Sous les décombres

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Point de vue d'Anéon :

Je rouvris les yeux lentement, sonné et les oreilles bourdonnantes à cause de l'explosion. J'avais mal, mais j'étais encore en vie. Je remarquais alors, en levant un peu ma tête, les roches agglomérées autour de nous, entourées de lignes de lumière bleues fluorescentes en lévitation qui se mouvaient dans l'espace réduit et illuminaient notre prison de pierre. Je souris, satisfait. Le sort avait marché !

  • J'ai réussi... murmurais-je, reposant ma tête sur le sol mou où elle était posée.

Une seconde... mou ? Interloqué, je vis alors que j'étais écroulé sur le corps de Soraya. Pris de gêne, je m'éloignais rapidement. Mais mes émotions se muèrent en inquiétude lorsque je vis qu'elle ne bougeait pas, et même si je l'écrasais quelques secondes plus tôt. Je revins vers elle et, avec délicatesse, je m'asseyais et soulevais sa tête. Je penchais la mienne en avant, me permettant ainsi de percevoir son souffle. Il était poussif et presque inaudible, mais elle respirait encore. Je regardais alors ses blessures, qui m'apparurent au premier abord superficielles. Cependant, je me rappelais à quel point elle était épuisée, aussi je profitais du fait que je n'étais plus sous l'influence du sceau pour lui transmettre mon énergie.

Je levais alors ma main libre, y diffusa mon Mana et lui créait un lien entre ses réserves de Mana et les miennes. Lorsque son Aura m'apparut, je la vis scintiller faiblement et irrégulièrement. Je ne perdis pas de temps et lui offrit tout ce qu'elle avait perdu depuis que nous étions arrivés à ForgeFer. Peu à peu, son Aura retrouva une luminosité stable et une lueur qui me parut convenable. Reposant sa tête au sol, je me relevais et cherchais du regard Titania. Le lieu où nous étions enseveli n'était pas très grand, mais je ne la vis nul part. La peur au ventre à l'idée qu'elle se soit fait écraser par les rochers, j'usais de ma vision d'Aura et me mis à regarder dans tous les sens. Je fus soulagé, après quelques instants de crainte, d'apercevoir son Aura aux côtés de celles des hommes de Grögh et de Rosvak là, tout près. Je les vis très clairement en mouvement, et en conclus qu'ils devaient essayer de nous dégager. Mon amie avait du les convaincre de venir nous sauver.

  • Il vaut mieux, après le sale coup qu'ils nous ont fait, marmonais-je pour moi-même.

J'en profitais également pour vérifier que je ne percevais aucune Aura du côté du Gueule-de-Fer. Balayant la zone au peigne fin, je ne vis rien. Pas la moindre lumière. Alors, logiquement, il devrait être mort. Pourtant, la sensation de sa Présence était toujours aussi oppressante, ce qui n'était pas normal. Je fis une légère grimace de mécontentement. Ce monstre ne me plaisait vraiment pas. Il était bien trop étrange. Impossible de percevoir son Aura, et son étrange pouvoir de transformer ce qu'il mangeait en armure était vraiment hors du commun.

Tout à mes pensées, je ne fis plus attention à Soraya, mais dès que je l'entendis gémir lorsqu'elle se réveilla, je me rapprochais d'elle.

  • Alors, tu te sens mieux ? lui demandais-je alors en m'accroupissant.

La princesse porta la main à son front dans un rictus de douleur tout en se levant, sûrement elle aussi impacté par la détonation. Mais elle recouvrit la totalité de son esprit en voyant où nous étions. Elle se releva sans aucune difficulté, l'œil frais et vif, ainsi que les mouvements plus fluides. En admiration face à ce qu'elle voyait, elle tournait sur elle même. Constatant que ses forces lui étaient revenus, je me félicitais intérieurement, satisfait d'avoir pu lui venir en aide. Pour une fois, mes pouvoirs me furent bien utile, sans provoquer de nouvelles catastrophes.

