La plaine

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Point de vue de Soraya :

Je parvins, malgré ma peur grandissante, à éloigner Anéon du bord de l'eau. Ensuite, je posais deux doigts sur son cou, tentant de trouver un pouls. Je soupirais de soulagement en le sentant sous mes doigts. Faible, irrégulier, mais bien présent. Il ne devait avoir cessé de respirer que depuis peu, sûrement à cause de l'eau qu'il avait avalé. Et il allait falloir que je l'aide à la retirer de son corps, pour ensuite le réveiller. C'était la première fois que je le faisais seule, mais la situation était trop grave, et c'était la seule chose que je savais à peu près faire. Je n'avais pas encore eu le loisir de pratiquer les méthodes habituelles. Heureusement, l'eau glacée me laissait du temps afin de me préparer. Je m'assis à genoux à ses côtés et y mit sa tête afin que l'eau s'écoule normalement lorsqu'elle ressortira, puis lui entrouvit sa bouche. Doucement mais fermement, je posais mes deux mains sur son thorax, fermant les yeux afin de me concentrer davantage... enfin, si la fée qui s'était approchée de moi entre temps cessait de bourdonner aussi bruyamment.

  • Peux-tu arrêter de voleter aussi près, s'il te plaît ? lui demandais-je, ignorant sa mine outrée.

Elle m'obéit cependant, et je laissais donc mon esprit se détendre.

Je me vidais de toutes pensées, ne me concentrant que sur mes cinq sens. Dans ma tête, il n'y avait plus que le parfum humide de la terre mouillée, le cœur d'Anéon qui battait encore, le mien, le bruit de ma respiration, celui des ailes de la fée, le vent glacé qui rafraichissait toujours plus mon corps, le bruit des vagues. Peu à peu, je pus entrer en état de transe. Plus les secondes passaient, plus je sentis autour de moi la sensation du Mana présent à proximité. Comme des milliards de filaments de chaleur qui s'unissaient entre eux pour former des courants plus ou moins important qui variaient. Je me concentrais sur ces filaments qui correspondaient à celle du cours d'eau, puis je la recherchais en Anéon. Les êtres vivants étant composés eux-même d'eau, la tâche s'avéra assez ardue. Mais je pus réussir à retrouver ces filaments de courant propre à l'eau où nous avions faillit périr noyés.

Je me retins de sourire de justesse, évitant ainsi de penser et, par conséquence, de briser mon état. Tout en ne perdant pas la présence du Mana de l'eau que je cherchais à extraire, je commençais alors à amplifier mon Aura et à la regrouper au niveau de ma main.

oOo

Point de vue de Titania :

Cette attente commençait à me rendre folle ! Lorsque j'avais vu Anéon tomber au sol, je m'étais dépêchée de le rejoindre. C'était lorsque j'avais compris qu'il avait du mal à respirer que j'avais paniqué pour de bon. Je n'étais ni assez grande pour pouvoir l'aider à mieux respirer, ni assez douée dans la manipulation de Mana pour retirer l'eau qui bloquait ses voies resiratoires. Tout ce que j'avais pu faire, c'était de le regarder perdre conscience, en ne faisant que pleurer et prier. Maintenant, je ne pouvais que regarder Soraya qui essayait de le sauver, en tant que simple spectatrice. Je me détestais tellement d'être aussi inutile.

Devant moi, la silhouette de Soraya s'enveloppa d'une fine pellicule blanche et bleue, tout comme quand Anéon usait de ses dons, bien que cela soit rare. Mais quelque chose d'étrange se produisit. Quelque chose que les humains, hormis une très rare poignée, ne parvenaient habituellement pas à faire. Grâce à mes yeux, je pouvais aisément voir les courants de Mana suspendus dans l'air et intégrés au sol déviés de leur lit et s'agglutiner autour d'elle. Le bras de Soraya fut enroulé par un fin ruban de filaments et plongea dans le corps d'Anéon.

