Piège

6 minutes de lecture

Point de vue d'Anéon :

Nous progressions dans les couloirs à une marche plutôt calme, sans vraiment nous presser. Je dois dire que cela me convenais parfaitement car j'avais encore assez mal à cause de mes blessures : mon dos me faisait souffrir comme si un cheval était passé sur moi, sans parler de mon ventre qui menaçait à chaque instant de recracher ce qu'il y avait dans mon estomac, c'est à dire presque rien ! Et surtout, même si je n'en montrais rien aux autres, j'étais complétement épuisé.

Je ne savais pas si c'était intentionnel, mais Soraya ne nous demandait pas d'aller plus vite, et ce, malgré le danger qui rôdait tout autour de nous. Peut-être était-elle aussi à bout de force et qu'elle souhaitait récupérer un peu en marchant ainsi. Enfin ce n'était pas vraiment un problème, car nous approchions. Encore quelques tournants, et nous serons arrivés à destination. J'envisageais déjà, en jubilant d'avance dans ma tête, un bon festin une fois de retour au village loin de ces souterrains sombres et au moins trois jours de repos si le plan des nains, même si je ne le connaissais pas, fonctionne.

Car je dois bien avouer quelque chose, c'était que pendant notre course-poursuite avec le Gueule-de-Fer, j'étais vraiment à court d'énergie. Heureusement, j'avais tout de même pu éviter ses attaques, même sans voir grand-chose au début lorsqu'il essayait de nous écraser sous ses pattes.

J'étais aussi pensif, car je culpabilisais beaucoup. En n'expliquant pas à Soraya les conséquences de l'utilisation de mon masque, elle s'était inquiété et s'est retrouvée mal par ma faute. Ce qui me faisait penser...

  • Dis Soraya ? Comment as-tu su que j'étais aussi mal en point ?
  • Ah. En fait, d'aussi loin que je puisse m'en souvenir, j'ai toujours eu un certain don d'empathie et.. aïe !

Je pilais net et, hilare, je pouffais de rire car Soraya venait de buter accidentellement contre une élévation du sol. Elle gromela sourdement en tenant sa cheville avec une mimique de douleur, regardant rageusement le minéral. Pas besoin d'être empathe pour savoir qu'elle mourrait d'envie de lui envoyer son pied valide pour se venger de la douleur qu'elle ressentait ! Au lieu de ça, elle se redressa en toussotant d'un air digne et se remit à marcher, reprenant ses explications.

Cela aura au moins permis de détendre l'atmosphère de peur qui sévissait sur nous depuis un bout de temps, conclus-je en voyant mes amies plus détendues, dont moi.

  • Bref, reprit d'une voix ferme la jeune fille, en oubliant ce que je ressens moi-même, les émotions et sensations des autres viennent à moi.
  • Humm... C'est un peu comme de la télépathie ? déduis-je en me basant sur ce que je savais moi-même.
  • Oui, mais ce n'est pas vraiment ça. Je ne saurais pas comment te l'expliquer. Comment dire... c'est comme si j'étais dans l'esprit même de la personne, pas seulement le frôler. Je suis lui. Et parfois, quand je pousse ma concentration, il peut m'arriver de... Tiens ? Qu'est ce que c'est ? s'interrompit-elle à mon plus grand désespoir.

Et dire que ses explications commençaient à devenir passionantes ! Je la vis s'éloigner en accélérant son allure et se rapprocher du mur droit du couloir, intriguée et les yeux rivés à un endroit précis. Curieux de savoir ce qui avait attiré son attention, je m'avançais aussi, suivit de Titania qui se posa sur mon épaule. Elle éclaira ainsi davantage la zone et je compris ce qui avait interloqué la princesse.

  • C'est quoi ce truc ? m'étonnais-je à mon tour.

Ce que nous voyons, accroché un étrange fil, était un baluchon rembouré de la taille d'une pastèque. J'appuyais légèrement avec mon doigt sur son ventre rebondit, de plus en plus perplexe. Indécis, je sortis alors mon poignard, sous le regard interrogateur de Soraya et de Titania.

