Le Gueule-de-Fer

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Point de vue d'Anéon :

  • Toutes ces écailles... commençais-je, choqué par leur dimension.
  • Elles appartiennent à ce Gueule-de-Fer dont je vous ais sauvé la veille, m'annonça le chef.
  • Que voulez-vous dire ? lui demanda alors Soraya, surprise par la réponse du nain.
  • C'est assez simple. Toute cette zone, tout ForgeFer, se trouve actuellement coupé du monde par la faute de ce reptile, expliqua-t-il. D'où il vient, nous l'ignorons pour le moment. En revanche, ce que l'on sait, c'est qu'il nous a emprisonné dans une sorte de... disons une cage. Une cage invisible qui empêche à ses prisonniers de s'évader d'ici et aux intrus de pénétrer ces lieux. Hormis ceux qu'il a choisit pour son garde-manger. Pour ceux là, il ouvre un passage leur permettant d'entrer sans s'en rendre compte, et ainsi il est sûr de se réapprovisionner.
  • Et ce fut notre cas, n'est-ce-pas ? raisonna alors Titania qui me faisait mal à force de tirer ma mèche près de mon oreille sous l'émotion.

Grögh lui répondit positivement d'un grognement, et Rosvak prit alors la parole :

  • Par chance, des hommes d'une de nos patrouille qui revenait de la dernière expédition menée par moi-même et Grögh'wêh vous ont alors vu, endormis dans la clairière. En vous faisant respirer un encens avec les mêmes propriétés qu'un somnifère, nous vous avons emmené sans risqu...
  • Attendez une seconde ! Vous voulez dire que vous nous avez drogué à notre insu ! le coupa Soraya.

Je dois dire que j'étais totalement d'accord avec sa réaction. J'attendais alors leur justification, bras croisés. Face à nos regards accusateurs, Rosvak se dandina d'un pied à l'autre, mal à l'aise. Grögh jugea donc bon d'intervenir, se plaçant alors juste entre nous et lui.

  • Ne vous en prenez pas à mon second. Il s'agissait de l'un de mes ordre. Et, s'il vous plaît, réfléchissez un peu. Quel aurait été votre réflexe en voyant tout autour de vous des soldats lourdement armés ? Peut-être auriez-vous hurlé de peur ( je retins un commentaire devant sa remarque ) ou alors vous vous seriez mépris sur nos intentions. Dans tous les cas, le risque était que vous attiriez l'attention sur nous. Et, oui, j'ai alors demandé à mes soldats de vous droguer à votre insu, se justifia-t-il en reprenant à la fin les mêmes mots de Soraya. Comprenez-vous princesse ?
  • Oui. Je comprend que les circonstances vous y aient obligé, convint-elle à contrecœur. Vous avez agis pour le mieux.

Soraya a beau dire, je ne partage pas vraiment son opinion, confiais-je en pensée à Titania. Et pense doucement.

Ah ah ah, très drôle, ria jaune Titania. Sache mon ami que je fais de réels progrès. Et, pour répondre à ta question, Soraya agit de manière intelligente. En face d'elle se trouve le chef nain. Il est le seul dirigeant de ForgeFer qu'elle peut avoir comme allié ici. De plus, il est celui qui nous accueuille. Il ne faudrait pas nous le mettre de dos. Et je pense que Soraya songe à en apprendre davantage sur leur point de vue de la situation.

Comment ça ?

Regarde.

  • Comptez-vous l'attaquer ? l'interrogea alors la princesse, suivant la prédiction de Titania.
  • J'y viens Dame Soraya. Suite à de nombreuses disparitions, et à la découverte de ces écailles dans les environs, nous avons alors prit toutes les précautions nécessaire en nous réfugiant dans ForgeFer. Ainsi, nous pouvions poursuivre nos fouilles. Mais pas sans but. Notre sécurité à tous étant menacée, nous entraînons de nouvelles recrues et tentons de dénicher encore plus de corbat pour fabriquer des armes et des armures afin de mettre un terme à la vie de cet écailleux. Tout allait bien, puis il y eut des complications. Je ne sais pas s'il a eu une subite envie de varier son régime, mais il s'est mis à dévorer le corbat. D'abord dans les mines, attaquant par la même occasion nos mineurs, puis il fit une percée dans la terre et dévora nos réserves déjà constitués. Regardez là-bas, nous indiqua alors le chef nain en désignant de sa main le fond de la caverne.

