Incident

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Point de vue de Soraya :

  • ANÉON !!! MAUDIT GARNEMENT, SORS DE TA CACHETTE !!! hurlais-je, sortant toute la fureur qui s'était emparée de moi lorsque j'avais constaté sa disparition.

Il n'en manquait pas une celui-là. Je partais seulement cinq minutes, cinq malheureuses petites minutes, et le voilà qui venait de filer ! Non mais franchement, il était vraiment un vrai diable quand il s'y mettait ! J'arpentais les rues comme une vrai furie, demandant à tout hasard si quelqu'un l'avait aperçu. Et les réponses ne se faisaient pas attendre. Soit ils ne savaient pas et se dépêchaient de décamper, soit ils savaient et m'indiquaient la direction à prendre avant de filer à leur tour. Je ne devais sûrement pas être belle à voir. Rosvak était à mes talons, essayant de me calmer tout en m'expliquant, non mais je vous jure, qu'Anéon était encore jeune et qu'il avait besoin de se dépenser. Enfin, après l'avoir foudroyé du regard, il avait préféré se taire et tant mieux. Je n'avais pas spécialement envie de m'en prendre à lui. Le pauvre n'y était pour rien.

Après avoir parcouru plusieurs ruelles à hurler le prénom du fugitif, je décidais de faire une petite pause. J'avisais un coin avec quelques bancs où je m'assied, frottant ma gorge qui me faisais sacrément mal. Rosvak resta quant à lui debout, surveillant de temps à autre une montre à gousset qui se trouvait dans une des poches de son pantalon noir. Il grommela un peu, puis me tandis une gourde que j'accueillis avec joie. Je bus à grosses gorgées l'eau fraîche qui me fit un bien fou, puis je décidais de me remettre sans plus attendre en route.

  • Il faudrait le retrouver au plus vite ! La réunion s'achèvera dans une heure et le temps de rejoindre la tour, cela prendra à certains temps, me prévint le nain.
  • Oui bien sûr. Et je peux vous assurer que lorsque je vais le retrouver, il va m'entendre ! grinçais-je en serrant le poing.

Le nain haussa un de ses impressionnant sourcils, mais il ne pipa pas un mot. La traque reprit donc et, la gorge de nouveau opérationnelle, j'hurlais à tout vas. Ce n'était peut-être pas la meilleure façon de le faire venir en l'appelant avec tant de colère, mais j'étais inquiète aussi. Je savais que j'étais pourchassée par ces mystérieux assassins, et je préférais nettement qu'Anéon ce soit trop éloigné, que capturer par ces choses. Y penser me refroidis quelque peu, surtout après qu'il se soit écoulé une vingtaine de minute.

  • Anéon, allez quoi ! Où tu es ? Promis, si tu viens, je te dirais rien ! essayais-je à nouveau, laissant tomber les menaces.

Aucune réponse. Je fis trois autres nouvelles tentatives sans plus de résultat. Découragée, je me demandais si je ne ferais pas mieux de demander de l'aide au chef nain lors de notre entretien, lorsque j'entendis à une ruelle à ma droite une détonation. Curieuse, je décidais de m'y rendre, accompagnée par Rosvak qui commençait quelque peu à avoir du mal à marcher si longtemps. Très vite, nous vîmes une importante foule de gens : femmes, hommes, vieillards, nains et naines qui semblaient subjugués par ce qui se trouvait devant. M'excusant auprès de ceux que je bousculais, je finis enfin par arriver à traverser et à voir ce qui se passait. Ce qui m'attendais me fit rater un battement. Un jeune homme en uniforme rouge grimaçant était écroulé sur des débris de caisse en bois et recouvert de légumes et de fruits écrasés. Un autre essayait de le relever, tandis que deux autres se trouvant vers un autre tas de débrit menaçaient de leurs épées... Anéon ! Il avait trouvé refuge sur un balcon. Le jeune garçon semblait furieux, ses yeux avaient recouvert leur pupille en fente et possédaient cette fois deux couleurs : le bleu sombre qui entourait un bleu électrique.

  • Sale morveux, descend de là tout de suite !!! Nous sommes de la milice ! Sache que t'en prendre à nous peux te coûter très cher ! le menaçait l'un des soldats en lui montrant son blason.
  • J'en ai rien à faire ! Vous n'aviez qu'à pas m'attaquer sans raison ! s'injuria Anéon qui braqua sur eux un doigt accusateur.
  • Viens là !!! Sinon, gamin ou non, tu tâteras de mon épée !

