Réconfort

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Point de vue de Soraya :

Une fois à terre, la dégringolade folle passée, je me relevais avec beaucoup de prudence, le monde tournant de manière très étrange autour de moi, les visages se divisant de manière stupéfiante. Hélas, ce n'était absolument pas ce qu'il fallait à mon estomac. Sentant ce qui allait suivre, je me cachais sans attendre en titubant derrière un arbrisseau, puis je recrachais dans la foulée le contenu de mon estomac à quatre pattes, les larmes aux yeux.

Plus d'une minute passa. La pire de mon existence selon moi, avant que je ne me sente un peu mieux. Réprimant une dernière fois un haut-les-cœurs, je demandais à Anéon de me passer l'une de nos gourdes pour m'ôter le goût infect désormais présent dans ma bouche. Le garçon me la passa sans rien dire, étrangement silencieux. Je n'étais pas idiote cependant : il devait être très amusé par la situation même s'il avait la politesse de le cacher. Titania, compatissant à ma peine, me donnait des paroles réconfortantes. Je pris garde à ne pas toucher le goulot et, une fois que je jugeais ma bouche correctement nettoyée après plusieurs rasades, je rebouchais la gourde et la tendis à Anéon qui la rangea dans le sac de provisions que nous avions fait tantôt.

  • Bien, je vous prie de m'excuser Rosvak pour cette scène disons... désobligeante, dis-je piteusement au nain qui était resté pour nous saluer.
  • Ce n'est rien. Croyez moi, vous n'êtes pas la pire, me souria chaleureusement le nain en souhaitant sans doute remonter mon moral, ce qu'il réussit à moitié. Alors mes amis, je vous souhaite de ne rencontrer aucun obstacle sur votre route. Que les dieux de Lyrhune guident vos pas.
  • Qu'ils vous gardent en sécurité ! nous répondîmes alors tous les trois.

Rosvak hocha la tête une fois, puis il actionna dans le sens inverse la manette. Plus doucement, la nacelle reprit le chemin du retour par le fil qui se poursuivait en remontant vers ForgeFer. Poussée par la curiosité, je regardais au loin la partie de la falaise où je supposais être tombée en échappant au pantin de fer quelques jours auparavant. De là où nous étions dans les airs, sa profondeur était si importante que l'on n'en voyait pas la fin.

  • Qu'est-ce que tu regardes Soraya ? me tira alors de mon observation Anéon qui m'attendait avec Titania, prêts à partir.
  • Rien, je repensais à un truc.

Ne perdant plus de temps, je le rejoignis et nous marchâmes alors d'un bon pas dans la lande illuminée du soleil couchant, maintenant concentrés dans la progression de notre voyage.

oOo

  • Scio, s'il te plaît, sois un gentil Esprit et montre moi au moins les frontières des royaumes, suppliais-je la carte depuis plus d'une demi-heure, maintenant que la nuit était tombée et que nous nous étions arrêtés pour camper contre un gros rocher granuleux afin de nous protéger du vent froid de la nuit.
  • Hummmm... Non, me bouda l'Esprit qui fit pivoter son petit corps enflammé, les bras croisés.
  • Pitié ! On a vraiment besoin de tes conseils, essayais-je à nouveau en me repositionant devant lui, les mains entrelacées pour accentuer ma demande.
  • Toujours pas.
  • Soraya, laisse tomber avec cette carte inutile et viens plutôt manger. Le repas est prêt. En plus, désolé de dire ça, mais tu es complétement ridicule, me signala Anéon en me pointant avec la branche rougeoyante qui lui permettait de faire bouger le bois qui brûlait.

Rougissante de gêne sous sa remarque, surtout que Titania le regarda en hochant la tête, je soufflais un grand coup sur Scio pour le faire disparaître et le remballais dans ma sacoche, vaincue. Je m'asseyais avec les deux compères et attrapais l'un des poissons qui grillaient sur une broche. Je mordis lentement dans sa chair arômatique et mâchonnais pensivement, assez embêtée.

