Séparation

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Point de vue de Soraya :

Je me sentais encore un peu nauséeuse après notre passage dans cette... monstruosité, mais ça allait beaucoup mieux depuis le sceau. Qu'est ce que j'avais honte ! Si j'avais su, j'aurais demandé à Rosvak s'il n'avait pas plutôt des escaliers. Et cet Anéon ! Il ne manquait pas de toupet pour se moquer de mon état. D'ailleur, je ne comprenais d'où il tirait cette énergie. Alors que nous avancions vers la maison de gauche, il en profitait pour filer dans toutes les directions afin de voir les comptoirs qui étaient dissiminés un peu partout, revenant en quatrième vitesse vers nous lorsqu'il s'éloignait trop et repartant presque aussitôt. Je plaignais beaucoup Titania qui avait l'air en aussi mauvais état que moi. La pauvre peinait à suivre le rythme d'Anéon.

Lorsque le jeune garçon disparut pour la énième fois dans la foule, je décidais de me concentrer sur la maison où le nain nous emmenait. Elle était gigantesque et en imposait, aussi bien sur sa structure que ses couleurs. La bâtisse avait une immense entrée ouverte que l'on atteignait en gravissant une série de marche en marbre blanc immaculé. Deux grandes statues en fer représentant des nains en armure retenant leur arme symbolique, le marteau de guerre, gardait l'entrée. Il y avait au-dessus de cette dernière une arcade dorée portant le blason nain, maintenue grâce à des colonnes fait dans la même matière. Si l'extérieur était déjà impressionant, l'intérieur le fut tout autant.

La première qui me fit de l'effet, ce fut l'immense lustre accroché au plafond. Il ne diffusait pas sa lumière grâce à des flammes, mais grâce aux cristaux qui pendaient par centaine à leurs chaînes. Leur lueur équivalait à celle du soleil à son zénith, aussi je ne pus les contempler bien longtemps droit dans les yeux. Le support de cet incroyable objet n'était pas mis de côté. Il représentait à la perfection le ciel avec des nuages, les petits cubes de la mosaïque possédant la même luminosité que si l'on était à l'extérieur, ce qui était un coup de maître. Dans celui-ci l'on pouvait voir la forme lointaine d'un dragon et d'oiseaux. Je pouvais presque croire les voir planer au-dessus de moi. Les murs quant à eux étaient parcouru de plusieurs autres mosaïques aux motifs compliqués, mais d'une incroyable splendeur. Je connaissais quelques architectes de mon royaume qui pouvaient aller refaire leur travail. Le carrelage en damier où nous marchions était d'une propreté impeccable.

Je me sentais intimidée face à cette incroyable maison, mais je dus me ressaisir rapidement en voyant les regards étonnés des autres personnes présentes devant mon ébahissement. Rosvak était un peu plus loin devant, discutant avec un autre nain qui se tenait derrière un grand bureau en bois qui gardait l'accès à une autre porte, mais cette fois-ci fermée. Là encore, les sculpteurs avaient bien fait leur travail. On retrouvait une grosse partie de la biodivisersité de la forêt dessus. Il y eut du mouvement, puis la porte s'ouvrit et me permit de voir plusieurs meubles comportant une incroyable quantité d'étagère qui gorgeait de multiples sacs et objets. Un nain en ressortit, laissa la porte se refermer derrière lui et donna à celui qui discutait avec Rosvak... nos affaires de voyage ! Je me dépêchais de le rejoindre, et il me tendit la totalité de nos affaires.

  • Tenez. Et navré si vous vous êtes inquiétée de l'absence de vos biens. Nous devions nous assurer auparavant qu'il n'y ait aucun danger. Vous pouvez vérifier que rien ne manque.

Le remerciant, je me mis de côté et entrepris de vérifier ma sacoche. Je fus plus que soulagée en constatant que rien ne manquait, surtout ma bourse et son contenu. Je fis de même avec le sac d'armes. Le compte était bon : quatres épées courtes et trois poignards. Il n'y avait plus que les affaires d'Anéon à vérifier, mais vu que je ne savais pas ce qu'il avait emporté avec lui, je préférais attendre qu'il le fasse. Ce qui me faisais penser : où était-il ?


oOo

Point de vue d'Anéon :

  • Et voilà mon garçon ! Deux brochettes de volaille pour toi ! me dis le vendeur de nourriture en me les tendant.
  • Merci monsieur ! le remerciais-je en prenant les brochettes encore fumante.

