les escaliers, sans croiser aucun obstacle. La disparition des monstres dans la base me laissait dans une certaine appréhension. Quoiqu'ils aient en tête, ce n'était pas bon pour nous. Une fois à eux, je les descendis aussi vite que je pus, priant de tout mon être que Rolan soit là. Les mots du soldat m'avaient marqué, et me poussaient à rejoindre au plus vite l'homme.

Je vous en prie grands dieux, faites qu'il soit encore vie ! Je vous en prie, faites qu'il le soit, qu'il le soit, qu'il le soit...

Mes craintes s'accentuèrent lorsque je remarquais que la porte menant à mon objectif avait été détruite. Je parcourus lentement les derniers mètres qui me séparaient de la pièce, et je regardais alors les cellules qui défilaient devant moi. Toutes avaient été conçues par la technologie atlante, provenant d'un peuple très avancé. Aussi, elles n'étaient pas faites de barreaux, mais de champs de force apparaissant bleutés et électrifiés, recouvrant les quatres murs qui composaient leur cellule démunie de porte. Cette énergie se maintenait en place par huit disques accrochés aux murs et reliés par un anneau placé au plafond, et ne s'activaient ou se désactivaient que par l'intermédiaire de manettes connectés à eux. Ils étaient tous protégés des tentatives de destruction par d'autres champs miniatures.

Ainsi, sans l'aide de complice, aucune personne mise à l'intérieur ne pouvait en sortir seule. Sans abaisser les manettes cachées dans les murs qui les alimentaient, rien ne pouvait y entrer ou en ressortir. Et visiblement, cela les avait sauvé. De nombreux prisonniers, vivants et en parfaite santé, me fixèrent avec stupeur, puis me jetèrent des injures ou me suppliaient de les libérer. Les ignorant, je courus à la cellule où j'avais laissé Rolan.

  • Rolan, je suis là !
  • Rosa ? C'est toi ? me répondit sa voix familière.

Je le vis là, debout le plus loin possible au fond de sa cellule, me dévisageant sans comprendre. Avec soulagement, je constatais qu'il n'avait rien. Pas la moindre égratignure. Me voyant, il se mit à sourire et à parler d'une voix railleuse :

  • Bien, je crois que tu dois être convaincue maintenant des dires de Dame Soraya. Ou alors tu es incroyablement têtue, ou trop fière pour admettre que tu avais tort, à mon sujet comme au sien.
  • Même si je sais que je devrais te frapper pour m'avoir dis ça, je suis soulagée que tu n'ais rien, soufflais-je en sentant un immense poids me quitter. Ne bouge pas, je vais te libérer. Dis-moi, ces choses sont arrivées jusqu'ici ?
  • Et comment ! m'informa-t-il pendant que je me dirigeais vers les manettes pour les faire sortir de là en tâtant les murs pour trouver le mécanisme d'ouverture. J'ai bien cru que c'était ma fin, mais les champs de force les empêchaient de venir. Je peux te dire que j'étais drôlement content d'être là. Elles ont fini par partir un moment donné, je ne sais pas ce qui leur a pris... ah !

Une fois que je trouvais la bonne pierre que j'enfonçais et qui s'ouvrit, je soulevais la manette correspondante. La force qui le retenait ici se dissipa et lui permit de sortir, libre comme l'air. En voyant ça, les prisonniers me hurlèrent de faire de même pour eux. Je les fixais sans rien faire de plus, pendant que Rolan attrapa des murs une épée et me rejoignit.

  • Qu'est ce que je fais d'eux ? lui demandais-je alors qu'il attachait son fourreau à ses hanches.

Après qu'il se soit armé, il contempla tout ceux qu'il avait côtoyé ces derniers jours, ayant l'air de réfléchir.

