Traque au monstre

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Point de vue de Soraya :

Je m'éloignais de lui, heureuse de le retrouver. Il avait l'air d'aller bien... même si ce n'était pas sa vrai forme.

  • Comment te sens-tu Anéon ? Tu vas mieux ?

Non, pas tout à fait, me répondit-il.

En entendant ses paroles, je fronçais les sourcils et me relevais, attendant la suite. Je ne fus pas déçue. Il s'asseya et reprit donc :

Pour faire simple, j'étais bien trop blessé pour pouvoir vous suivre. Te souviens-tu du masque que j'ai ôté la dernière fois ? ( J'hochais la tête, me voyant confirmer ce que je soupçonnais à propos de ce masque ). Bien. Grâce à lui, comme tu as pu le deviner, je peux me changer en cette forme. Ce qui est bien c'est qu'ainsi, ce corps là ne souffre pas de ce que mon corps d'origine aurait pu subir. Comme mes blessures actuelles.

  • Anéon, tu es vraiment irresponsable envers toi même ! m'énervais-je. Tu prends beaucoup trop de risques ! Un jour ou l'autre, tu finiras par le payer très cher !

Le désormais loup me foudroya du regard, dévoilant un peu ses crocs et abaissant ses oreilles.

Tu peux parler ! As-tu vu l'état actuel dans lequel tu es ?! Un beau bleu de la taille d'un abricot sur le front et une tête comme si tu n'avais pas dormi plusieurs jours. Ton Aura émet une lueur très irrégulière si je dois en rajouter ! En plus, tu portes sur toi l'odeur du sang ! se révolta-t-il.

  • C'est sûrement mes mains. J'ai failli tomber et je les ai un peu égratignées, lui appris-je, même si je ne lui dévoilais pas la torture qu'elles me faisaient subir.

Mais en lui apprenant ça, Anéon perdit son attitude agressive et devint préoccupé. Il s'approcha de mes mains, reniflant un peu.

Te font-elles mal ? me demanda-t-il d'une voix douce et inquiète.

  • Pas quand j'y pense. Mais ça va, oui, lui affirmais-je.

Sans prévenir, le garçon loup aggripa le bout de la manche de ma veste avec sa gueule, et ramena l'une de mes mains vers lui. Ce fut si soudain que je ne pus réagir, et je vis l'état de mes mains que je n'avais pas vu auparavant, trop occupée à escalader et à repousser le pantin de fer.

Toute la surface de ma main était rouge de sang, des morceaux de peau s'étaient arrachés ou s'accrochaient lamentablement. Dans ma chair mise à nue, je pouvais distinguer de petits cailloux. Mouais, c'était pas fameux fameux.

Et après tu me fais la morale, soupira mentalement Anéon.

Alors que je m'apprêtais à répliquer, agacée par son reproche, il lécha délicatement ma main blessée. Déroutée par ce qu'il faisait, je ne faisais qu'écarquiller les yeux. Mais je compris où il voulait en venir en remarquant que ma main fut engourdie de toute douleur. De plus, aussi étrange que cela puisse paraître, ma main guérissait.

Il arrêta et réitéra la même chose avec ma seconde main, tandis que je regardais avec un certain étonnement celle qu'il venait de laisser. Une autre bizarrerie, c'était qu'elle était sèche. Décidément, Anéon était vraiment un garçon des plus étrange.

J'ai fini, me signala-t-il en s'éloignant. Désolé d'avoir fait ça, mais je crois qu'il aurait mieux valu que je te soigne avant qu'on affronte le Gueule-de-Fer.

  • Merci Anéon, c'est sympa. C'est sûr qu'il vaut mieux ne pas avoir d'handicape avant de... Attend, quoi ?!
  • De quoi est-ce que tu parles Anéon ?! On vient tout juste d'échapper à cette chose, s'écria Titania devant le museau du loup géant en désignant les restes du pantin empalé, et tu viens nous raconter qu'on doit s'attaquer à ce reptile maintenant ?!

Malheureusement oui, confirma Anéon avec gravité. Grögh en a décidé ainsi après ton enlèvement Soraya. Et notre rôle n'est pas le plus facile dans cette histoire. Je le ferais, mais si vous ne voulez pas, je ne vous y oblige pas après ce que vous venez de traverser. Moi seul devrais suffire.