Je n'en revenais pas.

oOo

Point de vue de Soraya :

Comme un aimant, j'attirais l'eau hors du corps d'Anéon, faisant glisser peu à peu ma main gauche de son thorax jusqu'à sa gorge, la remontant progressivement jusqu'à atterir jusqu'au dessus de sa bouche. Un timide filet d'eau en immergea, ondulant tout près de mes doigts. Je remontais lentement ma paume, mon front ruisselant de sueur sous l'effort que me procurait ma concentration. L'eau glacée remonta peu à peu, se condensant pour former une sphère transparente. Quand la dernière goutte d'eau s'échappa de la bouche d'Anéon, je relâchais l'attraction et l'eau tomba sur les galets. Je remis Anéon au sol, posa à nouveau mes deux mains sur lui, concentrant cette fois-ci mon Aura sur mes deux mains et, d'un coup, je la transmis à Anéon. Ce dernier se réveilla en se redressant brusquement, tout en reprenant fortement sa respiration en toussant.


oOo



Point de vue d'Anéon :

J'avais pu la ressentir même en étant inconscient. La sensation d'un regain d'énergie avait parcouru mon corps telle une vague déferlante, me permettant de recouvrer la force que j'avais perdu, ce qui m'avait permis de me réveiller. Lorsque je pus respirer à nouveau, j'éprouvais un incroyable plaisir, bien que ma tête me faisait un peu l'effet d'avoir attrapé une migraine.

  • Tu vas mieux Anéon ? me demanda l'adolescente, qui me regarda avec soulagement et fatigue.
  • Heu... Oui. Merci de m'avoir sauvé Soraya. J'avoue qu'après être sorti de l'eau, je me suis senti partir, commençais-je en parlant d'une voix faible, sachant que, sans elle, je ne serais sûrement plus ici.
  • Il n'y a pas de quoi. Si je suis à peu près ce qu'il s'est passé, malgré le fait que tu m'ais désobéi, m'expliqua-t-elle en me foudroyant une fraction de seconde du regard, ce qui me fis trembler de peur et déglutir, je te dois aussi la vie. Tu m'as été d'une grande aide. Tu aurais pu me laisser, mais tu ne l'as pas fait. Tu as ma reconnaissance la plus profonde, me remercia-t-elle, inclinant sa tête en avant.

Un peu gêné, je balbutiais en disant que ce n'était rien tout en me grattant l'arrière de ma tête. Soudain, fonçant sur moi à grande vitesse, Titania serra mon cou en pleurant. Sur le moment, je ne pus m'empêcher de lui rendre son câlin, trop heureux de la retrouver, jusqu'à ce que je me rende compte que Soraya nous observais. Et, à en juger la tête de la jeune fille qui nous regardais avec un drôle d'air, elle exigerait à tous les coups des explications. Mon estomac se tordit d'appréhension. Cependant, son expression changea et elle se releva, scrutant la légère montée derrière nous du regard.

  • Je reconnais cet endroit, murmura-t-elle de manière presque inaudible.

Perplexe, je la regardais s'éloigner un peu, regardant à ses pieds les galets devenant progressivement de la terre et de l'herbe quand elle commença à monter. Je la vis se pencher, puis ramasser quelque chose que je ne vis pas bien. Titania et moi nous regardâmes une seconde, puis je me relevais pour la rejoindre alors que Titania s'installa sur mon épaule tenant, comme à son habitude, une de mes mèches pour garder son équilibre. Alors que j'allais me pencher pour voir ce que tenais Soraya, ce qui se défila devant moi attira toute mon attention et me coupa le souffle.

Un paysage d'une grande étendue verdoyante imposante s'étalait devant nous, créant de part ses brins d'herbes des mouvements qui ondulaient comme des vaguelettes. Au loin l'on pouvait distinguer des troupeaux de mouflons sauvages qui se repaîssaient paisiblement, et le son d'un cors nous prévînmes de la présence de chasseurs. Pour moi qui n'étais jamais parti de la forêt depuis que j'avais quitté le Royaume du Peuple Caché et n'étais pas allé plus loin que le village, c'était impressionnant. Je vis du coin de l'œil Soraya qui observait ce paysage intensément, tout en serrant un sac en cuir, l'objet qui a dut attirer son attention.

  • C'est la plaine où nous nous sommes fait attaquer, déclara-t-elle, les yeux perdus dans ses souvenirs. Des souvenirs terrifiants.

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