En route vers le prochain village !

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Point de vue de Soraya :

Après avoir rangée Scio dans son tube suite à plusieurs dizaines de minutes de négociation (je m'étais retenue de ne pas le déchirer), Anéon, Titania et moi avions repris la route sur le chemin de terre. Heureusement, j'avais prévu avec ou sans la coopération de cette maudite carte de me rendre dans un village quelques jours plus tôt. Aller dans le Nord, qui contenait de nombreuses contrées encore mal connues et assez hostiles, n'était pas à prendre à la rigolade. Aussi, nous devions nous préparer au mieux. Ils nous fallaient un équipement adéquat, des vivres, du matériel et davantage d'informations. Et comme si ce n'était pas assez, il y avait des contraintes à notre voyage.

Que ce soit une ironie des dieux ou non, mon royaume se situait tout à l'est du monde. Ce dernier était incroyablement vaste, que ce soit en longueur ou en largeur, avec des montagnes, des zones arides, des forêt immenses, sans compter les êtres suceptibles de nous ralentir. De plus, le Nord n'était pas une direction, mais une partie du continent qui se courbait vers l'ouest et rejoignait alors le Nord. La forme assez particulière de cette terre, que les explorateurs nous avaient rapporter, nous obligeait à faire ce détour et rajoutait donc plusieurs centaines de lieue*. De plus, au second tier de notre voyage, nous atteindrons une mer qui divisait les terres sur une très large étendue, et le seul moyen de se rendre dans le Nord était donc en bâteau. Or, ce genre de moyen de locomotion était relativement cher. Sans parler de l'équipage qu'il faudra recruter. Heureusement, j'avais devant moi plusieurs jours ou semaines avant de m'en préoccuper.

oOo

  • Soraya, on arrive bientôt ? Parce que ça fait des heures qu'on marche et je ne vois toujours pas de village, me demanda pour la cinquième fois Anéon qui scrutait avec une certaine lassitude l'horizon verte.
  • Oui, oui. Il faut encore un peu de marche et on devrait bientôt le voir, lui assurais-je pendant que je comptais encore le contenu de ma bourse.

Je l'entendis soupirer fortement et se pencher en avant pour récupérer un caillou. Il s'amusa à le lancer dans la paume de sa main qui ne tenait pas le sac de plus en plus haut, sûrement dans l'espoir de s'occuper un peu. Parfois, j'avais l'impression que le caillou allait voler dans le ciel bleu tant Anéon y mettait de la force. Chaque fois que l'objet redescendait, je m'attendais à tout instant à ce qu'Anéon se le prenne sur sa tête relevée. Mais, de manière adroite, il rattrapait toujours son projectile avant qu'il ne l'atteigne et le renvoyait dans la seconde en faisant faire un mouvement de moulinet à son poignet. Même si c'était assez simplet, cela restait impressionant. Je finis après plusieurs minutes par détourner mon attention pour regarder la flûte qui se balançait de droite à gauche sur son torse à chacun de ses pas.

Cet objet était vraiment stupéfiant. J'avais bien sûr déjà vu par le passé de tels objets qui n'obéissaient qu'à un seul maître, mais leur conception singulière m'avais toujours fasciné. Sa flûte était également très belle. Quand je l'avais prise en main, elle m'avait semblé tellement légère et fragile que j'avais eu peur de la briser à tout instant. J'étais encore en train de l'observer lorsque Anéon me remarqua et cessa de lancer son jouet qu'il jeta sur le sol poussiéreux en s'arrêtant de marcher.

  • Qu'est ce qu'il y a ?
  • Rien, lui répondis-je distraitement.

Je n'avais toujours pas détourné mon regard, aussi Anéon suivit mes yeux et comprit que je scrutais sa flûte. Il me fixa alors d'un air méfiant. Je le rassurais rapidement en lui disant :

  • Ne t'en fait pas, si c'est ce que tu penses, je n'ai pas l'intention de te voler ta flûte. J'ai compris qu'il n'y a que toi pour l'utiliser. En plus, finissais-je en souriant, je t'ai dit que tu pouvais venir et je ne reviendrais pas là-dessus.

Il me dévisagea quelques secondes de ses yeux qui avaient pris une teinte aigue-marine, comme s'il essayait de me sonder pour voir si je ne lui mentait pas, puis il se détendit.

  • D'accord. Je te crois.
  • Et puis, rajoutais-je, je préfère encore t'avoir à l'œil. Surtout que tu n'as pas l'air de vouloir partir.
  • Gagné ! s'esclaffa-t-il en croisant ses bras derrière sa tête et en reprenant la marche.