La carte nous était nécessaire pour trouver Yggdrasil, et nous offrait des repères précis qu'aucune autre carte du monde n'avait. Il fallait vraiment résoudre son problème avant d'arriver à Port-Réjouit. D'ici là, il nous restait une sacrée marche. Mais si je n'y parvenais pas, que pourrais-je faire ? Avancer à l'aveugle ? Je risquais de perdre un temps fou. Je ne devais pas non plus oublier l'être maléfique, et donc que le temps jouait contre moi. En plus de compter mes poursuivants, donc les assassins et tous les soldats de l'armée, avec les habitants de Lyrhune avertis. C'était tellement de pression ! Je gémis alors en levant ma tête vers le ciel nocturne, faisant tourner les visages de Titania et d'Anéon qui me dévisagèrent avec inquiétude.

  • Tu ferais mieux de la jeter ou de la vendre cette carte Soraya, me conseilla Titania qui attrapa la baie que lui passa Anéon. Tu perds ton temps à négocier avec un Esprit aussi têtu.
  • Scio fait parti du trésor royal de notre famille depuis cinq générations ! m'indignais-je. Je ne vais tout de même pas m'en séparer ! En plus, il n'y a pas meilleur guide que lui dans tout Lyrhune... même s'il est agaçant, ajoutais-je tout bas, bien que mon commentaire n'échappa pas à Anéon qui tapota mon épaule.
  • Ne t'en fais pas, tu finiras bien par y arriver. Après tout, n'es-tu pas une princesse ? Si tu n'arrives même pas à convaincre une simple carte, imagine avec un peuple entier quand tu devras prendre une décision !
  • Anéon !!! lui hurla alors Titania, tandis que je le foudroyais du regard.
  • C'est censé être quoi ça ?! Un encouragement ?!
  • Prend le comme tu veux ! riposta le garnement avec insolence, les bras derrière la tête et un sourire provocateur cloué au visage.
  • Espèce de...

Je me levais et me jetais sur lui, mais il me vit venir et s'éloigna rapidement, bien qu'il resta à proximité et me faisait face sans se départir de sa posture précédente. Enragée, je lui courus après pendant un long moment avant que mes cris de colère ne se changent en rires, mes soucis oubliés. Notre petit jeu prit fin lorsque, ne regardant pas devant lui, Anéon trébucha soudain, perdant sa vigilance. Profitant de la faille, je le plaquais au sol et le chatouillais de partout, avide de vengeance.

  • Et bien, je peux toujours faire ça à ceux qui ne m'écouteront pas, un peu comme toi quand je te dis de faire quelque chose ! lui montrais-je en l'emportant dans un gros fou rire.
  • O-ok, ok j'ai compris ! A-a-arrête maintenant ! ria-t-il en tentant en vain de m'échapper.
  • Pas avant que je juge que cela suffise ! refusais-je en poursuivant la torture.

Il se laissa faire encore quelques secondes avant que, une force l'envahissant sans que je ne le prévoit, il me fit tomber de ma position et je subis alors le même sort. Titania, rayonnante de joie en nous voyant jouer ainsi, tournait autour de nous d'une lumière chaude et vive, scintillante de bonheur. Une fois qu'il en eut fini avec moi, Anéon se laissa rouler sur le côté, encore tremblant de rire. Essouflée, je maîtrisais difficilement mes émotions qui menaçaient de me faire manquer d'air si je les laissais repartir.

Je choisis alors de contempler le ciel dégagé, où les étoiles étincellaient de mille éclats, comme la porte du lieu où je m'étais retrouvée lorsque j'avais perdu connaissance. Plus apaisée, je remarquais à peine qu'Anéon avait repris ses esprits, faisant exactement pareil.

  • N'oublie pas que tu peux compter sur nous Soraya, me confia-t-il en pivotant sa tête pour me regarder. Quoi qu'il arrive, nous te soutiendrons jusqu'au bout. Tu n'as pas à porter seule le poids de ta mission. Nous pouvons le partager équitablement entre nous, avec aussi ceux qui nous y aiderons, comme Grögh et Rosvak.

Surprise par le ton si serein qu'il avait employé et ses paroles sages, je le regardais aussi et ne reconnus pas son regard. Lui d'habitude si insouciant et enfantin, farceur et jovial, je pouvais y lire une telle maturité que je pensais presque regarder en face de moi non plus un enfant, mais un jeune adulte. Cet éclat disparu aussi vite qu'il était apparu. Sans plus rien ajouter, Anéon se releva et me présenta sa main pour m'aider à me redresser. Délaissant l'impression que j'avais cru avoir, j'attrapais sa poigne et me hissais en haut. Nous poursuivîmes notre repas en silence, mais désormais avec le cœur plus léger.

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