Voyage spirituel

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Point de vue de Soraya :

  • Bon. Dans quel pétrin je me suis encore fourrée cette fois ? m'exaspérais-je en contemplant l'immensité noire qui ne semblait pas avoir de fin.

Je n'avais pas la moindre idée de comment je m'étais retrouvée là. La dernière chose dont je me souvienne, c'est d'avoir discuté un peu avec Anéon, en attendant que les nains finissent de nous sortir de là. J'avais du mal à bien respirer, puis j'ai fini par me sentir un peu fatiguée et, d'un seul coup, tout est devenu noir. Sauf moi. Je parvenais à me voir dans cette obscurité abyssale.

Je paniquais un peu sur le coup, me demandant si je n'étais pas dans l'au-delà, mais comprenant que perdre mon sang-froid n'était pas la solution, j'avais agi de manière réfléchi en regardant partout autour de moi le moindre signe de vie. Peine perdue, rien ne traversa mon champs de vision.

Peut-être que je ne peux que me voir moi-même mais pas d'autres personnes, raisonnais-je pour éviter de penser à une autre pensée morbide.

C'est vrai après tout, il valait mieux que je reste optimiste sur le fait que j'étais encore en vie et coincée quelque part plutôt que de croire que j'étais... six pieds sous terre. Je frissonnais à cette possibilité, mais je me rappelais d'avoir déjà vu en rêve ce lieu lugubre. Lorsque j'avais été agressé par cette présence hostile et que Lyrhana était venue me sortir de là pour m'avertir. La différence était que je n'entendais personne à part le bruit de ma propre respiration.

  • Hé oh, il y a quelqu'un ici ?! appelais-je en portant mes mains à ma bouche pour amplifier ma voix.

Seul un impresionnant echo de moi-même me répondant inlassablement par la même phrase fut la seule réponse durant plusieurs secondes, jusqu'à ce qu'il finisse par s'éloigner peu à peu. Usant de ma dernière stratégie, je me concentrais pour essayer de percevoir la moindre signe de la Présence d'un être vivant, quelqu'il soit. Mais je ne percevais rien. Seul le vide m'apparaissait.

La panique revint vers moi au grand galop à mesure que le temps s'écoulait, sans que je ne distingue le moindre signe de vie. Je me mis à grelotter un peu, frottant mes bras qui commençaient à se refroidir, puis décidais de marcher pour me réchauffer et étendre mes recherches.

  • Au moins, si je peux encore éprouver des sensations, cela signifie que je suis encore vivante, constatais-je en priant pour que cela soit vrai.

Dans quel état étions nous censé être lorsque nous passions de vie à trépas ? Je n'en avais pas la moindre idée, et personne sur Lyrhune ne pourrait répondre à cette question. C'était un secret jalousement gardé par les dieux. Il y avait bien les croyances, mais ce n'étaient que des suppostions, comme de croire que nous serions accueilli dans un jardin à l'éternel doux printemps, ou la réincarnation en un animal.

  • Si je dois vraiment me réincarner en animal, je choisirais volontier un chat, voire un griffon. Ou peut-être même un phénix. Eux, au moins, sont sûrs de rester ce qu'ils sont en renaissant de leur cendre, réfléchissais-je en essayant de faire passer le temps, plaisantant à moitié avec le moral à zéro.

Je ne sais pas combien de temps j'ai marché. Cinq minutes, peut-être plusieurs dizaines ? Je perdais la notion du temps faute d'avoir un repère comme ma propre ombre ou le soleil. La seule chose qui m'importais était de sortir le plus rapidement de cet endroit. Je ne perdais pas ma concentration, essayant de ressentir ce qui m'entourait. Rien ne changeait vraiment malgré ma persévérance. Puis, au moment où je désespérais, de manière subtil, je perçus une sensation familière que me fit arrêter ma marche. Cela avait été fugace et très bref mais, l'espace d'un instant, je jurerais avoir ressenti la conscience d'une personne.

  • Heu... est-ce qu'il y a quelqu'un ?

Pas de réponse. Mais je n'avais pas halluciné. J'attendis encore un peu, m'ignorant pour mieux être attentive en fermant les yeux. Quelques secondes s'écoulèrent, puis je rouvris les paupières en me précipitant vers l'avant. Là, j'étais sûr d'avoir senti quelque chose ! Avant de perdre à nouveau sa trace, je courais aussi vite que je le pouvais, la sensation devenant de plus en plus importante en m'y approchant. Après plus d'une minute de course, j'atteignais le point où ma perception était la plus forte. J'étais au bon endroit, mais il n'y avait toujours rien.

C'est étrange, pourquoi est-ce que je ressens ça alors qu'il n'y a rien ? Peut-être que je ne fais que tout imaginer, m'étonnais-je, pensant que la peur déréglait mes sens.

Pourtant, cette impression ne disparaissait pas. À défaut de voir, je pourrais penser qu'un être se tenais là, invisible. Hésitante, j'avançais lentement ma main en avant, essayant de percevoir au toucher ce qui pouvait m'être caché. C'est là que je fis une deuxième constatation. Lorsque ma main allait dans un certain sens, un étrange picotement la traversait, comme si un courant d'énergie était là, formant un étrange mur à mesure que j'y enfonçais ma main sans parvenir à la stopper. Au moment où je me mis à pousser davantage, ma main disparut dans une faille de lumière blanche chaude, me faisant reculer de peur. La lumière disparut, me replongeant à nouveau dans l'obscurité des lieux.

  • Qu'est ce que c'était ? murmurais-je en touchant ma main par réflexe et la trouvant indemne.

C'était vraiment de plus en plus étrange. J'attendis quelques secondes afin de me calmer puis, poussée par la curiosité, je réitérais l'expérience. De nouveau, ma main s'enfonça dans la faille de lumière mais j'y fis passer le reste de mon bras. Une explosion blanche me recouvrit entièrement, m'éblouissant et me faisant fermer les yeux de surprise.

Quand je les rouvris, mon cœur rata un battement qui me coupa le souffle. Je me retrouvais en suspension dans un ciel, coloré d'amas d'étoiles et de la couleur d'une nuit d'été. Le vent sifflais dans mes oreilles, agréablement chaud et doux. Devant moi, je vis au loin une sorte de temple aux incroyables dimensions de mon point de vue par rapport à la distance qui le séparait de moi, à la voûte maintenue par des piliers antiques. Il semblait être entouré d'une ville ou d'un village, et le chemin y menant serpentait jusqu'en dessous de moi. J'étais encore en pleine contemplation, émue par la beauté de cet endroit lorsque je me sentis brusquement attirée au sol, m'arrachant un hurlement d'effroi en voyant le sol s'approcher dangereusement vite. Je me préparais à l'impact, croisant les bras pour ne pas voir ma mort, mais je n'eus pas le moindre mal. Je jetais un rapide coup d'œil, puis remarquais que je descendais bien plus lentement, finissant par atterir en douceur sur le chemin de pierre.

Mon ventre remontant désagréablement à mes lèvres à cause de mes émotions, je m'écroulais au sol en tâchant de récupérer mes esprits, regardant autour de moi avec attention, atteignant le summum de mon étonnement.

  • Mais où est-ce que je suis ?

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