Compagnons

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Point de vue de Soraya :

Je serrais sous l'émotion la sacoche que j'avais emmené avec moi pour le voyage, et que j'avais perdu après m'être laissé traîner jusqu'au cours d'eau afin de nettoyer le sang qui s'échappait alors de ma blessure. Je l'y avais oublié, trop occupée à fuir lâchement. Je sentis un frôlement sur mon bras, me faisant tourner la tête vers Anéon, qui me fixait avec inquiétude. Je me repris, enfilant à nouveau ma sacoche où j'en ressorti ma dague personnelle que m'avait offerte Rosa à mon dernier anniversaire ( au cas où ), et je l'en remerciais. J'y vérifiais la présence de mon élixir de guérison, d'une carte du continent, et de bien d'autre. De nouveau, je me tournais vers Anéon, mais cette fois-ci en arborant un air plus froid et ferme.

  • Anéon, je te remercie de m'avoir aidé à venir jusqu'ici, mais il est temps pour nos chemins de se séparer. Nous étions d'accord là-dessus, n'est ce pas ? Tu m'accompagnais jusqu'à la plaine, et ensuite tu devais partir.
  • Mais... répliqua Anéon, je l'en arrêta d'un geste.
  • Il n'y a pas de << mais >> qui tienne. Tu as promis. Fin de la discussion.

Anéon ouvrit la bouche, mais la referma presque aussitôt, le visage contrarié.

  • Es-tu sûre d'aller mieux au moins ? Je te rappelle que tu es à peine guérie !
  • Use de ta Présence contre moi et vois par toi-même. Je te préviens que tu auras un peu de mal cette fois.

Il me défia du regard, et j'en fis de même. Je n'attendis pas longtemps avant de sentir qu'il usait de sa Présence contre moi. Cependant, les rôles étaient inversés. J'étais à nouveau en pleine forme, et la surprise que je vis l'espace d'une seconde sur son visage me confirma ce que je pensais. Mais je ne m'en réjouis que très peu de temps. Alors qu'il abandonnait, j'eus l'impression, ce qui me fis trembler intérieurement, que ses yeux s'assombrirent sous l'effet de sa colère, devenant bleu nuit. C'était... assez troublant.
Enfin, ça ne me resta pas bien longtemps dans la tête. J'avais déjà remarqué qu'Anéon était un peu différent.

Devant son attitude, je soupirais. J'appréciais énormément ce garçon, et je ne voulais pas que l'on se sépare sur une dispute. Je m'agenouillais donc devant lui afin d'être à sa hauteur, essayant alors plus gentiment :

  • Écoute, je ne veux pas que tu risques à nouveau ta vie. Ce qui se passe ne concerne que moi. Tu n'as pas à t'en mêler. En plus, je suis sûre que tu as de la famille, non ? Ils doivent être inquiets. Tu devrais les rejoindre, argumentais-je, convaincue qu'Anéon ne pouvait être seul et vivre dans une forêt aussi dangereuse.

Ce dernier ne me répondit pas, se contentant de me scruter intensément. La fée le rejoignit rapidement, il la regarda un bref instant avant de reporter à nouveau son attention sur moi. Une minute passa, au cours de laquelle ses yeux reprirent une teinte normale, et il hocha la tête. Une seule fois.

  • Très bien. Fais attention à toi, finit-il par dire, n'osant toutefois pas me regarder dans les yeux.

Heureuse, j'attrapais Anéon et le serra fort contre moi, à la fois soulagée qu'il daigne m'écouter, et triste de le voir probablement pour la dernière fois. D'abord crispé, il me rendit mon étreinte. Nous restâmes un moment ainsi, puis je le relâchais, n'osant plus à mon tour le regarder pour qu'il ne voit pas mes larmes qui commençaient à venir à mes yeux.

  • Bien. Au revoir Anéon... à toi aussi petite fée, les saluais-je, tournant mon dos et m'élançant dans la plaine.

Je fis quelques mètres, puis tourna une dernière fois ma tête. Anéon restait toujours sur ses positions, ne me quittant pas du regard de ses yeux bleus, sa fée à ses côtés. Après un dernier signe de main en essayant de sourire le plus honnêtement possible, puis je me dirigeais vers le lieu de l'attaque à bon pas, sans plus un regard en arrière.

oOo

Point de vue d'Anéon :

Je me hâtais de revenir à ma tente, mes poumons explosant suite à ma course effrénée sous le soleil de la mi-journée. Titania me suivait de près, volant à la même vitesse que me portais mes jambes. J'étais parvenu à revenir dans la forêt après avoir trouvé un passage beaucoup moins dangereux du cours d'eau, puis j'ai suivi la falaise et finit par trouver un chemin qui me ramena à la forêt.