Sans attendre je me précipitais en courant vers le dit lieu, discernant malgré l'obscurité de la caverne un énorme trou circulaire dans la paroie de pierre. En y arrivant, je risquais de faire un pas à l'intérieur afin d'évaluer la taille. Un amas d'écailles noires y étaient, bruissant comme le métal sous mes pieds. Je regardais alors le plafond, et jugeais avec un frisson d'horreur que cinq personnes comme moi pouvait l'atteindre en se tenant debout sur l'épaule de l'autre.

  • Ce reptile est gigantesque, soufflais-je en sentant mon sang se refroidir quelque peu.
  • Effectivement, me dit Rosvak qui, avec les autres, m'avait rattrapé. Une bestiole qui a dut depuis le temps grandir un peu. En plus, touche ses écailles, poursuivit-il en tenant l'une d'elle pour tapoter dessus. Aussi solides que le corbat et légères comme tout. En le mangeant, cette bestiole a fait rendre ses écailles aussi indestrutibles que le corbat lui-même. Chaque affrontement contre lui est un véritable fiasco.

Sur ces mots, Grögh soupira longuement, caressant sa barbe pensivement.

  • Voilà le dilemme : nous n'avons pas le choix de nous battre. Il ne nous laisse pas le choix. Si nous ne faisons rien, voilà les options qui s'offrent à nous. Attendre et mourir lentement de faim à moins qu'il ne trouve le moyen d'accéder à ForgeFer et finir sous ses crocs, puis ensuite que d'autres viendront se joindre à nous...

Ses paroles firent naître en moi la révolte absolue d'un tel sort. Il n'était pas question de terminer si vite ce voyage. Aussi je dis avec fougue :

  • Et si nous luttons ?

Le chef me regarda alors avec un sourire féroce, levant le poing sous le défi.

  • Si nous luttons mon garçon, alors peut-être aurons nous une chance de se sortir de ce guêpier. Nous avons une idée de l'emplacement du nid suite à notre dernière patrouille, la décision de lutter pour sortir de ce calvaire est donc plus forte. Si nous mourrons, nous tomberons en héros. Mais gagnons, et les régions, que dis-je ! Les contrées du monde auront vent de nos exploits. La tête de ce monstre rayonnera de notre gloire, les bardes chanteront notre exploit ! Mes amis, prêtez-nous main forte ! Si d'aventure nous survivons, je jure sur mon nom de FortPoing que nous exaucerons n'importe lesquelles de vos requêtes, et notre amitié vous suivra !

Soucieux de connaître l'avis des autres, je me tournais vers Titania qui arborait face à moi un air déterminé, puis vers Soraya qui m'observais aussi, mais elle semblait décidée à dire quelque chose. J'évitais alors de la fixer directement, lui faisant comprendre que j'étais de la partie. C'est vrai après tout, Rolan m'a chargé de la protéger, pas au contraire de me faire protéger par elle ! Je l'entendis soupirer puis dire :

  • Moi, Soraya el Lumis ed Sariel tet ad Maria, et mes amis, vous prêtons main forte, annonça-t-elle en s'agenouillant comme tout à l'heure. Notre victoire sera notre salut, vous aider à débarasser ces terres de cette créature démoniaque est un privilège. Cet exploit sonnera doux dans les louanges de nos vies respectives.
  • Je vous suis reconnaissant, et rend hommage à votre courage Dame Soraya, la remercia-t-il d'un hochement de tête. Ainsi que le vôtre, jeune enfant et fée.
  • Mon nom est Anéon. Je me joins à l'avis de la princesse. Vous servir dans cette mission est une chose que je ne peux refuser, m'agenouillais-je à mon tour de la même manière que Soraya.
  • Fée de la guérison Titania. En tant que membre du Peuple Caché, je ne peux laisser ce monstre devenir une menace pour les miens. Aider à son élimination est de mon devoir.

Le chef nain nous regarda alors d'un air des plus satisfaits et, après quelques secondes à nous observer, il déclara d'une voix forte :

  • Chers alliés, votre aide nous sera la bienvenue dans notre assaut. Nous allons donc vous faire bénéficier de tout l'équipement dont vous souhaitez. Mais auparavant, un festin nous attend. Afin de donner du courage à nos soldats avant la traque, précisa-t-il devant nos mine confuses. Alors, allez vous préparer au mieux.
  • Attendez, vous voulez dire que nous partons..., comprit Soraya, sans oser finir sa phrase.
  • Demain, déclara alors Grögh sans hésitation.

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