Les héros de ForgeFer

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Point de vue d'Anéon :

Voilà quatre jours que nous avions éliminé le Gueule-de-Fer. Dès lors que nous étions revenus, nous nous étions empressés de retrouver Rosvak qui nous attendait. Inutile de dire qu'il s'était précipité annoncer la nouvelle à tout le village qui avait, depuis, appris l'échec de la première tentative. Il avait même réussi à nous devancer malgré sa petite taille et sa corpulence, ce que j'avais fait remarqué à Soraya qui m'avait gentiment donné un coup dans le bras pour me demander de me taire, bien que ses yeux brillants ne passèrent pas pour moi inaperçus. Enfin arrivés, nous fûmes submergés d'une foule euphorique et pleine de bonheur d'avoir enfin retrouvé sa liberté et sa sécurité d'antan.

Grögh et Titania parvinrent eux-aussi à nous rejoindre, des félicitations venant de l'un et des mots de soulagement de l'autre. Le chef nain ordonna, une fois que la foule fut plus calme, qu'une seconde équipe vienne s'assurer de la véracité des faits. Soraya et moi avions échangé un regard sûr, puisque nous avions tous deux constater de l'état du monstre. Mais d'une seule voix, les habitants de ForgeFer réclamèrent de s'en assurer par eux-même, sans que Grögh ne puisse protester. Tout le village était donc venu, ne voulant plus avoir de nouvelle déception.

Il fallut un peu de temps, mais une fois sur les lieux avec le corps bien en vu du Gueule-de-Fer refroidit et, lorsqu'un homme franchit sans difficulté ce qui fut autrefois la barrière, les acclamations reprirent de plus belle. Nous avions serré plusieurs poignées de mains, reçu des bourrades et entendu les remerciements de la totalité des habitants tenant à nous témoigner leur plus profonde gratitude.

Il fut alors décidé à l'unanimité de célébrer cette victoire. Pendant trois jours, ce ne fut que banquets, chants, les faits produits durant notre lutte avec de nombreux auditeurs nous écoutant, danses et jeux en tout genre. L'ambiance festive était si vibrante que, bien qu'un court repos nous aurait été nécessaire avant de partir dans la foulée, nous avions décidé d'attendre encore un peu avant de reprendre la route afin de participer aussi. De plus, Grögh tenait à nous offrir des présents en gage de leur reconnaissance. Après nous être concertés, nous avions tous trois acceptés sa proposition.

Entre tout ceci, ForgeFer vit arriver de nouveaux arrivants venus commercer après avoir échoués, selon les dires, à retrouver le village dans le passé. Les activités se remirent en marche. Bien que privés de leur précieux minerais, les nains et les hommes ramenèrent les écailles de corbat du Gueule-de-Fer à l'abandon dans la clairière de pierre. Trouvant alors leur utilité, ils découvrirent que ce dernier avait raffiné le métal en le transformant en armure. Il était même d'une qualité jamais égalée depuis que les forgerons s'en servaient pour leurs créations, nous disait Rosvak qui en était aussi un en plus d'être lieutenant. Ils pouvaient donc recommencer à fabriquer des armes, des boucliers et des armures en gagnant un temps fou et en les faisant encore bien mieux qu'autrefois.

De plus en plus de visiteurs apparurent, ayant eu vent de la réapparition de ForgeFer par les messages envoyés par leurs compères. J'ignorais ce qui se disait à ce sujet mais, plus d'une fois, je sentis l'attention curieuse, et parfois dubitative, que les autres posaient sur nous. Aussi, à la demande de Soraya, Grögh avait accéléré au plus tôt la préparation de la cérémonie pour éviter qu'elle soit reconnue.

