Ombre prisonnière

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Point de vue d'Anéon :

  • Pourquoi il a fallu que je me fasse piéger à ce moment ? m'agaçais-je en contemplant la pleine lune éclairant dans toute sa splendeur qui, alors que je me plaisais à l'observer parfois des heures, semblait se moquer de moi.

Toujours prisonnier de la dague, j'avais au début attendu que les rayons du soleil déplacent mon ombre pour me libérer. Hélas, il me parut vite évident que la dague bloquait COMPLÉTEMENT mon ombre, la maintenant dans la même position et défiant les lois naturelles du monde dans ces circonstances. La seule chose qui m'aurait aidé était qu'un nuage passe et obscurcisse la lumière de la lune pour m'échapper de là.

Cette nuit était désespérément claire, et j'avais beau fouiller dans tous les recoins, il n'y avait pas l'ombre d'un seul d'entre eux dans le ciel, sauf un qui avait dérivé très loin dans l'horizon.

  • Quel idiot j'ai pu être de m'en aller aussi ! me blâmais-je en ne pouvant m'en prendre qu'à moi même.

Mon humeur s'assombrissait à mesure que le temps passait. Pas une seule fois je ne revis mes assaillants. Gelé par le fait que je ne pouvais plus bouger, je ne voulais plus qu'une chose : retrouver cette fille qui n'est jamais revenue et lui faire durement payer ce qu'elle m'a fait subir pendant toute une journée.

En attendant, il m'était impossible d'entreprendre quoique ce soit. Ma situation aurait cependant pu être pire : aucun animal sauvage ou de créatures à l'intelligence primitive, comme des gobelins ou des ogres sauvages par exemple, n'étaient venues me déranger. J'avais bien entendu des hurlements au loin, mais pas une seule fois je n'en vis un seul. Cela ne voulait sûrement pas dire que ce sera le cas dans quelques minutes. Voilà pourquoi, à défaut de compter sur le soutien d'une aide extérieure, je fis la seule chose qui me parut logique : me débattre de toutes mes forces physiques et magiques pour me libérer.

oOo

Je crépitais alors d'un halo bleuâtre et manifestais partout sur moi des décharges électriques, brûlant progressivement ma réserve de Mana. Au moins, ça me tenait un peu au chaud. Je devais être à ma vingtième tentative, sans plus de résultat que les premières. Je relâchais d'un coup la pression en gémissant d'épuisement, respirant fortement par la bouche tant j'avais forcé, attendant que je reconstitue naturellement un peu de Mana.

Mon but était de parvenir à faire bouger suffisament mon bras tenant toujours mon épée pour espérer décrocher du sol la dague. Un seul membre, et j'éprouvais tant de difficultés ! C'était comme si je devais pousser un mur indestructible plaqué contre lui ! Après cinq minutes, j'inspirais à fond et obligeais mon corps à faire jaillir mon pouvoir, forçant sur mes bras et mes jambes pétrifiés. Grognant sourdement sous l'effort, je finis par hurler de rage afin de plus me motiver, déchainant mes pouvoirs.

Je parvins miraculeusement à faire tremblotter mon bras gauche de quelques centimètres, mais sans parvenir à libérer d'un seul coup la totalité de ma force. La faute à mes inhibteurs qui brillaient en absorbant le Mana dépassant ce que j'étais autorisé à manifester. Le cristal irradiait intensément, emmagasinant toute la charge supplémentaire qui aurait pu me permettre de me dégager.

De nouveau, je me retrouvais dangereusement à court et fus obligé de m'arrêter, de nouveau au point de départ. L'œil vide, je regardais le bijou de mon bras maintenant immobile en regrettant presque d'avoir du les réclamer à Lyrhana. Le désespoir m'étreignit et, aussi, je ne pouvais m'empêcher de penser à Soraya et Titania. Étaient-elles tombées sur ce groupe ? Si oui, se sont-elles échappées ? Parviendront-elles à me retrouver ?

Songeant si profondément, je me ressaisis, voulant à tout prix éviter de plonger dans des pensées trop négatives.

  • Allez, j'y retourne !

Je ne pouvais tout de même pas baisser les bras après seulement quelques échecs ! Encore fois, je me mis à rayonner d'énergie, m'évertuant à reprendre le contrôle de mes mouvements. La sueur perlant mon front et piquant mes yeux, je me contentais de les fermer, ne pouvant la chasser. C'est à ce moment que j'interrompis ce que je fis, les ouvrant avec un choc. Avais-je rêvé ?

Je poussais un rire de joie en entendant la voix de Titania, prononçant mon nom avec un ton victorieux puis, sans que je ne comprenne pourquoi, avec une énorme panique. Bientôt, je pus apercevoir sa lueur rasant la terre qui venait à moi. Elle zizaguait dans tous les sens et battait des records de vitesse. Plissant les yeux, je pus presque jurer voir des formes derrière elle, comme si elle était pourchassée par des... chauve-souris ? En effet, quand la fée prit de la hauteur, je remarquais distinctement les petits êtres de la nuit qui tentaient de l'attraper, la confondant avec un insecte lumineux. Un essaim comprenant au moins une dizaine d'individus. Je me détendis en voyant qu'il s'agissait de chauve-souris normales et non vampires sinon, je n'aurais pas donné chère de ma peau.

