Attente

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Point de vue d'Anéon :

Nous venions d'arriver à la tour il y a une dizaine de minute et, depuis, nous attendions assis sur des chaises dans une salle au carrelage en bois poli et en murs gris granuleux où Rosvak nous avait mené. Plus loin de là où nous nous trouvions se trouvait une porte argenté blindée où il s'était rendu par la suite, gardée par deux gardes très imposant baricadés dans des armures lourdes noires et armés de lances. Soraya et Titania étaient assez tendues, l'une ne cessant de jeter quelques coups d'œil à la porte, l'autre se cachant sous ma tunique et ne laissant apparaître que sa chevelure blanche, intimidée par la garde. Moi même je n'étais pas particulièrement à l'aise, bien que cela n'est aucun rapport avec la situation actuelle. J'avais d'autres préoccupations, à cause de ce qui s'est passé il y a peu avec les soldats. Je n'avais qu'une seule hâte : que ce fameux Grögh nous dise ce qu'il attende de nous. Ainsi, si la demande reste raisonnable, nous pourrions l'aider et partir au plus vite.

J'étais si préoccupé que, par réflexe, je touchais rapidement mon dos qui semblait me brûler. Une vieille blessure qui ne cesse de me tourmenter lorsque j'y repensais. Je sentis Soraya poser sa main sur mon épaule, l'air inquiet.

  • Ça va Anéon ? me chuchota-t-elle. Je t'ai vu grimacer.
  • Oui, tout va bien. Juste un muscle qui me fait un peu mal au dos, la rassurais-je, priant que cette explication lui suffise.

La tête que fit la princesse en entendant ma réponse me laissa présager qu'elle ne me croyait pas, aussi je rusais en détournant son attention.

  • Est-ce que tu sais toi qui est ce fameux Grögh ?
  • Heu... oui. Apparement, ce serait le chef nain de ForgeFer : Grögh FortPoing.
  • Et tu sais ce qu'il veut ?
  • Je ne sais pas. Mais à mon avis, nous ferions mieux de l'écouter nous dire quel est ce... problème dont il souhaite nous faire part. S'il connait mon titre, c'est que les soldats de mon royaume ont du d'une manière ou d'une autre les avertir. Au moins, lui ne semble pas vouloir nous dénoncer. Enfin, tout ce que j'espère, c'est que les Siks ne seront pas avertis. Ce sont eux qui risque d'être plus enclins à me ramener au château sans discussion possible.
  • Les Siks ? Pourquoi poseraient-ils plus de problèmes ? répétais-je en m'assurant d'avoir bien compris, sans parler du fait que le mot << Siks >> m'était tout à fait inconnu.

En voyant mon trouble, la jeune fille me dit alors en poursuivant à voix basse :

  • Il est de coutume que lors de notre naissance jusqu'à notre passage dans l'adolescence, que les princes et princesses héritiers des Royaumes de l'Est vivent chez des alliés de notre famille, donc les Siks. Ils habitent une contrée cachée.
  • Alors c'est pour ça que tu crains de les retrouver ? Parce qu'ils sont des alliés ?

Soraya hocha la tête pour me montrer que c'était ça. Je me tus à nouveau, captivé par son récit et curieux d'en savoir plus. Titania elle-même faisait en sorte de ne rien perdre de notre échange.

  • Il s'agit d'un peuple qui vénère, en plus de Lyrhana, la divinité qui lui est opposée, Ombouros, le grand serpent de l'ombre, nous expliqua-t-elle. Ils croient que tout être est une parcelle de lumière, que Lyrhana représente, mais également une parcelle d'ombre, qu'Ombouros incarne. Par le passé, ils étaient persécutés car, en plus de pratiquer un culte pour ce dieu, ils possédaient cette incroyable faculté de manipuler les ombres d'autruis de part la bénédiction du dieu serpent, ce qui était très mal vu autrefois et encore aujourd'hui. Mais ma famille leur est venue en aide en les mettant sous sa protection.
    >> Peut-être qu'à cette époque mes ancêtres les voyaient comme des outils qu'ils pourraient user à leur avantage, mais jamais ils ne les ont trahi et leur sont venus en aide en toutes circonstances, lors de famines terribles ou de luttes contre des mécontents. En retour, les Siks nous ont juré fidélité et veillent sur les enfants royaux jusqu'à ce qu'ils puissent revenir. Car grâce à la bénédiction de Lyrhana, nous pouvons être protégés de potentiels assassins d'une seconde façon. Notre apparence se met à changer à notre douzième année. C'est une sorte de couverture si tu préfères. Une fois que notre véritable apparence se révèle, nos parents affirment à nos sujets la présence d'un héritier.

J'ouvris la bouche, ne m'attendant pas à une telle révélation. Me voyant ainsi, Soraya se mit à rire, mais se reprit rapidement.