D'ailleur, maintenant que j'y pensais, je n'avais toujours pas compris comment il avait fait pour me retrouver alors que plusieurs heures s'étaient écoulés lors de notre brève séparation. Et encore moins lorsqu'il s'était présenté sous la forme d'un énorme loup lumineux. Je savais que les Résidents se voyaient offrir des pouvoirs propres aux fées, mais la métamorphose était d'un tout autre niveau. Ce n'était pas tout. J'étais presque sûre que ce masque y était pour quelque chose. Afin de recouvrer son apparence, le garçon l'avait retiré. Il allait falloir que je le lui demande. Mais pas maintenant, j'avais d'autres choses à faire.

Je repris donc le compte de mes économies en dénouant le fil de ma bourse dans la paume de ma main. Un amas de rouge, de doré et une petite touche de bleu s'agglutina en un tas relativement petit. Il ne me restait plus que six gemmes rouges, une bleue et une vingtaine de drachme d'or. Au total, je possédais 560 argós*. C'était assez peu, surtout pour une aussi grosse entreprise que la nôtre. C'était l'une des raisons pour laquelle j'avais tenu à emmener le sac d'armes rouillées, mais je ne pouvais guère espérer que d'y vendre pour quelques pièces. Il fallait se refaire le plein de monnaie, mais comment ? J'étais encore tiraillée par ce problème lorsque Anéon m'interpella au loin, me disant de me dépêcher. Je refermais ma bourse et le rattrapais en courant. J'étais si lente que ça ?

  • Pardon ! Je vérifiais seulement combien il me restait encore d'argós, m'excusais-je en reprenant mon souffle.
  • Ah ? Et combien alors ? s'informa-t-il d'un air inquiet.
  • Bah... À peine 560, avouais-je piteusement en malmenant l'une de mes mèches brunes.
  • Hein ?! s'exclama Titania qui choisit ce moment pour sortir du sac d'Anéon qui le portait en bandoulière par-dessus le sac d'armes. Mais tu es bien une princesse, non ?
  • Ben, disons que j'étais un peu pressée lorsque je suis partie, lui répondis-je en serrant les dents.

Elle en avait de bonnes ! Des assassins s'apprêtaient à venir pour moi, et j'avoue m'être un peu dépêchée. Donc, prendre un peu plus d'argent n'avait pas vraiment été l'une de mes priorités. Un peu penaude, la fée affichait un air hésitant. Qu'avais-je encore dit ?

  • Je ne crois pas que ce soit ce que Titania voulait dire, m'expliqua Anéon en grattant nerveusement ses cheveux blonds qui s'ébourifèrent davantage. Et puis, pourquoi te préoccuper de tes économies ? Tu es une princesse et une Protégée. En tant que telle, tu pourrais demander ce que tu as besoin aux habitants.
  • Sûrement pas ! m'écriais-je, à la fois paniquée et agacée par le préjugé bien qu'il fusse un peu vrai. Ça ne se fait pas d'utiliser un titre pour s'approprier le bien d'autrui. Les gens travaillent dur pour récolter de l'argent. De plus, nul ne doit connaître mon identité, c'est trop risqué.
  • Pourquoi ? me demandèrent-ils de concert.
  • Eh bien, tout le monde pense que je me suis enfuie, dont mon père le roi. Seul Rolan et vous savez la vérité. Et puis, des soldats sont à ma recherche. Avec mes compagnons, nous ne leur avions échappé que de justesse lors de notre sortie du royaume et l'alerte a été donnée.

oOo

Point de vue d'Anéon :

Je comprenais mieux la présence assez étrange des soldats à Graroc ! Jamais il n'y en avait eu auparavant. Ils avaient sûrement été présent afin de retrouver Soraya. Je sentis l'anxiété m'étreindre en me remémorant mon passage avec elle inconsciente dans le village.

  • Soraya, crois-tu qu'ils ont affiché des portraits de toi ?
  • Je pense, oui.
  • Alors nous devrions nous hâter, la pressais-je, de rejoindre ton village. Certains habitants de Graroc, dont un certain Nathan pensais-je avec une grimace, t'ont déjà vu. On a donc intérêt à ne pas trop s'attarder ici. Surtout sur ce chemin, complétais-je en voyant venir au loin d'autres marcheurs.

Soraya blêmit un peu en m'entendant, mais elle ne discuta pas et nous marchions alors au pas de course. Suivant mon conseil, nous nous écartâmes du chemin pour marcher sur l'herbe de la prairie. Heureusement, Titania savait très précisément où se trouvait les points cardinaux, à la manière des oiseaux qui s'orientaient d'instinct, et passa alors devant pour nous indiquer la bonne direction à prendre. Bien qu'une très grosse journée de marche nous séparaient de Graroc, savoir les soldats si près n'étaient guère rassurant. Il faudra donc penser aussi à prendre des montures quand nous arriverons au village. En espérant que des soldats ne s'y trouvaient pas. Et de quoi camoufler le visage de Soraya s'ils avaient avertis les habitants.

* argόs : monnaie du livre
* lieue : unité de mesure de ce monde = une lieue vaut 4 km.

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