Banquet

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Point de vue d'Anéon :

  • Votre tenue est un véritable enchantement pour les yeux, Dame Soraya. Et vos cheveux entourés de tresses enroulées autour de votre tête comme une couronne ne peuvent que montrer votre illustre noblesse. Mais je crains qu'hélas cela ne mette en danger la sauvegarde du secret de votre présence ici ! la complimenta avec force Grögh FortPoing.
  • Merci pour ce compliment. Anéon m'a bien aidé pour cette coiffure. Je t'en remercie encore, fit savoir Soraya qui, devant mon mutisme causé par mon attention détournée, me mit un léger coup de coude dans les côtes.
  • Hein ? Heu, oui oui, pas de soucis. C'est un plaisir, répondis-je distraitement, faisant soupirer Titania qui se tint la tête comme si elle avait la migraine.

Mais que pouvais-je y faire ? J'avais beaucoup de mal à rester en place, surtout avec tant de nourriture devant moi. Tant de nourriture à l'allure et au fumet dont je ne pouvais rêvé de manger que dans mes rêves les plus fous : oies rôties aux marrons avec de belles proportions, des brochettes de grucks* à la viande dorée reposant dans une sauce ambrée brillante, des fritures encore fumantes et huileuses qui scintillaient de toutes sortes de nuances à cause du feu de joie, des filets de poisson à la couleur rosâtre parsemés d'un léger nuage noirâtre, des pousses de jerks* fraîches assaisonées de vinaigrette persillée, un monticule de petits pains bien cuits, plusieurs montagnes de fromage de différentes formes et de différentes provenances, une pile de choux dont l'intérieur bien trop remplit s'échappait sur les côtés, plusieurs variétés de gâteaux secs, coulant, mousseux, complexes, simples, garnis, fruités, vanillés... Il y avait même un lac de chocolat aux motifs blancs comme des ailes d'oiseaux.

Comme toute personne censée, et soumis à une incroyable torture mentale à cause de ma faim monstre, je me serais rué dessus sans attendre un seul instant, mais Grögh et Rosvak souhaitaient nous parler auparavant. Soraya m'avait donc entraîné à nos places alors que je lorgnais une savoureuse brochette. J'avais bien essayé de protester pour demander à attendre que je me sois rassasié, mais je m'étais attiré un mauvais regard de la part à la fois de Soraya et de Titania et j'avais finalement décidé de tenir ma langue. Mon ventre me vengeait néanmoins en grognant sourdement, même si ce n'était pas particulièrement agréable pour moi. Grögh et Rosvak nous adressaient leurs plus sincères remerciements pour notre aide à la participation de l'élimination du monstre qui les menaçait ( ainsi que leurs excuses pour avoir provoqué l'explosion qui avait bien faillit nous coûter la vie ), ce à quoi nous acceptions avec, pour ma part, une prière discrète à Chronos pour que la discussion s'achève au plus vite.

  • ... et, bien sûr, nous tiendrons notre parole engagée. Vous pourrez toujours compter en toutes circonstances du soutien de ForgeFer. Que ce soit pour un conseil, un toit ou une aide nécessitant un déplacement, n'hésitez pas à nous le réclamer, proclamait le chef nain, bien que je n'en écoutais pas grand-chose.
  • Merci encore chef Grögh FortPoing. Votre soutien est accepté, s'inclina Soraya en ramenant son poing à son cœur.
  • Bien ! Je crois vous avoir pris assez de temps comme ça. Je pense que notre cher ami Anéon serait plus que satisfait de pouvoir honorer sa présence au buffet qui nous a bien trop attendu ! se moqua-t-il.

En réponse, mon estomac émit un horrible rugissement qu'il n'avait encore jamais atteint, approuvant les dires du nain et me fit rentrer la tête dans les épaules, rougissant de honte. Devant les rires bruyants qui suivirent, je fronçais les sourcils de colère mais ne voulant pas chercher querelle, j'attrapais sans dire un mot mon assiette de taille plutôt conséquente et me précipitais pour récupérer de quoi faire mon repas. Je choisis à la hâte, tremblant d'impatience et salivant une cuisse d'oie, quatre brochettes, deux filets de poisson, une dizaine de choux, un énorme morceau de fromage, cinq petits pains et pris un grand verre à la boisson brune-orangée pétillante qui avait une délicieuse odeur de pomme. J'attrapais tout ça et parvins miraculeusement à tout faire tenir, sans me soucier des regards à la fois admiratifs, stupéfaits et dégoutés de ceux présents et des personnes que je croisais en revenant à ma place. Je posais mon butin devant moi, causant un tel effroi à Soraya qu'elle relâcha le pain qu'elle commençait à manger dans son assiette aux quantités bien plus raisonnables.