Anéon s'interrompit, détournant un peu le regard. Ressentant son malaise, mais aussi sa peur causée probablement par la perspective de lutter seul contre le Gueule-de-Fer, je le rassurais en posant ma main sur sa tête d'un air encourageant.

  • Anéon, quoi que tu fasses, je te suis. Je te rappelle que, à l'instar de toi qui m'aide dans ma quête, je ferais en sorte de t'épauler. On est une équipe, et la confiance y est sacrée. Tu as la mienne en tout cas, lui rappelais-je. Nous te suivons si tu as accepté de faire ce que t'a dit Grögh.
  • Et moi aussi ! Tu as mon soutien. Je ne suis peut-être pas très grande, ni très forte, mais je pourrais toujours vous aider à vaincre ce monstre géant, nous garantit Titania en rayonnant comme le soleil.

Le garçon nous offrit un sourire lupin, mais il reprit :

Notre rôle est de jouer les appâts. Ce qui veut dire que nous aurons bien plus de risques à courir. Vous êtes toujours partantes ?

Ouille ! Effectivement, ce qu'on devait faire était plutôt dangereux. Surtout si l'on ne connaissait pas les lieux. Mais ForgeFer courait un réel danger. En plus, mon périple me réservera sûrement d'autres ennuis comme celui là, ou en pire.

Aussi, je rattachais mes cheveux pour éviter qu'ils me dérangent, invoquais en prenant garde à ne pas m'épuiser inutilement une hallebarde avec des lames à chaque bout qui, bien qu'en pierre, étaient aussi fine que des lames d'épées, aiguillées de petites pointes, et attendis. Titania et Anéon me regardèrent avec insistance, complétement éberlués.

Soraya, tu es sûre d'être une princesse ? me dit alors Anéon mais, face à ma fureur, il reprit : non non, oublie.

Quel maudit garnement, grinçais-je dans ma tête, sans voir qu'il se rapprochait de moi, m'offrant son dos.

Fais attention à tes insultes, sinon tu te débrouilles pour rejoindre le repaire du Gueule-de-Fer à pied, intervint-il alors.

  • Mais, qui t'as permis d'entrer dans ma tête ?! m'énervais-je. Et puis, pourquoi tu t'es mis comme ça ?

Primo, je peux m'introduire dans l'esprit des gens très facilement. Personne, à part un être ayant développé une incroyable sensibilité spirituelle, ne pourrait me sentir venir. Mais, si ça t'ennuie, je ne le ferai plus, me promit-il d'un ton sincère. Et si je me suis baissé, c'est pour t'emmener plus vite jusqu'au lézard qui nous attend. Grögh m'a montré où aller.

  • Heu... D'accord. Oui, c'est une bonne idée, affirmais-je alors, ravie d'avoir une bonne aptitude en équitation dans ce genre de situation.

Comparé à un cheval, Anéon était à peine plus haut qu'un poney. En plus, il s'était abaissé. Je ne devrais avoir aucun mal à l'escalader, m'étais-je dis naïvement. C'était sans compter sa fourrure assez épaisse. Je faillis tomber de l'autre côté dans mon élan, me retenant de justesse à ses poils avec ma seule main disponible. Ce qui fut pire lorsqu'il se remit bien droit sur ses pattes. J'essayais de trouver la meilleure posture, un peu paniquée. Sans doute devinant mon trouble, Anéon ne partit pas aussitôt. Titania me rejoignit en se mettant en position.

  • Fais comme moi. Agrippe son cou, m'indiqua-t-elle. Ensuite, penche toi en avant et accompagne sa démarche. Surtout, replis tes jambes pour éviter de te prendre une roche.
  • Très bien. Je vais essayer.

Je fis tout ce qu'elle m'avait dit, m'accrochant aussi fort que je le pouvais sans lui faire mal. Anéon se mit alors au pas et, contrairement au cheval, son poil n'était pas accroché à sa peau et était glissante. Je dus m'habituer un peu à ce nouveau mode de transport et, me faisant à cette nouvelle marche, je lui indiquais d'accélérer en lui tapant doucement les flancs. Il prit alors le trot puis, lorsque je m'y fis, il accéléra brusquement et galopa incroyablement vite. Je faillis lâcher mon arme tant se fut soudain, mais je me remis en avant et me concentrais sur mes prises.

Nous foncions à une vitesse folle dans ces couloirs creusés par celui que nous pourchassions, à la fois anxieux de ce qui nous attendait et impatient de voir le monstre contre qui nous allions nous battre.

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