ForgeFer : le village des forgerons

5 minutes de lecture

Point de vue de Soraya :

Je dormais si bien, le sol était très confortable, mais depuis un certain bout de temps maintenant, j'entendais des voix graves qui parlaient près de nous. Je tâchais de les ignorer, mais c'était assez difficile, surtout que quelque chose chatouillait mon nez. On ne pouvait même pas dormir tranquillement dans la nature ? Bon, autant voir qui osait me déranger !

  • Alors, ils sont réveillés ou non ?
  • Pas encore Grögh'wêh ! On devrait peut-être... Attendez ! L'humaine commence à revenir à elle !

Oui, et elle n'était pas contente du tout ! J'ouvris lentement les yeux, et je ne vis que des cheveux blonds. Intriguée, je me levais sur un coude et constatais que quelque chose était aggripé à ma tunique. Anéon dormait toujours, ses mains refermées sur mon habit et son visage sous mon menton, arborant un air bien plus paisible que la nuit passée.

  • Hum hum !

Quelqu'un venait de tousser. Je relevais alors mes yeux, et malgré le fait que je me sente quelque peu groggy, je ne pus réprimer un hoquet de surprise. Un petit homme de la taille d'un enfant à l'allure forte, au visage mangé par une barbe grise, emmailloté dans une armure argenté étincellante, se tenait devant nous dans une pièce qui semblait creusée à même la roche. Un autre se tenait près de l'embrasure d'une porte, semblable au premier bien qu'ayant moins de barbe. Un nain, devinais-je. Son expression semblait assez contrariée, mais peut-être était-ce l'impression de ses sourcils broussailleux.

  • Bonjour étrangère. Je suis Grögh FortPoing. Nous vous avons trouvé, la fée, le gamin et vous, endormis dans la clairière. Vous avez eu bien de la chance que nous vous trouvions avant le Gueule-De-Fer, sinon, vous seriez dans de sales draps, et sûrement dans son estomac !
  • Co... Comment ça ? balbutiais-je en réprimant un baîllement, encore un peu endormie.
  • Hmmm... Nous discuterons plus tard. Réveillez vos amis et rejoignez moi une fois que vous serez prêt. J'ai une réunion et ne peut me permettre de la manquer. Prenez votre temps... mais pas trop, déclara le nain en s'éloignant d'un pas lourd ponctué de cliquetis jusqu'à son compagnon. Rosvak, tu guideras nos invités jusqu'à moi lorsque nous aurons terminé.
  • Très bien Grögh'wêh ! Je les ammènerais à vous lors de la fin de la réunion ! assura le nain d'un claquement de talon.

Le chef nain approuva d'un grognement et sortit, puis le fameux Rosvak nous dévisagea et dit :

  • J'attendrais que vous soyez préparés. Dès que vous le souhaiterez, je vous conduirais au lieu de restauration et aux thermes du village. La réunion peut longtemps durer.

Il n'attendit pas ma réponse, sans doute en ayant constaté mon air un peu perdu, et referma la porte. Je ne savais absolument pas comment nous nous étions retrouvés là, mais je pensais avoir ma petite idée de l'endroit où nous nous trouvions. Je regardais autour de moi, et vit sur un meuble avoisinant notre lit la lumière désormais familière de Titania, qui augmentait et diminuait d'intensité. Je secouais doucement Anéon par l'épaule, lui arrachant un grognement. Il devait être épuisé.

  • Anéon, lève toi.

Aucune réaction, si ce n'est qu'il réaffermit sa solide poigne à mes vêtements. Je soupirais et décidais de lui laisser quelques secondes de répit en m'ocuppant de réveiller la fée. Heureusement, mon bras était suffisament long pour l'atteindre et, en veillant à ne pas toucher ses ailes, je la secouais de mon doigt. Contrairement à l'autre encore allongé, elle se leva tout de suite, volant aussitôt avec vivacité dans les airs.

