Rêve

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Point de vue de Soraya :

J'avais mal. Tout mon corps me faisait souffrir, surtout mon dos qui collait étrangement à mon habit. Une douleur lancinante qui me martelait à chaque battement de cœur, chaque respirations, chaque mouvements. Pourtant, ce n'était pas ce qui me faisait le plus mal. Je ne cessais de pleurer toutes les larmes de mon corps, ma poitrine se convulsant tant je me sentais seule, triste, désolée et perdue. Pourquoi ? Je ne savais pas. D'ailleurs, où étais-je ? Mes yeux, brouillés par le flot de larmes continu, et mes bras ne cessant de les essuyer ainsi que l'étrange brouillard qui m'entourait ne me permettaient de le savoir précisément. Je ne pouvais voir que le sol recouvert d'un épais manteau de neige, ainsi que le tronc de quelques arbres. J'avais très froid. J'étais si faible.

Au fond de moi, je savais bien que je devais cesser de continuer plus loin. Que si je poursuivais ma route, je finirais par mourir. Pourtant, je ne pouvais contrôler mon corps. J'étais comme étrangère à lui. Il bougeait seul. Je n'étais qu'une conscience qui subissait ce qu'il s'obligeait à supporter. Je marchais longtemps ainsi, trébuchant à certains moments contre une racine, ou butant sur une pierre. Je me relevais pourtant sans cesse. Je ressentais en moi un autre sentiment. Comme si je cherchais à m'éloigner de quelque chose... ou de quelqu'un ? Je l'ignorais. Soudain, je me sentis partir en avant. Avec horreur, je compris que je tombais dans le vide. Je me mis à dévaler une pente, chaque impact plus douloureux que le précédent. Heureusement, elle finit par redevenir plate, et je la terminais en me laissant glisser sur le côté. Hormis quelques zones douloureuses, j'allais bien. Enfin... dans la mesure du possible. Je savais que je pouvais poursuivre mon étrange marche. Cependant, je restais couchée au sol, regardant le vide devant moi.

Pourquoi ? Pourquoi ce corps refusait de m'obéir. J'eus beau y mettre toute ma volonté, rien y fit. Je demeurais dans cette posture, sans bouger. Le froid engourdissait peu à peu mes membres et mon esprit. J'avais de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts. Je commençais à m'affoler : allais-je mourir ? Et ce corps qui refuse toujours de m'écouter ! Comme s'il attendait que la mort l'emporte, ce qui n'était pas mon cas ! Comment faire pour reprendre le contrôle ?

Tandis que je me démenais à trouver une solution, le brouillard se mit à disparaître, laissant apparaître devant moi une ombre humanoïde. Peu à peu, ses traits se précisèrent et, sous mes yeux ébahis, une magnifique femme apparu. Un voile tombait depuis son dos, ses longs cheveux argentés dévalant telle une cascade sur ses épaules suivaient ses pas. Ses oreilles attirèrent mon attention, longues et effilées ornées d'une magnifique paire de boucles d'oreilles en or et en argent. Son front était entouré d'une couronne de laurier. Ses beaux yeux dorés se posèrent sur moi, emplis de tristesse. Une fois près de moi, elle s'agenouilla et caressa mes cheveux. Sur le coup, je sentis mes muscles se crisper, avant de me détendre. Elle continua ainsi quelques instants avant de me murmurer :

  • Pourquoi es-tu venu seul ainsi mon enfant, le cœur emplit de remord et de tristesse ?

Si seulement je pouvais répondre que je ne savais pas non plus. Pourtant, je sentis ma gorge déglutir et, surprise, je m'entendis lui répondre, mais d'une autre voix :

  • Cela ne vous regarde pas. Laissez moi, lui dit-elle, faiblement, toussotant légèrement. J'eu l'horrible sensation qu'en toussant, des gouttes de sang s'éparpillèrent sur la neige.
  • Et pourquoi devrais-je faire cela ? Je ne pense pas que tu ais les idées claires. Viens avec moi dans mon palais. Tu y seras guéri et nourri.

