La forge de Rosvak

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Point de vue d'Anéon :

Afin d'arriver jusqu'à la forge de Rosvak, j'avais emprunté une sorte de cabine reliée par un fil en acier aérien pour les quartiers nords. C'était moins sensationnel que celui de la dernière fois, mais j'avais pu admirer depuis mon point d'observation le paysage. Comparé à la première fois, je constatais davantage d'activités chez les mineurs qui, sans plus craindre de se faire attaquer, s'aventuraient bien plus loin et longtemps pour trouver de nouveaux filons exploitables d'argent, d'or, de minerais et, qui sait, de corbat que le Gueule-de-Fer aurait laissé à l'abandon.

Dans les rues, là où l'on pouvait circuler librement, il fallait désormais jouer des coudes pour se frayer un chemin. Bien plus de gens venaient se regrouper devant les échoppes pour échanger, vendre, essayer, marchander. J'avais même croisé en venant à la cabine un groupe de trois elfes obscurs au teint pâle et aux cheveux noirs tester des épées sous la surveillance d'un homme robuste.

Et dire que nous avons participé au sauvetage de ForgeFer, me dis-je distraitement, un soupçon de fierté m'atteignant.

Qu'aurait dit mon père si je le lui avais raconté ? Il aurait sûrement était ravi, et m'aurait repris sans l'ombre d'un doute sur les méthodes que j'avais utilisé, ce que j'aurais du ou non faire. Repenser à lui ne fut pas le meilleur réflexe que j'eus car, instantanément, les souvenirs des autres membres de ma famille, de mes amis, tous ceux de ma tribu, jaillirent sans que je ne pus les arrêter.

  • Mince alors, pourquoi il a fallu que je me fasse cette réflexion idiote, maugréais-je tout bas en secouant la tête pour chasser les images loin dans mon esprit.

Quand la cabine s'arrêta, je poussais la porte grillagée et sortis avec d'autres venus avec moi. Je tâchais une fois les deux pieds sur le sol en fer de me repérer. Par chance, je vis pas très loin de là où je me trouvais un panneau où était marqué les différents établissements principaux. Voyant d'écrit " Forge et Échoppe PuissantFer ", je bifurquais à gauche, suivis la rue sur une centaine de mètre et, grâce à deux autres indications par des panneaux, je vis enfin la fameuse forge de Rosvak quatre embranchements plus loin.

C'était un établissement en pierre grise sans porte où pendait au-dessus un écriteau portant son nom, avec une cheminée exalant une fumée grise et d'où je pouvais entendre de puissants coups de marteau portés sur du métal. De là où j'étais, je vis sans surprise le dos tourné du nain que je cherchais dans un tablier en cuir noir, trempé de sueur et tout près d'un foyer de flammes crépitant joyeusement dans un recoin noirci par la cendre. Voulant l'observer de plus près, j'entrais à l'intérieur et, après seulement quelques secondes passé ici, la chaleur de cet endroit parut me brûler le visage et les coins nus de mes bras ainsi que mes mains. Ce qui me sembla étrange cependant, c'était que ma veste relativement épaisse me gardait dans une température tout à fait convenable, comme mon pantalon avec mes jambes.

Mais où est-ce qu'elle a trouvé des vêtements comme ça ? métonnais-je en enfournant le plus possibles mes mains dans mes poches et en ramenant ma capuche pour leur faire profiter des bienfaits du tissus.

Pendant ce temps, Rosvak ne semblait pas s'être aperçu de ma présence. Je décidais d'attendre qu'il est fini et laissais mes yeux se balader. Il y avait de très nombreux outils de forge, tels que des marteaux de toutes les tailles et têtes possibles, des pinces simples à d'autres aux allures étranges, quatre grosses enclumes en acier possédant pour trois d'entre elle à leur surface des trous de différentes formes géométriques, plusieurs paires de gants et de lunettes de forge, des chaudrons, des chaînes où pendaient des moules, et plus loin une petite table où je me dirigeais et y pris une pile de feuilles. C'était des plans d'épées, de pièces d'armures, de boucliers et de divers autres objets artisanaux ou de mécanismes.