  • Que veux-tu faire ? me demanda cette dernière tandis que j'avançais la pointe de ma lame vers l'intriguant objet.
  • Attend, lui dis-je en ouvrant un peu le tissus.

Il s'en déversa une poudre noire que j'attrapais avec ma seconde main. Je la portais alors à mon nez, et son odeur écœurante me fis froncer les narines et les yeux.

  • C'est de la poudre à canon, leur appris-je en la laissant tomber par terre.
  • D'accord, mais pourquoi est-ce qu'il y en a ici, et pour quoi faire ? réfléchit Soraya en prenant une pose de réflexion, les yeux plissés.

Je me posais aussi la même question mais, avant que nous trouvions une réponse à ce mystère, Titania s'éloigna vers le mur opposé et prit un tournant .

  • Venez voir, il y en a d'autres ici ! Tous reliés par un fil ! s'écria-t-elle quelques secondes plus tard.

Nous courrions alors vers elle et, effectivement, nous trouvions alors non pas un, mais plusieurs dizaines sur les deux murs et le plafond. Droit devant, il y en avait d'autres, attachés de la même façon. Sentant venir une idée sur leur utilisation, je touchais l'un des fils et le sentis huileux. L'évidence me frappa alors de plein fouet.

  • Je crois comprendre : il s'agit d'un piège ! Les fils sont enduits d'huile. Or, le feu prend rapidement grâce à ça, et le feu fait exploser la poudre à canon ! Les nains veulent sans doute faire s'effondrer le couloir sur le Gueule-de-Fer !

Dès lors que je prononçais ces derniers mots, un énorme rugissement suivit d'un tremblement qui nous fit vaciller retentit. Alertes, nous nous rapprochâmes d'instinct. Moi, tenant mon poignard, attentif au moindre signe de la présence du reptile, Soraya, levant son hallebarde, les traits crispés mais déterminés et Titania, regardant dans tous les sens et ses ailes battants à vive allure.

Nous n'entendîmes plus rien et aucun tremblement ne nous alerta. Je commençais à croire que le monstre s'était éloigné lorsqu'une nouvelle secousse, plus forte, secoua à nouveau le sol et que Titania hurla :

  • Vite courrez !!!

Je n'hésitais pas une seconde et, empoignant le bras de Soraya, je sprintais en ne me souciant plus ni de ma fatigue ni de ma douleur. Au même moment, derrière nos dos, j'entendis l'un des murs exploser et un nouveau rugissement me confirma, sans me retourner, que le Gueule-de-Fer nous avait retrouvé. Il ne nous restait plus que quelques couloirs, mais nous étions bien trop lent comparé à la créature qui se remit à nous pourchasser, avalant à grande vitesse la courte distance entre lui et nous. Devant la situation désespérée auquelle nous étions confronté, le sentiment que nous ne pourrions nous en sortir ainsi m'atteint et je me mis à hésiter : devais-je faire appel à mes pouvoirs ? Mais que se passerait-il ensuite ?

J'en étais encore à peser le pour et le contre lorsque Soraya lâcha ma main et s'arrêta brusquement, faisant face à la bête enragée qui n'était qu'à moins de vingt mètres de nous.

  • SORAYA, QUE FAIS-TU ?! paniquais-je, sentant s'envoler ma prudence en la voyant se mettre à genoux.

Laissant mon indécision de côté pour la protéger, je tendis mes bras en y concentrant mon énergie, sentant venir le Mana se condenser juste devant mes mains en un flux d'énergie brûlant et électrique. Mais bien avant que l'énergie se manifeste, je perçus le rassemblement d'une grosse quantité de Mana provenant de Soraya, tel que son Aura m'apparut, dorée et brillante comme de l'or fondu. Au moment où le monstre sauta pour nous attraper, un mur sortit brusquement du sol, produisant un BOUM retentissant lorsque le monstre le percuta. J'arrêtais alors la mise en marche de mon attaque et aidais Soraya à se relever, celle-ci peinant à ne pas tomber par la faute du contre coup.