  • On va les laisser partir. Je préfère fuir l'esprit en paix de ne pas les avoir abandonné ici mais autant leur en laisser le choix. Mesdames et messieurs, tous ceux qui veulent sortir se manifestent maintenant ! Cependant, sachez que les monstres doivent probablement toujours être ici. Alors, vous pouvez soit attendre dans ces champs de force, au risque que les créatures parviennent à trouver une faille dans vos cellules, mais avec un temps de sécurité plus long et l'espoir que les monstres partent entre temps à moins d'être tous tués. Ou bien, vous pouvez sortir pour vous échapper de la ville par vos propres moyens, avec néanmoins le risque d'en recroiser assez rapidement.

Les prisonniers se turent, envisageant les deux possibilités. Il y avait au total une quarantaine de personnes. Quinze levèrent la main. Rolan tourna sa tête vers moi et hocha la tête. Je les libérai donc, et allai en tête avec le garde royal pour sortir.

  • Venez, profitez-en pour prendre des armes et dépêchons-nous de quitter cet endroit au plus vite !

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 36 versions.

Recommandations

Défi
cornelie
En réponse au défi de Chuck Mac Cracker. Conversation vidéo, chapitre 3.
10
52
17
2
Marie Smorta


Une image
J’ai toujours voulu te dire
J’ai toujours voulu
« Tu es semblable au vent, à la tempête
Gouttes de pluie dans tes yeux quand tu te calmes un peu »
Je voulais t’écrire
Ça se bouscule dans ma tête
Ça fait beaucoup de bruit et réveille beaucoup de choses
Tout me dérange
Pourtant
Tu sais, c’est difficile de se dire que les choses continuent d’avancer. C’est difficile de se rendre compte qu’on ne peut pas se souvenir de tout. C’est dérangeant quand on essaye de contrôler ce qui ne peut plus l’être.
C’est triste quand on se rappelle d’avoir vécu

________________________________________________________________________________________________________

Je rapporte tout à l’amour, constamment.
Comme si c’était ce qui importait le plus.
C’est juste que j’ai été profondément blessée, pas que par toi mais aussi de la société.
Ce sont des choses qui arrivent, j’imagine.
Tant de cicatrices qui ne demandent qu’à se rouvrir inlassablement.

Ça fait mal, n’est ce pas ?
3
5
3
1
Défi
Naomie

    "-Ravi de faire votre connaissance, moi c'est Edgard mais vous pouvez m'appeler Ed. Je suis pizzaiolo.

     -Enchantée, moi c'est Jane. Je suis lycéenne."
Wow, y'a un rat dans la pizza de Ed, c'est énorme!

    "-Ahah c'est marrant le rat dans la pizza...mais vous êtes une licorne?!
     -Eh ouais, la classe hein? J'ai une idée géniale...j'ai un bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons dans l'avion. Tu veux l'essayer?
Waouh! C'est trop bien toutes ces couleurs, en plus Ed change de couleur et de forme, il est bleu, gros, rouge, c'est trop drôle. Putain! Le top du top.
    "-Comment ton avion est arrivé ici sans faire de bruit, il est trop fort!
     -C'est plutôt nous qui sommes arrivés à côté de l'avion sans faire de bruit. Chut, il risque de se réveiller."
Putain les marches de l'avion sont en guépard. Merde y'en a un qui me regarde, je dis quoi?
    "-Tout ceci n'a aucun rapport avec Gisèle! Demande à Ed, c'est à Christen qu'il faut s'en prendre, c'est elle qui a balancé de l'eau sur le ciel. Je l'ai vue...je l'ai vue de mes propres yeux! Croooois-moooii!"
Ses yeux se sont retournés et de la lumière en sort...on dirait des minis concerts à l'intérieur! C'est vraaaaaiiiiiment troooooop trop bien! Je me sens tellement...bien.
    "-Jane! Viens voir mon bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons...
     -Putain!! Elle est trop cool ta balançoire. Je peux faire un tour?
     -Bien-sûr que oui."
Elle est confortable...mais c'est encore le guépard. Il est trop drôle.
Merde! Ca a disparu, Ed, le guépard, l'avion et la balançoire. Et j'ai un de ces mal de tête, c'est horrible.
    "-Elle était puissante, hein? Je t'avais prévenue, aller je te l'offre pour cette fois."
2
1
0
1

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0