  • Soraya, où sommes-nous ?!
  • Je crois que nous sommes à ForgeFer, lui annonçais-je. Comment, je l'ignore. Mais un certain Grögh souhaite nous voir. Je crois que nous pourrions nous renseigner.

Enfin, nous pourrions aller le voir si Anéon se décidait à se lever.

  • Allez gros paresseux, un petit effort ! le secouais-je, impressionnée par la lourdeur de son sommeil.
  • Non... laisse moi dormir Leïla. C'est pas à moi de surveiller les cogne-véloce*, marmona-t-il en soupirant bruyamment.

Hein ? Mais de quoi parlait-il ? Et puis, comment venait-il de m'appeler ? Leïla ? Qui était-ce ? Alors que les questions se bousculaient dans ma tête, Anéon se leva brusquement cinq secondes après avoir prononcé ce prénom, l'air éberlué et regarda partout autour de lui avec frénésie. Il venait sûrement de prendre conscience de son erreur, car il se calma et me regarda avec plus de lucidité.

  • Ah, salut Soraya, me salua-t-il en frottant ses yeux embués de sommeil.
  • Bonjour, lui répondis-je simplement, un peu perplexe par ce qu'il venait de se passer.

Le jeune garçon s'asseya en tailleur, observant la petite pièce avec effarement. Moi, je retirais mon élastique usé et laissais retomber mes cheveux jusqu'à mon bassin, éprouvant un vif soulagement en les sentant enfin libres de toute entrave. Je sortis mes deux jambes du lit et enfilais mes chaussures qui commençaient à sourire. Il faudra que je pense à les changer. Mon passage dans la rivière et notre marche les avaient salement amochés.

  • On est où ? me demanda après un certain temps le jeune garçon.
  • Je crois avoir ma petite idée à ce sujet, mais il faudrait déjà sortir du lit mon grand, lui dis-je en caressant ses cheveux ébouriffés.

Je ne savais pas pourquoi je faisais ça, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Anéon me laissa faire, puis il s'éloigna et s'occupa d'enfiler ses bottes de cuir. J'avisais quant à moi un miroir et m'occupais de remettre un peu d'ordre dans mes cheveux avec mes doigts. Je n'avais pas vu nos sacs de voyage, mais il était évident que le chef nain savait où ils étaient. Une fois que je jugeais ma coiffure convenable, je me dirigeais vers la porte en toquant par trois fois. Le nain nous ouvrit la porte et me fit signe de passer devant. Anéon, avec Titania sur son épaule qui aggripait une de ses mèches, me suivit de près et nous marchâmes dans un sombre couloir creusé dans la roche. Il était faiblement éclairé par des lanternes, et le nain guide passa devant nous en amenant une lanterne.

  • Faîtes attention à votre tête, surtout vous Damoiselle. Il y a parfois quelques bosses dans le plafond, nous avertit le nain.

Je lui en fut reconnaissante, car j'eus tôt fait de veiller à baisser la tête en voyant devant moi un petit renflement arriver droit sur moi, m'évitant un beau bleu. Nous mîmes une dizaine de minute à sortir de là, tournant à chaque embranchement, descendant une petite pente ou, au contraire, grimpant une montée. Nous pûmes croiser quelques nains et des vieux hommes qui portaient des corbeilles d'où nous pouvions voir quelques roches. Cependant, une partie était vide, sous les jurons du guide qui répétait souvent << Foutu écailleux ! >> dès qu'il voyait les corbeilles légères. Enfin, nous atteignîmes la sortie. Un vent chaud nous frappa et, sous nos pieds, la vue me coupa le souffle. Des centaines de maisons et de forge, le crépitement singulier des flammes, tout un assemblage impressionant de tuyaux, de conduit d'aération, de funiculaires, de tyroliennes, d'ascenceurs et autres machines qui transportaient hominidés, bêtes et outils. Au centre, une grande tour à l'aspect en pique imposante et construite de mains de maître. Voilà ce que je vis en contemplant ForgeFer, le village des forgerons.