Aujourd'hui, à l'approche de la fin de matinée après que nous nous étions préparés sous l'insistance de Soraya, nous nous étions dirigés jusqu'à la place centrale où avait été monté une estrade. Grögh debout dessus, ainsi que l'ensemble du village comprenant au moins sept cent hommes, femmes et enfants natifs, sans compter les voyageurs et nouveaux artisants, se tenaient derrière lui, attendant que nous les rejoignons pour pouvoir commencer. Un peu intimidé, j'avais regardé Soraya, pas habitué à être devant autant de gens. Captant peut-être mon sentiment, elle me sourit et serra mon épaule d'un air encourageant. Ce geste, aussi minime soit-il, me redonna contenance et me permit d'avancer jusqu'à eux, montant l'estrade avec mes amies.

oOo

Depuis maintenant une heure, je restais à ma place sans bouger ne serait-ce qu'un orteil, un véritable exploit, écoutant le discours de Grögh FortPoing qui nous faisait face, portant un riche ensemble remplaçant son armure. Soraya, assise à côté de moi, ainsi que Titania posée sur mon épaule, étaient toutes deux rayonnantes de joie teintée de nervosité. C'est vrai, après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on recevait une médaille !

  • Mes amis, avancez-vous à moi je vous prie, nous demanda Grögh après le long discours résumant les faits et la raison de cette célébration, soit de notre dévouement et de notre courage en décidant d'affronter à la fin seul celui qui les emprisonnait ici, et d'en ressortir vainqueur.

Le cœur battant à tout rompre à cause de mon anxiété, je fis quelques pas avec Soraya et Titania puis, immitant la princesse, je m'agenouillais face au chef de ForgeFer. Ce dernier attrapa son marteau doré, un objet utilisé seulement lors d'événements importants m'avait dit plus tôt Soraya, et le souleva sans difficulté au-dessus de lui. Tout en priant pour qu'il ne le lâche pas, je prêtais fébrilement une oreille attentive à ses paroles :

  • En tant que chef de ForgeFer, le service inestimable que vous avez rendu à tout mon village, ainsi qu'aux miens, ne pourraient être plus grand. Je souhaiterais alors vous décerner à vous trois, jeune fille, jeune homme et jeune fée, le titre de héros de notre village, ainsi que de vous offrir une médaille qui témoignera à jamais de la dette éternelle que nous avons désormais envers vous pour que jamais nous n'oublions.

Tournant alors la tête vers trois jeunes enfants, deux garçons et une jeune fille naine qui tenait un coussin où étaient nos médailles en or, il leur fit signe d'approcher. Une fois devant nous, ils nous les enfilèrent délicatement, Soraya et Titania par les garçons, moi par la naine. Une fois fait, Grögh abaissa sur chacune de nos épaules son marteau afin de conclure la cérémonie et de rendre solennel le décret. Des applaudissements jaillirent alors de tous les côtés, et je me relevais en contemplant ce magnifique cadeau. Ma médaille, d'une rondeur parfaite, possédait un diamètre presque aussi important que ma main. Elle scintillait en son centre d'une émeraude, représentant la tête d'un marteau au manche argenté, symbole de ForgeFer. Soraya en possédait une identique à la mienne, qu'elle admirait également ainsi que Titania, bien que la sienne soit bien plus petite pour lui aller. Je fixais avec reconnaissance Grögh, puis la foule se dispersa pour venir nous féliciter.

Passé quelques minutes, je remarquais que je n'avais toujours pas croisé Rosvak, et je ne le voyais pas parmi ceux qui étaient encore présent. Je demandais alors à Titania et Soraya, mais la réponse fut la même : elles ne l'avaient pas vu.

  • Grögh ! interpellais-je le nain en pleine discussion qui, après s'être excusé, vint à ma rencontre. Pardonnez moi de vous déranger, mais savez-vous où est Rosvak ?
  • Oh ! Il a du partir pour terminer un travail en cours. Si tu souhaites le voir maintenant, sa forge se situe au deuxième niveau, dans les quartiers nords. Son nom est écrit sur un écriteau, tu ne devrais pas le rater.
  • Merci.

Sans attendre plus, je pris congé et partis rejoindre le nain.

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