  • Anéon, c'est toi ? parla alors la voix du nain derrière mon dos, me surprenant tant j'étais absorbé par l'étude de ses esquisses.
  • Ah, Rosvak ! Pardon, je voulais pas te déranger.
  • T'en fais pas, j'étais en train de finir, me rassura le nain qui se retourna en plongeant avec une pince un métal allongé chauffé à blanc dans un chaudron remplit d'eau.

L'objet mit à ébullition le liquide et fit jaillir une impressionante quantité de buée s'échappant comme des nuages vers le plafond. Il attendit environ deux minutes avant de retirer le métal qui avait l'apparence d'une lame noire et se dirigea vers une plate-forme avec une meule d'affûtage grise, dont l'autre moitié disparaissait dans un trou. Il posa sa lame dessus et, poussant en régulièrement avec son pied sur un énorme soufflet, il fit tourner à ma plus grande stupéfaction la meule à une incroyable vitesse et fit jaillir une gerbe d'étincelle de la lame.

En spectateur attentif, j'étudiais les mouvements de Rosvak qui faisait bouger la lame sur la surface d'affûtage, où je devinais tout un savoir-faire acquis après plusieurs années. Peu à peu, il ôta les imperfections du métal, le rendant d'un noir terne à un noir brillant d'un bel éclat. Je restais là, sans prendre en considération le temps qui passait.

Rosvak arrêta au bout d'un moment le mouvement de sa machine et, alors que je pensais qu'il avait fini, il prit de sa poche une pierre blanche et grise et la passa sur les côtés de la lame. Bien qu'impatient de voir le résultat final, je laissais faire le maître et continuais à le regarder travailler. Rosvak replaça ensuite la lame sur la meule et la refit tourner, mais cette fois seulement pour les bords tranchants du métal. De noir, ils passèrent à un gris foncé.

Le nain forgeron s'éloigna une dernière fois, jeta sur la table ses lunettes dont je voyais encore les contours sur ses yeux épargnés par le rouge de sa peau trop longtemps exposée à la chaleur du feu. Il quitta avec la lame enveloppé dans un tissus sa forge pour rejoindre sa petite échoppe. Je le suivis de près, enlevant ma capuche maintenant que j'étais hors de cet enfer brûlant. Il entra et salua un homme en tunique de chasseur qui examinait dans ses vitrines des fins couteaux et des poignards en fer, tout en lui demandant de patienter puis entra dans une pièce cachée par un vieux rideau jaune derrière un comptoir. Songeant qu'il aurait pu être mal vu que je vienne aussi, j'attendis également le retour du nain.

Je m'accoudais sur le bois et me mis à penser à notre voyage. Je n'en avais pas beaucoup parlé avec Soraya, mais elle m'avait dit il y a deux jours qu'elle prévoyait de se rendre jusqu'à Port-Réjouit. Entre-temps, nous nous arrêterons vers certains villages le précédant afin d'acheter ce qu'il fallait et, surtout, d'avoir de quoi affréter un bateau.

Pendant que nous étions restés ici, Soraya en avait profité pour vendre les armes des gobelins que j'avais récupéré ainsi que certains de ses propres biens comme des cordes tressées en cuir de bonne qualité, trois des quatres arcs en bois reluisant et les boucliers de ses trois anciens compagnons. Peut-être grâce au fait qu'elle avait fait parti de ceux qui avaient délivré ForgeFer, elle les vendit très bien pour un prix tout à fait correct, soit environ cinq mille argós. Maintenant que la fête était passée, nous devrions repartir demain ou après-demain.

C'était fou mais, en dépit d'un séjour qui fut au début assez mouvementé, ce village souterrain allait beaucoup me manquer, surtout Rosvak et Grögh.

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