Je me sentis ( ou plutôt celui que j'habitais ) ouvrir de nouveau la bouche pour probablement protester, lorsque la femme devant moi l'en arrêta d'un geste :

  • Je ne peux te laisser mourir à la frontière de mon royaume. Pardonne moi.

Elle approcha alors une main sur mon front et, alors, ce fut comme si l'énergie de ce corps me fut retiré. Amorphe, je ne pus qu'observer la femme prononcer un étrange mot, et un magnifique cerf blanc apparu devant elle sous un amas de lumière. Majestueux, d'un pelage complétement immaculé et aux bois noirs comme l'ébène. Je le vis incliner sa tête devant elle puis il s'accroupit. Un autre individu, un étrange homme de pierre avec de la mousse lui servant de chevelure et de barbe, armé d'un pic, immergea depuis le sol, le visage contrarié. Il s'inclina cependant à son tour, puis prit la parole :

  • Majesté, vous ne comptez tout de même pas autoriser ce jeune garçon ( Comment ça, " jeune garçon " ? ) à pénétrer en Yggdrasil ? Ce serait pur folie !
  • Voyons Roc-Figé-Dans-La-Montagne. Ce pauvre humain était sur le point de se laisser mourir ici. Je ne pouvais l'accepter, surtout lors de ma ballade matinale.

Le dénomé Roc << nous >> toisa d'un air mauvais et méfiant, grommelant quelques mots incompréhensible. Par trois fois, il frappa le sol de son arme et alors, trois golems apparurent. Bien moins humains que ceux présent, ils utilisaient leurs poings comme appuis au sol. Si je le pouvais, je déglutirais volontier de peur. La femme, elle, n'eut qu'une moue un peu lasse.

  • Tu vas jusqu'à appeler des cogneurs pour un enfant.
  • Sauf votre respect, je sens une Aura phénomènale se déverser de lui, bien qu'elle s'atténue progressivement. Je ne fais que prendre quelques mesures pour m'assurer qu'il ne tentera rien, se justifia-t-il en nous désignant de son pic.
  • Soit. Mais je lui ai déjà mis un sceau en plus de lui avoir retiré son Mana. Il ne risque pas de vraiment être un quelconque danger, lui expliqua-t-elle dans un soupir.

En l'entendant prononcer ces mots, l'autre se mit à violemment protester :

  • Héééé ! Parlez pas de moi comme si je n'étais pas là ! Et puis, c'est quoi cette histoire de sceau ?!
  • Juste le temps, lui répondit la femme, de ta visite en notre beau pays.
  • Quoi ?! Mais puisque je viens de vous dire de me foutre la paix ! Vous êtes sourde ou quoi ?! hurla-t-il, tandis que j'étais littéralement figé par son audace et son inconscience.

L'homme de pierre nous fusilla du regard, serrant son pic sous la colère.

  • Insolent ! Est-ce ainsi que tu remercies Sa Majesté ?! Elle est assez compatissante pour te soigner, alors que tu n'es qu'un misérable humain ! Excuse-toi sans plus tarder, ou alors j'abrégerais séance tenante ta pitoyable vie ! gronda-t-il, s'avançant d'un pas menaçant.
  • Peuh ! Ne te gêne surtout pas, nargua le garçon en se relevant légèrement malgré la difficulté apparente.

À ses paroles, les crevasses qui couturaient les membres de Roc se mirent à rougir comme de la braise. Il releva rapidement son pic dans un rictus de haine lorsque, soudain, la voix de la femme retentit, bourdonnant de puissance et de colère qui du s'entendre dans toute la contrée.

  • ASSEZ ! JE NE TOLÉRERAIS PAS CE GENRE D'ATTITUDE PLUS LONGTEMPS DE VOTRE PART À TOUS LES DEUX ! tonna-t-elle.

Les golems et le cerf reculèrent devant elle, tandis que Roc se reprit rapidement, repliant un bras sur sa poitrine tout en abaissant sa tête en signe de soumission.

  • Pardonnez moi Majesté. Je me suis emporté. Je m'en vais prévenir les habitants de votre retour... en sa compagnie, abdigua-t-il tout en nous glissant un regard noir.

