Dans la base

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Point de vue de Rosa :

J'avançais devant moi, prenant garde à ne pas faire le moindre bruit et d'éviter autant que je le pouvais de rester dans la lumière. Pour les cristaux, je jetais une de mes dagues pour les briser. Quand je n'avais pas d'autres choix que d'aller dans ces zones, lorsque c'était les fenêtres qui déversaient la lueur de la ville en flamme depuis l'extérieur, je courais jusqu'à me plonger à nouveau dans le noir, et seulement si je n'entendais rien de suspect.

Par l'un des pouvoirs offert par Ombouros, le dieu des ténèbres et des ombres, à mon peuple jadis, je parvenais à me fondre totalement dans l'obscurité et à m'y retrouver. Jusque là, je n'avais fait que croiser quatre montres qui avaient sorti rapidemment leur tête de leur ouverture pour vérifier la présence d'autres humains en humant un peu l'air avant de repartir. Je me réjouissais intérieurement à ces moments de m'être au préalable barbouillée de cendre pour cacher mon odeur corporelle, ignorant si les créatures se fiaient également à leur odorat. Je ne savais pas quel était leur mode de déplacement, mais je ne voyais aucune d'entre elles dans les couloirs. Pourtant, la présence de cadavres déchiquettés, démembrés et lacérés étaient d'autant d'avertissements : elles étaient là, quelque part, attendant de pouvoir se montrer.

Je pris un croisement pour me diriger vers les escaliers menant aux cellules, et je vis un homme affalé par terre, tremblant convulsivement de terreur et suant en abondance. Le blanc de ses yeux recouvrait presque entièrement ses iris, et ses yeux grands ouverts brillaient d'une terreur sans nom. Ne pouvant me résoudre à le laisser ainsi, je sortis de mon invisibilité et l'approchais doucement. Il m'entendit venir, et posa sur moi un regard terrorisé et larmoyant.

  • Ne restez pas là, chuchotais-je. Essayez de sortir à l'extérieur. Il y a moins de monstres depuis un moment maintenant.

Il ne fit que secouer vivement la tête et il tenta de parler, bien que la peur étranglait sa voix et le faisait nerveusement bégayer.

  • Est... Est-ce que tu te rends compte de ce qu... que tu dis ? On... on peut pas leur échapper. A... Alors à quoi ça... sert de courir, hein ? Nous allons tous mourir, tous, tous, tous...

Il se perdit dans sa plainte, riant bruyamment en perdant son sang-froid. Paniquée, je lui ordonnais de se taire lorsqu'un bruit alertant de l'apparition d'un nouveau monstre me força à reprendre mon voile d'invisibilité. Je ne fis plus un bruit. Le soldat, qui s'était tu en me voyant disparaître soudainement, entendit à son tour ce qui m'avait poussé à me cacher et, quand il regarda, il se releva d'un seul coup en titubant. En quelques secondes, après une lutte pour sortir de son passage, la créature siffla en voyant sa nouvelle proie. Comprenant qu'il était sa cible, l'homme se retourna, tomba brièvement avant de courir à toute jambe. Alors que je m'attendais à ce que le monstre se mette à sa poursuite, préparant au cas où mon glaive pour l'arrêter, je l'entendis émettre une étrange succession de grondements courts et rapides en ne bougeant pas d'un poil, découvrant davantage ses crocs et aggrandissant son sourire sanguinaire. Comme s'il... riait.

La chose S'AMUSAIT de la fuite de l'homme ! Elle le laissait VOLONTAIREMENT prendre de l'avance.

Et dans quel but ? pensais-je en resserant de rage ma main sur mon glaive. Pour prolonger son plaisir !

Alors, sans attendre, je plantais dans son torse en me dévoilant mon arme, stoppant son rire bestiale et l'enfonçant toujours plus profondément.

  • Vous me dégouttez tellement, grondais-je en regardant le monstre tétanisé droit dans les yeux avant de retirer ma lame pour lui trancher la tête.

Après sa disparition, je jetais un dernier coup d'œil où l'homme avait fui, priant pour que rien ne lui arrive. Entendant derrière moi une déchirure, je me cachais à nouveau et restais aussi silencieuse que possible. Un deuxième monstre sortit à moins de quatre mètre de moi, arpentant le couloir avec insistance. Je reculais avec beaucoup d'attention, veillant à ne pas faire le moindre bruit sans le quitter une seule seconde des yeux. Finalement, ne trouvant rien, il émit un sourd grondement et se pencha pour récupérer la sphère dorée de son confrère, la porta à sa tête... et il l'avala. Ce fut si inattendu que je cessais de m'éloigner, le scrutant avec stupeur. Pourquoi... faisait-il ça ?

Le monstre entrouvrit sa gueule et bava en sortant sa langue, gémissant comme s'il souffrait. Il se recroquevilla sur lui-même, raclant le sol de ses griffes qui laissèrent des marques profondes. Puis, ses marques noires se mirent à bouger, changeant leur emplacement initiale, se développant davantage sur lui et déversant encore plus de brume obscure. Il se mit par en être entièrement recouvert, jusqu'à devenir une masse noire ténèbreuse. Une horrible sensation de malaise m'accabla, surtout quand sa Présence que je sentais augmenter prodigieusement me surpassa. Sans jamais lui tourner le dos, je continuais de mettre de la distance entre lui et moi, me sentant en grand danger. La créature se releva, restant sur place. Peu à peu, le brouillard obscure s'estompa, dévoilant alors le monstre, dont je voyais actuellement le profil, se révéla... changé.

Ses yeux laissaient couler à mon plus grand étonnement des larmes de sang, mais ce ne fut le changement qui me frappa. Il avait l'air beaucoup plus humain. J'avais devant moi un être androgyne, un peu plus petit que ses congénères. Sa tête monstrueuse avait laissé une figure humanoïde surmonté d'une paire de corne rougeoyante, mais gardant un air bestial par quatre longs crocs qui dépassaient et ses yeux noirs aux pupilles de feu. Ses marques étaient beaucoup élégantes, et non plus désordonnées comme par le passé. L'être possédait toujours un museau, bien que plus court, des pattes arquées et une queue mobile, ainsi qu'une paire de mains aux griffes assassines. Mais surtout, surtout, c'était cette redoutable puissance dévastatrice que je sentais venir de lui, brutale et meurtrière.

Venait-il... d'évoluer ? Il paraîssait moins intimidant, mais supérieur aux autres de tout à l'heure. Parce qu'il s'était emparé de la sphère ? C'était le plus probable. Tout à coup, il tourna sa tête vers moi, un mauvais sourire qui se dévoila peu à peu en grognant et me terrorisa. Sans qu'il ne parle, je compris très bien ce qu'il voulu me dire.

Je te vois. Je sais que tu es là.

Je ne perdis plus de temps à me faire discrète et filais à toute allure, ne cherchant même pas le conflict, ni à le figer dans ma technique des ombres, sentant que cela ne fonctionnerait pas sur lui. Mon instinct me soufflait de ne surtout pas chercher à le vaincre. Je n'en ressortirais pas vivante. Ma tentative de lui échapper fut pourtant bien inutile. Un poids lourd me fit tomber à terre, alors que je sentis des griffes m'aggriper les épaules, me faisant hurler de douleur et perdre ma protection. Je tournais ma tête, et vis avec horreur que le monstre m'avait piégé sous lui et s'apprêtait à me frapper.

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