  • A... Anéon. Rassure moi tu... vas pas manger tout ça... j'espère, bégaya-t-elle en pâlissant étrangement.
  • Ah ah ah !!! C'est ce qui s'appelle avoir un appétit d'ogre ! s'égaya Rosvak qui leva sa chope remplit à ras bord d'une bière mousseuse.

J'haussais simplement les épaules et, sans plus attendre, je croquais avec avidité dans la cuisse que je dévorais en quelques bouchées, puis enchaînais le reste de mon repas à une vitesse effrayante qui détourna même Grögh de son propre repas. Je ne mâchais presque pas, seulement occupé à combler l'abîme sans fond qu'était devenu mon ventre.

  • Anéon, vas-y doucement enfin ! intervint Titania, un morceau de fromage à la main.
  • Ch'y... Ch'y peux rien ! Ku chais que che ch'uis af-mé à chaqu'foua ! bafouillais-je en enfournant mon septième choux.
  • Ne parle pas la bouche pleine enfin ! me sermona Soraya. En plus, on ne comprend rien !

Je m'étouffais soudain à cause d'un morceau un peu trop gros qui s'était coincé et, attrapant mon verre, je bus goulûment afin de faire passer le tout. Le reposant brutalement en réprimant de justesse un rot à cause du gaz présent dans la boisson, je me retournais vers les spectateurs ahuris, dont des inconnus, et me sentais obligé de fournir une explication.

  • En utilisant le Mana, j'éprouve le plus souvent dans les heures qui suivent une faim horrible, et plus j'en utilise, plus ma faim est grande et dure à combler, expliquais-je, offrant la cause de ma gloutonnerie qui fut acceptée, tous ceux présents retournant à leur propre repas.
  • Étrange, je pensais que tu éprouvais une forte douleur au dos et des saignements, se remémora Soraya en attrapant une friture et me faisant grimacer légèrement.
  • Oh ça ? Disons que c'est autre chose, démentis-je d'un ton plus sombre, ne souhaitant pas m'y étaler.

Suite à ma déclaration, il y eut un blanc assez pesant, rompu par Titania qui s'approcha de mon poignet droit, où était l'un de mes inhibiteurs.

  • Qu'est ce que c'est ? Où as-tu récupéré ça ? me demanda Titania, attirant aussi l'attention de Soraya.
  • C'est vrai, je n'y ais même pas fait attention ! Je ne me souviens pas que tu les avais avant dans les galeries.
  • Heu...

Je me mordis nerveusement l'intérieur de mes joues. Je n'allais tout de même pas leur dire " Oh ! Je les ais reçu pendant que tu avais perdu connaissance Soraya. C'est un petit cadeau de Lyrhana, tu sais, la déesse mère, sous la forme d'une petite fille de dix ans à peine en prenant possession de ton corps pour que je parvienne à mieux maîtriser mes pouvoirs ! ". Non non non, je n'allais tout de même pas leur dire ça ! Elles me regarderaient sans aucun doute comme si j'avais perdu la tête. Après tout, depuis quand Lyrhana venait personnellement et faisait des cadeaux ? Je marmonais des mots incompréhensibles en cherchant quoi dire lorsqu'un jeune soldat nain apparut soudain devant nous, catastrophé. Il avait une barbe inexistante, ressemblant davantage à un petit homme, et ses yeux étaient presque exhorbités.

  • Ch.. Chef ! Lieutenant ! Soldat Djörd Frehr au rapport ! Le sergent Frier Hurgh m'envoit ! salua-t-il malgré sa peur apparente.
  • Oui, qu'y a-t-il ? s'inquéta Grögh qui se leva, suivit par Rosvak.
  • Nous nous étions aventurés au dehors avec lui nous dirigeant afin de vérifier la disparition de la barrière nous séparant du reste du monde... mais elle... c'est à ne rien n'y comprendre !
  • Eh bien quoi ?! hurlais-je presque en me redressant à mon tour brutalement, faisant se détourner de ses supérieurs le soldat qui me dévisagea.

J'avais décidément un très, très mauvais pressentiment !

  • La barrière... est toujours là !

* grucks : énorme sanglier vivant dans les forêts dont il est difficile de faire la chasse, à cause de son étonnante rapidité et de la robustesse de sa peau, mais dont la viande est délicieuse.

* jerks : végétal au surprenant goût sucré qui serait dû à leurs bourgeons jaunes. Très apprécié pour les salades.

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Je rapporte tout à l’amour, constamment.
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