La reine se calma puis se tourna à nouveau vers le cerf qui se rapprocha à nouveau, timidement.

  • Pardonne moi. Pourrais-tu transporter notre cher invité s'il te plaît ? lui demanda-t-elle d'un doux sourire.

Le cerf agita ses deux oreilles, tandis qu'il s'agenouilla de nouveau en regardant Roc qui, après un dernier grognement, disparu sous terre. Je sentis le corps de ce fameux garçon se mettre à flotter dans les airs, se couchant alors sur le dos de l'animal qui se releva sans attendre et se mit en marche, suivant sa souveraine, accompagnée des golems. Nous nous mîmes alors en route à travers bois qui, étonnament, possédait des arbres qui se ressemblaient tous. Parfois, j'eus même l'impression de passer devant des mirages reflétant une copie. Une vague impression de flou difficile à discerner qui s'attardait sur les objets en question. Comme s'ils étaient destinés à leurrer ceux qui venaient. L'autre devait sûrement l'avoir remarquer, puisqu'il posa la question qui me trottait à l'esprit, ce à quoi la reine lui répondit :

  • Tu as l'œil dis moi. Aucun humain hormis toi et quelques autres ne l'avaient remarqué auparavant. Effectivement, nous ne pouvons nous permettre de laisser notre royaume à la vue de tous. Aussi, nous dressons une << frontière >> dans ce monde afin de créer une distorsion de l'espace. C'est grâce au dieu gardien de l'espace Diryon que cela nous ait possible. Il créea au début du monde ce lieu pour se cacher suite à sa fuite lors d'une chasse face à un monstre qui le pourchassa des décénies après l'avoir blessé. Ainsi, ceux ne connaissant pas le bon chemin à emprunter sont condamnés à errer sans jamais trouver le chemin y menant ni celui permettant d'en sortir en ayant pénétrer la forêt. Ce qui arriva à ce monstre qui mourrut d'épuisement sans jamais l'avoir retrouvé.
  • Je vois. Impressionnant, lâcha le garçon, sûrement très épaté, moi la première.

Finalement, près d'une heure plus tard, la forêt se dégagea progressivement et nous offrit un incroyable spectacle. Une magnifique plaine de cristaux bleus se dressaient juste en-dessous de nous, étincellant comme le ciel. Alors que nous contemplions cette merveille qui nous coupait littéralement le souffle, les deux guides et leurs gardes descendirent une pente qui nous fit pénétrer ce sanctuaire. Nous arrivâmes vite au centre, où les deux plus grands cristaux se rejoignaient en arc de cercle. Nous nous plaçâmes juste en-dessous et la reine, levant ses bras, se mit à irradier d'une intense lueur blanche. Son éclat était tel que le garçon ferma ses yeux de douleur. Lorsqu'il les rouvrit, la surprise fut telle que la force de se redresser lui revint. Devant nous, sous le regard amusé de la femme, un gigantesque arbre entouré d'eau se dressait, tellement grand que c'est à peine si l'on pouvait le voir entièrement. Pourtant, ce qui me marqua le plus, c'est en regardant son sommet. Ou plutôt ses sommets. Neufs feuillages le courronnaient. Mais oui ! Le motif de la flûte d'Anéon représentait en réalité...

  • Majesté, vous voilà enfin ! hurla un petit être ailé, vêtu d'une tunique de feuille rouge.
  • Nous nous inquiétions ! lui dit une autre, une robe de lilas la parant.

Surgit de nul part, une myriade d'êtres plus ou moins grands nous entoura, vieux ou jeune, humanoïdes ou non, certains tout joyeux de revoir leur reine, d'autres intrigués par notre présence. La reine répondit à leurs questions, les saluant à son tour. Enfin, elle se tourna vers nous, le visage radieux.

  • Bienvenu en Yggdrasil, l'Arbre Monde.


oOo

Dans un sursaut, je me réveillais, le nom de l'arbre me revenant. Yggdrasil... Le motif représentait sûrement l'arbre que je recherchais !

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