Ce qui se passait devant moi me paralysa. Il fallait que j'agisse, et vite ! Sinon, Anéon risquait de finir son voyage plus vite que prévu.

oOo

Point de vue d'Anéon :

( 10 minutes avant que Soraya n'arrive sur place )

La surprise passée, je m'étais emparé du bras de celui qui me menaçais de son poignard et l'avais envoyé dans les airs pour rejoindre les caissons de fruits et légumes. Le pauvre marchand s'était alarmé en voyant ses produits mis à sac et avait filé plus loin. J'avais tout de suite vu les trois autres derrière moi, et celui qui avait attrapé Titania fut tellement surpris par ce que je venais de faire qu'il l'avait relâché. Il était vrai que j'y étais peut-être aller un peu trop fort, mais il m'avait fait peur. Aussi, lorsque les deux autres idiots qui ne s'étaient pas précipité pour l'aider brandir leur arme, je n'avais pas cherché plus loin et tentais de dénicher des yeux une cachette. Par chance, une charette se trouvait juste sous un balcon.

Ni une ni deux, et je pris mon élan. Concentrant mes forces, j'atteignis d'un bond la toiture, me hissais avec mes bras et sautais à nouveau pour atteindre le balcon. J'effrayais au passage un couple sur le point de s'embrasser. J'allais m'excuser mais ils s'enfuirent en hurlant comme des kriks*. Une fois à l'abri, j'avisais la situation : ils n'étaient plus que deux. Je pouvais aisément m'en sortir, mais je ne tenais pas à empirer les choses. De plus, une foule avait commencé à se créer, et je ne voulais pas faire de blessés colatéraux. Il ne me restait plus qu'une seule solution : gagner du temps. Je regardais un peu au hasard, puis je vis les hommes venir près de la charette. Bon, tout d'abord, les empêcher de me rejoindre. Bien que cela me rebutais, je n'avais pas d'autres choix. Sans plus attendre, je concentrais mon Mana dans ma main droite et attendis, serrant les dents tant l'effort de concentration, du au fait que cela faisait longtemps depuis la dernière fois, était difficile.

Il y eut une petite lueur, puis elle se mit à prendre davantage d'ampleur pour finalement former une sphère bleue et blanche lévitant au-dessus de ma main qui la chauffais et la picotais. Je tendis alors mon bras en direction de la charette, et de voir ce que je faisais fit reculer mes poursuivants. En la créant, je la sentis prête à s'élancer dans les airs, comme lorsqu'on utilisait un lance-pierre et que l'on tendait le caoutchout de plus en plus. Mon bras commença à trembler et je dus utiliser ma main gauche pour mieux cibler. Quand je sentis que ce fut bon, je relâchais ma prise sur la sphère, qui s'écrasa sur ma cible. L'effet fut immédiat, et elle explosa, produisant une onde de choc qui faillit me faire tomber à la renverse et qui projeta plus loin les soldats. Les débris s'éparpillèrent au sol, faisant reculer la foule qui ne quitta pourtant pas les lieux.

Les soldats étaient allongés au sol, j'allais pour descendre et filer en quatrième vitesse lorsqu'ils se relevèrent, plus furibond que jamais. Je sifflais entre mes dents, de plus en plus agacé : qu'est ce qu'il faut que je fasse pour qu'ils me laissent en paix, je n'ai fait que me défendre !

  • Sale morveux, descend de là tout de suite !!! Nous sommes de la milice ! Sache que t'en prendre à nous peux te coûter très cher ! me cracha l'un des soldats qui me désigna son blason.
  • J'en ai rien à faire ! Vous n'aviez qu'à pas m'attaquer sans raison ! me défendis-je en les pointant du doigt.
  • Viens là !!! Sinon, gamin ou non, tu tâteras de mon épée !

Là, je commençais à vraiment perdre patience. Il allait voir de quel bois le gamin se chauffait ! De nouveau, je levais mon bras, mais cette fois vers eux ! Non pas pour les attaquer comme la charette, c'était trop dangereux, mais afin de les effrayer. J'allais encore une fois concentrer mon Mana lorsque l'une des personnes présentes dans la foule courut dans notre direction et s'interposa, écartant les bras contre ces hommes.

  • Soraya ? la reconnus-je, arrêtant alors ce que je faisais.

*krik : gros rongeur à poil bleu qui émet un cris très aigu et puissant pour distraire ses ennemis et fuir. La couleur de son poil provient des baies de Mana dont il se nourrit. Alors, lorsqu'un utilisateur de Mana se voit gravement à court d'énergie, il n'est pas rare que les infirmiers les nourissent de leur viande gorgée de cette énergie ou d'une infusion faite à partir de ses poils.

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