Raisons (2)

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Point de vue d'Anéon :

Je n'arrivais pas à y croire : Soraya était une princesse ! Moi qui pensais qu'elle en était une par son caractère, j'avais touché dans le mille. Je me tournais vers Titania, qui ne pipait pas un seul mot. Enfin, je pouvais deviner que sa surprise devait être l'équivalent de la mienne.
L'histoire de Soraya tenait la route. Puisqu'elle était une princesse, la tentative d'assassinat était logique. En plus, elle était une Protégée. Mieux : elle était la Protégée de Lyrhana, la Divinité Mère du monde. C'était la première fois que j'en rencontrais depuis que je suis né. Mais il y a un point que je ne comprenais toujours pas : pourquoi devait-elle absolument se rendre en Yggdrasil ? Si cela ne tenait qu'à moi, je lui aurait dit comment s'y rendre au vu de la menace de mort qui planait au-dessus d'elle, mais le Peuple Caché m'a reccueilli alors que j'étais seul et dans une situation désespérée. Je ne pouvais pas prendre cette décision à la légère.

Titania, qu'en penses-tu ? Ça à l'air plutôt grave cette histoire. En plus, ces assassins étranges que nous a décrit Soraya m'inquiète un peu, interrogeais-je Titania, souhaitant connaître son avis.

C'est... commença-t-elle ( devant mon agacement sur son manque de contrôle sur ses pensées, elle pensa moins fort ) C'est un peu compliqué. D'une certaine façon, je pense comme toi, les assassins qui en veulent à Soraya n'ont pas l'air normaux. Et on ne peut pas douter de ce qu'elle nous a raconté, la marque qu'elle nous a montré est une preuve de sa franchise. Cependant, cette raison n'est pas suffisante. De plus, je suis curieuse. Quel était le premier rêve qu'elle a fait ?

  • Soraya, dis moi. Le premier rêve que tu as fait, était-ce une prémonition ? demandais-je à la jeune fille, moi aussi très curieux.

Soraya garda le silence devant ma question, évitant de me regarder en face. Elle semblait tourmentée. Qu'avait-elle donc à cacher ? Je poursuivis, sentant que ce qu'elle avait vu ou entendu devait être relativement grave pour qu'elle soit effrayée de nous en parler :

  • Soraya, fais nous confiance. Si tu veux que nous te disions comment aller jusqu'à l'Arbre Monde, il faut au moins que nous sachions si ça en vaut la peine.

La princesse me regarda, perdue. Puis, elle inspira longuement et soupira. Elle semblait avoir fait son choix, et elle le regrettait.

  • ... Je n'en sais rien moi-même Anéon. Mais... lors de mon premier rêve, je me suis vue dans mon royaume, entourée d'une foule de gens. Puis, sans prévenir, une nuit noire s'est abattue sur nous. J'ai entendu des cris de peur, et d'autres qui ne ressemblaient en rien à ceux des créatures de ce monde. Ils étaient effrayant. Les habitants disparaissaient peu à peu dans l'obscurité qui s'avançait vers nous. Finalement, il ne resta plus que moi. Le sol s'effaça sous mes pieds et je me suis mis à chuter. Pourtant, jamais je n'ai rencontré le sol. Je ne sais pas si je tombais réellement. Vint un moment où j'ai senti une présence. Elle était oppressante, empli de colère et de haine. Sa voix était étrange : ni celle d'une femme, ni celle d'un homme, mais les deux à la fois. Elle m'a annoncé son retour, que nous tous, mortels et immortels, devions craindre d'elle sa colère et la noirceur d'un sort pire que la mort, nous annonça-t-elle, serrant ses habits jusqu'à ce que ses doigts devinrent blême.

>> Cette phrase n'a cessé de me harceler, jusqu'à ce qu'une autre présence apparaîsse. Contrairement à l'autre, elle était douce et chaude. Je ne la voyais pas, mais elle apaisa la tension qui émanait de cet être. C'était Lyrhana : elle m'est apparue en un halo de lumière, son visage était calme et ne reflétait pas son âge, comme lorsqu'on la décrit. Elle portait sur son front la même marque, et j'ai senti la mienne réagir en m'envoyant des ondes de chaleur. Quant la présence qui me tyranisait disparut entièrement, elle prononça ces phrases : Va au Nord... Trouve la clé du Grand Arbre... Là-bas se trouve le salut du monde, conclut-elle. C'est tout ce que je sais.

Bon. Au moins, ça avait le mérite d'être clair. Je repris donc, en simplifiant ce qu'elle nous a apprit pour être sûr, les entrailles nouées :

  • A...Alors, si je comprend bien, Lyrhana t'a envoyée une mise en garde sur une possible fin du monde, et c'est à cause de ça que des assassins sont à tes trousses... assassins qui n'ont pas l'air d'être des humains.
  • On pense, oui, me confirma Soraya, qui souria tristement.

