Sacrilège

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Point de vue de Soraya :

Ma marche a été relativement longue, la ville et le temple bien plus éloignés que ce que je pensais à l'origine. Mais j'en avais profité pour contempler le paysage qui m'entourait. Un grand champs qui me paraissais infini était entièrement recouvert de magnifiques fleurs argentés en forme de petites roses dénuées d'épines qui ondulaient sous la brise du vent, que je portais à mon nez pour en sentir le parfum. J'en reconnaissais certaines en particulier qui me surpris : l'odeur sucrée de la vanille, de la canelle, et une touche plus légère d'une plante que je ne parvenais plus à me rappeler. Curieusement, je me sentis incroyablement détendue après l'avoir respiré, débarrassée de mon anxiété et de ma peur. Je la gardais en poche, séduite par l'arôme de ce mélange et son effet sur moi, afin de ne pas l'oublier.

Parfois, sur le chemin menant au temple, je croyais entendre un murmure lointain très bref qui me faisait me retourner dans l'espoir de voir une autre personne. Cependant, il n'y avait toujours rien. J'ignorais si c'était l'effet de cet endroit, mais je continuais ma route sans m'arrêter, ni éprouver le moindre signe de fatigue.

En dépit de l'aspect idyllique du lieu où j'étais prisonnière, mon arrivée dans la ville m'a rendue pour le moins nerveuse. Car il s'agissait d'une vraie ville fantôme. Les bâtiments d'un style très ancien s'effrichaient ou étaient effrondés, vides de la moindre trace de vie. Or, sans que je ne comprenne, en dépit de la preuve indéniable de l'abandon de cet endroit, j'avais comme l'impression depuis que j'étais dans cette ville que l'on m'observais. Timidement, les sens exacerbés par la crainte, je poursuivais jusqu'au temple. Il y avait quelque chose que je notais durant ma progression, c'était la présence de très nombreuses statues d'une dizaine de pied de haut, toutes en marbre blanc et dont les traits étaient d'une incroyable finesse, les rendant presque vivantes. Il s'agissait parfois de simples animaux, très souvent des chasseurs d'espèces variées comme le loup, le tyranours et l'aigle.

Une fois au centre, une place se dégagea et me dévoila un dragon titanesque aux ailes déployées, hurlant silencieusement juste devant moi et dévoilant des crocs redoutables. Contrairement aux autres statues, celui-ci fut fabriqué avec des matières de différentes couleurs, ses écailles en marbre grisâtre, ses griffes faites en cristal comme ses dents et ses épines dorsales, tandis que ses yeux brillaient de l'éclat doré de l'or. Mal à l'aise devant lui, bien que je sache qu'il ne vivait pas, je me souvenais sans mal qu'il restait une dangereuse créature, symbole de désolation et de mort. Je m'éloignais sans attendre davantage.

Je voyais aussi des chérubins vêtus aux yeux joyeux toujours en train de rire et, pour peu, je croyais reconnaître un visage familier. Mais, je ne savais pas si c'était par magie, le visage changeait constamment, me rendant la même impression. Pourtant, en y regardant de plus près, la seule chose qui ne changeait pas étaient les yeux. J'allais m'en approcher encore un peu, lorsque que le brusque bruit, proche de celui d'une bourrasque lointaine, m'arrêta et me fit regarder le temple.

  • Je suis sûre que ça venait de là-bas, me dis-je en hésitant à aller plus loin.

Mais où continuer alors ? C'était la seule chose que j'avais aperçue. Après un dernier regard aux mystérieux chérubins, je poursuivis ma route. Je sortis de la ville sous une arche en forme de deux grands guerriers jumeaux en armure qui maintenaient leur glaive au-dessus de ma tête, bien que ce que je vis devant moi était bien plus intimidant. Un véritable champs aux milliers d'épées, toutes rouillées et plantées dans le sol s'étendait devant moi. Déglutissant, je me demandais si j'avais atteri dans un cimetierre, sachant que parfois les soldats rendaient hommage à leurs compagnons morts en plantant leurs armes ainsi. Le temple était tout proche cette fois, aussi je parcourais la distance qui restait au plus vite. En y arrivant enfin, à bout de souffle, je vis que des portes fermaient l'intérieur. Je relevais la tête, me sentant ridiculement petite face à cet architecture, et me demandant comment il aurait pu être bâti. Même un géant n'aurait pu le faire. En vérifiant une nouvelle fois si je percevais une conscience pour m'aventurer ou non à l'intérieur, bien que j'ignorais encore comment vu leur taille et leur poids sûrement conséquent. J'en perçus une presque sur-le-champs. La même que tout à l'heure ! Je retins un cri de joie et m'annonçais :

  • Bonjour, est-ce qu'il y a quelqu'un ? Je... Je me nomme Soraya, et j'ai besoin d'aide. En fait, j'ignore où je me trouve.

J'attendis quelques secondes, mais aucune réponse ne me vint. La conscience elle-même ne changeait pas. Je me présentais une nouvelle fois, sans plus de résultat.

  • C'est étrange, murmurais-je en décidant de toquer.

Ce qui suivit resta à jamais gravé dans ma mémoire. Après trois coups, la porte s'ouvrit dans un grincement sourd, lentement. Mais à la place d'une vaste salle, un mur parsemé d'étoile se dévoila. Devant cette chose, je restais interdite, sentant que ce que je voyais dépassais ma compréhension. Plus que tout, le sentiment que je violais un territoire sacré qui m'étais défendu me frappa, comme une évidence. Non, je n'avais pas le droit de m'y aventurer.

  • Je ne devrais pas être ici, m'aperçus-je en décidant de partir d'ici, souhaitant chercher la sortie ailleurs et me retournant.

Je me figeais en voyant face à moi un être encapuchonné vêtu complétement de blanc. Sa veste en cuir, ses gants longs qui lui atteignaient la moitié de son bras, son pantalon, ses longues bottes. Tout, à par une cape noire avec une capuche qui lui recouvrait le visage. Je le jugeais rapidement. De part sa taille et sa musculature, l'étranger était un homme adulte. Sa tête ne m'apparaissait pas, mais je vis une étrange plaque avec un motif sur sa poitrine. Un phénix blanc recourbé aux yeux rouges formant un cercle. Je n'eus pas le temps de me demander ce que cela représentait qu'il m'attrapa le visage au menton avec une incroyable fermeté. Il approcha son visage sombre du mien, ce qui m'affola considérablement et me fis me débattre, cherchant à le frapper. Il releva sa tête qui se révéla cuivrée, mangée de cheveux noirs, et me dévoila deux yeux durs ambrés qui me paralysèrent instantanément. Je ne parvenais plus à faire le moindre mouvement, je ne pus donc que le regarder approcher sa tête de la mienne, puis se détourner brusquement vers mon oreille.

  • Conduis moi jusqu'à lui, furent les mots qu'il prononça avant de me pousser avec force dans le mur qui m'absorba.

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C’est triste quand on se rappelle d’avoir vécu

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Je rapporte tout à l’amour, constamment.
Comme si c’était ce qui importait le plus.
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