Cherchant à se protéger, Titania arriva alors à se cacher sous ma veste, tandis que j'amplifiais ma Présence pour faire fuir ses poursuivantes. Cela marcha et, ne cherchant plus à l'attaquer, elles volèrent loin de moi. La pauvre fée tremblait tout contre mon torse, marmonant mon nom avec nervosité.

  • Tout va bien Titania, elles sont parties, la rassurais-je avec douceur à défaut de l'étreindre.
  • Tu es sûr ? sanglota-t-elle en sortant timidement sa tête, sa lumière blâfarde après tant d'émotions.
  • Oui. Soraya n'est pas avec toi ? m'étonnais-je avec un doute se dévoilant quant à ce qui aurait pu arriver.
  • Elle a été capturée par quatre personnes, me confirma-t-elle à ma plus grande colère. Nous étions à ta recherche et nous sommes tombées sur eux. Et toi ? Que t'est-il arrivé ?
  • La même chose qu'à vous. Titania, vois-tu la dague en-dessous de moi ? lui demandais-je, ce qu'elle affirma. Bien. Je suis bloqué à cause de ça. Peux-tu essayer de la retirer s'il te plaît ? Elle n'a pas été trop enfoncée, normalement tu devrais pouvoir la retirer en forçant un peu. T'en sens-tu capable ?

Elle sembla hésiter un bref instant avant d'hocher vigoureusement la tête et de sortir de sa cachette, se posant vers la dague. La fée l'empoigna fermement et tira le plus fort possible, grimaçant en y employant toutes ses forces. Je lui lançais des paroles encourageantes, voyant la lame s'ôter lentement, mais sûrement. La lame n'était plus immobile, je parvins même à faire bouger un peu les doigts de la main. J'allais bientôt pouvoir partir ! Mais alors que la victoire était proche, sans que je ne comprenne sur le moment, Titania s'immobilisa, regardant nerveusement sur tous les côtés.

  • Il y a quelque chose qui arrive Anéon. Une chose mauvaise, m'informa-t-elle dans un ton bas.

Me fiant à ce qu'elle m'apprit, j'examinais avec beaucoup d'attention qu'il y avait. Au début, je ne vis rien d'étrange dans la nuit. Usant de ma vision d'Aura, je repris mes recherches, sans plus de résultat. Mais alors que je passais sur une surface à quelques pas de nous, je vis les lueurs changer en un mélange malsain noir-gris et de rouge qui se dégageaient de la terre.

  • Titania, fais vite, lui intimais-je d'une petite voix, n'aimant pas du tout ce que je voyais.

La petite fée reprit alors son labeur et, voulant aller plus vite, vola en battant furieusement des ailes, tournant plusieurs fois d'affilé en cercle pour l'extraire.

Je surveillais l'apparition avec une panique qui ne cessait de monter, tout mon instinct me dictant la fuite.

La terre se tordit étrangement, ondulant comme un liquide. Au ralenti, un visage gris aux cheveux hérissés comme une crinière rouge, vaguement humanoïde, striés de marques noires d'où se déversaient des volutes de fumées obscures, sortit. Ses grands yeux plissés cruellement aux paupière entourées pour chacune d'une marque l'entourant et se croisant au sommet de son museau de félidé étaient complétement noirs, exceptés l'iris qui brillait d'un éclat ambré et à la pupille fendue argenté. Sa gueule s'ouvrant démesurément dans un baîllement semblable à un grognement était garnie de longs crocs acérés brillant sous la lune, avec une langue rouge s'enroulant à l'air libre.

Je l'observais et ce fut à son tour de me voir, ses yeux se mettant à luire sauvagement. Il poussa des hurlements à terroriser un tyranours, se débattant pour s'extirper du sol.

  • TITANIA !!! RETIRE LA DAGUE, MAINTENANT !!! m''époumonais-je en voyant la créature sortir un bras musclé terminé par des griffes noires terrifiantes.

Puis son autre bras apparut. Son torse, étoilé lui aussi de marques, sorti aussi. Une patte de félin suivit, puis bientôt le genou de l'autre. Sans attendre, arrachant à moitié sa queue de lézard qui se tortilla, il se jeta à quatre pattes sur nous dans un long rugissement.

Pile à ce moment, je retombais sur la terre ferme et, sans perdre de temps, je relevais Vesingrí. La faisant tournoyer, je le tranchais en deux, faisant déverser sur moi un sang noirâtre avant que l'immonde bête ne s'écrase à terre dans un spasme d'agonie. Elle devint quand elle rendit son dernier râle une masse noire qui éclata, ne laissant plus nul trace devant nos yeux stupéfaits.

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