  • Avant, mes yeux et mes cheveux possédaient une seule et même couleur : ils étaient gris, comme les nuages sous un jour de pluie. Cependant, mes cheveux se sont mis à brunir et mes yeux ont prit cette couleur verte. Or, notre famille a toujours gardé secret cette particularité.
  • Et... en quoi cela vous protègent-ils plus ?
  • En fait, il s'agit plutôt d'une coïncidence. Les Siks ont exactement les mêmes cheveux et yeux que nous avant notre changement. Ainsi, les tentatives d'assassinats envers nous lorsque nous sommes petits sont beaucoup plus rares, et quasimment nulles au village car aucun étranger ne sait à quoi nous ressemblons alors, et les Siks sont de redoutables combattants en plus d'être bien cachés. En ajoutant que personne, à part eux, ne connait la position exacte de leur village. Pas même moi car, le jour de notre départ, les Siks m'ont fait boire un breuvage avec une infusion de l'orchidaceae amnesia*, la fleur de l'oubli, en dose suffisante afin d'oublier le trajet.

Titania, qui ressortit alors de ma tunique pour se poser sur l'épaule de Soraya, lui demanda alors :

  • Mais ça veut dire que tu as longtemps vécu loin de ton château. T'es-tu déjà sentis seule ?

Soraya ne répondit pas tout de suite à la question, laissant ses yeux se balader dans la salle, mais elle ne semblait pas triste. Elle souriait doucement, comme perdus dans des souvenirs lointains.

  • Pas vraiment. J'ai vécu avec ma mère qui est venue avec moi afin de m'élever. Elle est morte lorsque j'avais huit ans, et étrangement j'ai peu de souvenirs d'elle. Chacun d'eux en revanche sont joyeux, plein de bonheur et me console de sa perte car je sais qu'elle m'a aimé. Quant à mon père, nous parlions par correspondance à certains moments de l'année grâce à des messagers Siks car il ne pouvait laisser le royaume sans souverain, mais le plus souvent grâce à des miroirs qui pouvaient nous permettre de nous voir et de discuter. Il ne m'a donc jamais parut comme un étranger. Il était une personne chaleureuse que je souhaitais toujours rencontrer pour de vrai.

Je restais stupéfais. Sans une seule hésitation, Soraya venait de nous raconter une partie de son enfance en plus de nous avoir révélé deux grands secrets qui protégeait sa famille. Je ne comprenais pas.

  • Soraya, pourquoi nous racontes-tu tout ça ? lui demandais-je doucement. Il s'agit de quelque chose de très important à garder secret, non ?
  • Tout d'abord, c'était pour passer le temps, avoua-t-elle en haussant les épaules. Ensuite, c'est tout simplement parce que je vous fait confiance. Vous m'avez sauvé la vie à deux reprises et vous m'accompagnez dans une quête en y risquant vos vies. Si je vous raconte tout ceci, c'est que je ne doute pas que vous garderez tout cela secret.
  • Soraya, c'est un grand honneur que tu viens de nous faire là, lui répondit Titania en s'inclinant, émue. Nous promettons de ne pas ébruiter ce que nous venons d'apprendre. N'est ce pas Anéon ?
  • Bien sûr. Avec nous Soraya, ton secret ne risque rien. Je le jure sur Aléthéia, la déesse de la vérité, promis-je solenellement en ramenant ma main à mon cœur.

L'adolescente hocha la tête en remerciement. Intérieurement, je me sentais un peu mal de voir à quel point elle nous tenait en estime pour nous révéler des choses aussi incroyable, et de voir que je ne parvenais à en faire de même, comme pour tout à l'heure. Mais à cet instant précis, les gardes s'écartèrent et la porte s'ouvrit en grand, laissant passer Rosvak.

  • Vous pouvez venir. Grögh'wêh est prêt à vous recevoir.

*orchidaceae amnesia : dit plus simplement la fleur de l'oubli, elle a une influence sur la mémoire de la personne qui la consomme ou qui en respire son pollen. En ne la respirant, l'être touché ne fait qu'oublier des petites choses sans importance dans un temps relativement court et peut sembler groggy. Si le pollen est trop respiré, elle peut provoquer des vertiges ou une perte momentanée de conscience.
Cependant, s'il y a ingestion de la fleur d'une quelconque manière, la victime se retrouve alors privée d'une partie plus importante de sa mémoire dans la majorité des cas définitive. Elle peut de plus sombrer dans un profond sommeil ponctué par une forte fièvre qui peut parfois se révéler mortelle. Le taux de mémoire perdu dépend de la quantité ingérée et si elle fut diluée ou non auparavant dans un liquide. On la reconnait par son incroyable couleur rouge et ses pistils bleus.

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