Voyage

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Point de vue de Soraya :

Je ne mis pas longtemps pour me réveiller rapidement. Affolée, je regardais tout autour de moi, et je sentis l'appréhension me gagner lorsque je ne vis pas Anéon. Rolan, qui était réveillé, me demanda en me voyant si agitée :

  • Dame Soraya, que cherchez-vous avec autant de ferveur ?
  • Ah, capitaine ! Savez-vous où se trouve Anéon ? lui dis-je, espérant qu'il le sache.
  • Eh bien... Je l'ai vu partir il y a peu. Pourquoi ? s'étonna-t-il, ne comprenant pas.
  • Je crois qu'il pourrait savoir comment me rendre au Grand Arbre, lui répondis-je, pressée de me mettre à sa recherche.

En m'entendant prononcer ces mots, Rolan fronça les sourcils, le visage sombre.

  • Est-ce vraiment résonnable que vous poursuiviez le voyage seule, princesse ? Il est vrai que revenir au château est risqué pour vous, mais sans escorte...
  • Pas d'inquiétude, je m'en sortirais, le rassurais-je, même s'il ne semblait pas convaincu. En attendant, pourriez-vous m'indiquer la direction qu'il a prise ?
  • Je vais faire bien mieux que ça, je vous accompagne le temps de le rattraper, s'exclama-t-il en se relevant et en attrapant un sac qui se mit à cliqueter.

J'allais protester, lorsqu'il m'en empêcha en déclarant :

  • Il est parti vers le chemin de terre, au nord-ouest, m'apprit-il en pointant du doigt la direction. Là-bas, je croiserais probablement quelque charrettier qui acceptera bien d'emmener un soldat blessé vers une ville.
  • Capitaine... commençais-je, la gorge serrée.
  • Allons, allons. Ce qui est arrivé n'est en rien votre faute, me souria-t-il, posant sa grosse main sur ma tête en caressant mes cheveux. Si vous n'étiez pas revenue me chercher, je ne sais ce qui me serait arrivé à cette heure. En tout cas, rien qui ne soit joyeux. Vos parents seraient fiers en apprenant votre vaillance.

Je sentis quelques larmes montés dans mes yeux, mais je réussi à les contenir. Ce n'était pas le moment de me laisser aller. Il fallait à tout prix que je retrouve le jeune garçon. Sans plus tarder, nous nous mîmes en route.

oOo

Point de vue d'Anéon :

Je marchais à un rythme régulier dans un chemin où je ne voyais pas la moindre touffe d'herbe, mais des traces de roues, m'amusant à faire tourner ma bourse médicinale accroché à mon doigt. Titania, posée sur mes cheveux, s'entraînait à faire des tresses avec mes mèches. Parfois, elle tirait un peu fort, m'arrachant un petit cri de protestation. Il m'était difficile à ces moments de ne pas porter ma main vers ma tête par réflexe.

Je pensais parfois à Soraya et Rolan, déçu de ne pas avoir pu voyager à leurs côtés.

Enfin, c'est comme ça, me dis-je. Il n'empêche que j'aurais bien voulu connaître davantage la jeune fille.

Cette dernière me rappelait tellement ma grande sœur : elle possédait la même voix, le même caractère, les mêmes yeux déterminés et têtus...

Jamais avant de rencontrer Soraya je ne m'étais rendu compte à quel point elle me manquait, surtout lorsque je faisais tout pour oublier. En repensant à elle, je sentis mon cœur se serrer dans ma poitrine et retrouvais la même douleur, aussi fraîche qu'au premier jour. Afin de me détendre, je repris ma chère flûte et me mis à chanter un air. L'effet fut immédiat : je me sentis bien mieux. Je restais longtemps à siffler l'air, jusqu'à ce que Titania m'interpelle en se penchant vers mes yeux. Je m'interrompis afin de l'écouter, sans pour autant ôter le bec de ma bouche :

  • Anéon, puisqu'on part seuls finalement...
  • Hummm ? fis-je, un peu agacé qu'elle me rappelle que nous voyagions sans personne.
  • Où est-ce qu'on va ? Tu as un itinéraire, pas vrai ? me demanda-t-elle.