  • Vite, filons ! Cela ne le retiendra pas longtemps, souffla-t-elle, à bout de force et son Aura disparaissant.

Hochant la tête et mettant mon épaule sous son aisselle pour la porter, je courais en ignorant le raclement des griffes et les hurlements de colère du Gueule-de-Fer vers la grotte où nous attendait les nains.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 32 versions.

Recommandations

Ange S SecretGarden
Comme tout le monde, j'ai ma propre vision, définition de ce monde qu'est la soumission/domination.

Aujourd'hui, j'ai décidé de vous faire entrer dans mon monde durant une journée entière, afin de vous faire découvrir qui je suis et la vie que je mène.

Je me présente, Taryn, une jeune femme soumise aux désirs sadiques soient-ils de Son Maitre.

Je vous souhaite la bienvenue dans mon univers.
71
87
77
40
Johane
La planète nous explique ce qu'elle ressent face aux actions de l'humanité.
3
1
0
1
Défi
Aloysius May


1 : Le big-bang


L’univers est en perpétuelle expansion. Les galaxies s’éloignent les unes des autres, repoussant toujours plus loin les limites de l’univers. Le temps est linéaire : il est né avec la matière et il semble qu’il ne s’arrêtera jamais. Du moins c’est ce que tout le monde croit sans s’en apercevoir.
Jean-Daniel en tout cas s’en soucie peu : le big-bang, la naissance et l’expansion de l’univers tout ça ne le regarde pas. Tout juste est-ce bon pour les scientifiques et quelques illuminés fans de métaphysique ou de science-fiction.
Il se prépare comme à son habitude pour aller au travail. Il déguste une tartine qu’il plonge dans son café, et il pense à la journée qui l’attend. Aujourd’hui, décide-t-il, il ira à pied. Cela le changera. Il fait beau, il faut en profiter. Il enfile donc sa plus belle chemise puis le pantalon qu’il a repassé la veille, et il sort de chez lui. Sur la route qui le mène à son travail, il rencontre une jeune femme. Il la trouve belle, hésite à lui parler, mais y renonce finalement par timidité, et poursuit son chemin.
Il aide ensuite une vieille dame à traverser la rue. Il éprouve soudain une impression de déjà-vu qu’il ne peut expliquer. Mais alors qu’il est presque arrivé deux choses qu’il n’avait pas prévues se produisent.
Tandis qu’il traverse avec légèreté, la première chose est cette voiture qui perd le contrôle et qui va le percuter, lorsque le second événement se produit : l’univers a terminé son expansion. Le big-bang a pris fin, laissant sa place big- crunch. L’univers se rétracte, et le temps avec lui cesse d’aller de l’avant pour revenir sur ses pas, de ce moment charnière où Jean Daniel allait se faire écraser jusqu’aux origines des temps…


2 : Le big-crunch
Daniel-Jean voit une voiture qui s’éloigne de lui. Il marche à reculons, il veut s’étonner de ce nouveau paradigme temporel mais il n’a pas le temps d’y penser. Il aide la vieille dame à reculer sur le passage clouté. À peine se dit-il, dans un instant de fulgurance, que cette impression de déjà-vu était due à ce mouvement de l’univers, que déjà il a honte de sa timidité. Puis il revoit cette femme dont il sait pertinemment qu’il ne lui adressera pas la parole, et continue de marcher à reculons jusqu’à chez lui. Il enlève d’abord son pantalon puis sa chemise. Le café disparaît devant lui, et de plein qu’il était dans la cafetière il se vide. Il prépare ensuite le café toujours à l’envers puis va se coucher. Sa vie va continuer à défiler de cette manière jusqu’au jour de sa naissance, tandis que l’univers se rétracte inéluctablement jusqu’au moment de son apparition.
3
5
2
2

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0