Vesingrí, l'épée vaillante

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Point de vue d'Anéon :

Après une vingtaine de minute d'attente, je commençais à m'ennuyer ferme et, ne trouvant pas vraiment d'occupation, je me mis à jouer un petit air de flûte afin de laisser passer le temps. J'en entamais un quatrième lorsque Rosvak apparut de derrière le rideau.

  • Hé Anéon ! Excuse moi de t'avoir fait attendre, me dit alors le nain lieutenant qui revint avec un fourreau noir à la chappe et à la bouterolle en argent. Je suis aussi navré d'être parti pendant la cérémonie.
  • Non, non. On m'avait averti que tu devais continuer un projet.

Le nain sourit derrière sa barbe, le visage reluisant de fierté.

  • Oh que oui ! Regarde un peu la petite merveille que j'ai faite ! s'enthousiasma-t-il en me tendant le fourreau, que j'ai pris soigneusement.

Je regardais avec un certain intérêt le pommeau à tête de loup grondant en métal poli aux yeux de ce que je pensais être du topaze bleu. Les détails étaient si précis que je pourrais presque croire qu'il était vivant. Sa poignée était enrobée dans un doux tissu lui aussi noir qui tenait bien à ma main. La garde argenté se relevait en pointe dorée vers ses extrêmités. Levant les yeux vers le nain qui hocha la tête en signe d'approbation, je dégainais l'épée qui émit un doux bruit cristallin en s'ôtant du fourreau et la contemplais, ébahi.

La lame noire, pourvue à certains endroits de zébrures plus claires, avait été entièrement nettoyée, luisante sous l'éclat des lumières artificielles des pierres de l'échoppe. Son tranchant, maintenant délimité par un ton grisâtre, semblait pouvoir couper en deux une feuille d'arbre tombant sur lui. Elle commençait par une base plutôt large de six pouces qui s'affinait en quatre pouces au bout de dix centimètres, se poursuivant sur vingt centimètres par une série sur les deux côtés de trois grosses pointes triangulaires dentelées de deux pouces de largeur et de hauteur aiguisées à la main, espacées entre elles par des fentes de trois centimètres, puis après environ vingt centimètres revenait à sa largeur initiale et devenait progressivement une pointe sur quarante centimètre. Elle était vraiment...

  • Magnifique, lâchais-je, le souffle coupé.

L'épée, dans son ensemble, ne pesait presque rien et, après l'avoir un peu déplacée dans les airs, était facilement maniable, et ce malgré sa taille relativement importante. Même l'homme venu pour les couteaux s'était approché, lui aussi sous le charme d'une telle merveille. Reprenant mes esprits, je rengainais l'épée et la tendis à Rosvak.

  • Tu l'as vraiment bien réussi Rosvak, félicitais-je avec entrain. Tu as fait la lame avec quoi ?
  • Du corbat venant de ce foutu reptile. Hum ! Au moins, il pourra en partie nous dédommager ainsi !

La réponse ne m'étonnait guère, vu que la lame était de la même couleur et légère comme tout. Je pouvais parier aussi qu'elle devait être incroyablement résistante.

  • Monsieur, s'avança alors l'homme qui, avec précipitation, sortit une bourse, je vous offre quatre mille... non, que dis-je, au moins huit mille argós pour cette épée !
  • Désolé jeune homme, mais cette épée n'est pas à vendre. C'est un petit cadeau pour un bon ami à moi, refusa fermement Rosvak, au plus grand dépit de l'homme. En revanche, j'ai cru remarquer que vous vous intéressiez à mes couteaux. Montrez moi ceux qui vous convenaient. En compensation, je peux vous offrir celui que vous prenez ou le dernier de vos choix gratuitement.

Se remettant alors de sa déception, l'homme alla prendre alors les armes tandis que j'haussais un sourcil interrogateur.

  • Et à qui offres-tu cette épée ? Tu pourrais pourtant la vendre à un prix incroyable !
  • Il faut vraiment être nigaud pour ne pas comprendre ! ria alors le nain, me vexant un peu, puis reprit à voix basse, comme une confidence : le service que vous nous avez rendu, Soraya, Titania et toi, est bien au-delà de la qualité de cette épée.

Je saisis alors ce qu'il dit avec un certain choc en le voyant reprendre le fourreau pour le mettre dans une ceinture dorsale. Il me le tendit alors une deuxième fois, avec cette fois une certaine insistance.

  • Il s'agit d'une des meilleures épées que j'ai jamais forgé. Je tiens à ce qu'elle te serve durant votre voyage. Sache une chose : le corbat n'est pas seulement qu'un minerais plus léger et résistant que les autres. Il est aussi un aimant à énergie. Si tu diffuse ton pouvoir dans la lame, celle-ci s'en retrouvera alors imprégnée. Quand vous partirez, tu pourras l'essayer. Je suis sûr que cela te sera d'une très grande aide pour le futur.
  • Ros... Rosvak... c'est... balbutiais-je devant son présent, ne sachant si c'était bien de l'accepter.
  • Garde la, mon ami. Chez nous, les nains, il est très offensant de voir le cadeau que l'on offre refusé.

Riant de l'avertissement, je l'enfilais sans plus tarder, la mettant en travers de mon dos afin que ma main droite l'attrape sans effort.

  • Je suis vraiment honoré de ton cadeau. Je promet d'en prendre le plus grand soin, le remerciais-je en imitant de travers le salut nain de Soraya, plaçant mon poing du mauvais côté.

Rosvak l'accueillit cependant sans protestation, puis il m'offrit la pierre qui lui avait permis d'aiguiser les côtés de la lame.

  • Pour l'entretenir, ne soit pas trop brutal. Laisse glisser la pierre au-dessus du fil de l'épée et, même si c'est du corbat, aiguise-la le plus souvent possible. Les épées bien entretenues le rendent bien à leur propriétaire.

Hochant la tête pour lui faire comprendre que j'avais compris, je sortis en hâte de l'échoppe avec l'envie de montrer ma nouvelle arme aux autres lorsque Rosvak me retint depuis la porte :

  • Comment comptes-tu l'appeler ?

Je m'arrêtais et réfléchis intensément. Il était vrai qu'il était d'usage chez les guerriers et les épéistes de nommer leur épée, une coutume vieille comme le monde. Après d'intenses réfléxions, les yeux fermés pour plus de concentration, je trouvais enfin en levant le doigt :

  • Vesingrí.
  • " La vaillante " ? devina sans l'ombre d'une hésitation Rosvak, ... Hein ? Mais comment...

Le nain fit alors une drôle de tête complétement ahurie qui me fit bien rire, satisfait de pouvoir me venger de sa moquerie d'il y a quelques secondes.

  • Une minute, pourquoi est-ce que je sais ça ?! Je ne l'ai même compris !
  • Il s'agit d'un mot de l'ancien langage, lui dis-je alors. La première langue du monde. Je la connais depuis que je suis petit. Même si la majorité du monde l'a oublié, nous savons tous, immortels, homnidés, animaux, végétaux, le sens des mots instinctivement. Ils sont gravés en nous. Sur ce...

Je saluais une dernière fois le nain en lui rappelant de venir nous voir avant notre départ, jetant un dernier regard à la poignée de mon épée nouvellement nommée avant de repartir pour rejoindre Soraya et Titania.

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