J'avais eu de la chance : pendant ma promenade, j'avais eu un petit creux. Logique puisque je n'avais rien avalé en me réveillant. Heureusement, l'odeur de la viande grillée m'avais attiré jusqu'à ce vendeur de brochette. Je m'éloignais avec mes biens jusqu'à croiser un marchand de fruit. Je lui achetais, à sa plus grande surprise, une seule fraise et l'offris à Titania, dont le ventre s'était mis entre-temps à gargouiller en me voyant manger. Je finis rapidement mon repas, conservant la seconde pour Soraya qui n'avait rien mangé non plus. Au fait... elle était où ? Je pus voir que j'avais perdu de vue les deux grandes maisons où nous étions arrivés, et je grimaçais.

  • Aïe ! Je vois pas où on est ! Soraya va piquer une crise quand elle va voir que nous ne sommes plus là !
  • Tant pis pour toi ! Tu n'avais qu'à être plus calme ! me rabroua Titania qui se posta devant ma tête.
  • Oh ça va ! T'as rien fait pour me dire que je m'éloignais trop !
  • Normal, tu n'arrêtais pas de courir partout ! Alors autant que Soraya t'enseigne à te tenir tranquille ! rétorqua-t-elle en croisant les bras d'un air furibond.

Je ravalais une réplique acerbe. C'était inutile que l'on se dispute. Il fallait en priorité que je retrouve la princesse. Et le plus tôt sera le mieux. Vu que j'ignorais où je me trouvais et qu'il fallait que je me dépêche, je décidais d'opter pour la facilité et d'user de la vision me permettant de voir les Auras. Un petit truc assez sympas que j'avais acquis grâce au Peuple Caché. Cependant, la difficulté restait de se trouver dans le bon état d'esprit. C'était faisable, mais plutôt compliqué. Enfin, autant tenter le coup, bien qu'il y ait pas mal de bruit. Je fermais les yeux et tâchais de me concentrer afin de voir les Auras pésente dans ce village, et plus précisément celle de Soraya. Même si cela faisait peu de temps que nous nous connaissions, je m'étais déjà familiarisé à elle. J'attendis encore un peu, sentant mon esprit s'ouvrir à toutes les sensations qui me parvenait. Le vide se fit en moi. Lorsque je sentis que ce fut bon, j'ouvris les yeux.

La ville, déjà bien lumineuse, m'apparut comme peinte d'un millier de couleurs, toutes plus différentes les unes des autres. Certaines étaient agglutinées dans un coin, tandis que d'autres s'étalaient comme si un peintre avait laissé une traînée de peinture sur sa toile. Je voyais toutes les Auras qui m'entourait dont celles, plus intenses, des passants et des travailleurs autour de moi. Elles étaient toutes uniques : il y en avait des bleus, des dorées, des rouges et des vertes. Mais pas que. Les Auras pouvaient être plus ou moins foncées ou claires, comportaient d'autres nuances de couleurs. Comme un arc-en-ciel, mais qui différait selon l'individu et jamais elle ne restait la même. Tout dépendait de son humeur, son état de santé, son environnement, et de bien d'autres facteurs qui avaient une certaine influence.

Je me focalisais sur celle de Soraya, tournant la tête dans tous les côtés puis, enfin, je la vis quelques pâtés de maisons plus loin, un petit point qui brillait plus intensément que les autres. Elle était constamment en mouvement, avec des teintes de blanc, de bleu-vert et de rouge. Les couleurs qui m'intéressais étaient les deux dernières. Le bleu-vert exprimait chez une personne la peur ou l'inquiétude. Le rouge cependant... c'était de la colère. Sa teinte était très vive, comme des braises. Et elle était prédominante. Je ne pus que me sentir mal à cet instant, ce qui n'échappa pas à Titania.

  • Alors, on se défile ? me nargua-t-elle.

Je lui jetais un mauvais regard, puis entrepris de rejoindre la jeune fille... mais en prenant mon temps. Je n'osais imaginer quels reproches elle me lancera une fois qu'elle me retrouvera ! J'en tremblais d'avance. Certes, nous ne nous connaissions que depuis peu, mais j'avais déjà appris à la redouter lorsqu'elle s'énervait ! J'étais tellement plongé dans mes pensées que je ne fis plus attention à ce qui m'entourais. Quelques pas plus tard, j'entendis Titania crier brièvement mais, avant que je ne me tourne pour voir ce qui se passait, je sentis ma gorge en contact d'un métal froid et tranchant.

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Jérôme S.....
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