Un peu dépassé par ce que je venais d'entendre, je ramenai mes genoux vers moi et y posai ma tête, essayant de remettre de l'ordre dans mes idées. Il y avait beaucoup à digérer, et ce que venait de dire Soraya était particulièrement dur à encaisser. Je vis Titania se poser sur une fleur jaune, et je remarquais que sa lueur avait quelque peu faiblit et son regard éteint. Elle murmura très distinctement :

  • Oh mes dieux, dites moi que c'est une simple plaisanterie. Comme celles dont les humains raffolent.

Je n'étais pas mieux qu'elle, mais je me redressai rapidement, étirant mes bras afin de me détendre un peu, ce qui marcha. La tension sur mes épaules me quitta instantanément. J'attirais l'attention de Rolan et de Soraya, surpris par ma réaction. Je leur souriai donc et leur dis :

  • Bon, si je simplifie, nous sommes très clairement dans une situation d'urgence à l'état maximal. Qu'en penses-tu Titania ?
  • J'espère seulement que ce ne sont que des mensonges parce que sinon, là oui, c'est très grave, me répondit Titania d'une voix sourde.

Mon sourire s'aggrandit davantage et je déclarais d'une voix forte :

  • Si c'est ça, alors je propose que nous accompagnions Soraya jusqu'à Yggdrasil !
  • Mais... Mais... et la loi ? hésita Titania.
  • Tu l'as dit toi même : ce que nous venons d'entendre est très grave, surtout si Lyrhana en a fait part. Nous ne devons pas prendre les paroles d'un Protégé à la légère. Alors, continuais-je en regardant Soraya qui avait l'air de ne pas en revenir, tu peux compter sur nous : nous venons avec toi.
  • Anéon ! cria-t-elle, retrouvant d'un seul coup toute son énergie. Nous en avons déjà discuté, c'est trop dangereux !
  • Maintenant que l'on sait pour ta vision, je ne crois pas que ces assassins, quels qui soient, nous laisserons en paix, Titania et moi, lui annonçais-je en la regardant d'un air blasé.

Là, Soraya ne trouva rien à redire, mais son regard était déterminé. Pour l'achever, je lui dis alors :

  • En plus, si tu ne nous emmènes pas, jamais tu ne parviendras jusqu'à Yggdrasil. Tu ne possèdes pas la clé y menant, clamais-je en ressortant ma flûte.
  • Et pourquoi tu me montres ton instrument de musique ? me questionna-t-elle en haussant un sourcil, examinant ma flûte.
  • Ce n'est pas n'importe quelle flûte. Elle a été faite tout comme mon masque dans le bois même de l'Arbre Monde. Elle a des vertus magiques et se trouve être une des clé confiées aux anciens résidents pour qu'ils reviennent dans le Royaume du Peuple Caché. Seul moi peut l'utiliser car elle a été sensibilisée à mon Aura et à elle seule. Essaye de souffler pour voir, la défiais-je en la lui tendant.

Soraya regarda d'un air circonspect ma flûte, puis elle la prit en passant rapidement sa main sur le bec et souffla dedans. Aucun air n'en ressortit, si ce n'est le bruit de son souffle. Elle retira le bec de sa bouche, surprise. Puis, avec plus de puissance, elle recommença, et encore, et encore. Ses joues commencèrent à prendre une teinte rougeâtre au fil des essais. Finalement, elle passa la flûte à Rolan, et le résultat fut le même : tous deux se retrouvèrent essouflés. Amusé, je leur repris donc la flûte et ne fit que la note do. Cette fois, la flûte obéit, puis j'enchaînais l'air d'une petite berceuse. Je m'arrêtais rapidement, regardant à nouveau Soraya. Son visage reflétait sa perplexité. Elle mordilla l'un de ses ongles, sûrement en proie à un conflit intérieur. Rolan me dévisageait également de la même manière, mais il ne se contenta que de presser l'épaule de la princesse qui arrêta de brutaliser son ongle.

  • Vous devriez accepter qu'il vous accompagne. Le gamin se débrouille bien contre les gobelins et, comme vous l'avez dit, il n'y a qu'eux qui savent comment se rendre à Yggdrasil. En plus, je crois que le message qu'il nous a fait passer avec sa flûte était clair, lui rappela-t-il en me faisant un léger clin d'œil.

Intérieurement, je remerciais l'homme de son soutien. Titania revint se poser sur mon épaule et, tout comme moi, elle attendit le verdict. Soraya passa une main sur son visage, râlant un peu ( pas très courtois pour une princesse ), puis elle lâcha avec amertume :

  • C'est bon, t'as gagné. Tu peux venir avec moi... avec ta fée, ajouta-t-elle devant les yeux de Titania qui lui lancèrent des éclairs quant elle omit de la préciser.

Je lui souris gentiment en l'entendant, retenant de rire devant sa tête. Titania allait être contente : nous avions une destination ! Yggdrasil, l'Arbre Monde du Royaume du Peuple Caché !

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