  • Wahou... Qu'est ce que c'est que ces lignes ? Pourquoi les rochers ne nous ont pas écrasé ? Je ne comprend pas. Et... ce sont des marques sur toi ? enchaîna-t-elle questions sur questions, m'amusant beaucoup devant cette énergie.

Peut-être lui en avais-je donné un peu trop.

  • Bien, je vois que tu vas mieux.
  • Ah ? C'est vrai... mon Mana était presque épuisé, mais je me sens de nouveau en pleine forme, comme après une bonne nuit de sommeil. C'est grâce à toi, pas vrai ? devina Soraya qui me sourit gentiment.
  • Disons que oui. Je vais tâcher de répondre au mieux à tes questions. Assied toi.

Elle m'obéit et me rejoignit, attentive à ce que j'allais lui dire. J'en profitais pour regarder mon corps, et vis effectivement des lignes bleus, comme des spirales, à mes bras, qui partaient de mes mains pour finir juste avant mon coude, ainsi que sur mon torse et mon dos présentant tout deux trois traits : deux partant en diagonale avant de s'arrêter juste avant celui qui les séparaient, ressemblant à la pointe d'une flèche. Mon visage présentait quant à lui, de souvenir, un long triangle au pic joignant ma mâchoire sous chacun de mes yeux .

  • Tu as bien vu, je porte des marques sur moi. Elles s'activent à chaque fois que j'utilise une grosse quantité de Mana, comme maintenant, lui appris-je en désignant les cercles de lumières sur les roches. Peu avant que je ne perde conscience, j'ai réussi à stopper ces rochers en créant une barrière.
  • Je vois... Eh bien dis moi, tu es surprenant ! s'exclama-t-elle en posant sa main sur mes cheveux et les caressant.

J'avais bien remarqué que c'était devenue une habitude chez elle depuis que nous étions là, mais je dois dire que je ne m'en plaignais pas. Je trouvais cela plutôt apaisant. Soraya s'arrêta au bout de quelques instants et reprit :

  • En tout cas, tu m'as de nouveau sauvé la vie, merci.
  • Ce n'est rien, rigolais-je en me sentant néanmoins gonflé de fierté sous le compliment, c'est bien norm...

Une douleur fulgurante transperça mon dos, à l'endroit exact où se trouvait ma blessure. En synchronisation, je sentis mes pouvoirs diminuer de manière alarmante. Silencieux mais tremblant, le souffle coupé, j'essayais de vaincre cette horrible sensation.

Pas maintenant, m'alarmais-je en essayant tant bien que mal de stabiliser psychiquement mes pouvoirs déclinants.

Soraya, me voyant dans cet état, m'attrapa par les épaules totalement paniquée.

  • Anéon ! Tu as mal quelque part ?!

J'étais si crispé que je ne pus lui répondre et ne fis même plus attention à sa présence, les mâchoires serrées et soumis à cette effroyable torture. En même temps, je vis les cerceaux de Mana faiblirent, se rétracter peu à peu, et perçus un bruit de roche en mouvement. Si ça continuais, je ne pourrais plus maintenir cette barrière. Alors que j'essayais de trouver une autre solution, une fraîcheur bienvenue se propagea là où je souffrais. Ne comprenant pas pourquoi, je tournais la tête et vis Soraya appliquer à même ma tunique de la mousse. Je compris instantanément que c'était de la mousse curative, vu que j'en avais moi même trouvé par le passé.

  • Attend une seconde, l'interrompis-je en soulevant mon vêtement qui empêchait d'appliquer le végétal directement sur ma blessure, ce qui en réduisait l'efficacité.

Je retirais avec des gestes maldroits dû à mon empressement l'habit souillé par le sang, faisant revenir au galop la douleur, mais dès que la princesse pansa de nouveau la plaie, appuyant avec douceur, j'accueillis avec bonheur les vertus de ce soin tout en maintenant le sort sur le point de céder. Une fois qu'il put agir avec autonomie, je baladais mon attention et vis sur le côté de la mousse. Sachant que le déblayement mettrait un certain temps, je pris une pleine poigne pour m'occuper de mes autres blessures.

Autant profiter d'être là pour me remettre sur pied, me dis-je en la frottant contre ma peau.

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