Sortie de convalescence

5 minutes de lecture

Point de vue d'Anéon :

J'ouvrais la porte de la caravane enfin stoppée, goûtant avec délice l'air frais du dehors, même s'il me fit frissoner, n'étant vêtu que de mon chandail gris, ma veste toujours avec Soraya. Je touchais doucement mes côtes fraîchement guéries après cinq jours de repos. Déjà la veille, j'avais demandé à Kristof de sortir. Il avait été totalement contre ça, me garantissant que si j'essayais même de filer en douce, il me mettrait de force une camisole. L'homme me l'avait d'ailleurs montré, aussi j'avais pris sa menace très au sérieux et patientais pour quitter mon lit.

Je peux dire qu'après cinq jours d'attente, j'avais eu la sensation d'étouffer, surtout avec le regard insistant du soigneur. Je savais bien pourquoi il m'épiait ainsi, mais je l'avais toujours ignoré. J'en avais suffisament dit sur l'origine de ma blessure au dos, et je n'avais pas l'intention d'en dire plus. Je préférais ne pas y repenser, et ce avant longtemps.

J'observais le paysage autour de moi, remarquant que nous quittions peu à peu les landes désertes, voyant plus loin un petit regroupement de maisons et des pâturages. Les marchands avaient fait une pause et énuméraient en s'assurant de leur état en compagnie d'adolescents presque adultes tous ce qu'ils transportaient, comme des herbes, des médicaments, des vêtements, des armes, des outils, des bijoux et des pierreries. Kristof m'avait dit qu'ils voyageaient partout dans Lyrhune pour vendre, échanger et réapprovisionner leurs marchandises. Ils s'arrêtaient donc dans certains villages et villes et restaient deux ou trois jours pour proposer leurs biens et services. La guilde sous qui ils s'étaient engagés se nommait Jurende, de par son créateur, et avait sa base à Port-Réjouit.

La coïncidence m'avait surpris et, quand je l'avais dit à Kristof en l'informant que c'était là-bas que nous nous dirigions, il m'avait confié que Port-Réjouit était un grand lieu pour les marchés. Beaucoup de guildes s'y étaient formées dans cette ville portuaire et dans celles environnantes.

Bon, je vais voir comment va Soraya, décidais-je en voulant voir de mes propres yeux comment elle allait.

On n'avait pas cessé de me dire que la jeune fille, dont Titania avait bien pris soin de ne pas révéler son vrai nom en la nommant Maria, restait dans un état stable. Mais le fait que la fée ne soit pas venue un seule fois me le certifier, restant toujours à son chevet, m'inquiètait un peu.

Je pris pied à terre et partais les trouver toutes les deux, me fiant aux senteurs des encens que je devais sentir en approchant de la bonne caravane pour ne pas déranger les personnes occupées. Les convois étaient assez espacés entre eux, alors je fis en sorte de bien profiter de ma liberté de mouvements retrouvée. Je saluais au passage certains des marchands que je croisais, ce qu'ils me rendaient avec une humeur chaleureuse.

  • Ce serait bien s'ils acceptaient de nous garder quelques temps dans leur groupe. Je me demande s'ils iront également à Maurial. Il faudrait que j'en discute avec eux, réfléchis-je pensivement.
  • Hé, toi !

L'appel venait de ma droite, aussi je vis venir à moi un groupe de six enfants, trois filles de cinq, douze et quatorze ans, dont la plus vieille gardait un bébé endormit dans des langes. Deux garçons aillant aux alentours de sept ans, de véritables sosies arborant les mêmes airs et yeux verts, à part pour leurs cheveux noirs et châtains, se précipitèrent sur moi et me fixèrent avec des yeux admiratifs.

  • T'es bien celui qui a vaincu les trolls à toi tout seul ? Kristof t'a enfin autorisé à sortir ? me demandèrent-ils en même temps avec excitation, me prenant un peu de court.
  • Heu...
  • Carl, Nicolas, on avait dit quoi ? les réprimanda celle qui portait le nourisson, aux cheveux bruns reliés par un chignon bas. Il vient tout juste de guérir, laissez le un peu respirer !

Penauds, ils s'éloignèrent de deux pas, sans pour autant me lâcher des yeux. La jeune adolescente soupira un peu et me souria.

  • Nous sommes tous contents de voir que tu ailles mieux. Je m'appelle Lara, et de la plus petite à la plus grande, Hélène et Mili. On voulait tous te remercier de nous avoir protégé la dernière fois, surtout Hélène. D'ailleurs, tu ne voulais pas lui donner quelque chose ?

La jeune Hélène, portant des petites couettes blondes et rougissante lorsque je la regardais, émit quelques mots presque inaudibles.

  • Humm... C'était pour... enfin j'ai... je voulais...
  • Ne t'en fait pas, me baissais-je à sa hauteur et l'encourageant gentiment. Je ne vais pas te mordre. Que voulais-tu m'offrir ?
  • Un truc de fille, commenta moqueusement le garçon aux cheveux noirs que je devinais être Nicolas en entendant Mili, avec les mêmes cheveux et yeux, peut-être sa sœur, lui mettre un petit coup sur l'épaule en prononçant tout bas son nom.