Environ quatre heures après m'être séparé de Soraya et quelques pauses pour reprendre mon souffle, je revins chez moi. Il fallait dire que la journée, les monstres se tenaient tranquille et ne nous embêtaient presque jamais, la majorité d'entre eux étant des chasseurs nocturnes. Je rentrais rapidement, attrapa un sac de voyage et y mis toutes les affaires auxquels je tenais énormément ainsi que celles qui me seront utiles : deux sacs de couchage, quatre vêtements de rechange, ma canne à pêche que je démontais, un peu de viande séchée que j'avais au préalable salée et enveloppées dans des feuilles d'arbre, quelques drachmes d'or, d'argent et des gemmes que je mis dans une bourse que j'attachais à une ceinture que j'enfilais et où j'y plaçais mon poignard, une autre bourse avec des plantes médicinales et des baies. Je m'interrompis en voyant un portrait que je pris dans mes mains, sentant mon cœur se serrer sous la tristesse. Je l'emmenais également.

Mes deux dernières affaires furent une flûte à deux tuyaux sculptée dans du bois blanc que j'accrochais à mon cou grâce à un nerf de chevreuil, puis un masque de loup que j'attrapais de mes deux mains. Celui-ci avait également était fait dans du bois, mais des motifs l'ornaient, ainsi que de la fourrure sur chaque joue et l'arrière et trois gemmes blanches, deux l'une à côté de l'autre et une au sommet, formant ainsi un triangle. Je souris en le contemplant puis, sans perdre un instant, je l'enfilais. Un flux d'énergie, de fourmillement, de Mana et de sensations parcouru mon corps à l'instant même où le masque recouvrit la totalité de mon visage.

oOo

Point de vue de Soraya :

Mes larmes coulaient abondemment de mes joues, mes membres tremblaient comme les branches des arbres sous une tempête, et une sourde colère tordait mes entrailles. Là, devant moi, le corps d'un des soldats m'accompagnant gisait au sol dans une mare de sang séché, transpercé de toute part, le visage à jamais figé dans une expression de douleur. Plus loin, un deuxième homme, atteint au cœur par une flèche noire, les veines ressortant en noires sur sa peau pâle comme la mort. Un troisième, dont le corps était pourtant intact, était allongé dans un rictus qui reflétait ce qu'il avait vécu. La souffrance à l'état pure. Nul animal ne s'était approché d'eux, les laissant tels qu'ils furent au moment de leur mort. Toutes leurs blessures et leurs expressions étaient restés, et je crus perevoir dans ma propre chair et mon être le mal et la peur qu'ils durent ressentir.

  • Marc... Paul... Leon... Pardon. Pardon ! hurlais-je, pleurant ce qu'il restait de larmes dans mon corps.

Au fond de moi, j'avais gardé espoir que mes compagnons étaient toujours en vie. Peut-être faient prisonniers, mais toujours en vie. Je ne pouvais pas croire qu'ils étaient tous... tous ? Alors que mes larmes brouillaient ma vision, le souvenir du capitaine de la troupe m'aidant à fuir me revint, et une étincelle d'espoir s'alluma en moi. Peut-être n'était-il pas mort. Peut-être pouvais-je le sauver lui... au moins lui.

Priant Lyrhana pour le repos des âmes de mes chers compagnons, leur promettant des sépultures à mon retour et de punir ceux responsables de leur mort, je m'éloignais un peu de ce sinistre carnage et regarda les alentours, tout en écoutant les bruits des environs. D'abord, je ne pus distinguer que le bêlement lointain des mouflons, le hurlement d'un loup solitaire, et le chant des cigales à cause du crépuscule qui arrivait, ainsi que le hululement d'une chouette. Puis, après quelques minutes, je crus entendre un cri étouffé. Je me concentrais, puis l'entendis à nouveau. Il était plus loin, proche de la colline qui était devant moi, à plusieurs centaines de mètres. Plus je m'approchais, plus les cris devenaient précis, plus j'accélérais, les reconnaissant. C'était Rolan, le capitaine. Une odeur de feu de bois parvint à ses narines, et des rires étranges également. Je ralentis une fois près du sommet, m'allongea et avança grâce à mes bras.

Il y avait un campement, où un gobelin en casque entretenait le feu, tandis que trois autres s'amusaient à danser joyeusement en cercle autour de quelque chose. Quand je vis autour de quoi, je retins de justesse un hurlement de rage. C'était Rolan, dont le corps torse nu et le visage tourmenté avaient été fouettés jusqu'au sang.

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