Perdus

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Point de vue de Soraya :

( Deux jours et demi plus tard )

Je tournais le dos à Anéon, la tête collée à ma carte de secours. Je commençai à vraiment paniquer. Normalement, nous aurions dû atteindre le village il y a plus de deux heures. Or, nous venions de nous enfoncer dans un coin parsemé d'arbres et de grosses pierres. Mais, plus nous avancions, plus je doutais qu'il s'agisse du bon chemin. Depuis, nous ne faisions que tourner en rond sous les remarques de Titania qui me demandait si j'étais sûre que nous étions au bon endroit, ce que je lui affirmais avec de moins en moins de conviction. En plus, il faisait maintenant nuit. Le pauvre Anéon pliait sous la charge des sacs qu'il transportait. Je culpabilisais beaucoup.

  • Allez Soraya, avoue. Tu ne sais pas où on est, maugréa le jeune garçon, la mine fatiguée.
  • Désolée, je crois que j'ai du me tromper de chemin, avouai-je piteusement en abaissant la carte.

Sitôt que j'eus prononcée ces mots, j'entendis un bruit lourd. Je me retournai précipitemment, et je vis Anéon écroulé dos au sol, fixant le ciel étoilé.

  • S'il te plaît, on peut s'arrêter ? J'en peux vraiment plus.
  • Bien sûr. Je suis vraiment désolée Anéon, m'excusai-je, dépitée.
  • C'est pas grave.

Je m'assieds à mon tour, reprenant l'observation de la carte. Je n'y comprenais rien. Normalement le village, qui se nommait ForgeFer, devrait être là. Pourtant, je ne voyais rien. Enfin, si ce n'était que ça, je ne m'en inquiéterais pas outre-mesure. Le lieu que je cherchais avait été construit par les nains, un peuple qui affectionait plutôt les endroits souterrains. Non, ce qui était étrange, c'était que je n'entendais rien ni ne remarquais la présence récente d'autres personnes. Cette clairière possédait pourtant une roche très particulière et rarissime, qui fournissait un minerais unique au monde qui était d'une incroyable qualité, autant pour sa robustesse que par sa légèreté. Il était beaucoup utilisé par les forgerons pour la fabrication d'armures ou d'armes.

Ces terres furent très convoités, créant de nombreux conflits qui furent parfois sanglant, autant chez les nains que chez les hommes et différents peuples. Nous aurions pu fouiller les environs et retrouver des squelettes et des vestiges de ces luttes. Heureusement, lors d'un grand rassemblement des nations, il fut décidé que la clairière serait libre d'accès, tant qu'une certaine quantité de minerais soit extraite. Cette règle était tout particulièrement respectée, car les fraudeurs étaient très sévèrement punis. Les nains, qui étaient les premiers à lutter, obtempérèrent et montrèrent leur bonne foie en contruisant un important village qui réunissait des artisants venus de tout le continent, d'archipels étrangèrent et d'autres contrées. C'était toujours animé, et la clairière devrait regorgée de mineurs bien qu'il fasse nuit. Pourtant, rien. Et sans guide, je me voyais mal trouver l'entrée y menant. Le pire, c'était qu'il n'y en avait qu'une seule. Et l'endroit était immense.

Un léger ronflement me tira de mes réflexions, et je ne pus m'empêcher de glousser en voyant qu'il s'agissait d'Anéon. Il s'était endormi, et il n'avait même pas pensé à se débarrasser de ses affaires, lui faisant prendre une étrange posture. Titania volait tout près de lui, éclairant son visage endormi en secouant doucement la tête d'un air à la fois doux et affligé. Je me rapprochais de lui et je lui ôtais les sacs en prenant garde à y aller doucement afin de ne pas le réveiller. Il ne réagit que très peu, ne se contentant que de rouler sur le côté, les poings fermés et les sourcils froncés, lui donnant un air sérieux.

Malgré ses airs un peu sauvage, il était un garçon assez mignon. Le voir ainsi endormi remplirait de tendresse le cœur de n'importe qui. Pourtant, sans que je ne puisse l'expliquer, il y avait en lui une impression de grande tristesse et de solitude qui ne partait jamais, même quand il était heureux ou quand il souriait. Je le sentais au fond de moi, un peu comme lorsque je sais si quelqu'un me ment ou non. Encore maintenant, je pouvais le voir. Comme si quelque chose le rongeait de l'intérieur.

  • Titania, je peux te poser une question ? questionnais-je la fée, mes observations me faisant constater que je ne savais que très peu de choses sur Anéon.
  • Oui, quoi ?
  • Anéon m'a dit qu'il ne vivait avec personne, est-ce que c'est vrai ? lui demandais-je en ne quittant pas l'assoupi du regard.

Il passa quelques secondes sans que Titania ne me réponde, mais grâce à sa lumière, je la vis s'approcher de moi. Elle hésita, puis elle se posa sur mon épaule. Je resssentis une vague de chaleur émaner d'elle et cela me détendit.

  • Depuis que je le connais, il ne m'a jamais vraiment parlé de lui dans le passé. Mais, durant tout ce temps avec lui, jamais Anéon n'a vécu avec d'autres humains. Il ne faisait que vivre à proximité du village de Graroc et, de mon point de vue, je le comprend, m'affirma-t-elle avec une expression contrariée. Ces habitants étaient méprisables : ils n'arrêtaient pas de le tenir pour responsable de tout et n'importe quoi. Chaque fois qu'il venait, on le pointait du doigt, on médisait de lui. Mais jamais Anéon n'a riposté. Les plus hargneux lui ont même fait la chasse et ont essayé de le tuer. Ils étaient ivres et ils l'ont traqué partout. Heureusement, ça ne s'est produit qu'une fois. Esteban, le médecin du village, les a calmé en leur faisant remarquer que c'est grâce à Anéon qu'ils ont des herbes médicinales de qualités. Les Résidents ont parfois ce genre de problèmes envers ceux craignant la magie. Je ne sais pas si cela en ait la cause ou s'il y a une autre raison, mais jamais il n'a cherché à se rapprocher d'eux ni de voyageurs.

Mes yeux s'étaient aggrandis d'horreur en l'écoutant faire son récit. Je savais que les Résidents s'intégraient mal à la société humaine car je connaissais une personne qui eut les mêmes problèmes, mais cela me déchirais de savoir qu'Anéon en eut été victime. Je n'osais imaginer ce qu'il a dut ressentir lorsqu'il s'est aventuré au village qui le méprisait pour moi. Peut-être était-ce pour ça qu'il souhaitait partir. Recommencer une nouvelle vie loin de ce genre de personnages. Et le faire seul. Anéon m'avait dit qu'il n'avait pas de famille. L'avait-il perdu ?

De savoir que personne, hormis sa fée, ne fut à ses côtés des années durant et ne l'a aimé m'accablais. Jamais un garçon si jeune ne devrait avoir à subir ça. J'étais tellement émue que je ne pus m'empêcher de m'allonger à côté de lui et de le prendre dans mes bras, caressant ses doux cheveux blonds. Je ne pouvais croire que l'on a cherché à s'en prendre à un garçon aussi gentil et qu'il se soit retrouvé seul. Mais cette nuit au moins, je souhaitais pouvoir lui apporter une présence bienveillante à ses côtés.

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