J'étais tellement pris au dépourvu que je m'arrêtais brusquement, et failli ainsi faire perdre l'équilibre à Titania. J'en savais strictement rien ! Le pire, c'est que je n'avais aucune carte pour m'orienter ! Impossible donc de savoir où je me dirigeais là, tout de suite. Un peu gêné, je ne lui répondis pas. Cependant, je compris que Titania avait deviné que je n'en savais rien puisqu'elle s'allongea en râlant, me traitant d'écervelé. Je sais que j'aurais du demander à Rolan la ville la plus proche avant de partir puisqu'il était réveillé. Mais à cause de la dispute que j'avais eu avec Soraya sur le fait de ma présence, j'avais préféré partir au plus vite.

Je relevais légèrement ma tête, prenant garde à ne pas faire tomber Titania afin de voir où se trouvait le soleil. Mes mains en visière, je calculais rapidement l'heure qu'il était en fonction de sa position. Il n'était pas encore tout à fait au zénith, donc il devait être à peu près onze heure. Enfin, autant faire quelque chose en attendant de prendre une décision.

  • Titania, je sais qu'il n'est pas encore l'heure, mais on peut manger, déclarais-je en tâchant d'être enthousiaste.
  • D'accord ! s'exclama-t-elle, se posant sur mon épaule en pétillant littéralement de milles couleurs.

Ricannant en la voyant si impatiente, je m'asseyais sur un rocher que j'aperçu non loin. Je lui sortis par la suite une grosse baie violette et gorgée de jus, tandis que je prenais un morceau de viande salée où je m'ajoutais quelques noisettes. Nous mangions alors notre repas dans la bonne humeur, oubliant quelques instants notre problème d'itinéraire. Je croquais dans une noisette un peu coriace lorsque je m'interrompis, à l'affût. J'avais cru entendre mon nom. Je tournais ma tête, essayant de voir si quelqu'un venait à ma rencontre. Quelques secondes passèrent sans que je n'entendis rien.

  • Qu'est-ce qui t'arrive Anéon ? me dit Titania, un peu dubitative par mon comportement, le visage teinté de traces violettes.

En toute réponse, j'haussais les épaules, reprenant mon repas. Sûrement mon imagination.

  • ANÉON, OÙ ES-TU ??? surpris-je à nouveau de justesse.

Cette fois, je me relevais, aux aguets, sur cette fois de ne pas avoir rêvé. Titania, qui avait également entendu l'appel, s'envola un peu au-dessus de moi, en alerte. La surprise que je lus sur son visage quand elle revint quelques secondes m'intrigua quelque peu.

  • Alors, tu as pu voir qui m'a appelé ? me renseignais-je, sachant qu'elle avait des yeux lui permettant de voir loin.
  • Heu... oui. En fait, c'est Soraya et Rolan, m'apprit-elle, un peu perplexe.
  • Quoi ? m'étonnais-je, pris au dépourvu.

Pourquoi essayaient-ils de me retrouver, vu que Soraya ne souhaitait visiblement pas que je me mêle à ses... problèmes. Curieux de savoir pourquoi ils me cherchaient, je courus à leur rencontre, Titania à mes talons. Rapidement, je vis au loin deux formes mouvantes, qui se précisèrent au fur et à mesure que je m'approchais. C'était bien eux ! J'hurlais alors leurs noms, ce qui les fit se dépêcher. Nous nous retrouvâmes finalement. Soraya, et surtout Rolan, paraîssaient complétement épuisés par leur marche. Heureux de les retrouver, mais voulant connaître la raison de leur venue, je les questionnais sans plus attendre :

  • Soraya, Rolan ! Pourquoi m'avez-vous rattrapé ?
  • Anéon ! me répondit Soraya, m'aggripant fermement aux épaules, les yeux brillants. Dis-moi, sais-tu comment nous rendre au Grand Arbre ?
  • Comment ? l'interrogeais-je à nouveau en penchant la tête sur le côté, pas sûr d'avoir très bien compris vu qu'elle respirait bruyamment en même temps qu'elle parlait.
  • L'Arbre Monde... Yggdrasil. Sais-tu comment y parvenir ? précisa-t-elle, resserant sa prise.

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