*cogne-véloce : ovidé bipède vivant essentiellement dans les plaines. Il est l'une des créatures les plus rapides au monde. Cependant, sa vitesse est telle qu'il leur est quasiment imposible de freiner directement. Leur espèce à donc développée un casque épais pour protéger leur crâne d'un impact. Les voyageurs qui s'aventurent sur leur territoire essayent de les repérer de loin car, s'ils ne faisaient pas attention, ils pourraient percuter l'une de ces créatures, et être très gravement blessé.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 23 versions.

Recommandations

Défi
cornelie
En réponse au défi de Chuck Mac Cracker. Conversation vidéo, chapitre 3.
10
52
17
2
Marie Smorta


Une image
J’ai toujours voulu te dire
J’ai toujours voulu
« Tu es semblable au vent, à la tempête
Gouttes de pluie dans tes yeux quand tu te calmes un peu »
Je voulais t’écrire
Ça se bouscule dans ma tête
Ça fait beaucoup de bruit et réveille beaucoup de choses
Tout me dérange
Pourtant
Tu sais, c’est difficile de se dire que les choses continuent d’avancer. C’est difficile de se rendre compte qu’on ne peut pas se souvenir de tout. C’est dérangeant quand on essaye de contrôler ce qui ne peut plus l’être.
C’est triste quand on se rappelle d’avoir vécu

________________________________________________________________________________________________________

Je rapporte tout à l’amour, constamment.
Comme si c’était ce qui importait le plus.
C’est juste que j’ai été profondément blessée, pas que par toi mais aussi de la société.
Ce sont des choses qui arrivent, j’imagine.
Tant de cicatrices qui ne demandent qu’à se rouvrir inlassablement.

Ça fait mal, n’est ce pas ?
3
5
3
1
Défi
Naomie

    "-Ravi de faire votre connaissance, moi c'est Edgard mais vous pouvez m'appeler Ed. Je suis pizzaiolo.

     -Enchantée, moi c'est Jane. Je suis lycéenne."
Wow, y'a un rat dans la pizza de Ed, c'est énorme!

    "-Ahah c'est marrant le rat dans la pizza...mais vous êtes une licorne?!
     -Eh ouais, la classe hein? J'ai une idée géniale...j'ai un bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons dans l'avion. Tu veux l'essayer?
Waouh! C'est trop bien toutes ces couleurs, en plus Ed change de couleur et de forme, il est bleu, gros, rouge, c'est trop drôle. Putain! Le top du top.
    "-Comment ton avion est arrivé ici sans faire de bruit, il est trop fort!
     -C'est plutôt nous qui sommes arrivés à côté de l'avion sans faire de bruit. Chut, il risque de se réveiller."
Putain les marches de l'avion sont en guépard. Merde y'en a un qui me regarde, je dis quoi?
    "-Tout ceci n'a aucun rapport avec Gisèle! Demande à Ed, c'est à Christen qu'il faut s'en prendre, c'est elle qui a balancé de l'eau sur le ciel. Je l'ai vue...je l'ai vue de mes propres yeux! Croooois-moooii!"
Ses yeux se sont retournés et de la lumière en sort...on dirait des minis concerts à l'intérieur! C'est vraaaaaiiiiiment troooooop trop bien! Je me sens tellement...bien.
    "-Jane! Viens voir mon bolide-d'enfer-pas-piqué-des-hannetons...
     -Putain!! Elle est trop cool ta balançoire. Je peux faire un tour?
     -Bien-sûr que oui."
Elle est confortable...mais c'est encore le guépard. Il est trop drôle.
Merde! Ca a disparu, Ed, le guépard, l'avion et la balançoire. Et j'ai un de ces mal de tête, c'est horrible.
    "-Elle était puissante, hein? Je t'avais prévenue, aller je te l'offre pour cette fois."
2
1
0
1

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0