Encore plus timide à cause de la remarque, elle sortit lentement de la poche de sa robe rose claire un collier de fleurs blanches et bleus. Poussant un petit bruit d'exclamation, je la laissai le mettre autour de mon cou. Je contemplais son ouvrage et la félicitais :

  • C'est vraiment beau ce que tu as fait. Merci pour ton cadeau.

Elle me fit un grand sourire et se jeta à mon cou avec un rire joyeux, profitant de l'occasion pour me faire un bisou bruyant sur la joue, sous les bruits écœurés des deux garçons.

  • Pour te remercier d'avoir sauvé son père, celui qui s'est fait frapper par le chef des trolls, m'expliqua Mili.
  • Je vois.

Il me semblait bien reconnaître la jeune fille pleurant dans les bras de sa mère, alors que l'homme saignait au visage.

  • Il va mieux depuis ton papa ? me renseignais-je après que la petite m'ait relâché.

L'enfant hocha vivement la tête, puis s'éloigna pour rejoindre Lara.

  • Il s'est pris un rude coup à la tête, mais il y a eu plus de peur que de mal, me révéla cette dernière en prenant la main de la petite fille. Il est le chef de notre groupe. Tu allais bien voir ton amie... heu... Maria, c'est ça ?

J'hochais la tête, devinant peut-être où elle voulait en venir.

  • Le chef voulait te laisser récupérer avant de te parler. De choses importantes il m'avait dit. Il m'envoie te chercher pour te conduire à lui et Maria. Il t'attend dans la caravane où l'on s'occupe d'elle.
  • D'accord. Allons-y ensemble, proposais-je.

Notre troupe, sous la direction de Lara, se mit en route, pendant que les deux garçons me harcelaient de questions sur comment j'avais réussi à détruire la main du troll, à courir si vite, lutter à force égal et fait voler la lame d'un autre, pourquoi j'avais eu des lignes bleues sur le corps et si je les autoriserais à les laisser prendre mon épée.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 22 versions.

Recommandations

Ange S SecretGarden
Comme tout le monde, j'ai ma propre vision, définition de ce monde qu'est la soumission/domination.

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous faire entrer dans mon monde durant une journée entière, afin de vous faire découvrir qui je suis et la vie que je mène.

Je me présente, Taryn, une jeune femme soumise aux désirs sadiques soient-ils de Son Maitre.

Je vous souhaite la bienvenue dans mon univers.
71
87
77
40
Johane
La planète nous explique ce qu'elle ressent face aux actions de l'humanité.
3
1
0
1
Défi
Aloysius May


1 : Le big-bang


L’univers est en perpétuelle expansion. Les galaxies s’éloignent les unes des autres, repoussant toujours plus loin les limites de l’univers. Le temps est linéaire : il est né avec la matière et il semble qu’il ne s’arrêtera jamais. Du moins c’est ce que tout le monde croit sans s’en apercevoir.
Jean-Daniel en tout cas s’en soucie peu : le big-bang, la naissance et l’expansion de l’univers tout ça ne le regarde pas. Tout juste est-ce bon pour les scientifiques et quelques illuminés fans de métaphysique ou de science-fiction.
Il se prépare comme à son habitude pour aller au travail. Il déguste une tartine qu’il plonge dans son café, et il pense à la journée qui l’attend. Aujourd’hui, décide-t-il, il ira à pied. Cela le changera. Il fait beau, il faut en profiter. Il enfile donc sa plus belle chemise puis le pantalon qu’il a repassé la veille, et il sort de chez lui. Sur la route qui le mène à son travail, il rencontre une jeune femme. Il la trouve belle, hésite à lui parler, mais y renonce finalement par timidité, et poursuit son chemin.
Il aide ensuite une vieille dame à traverser la rue. Il éprouve soudain une impression de déjà-vu qu’il ne peut expliquer. Mais alors qu’il est presque arrivé deux choses qu’il n’avait pas prévues se produisent.
Tandis qu’il traverse avec légèreté, la première chose est cette voiture qui perd le contrôle et qui va le percuter, lorsque le second événement se produit : l’univers a terminé son expansion. Le big-bang a pris fin, laissant sa place big- crunch. L’univers se rétracte, et le temps avec lui cesse d’aller de l’avant pour revenir sur ses pas, de ce moment charnière où Jean Daniel allait se faire écraser jusqu’aux origines des temps…


2 : Le big-crunch
Daniel-Jean voit une voiture qui s’éloigne de lui. Il marche à reculons, il veut s’étonner de ce nouveau paradigme temporel mais il n’a pas le temps d’y penser. Il aide la vieille dame à reculer sur le passage clouté. À peine se dit-il, dans un instant de fulgurance, que cette impression de déjà-vu était due à ce mouvement de l’univers, que déjà il a honte de sa timidité. Puis il revoit cette femme dont il sait pertinemment qu’il ne lui adressera pas la parole, et continue de marcher à reculons jusqu’à chez lui. Il enlève d’abord son pantalon puis sa chemise. Le café disparaît devant lui, et de plein qu’il était dans la cafetière il se vide. Il prépare ensuite le café toujours à l’envers puis va se coucher. Sa vie va continuer à défiler de cette manière jusqu’au jour de sa naissance, tandis que l’univers se rétracte inéluctablement jusqu’au moment de son apparition.
3
5
2
2

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0