Noyade

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Point de vue d'Anéon :

Je restais quelques secondes en apné, balloté par le courant. Titania, qui était ressortit au moment de ma chute, essayait tant bien que mal de me suivre, l'eau ne restreignant pas ses mouvements. Lorsque je sentis que je manquais d'air, je remontais le plus vite possible à la surface. Tel un membre du peuple de l'eau, je fusais jusqu'à mon but et emplis mes poumons de l'air frais. Je crachotais l'eau qui s'était introduite dans ma bouche et maintenais ma tête immergée, tout en me rapprochant d'un rocher qui jaillissait hors de l'eau, que je heurtais assez violemment. Le choc fut tel qu'il m'étourdit. Cependant, bien que mes doigts glissaient sur la surface du rocher, je pus me maintenir. Titania me rejoignit rapidemment, tandis que j'haletais et toussais, complétement épuisé.

  • Anéon, est-ce que ça va ? me demanda-t-elle, la mine inquiète.
  • Kof kof... Oui ça... kof... ça peut aller. Et toi ? l'interrogeais-je en retour.
  • Oui.
  • Tant mieux.

Je respirais encore un peu, réussissant à reprendre enfin une respiration moins laborieuse. Je laissais mon regard se perdre dans l'eau bouillonante, l'esprit encore un peu embrouillé. Puis, avec effroi, je me mis à chercher des yeux la tête de Soraya, que je n'avais pas aperçu depuis ma chute.

  • Titania, tu as vu Soraya ? paniquais-je, ne voyant aucune trace d'elle.
  • Pas depuis qu'on a sauté, non. J'espère qu'elle l'a fait, ou qu'elle sait nager au moins, me répondit-elle, cherchant également en volant au-dessus de l'eau.

Je réunis les forces qui me restais et montais sur le rocher, balayant du regard l'eau. Cependant, je ne vis absolument rien. Accablé, je hurlais son nom et mettais mes mains en porte-voix, bien que le tumulte de l'eau dominait tous les autres sons. Mon cœur se serra en ne l'apercevant toujours pas. Mais pourquoi avais-je eu cette idée stupide ! Je venais peut-être de la tuer ! Ce fut au moment où je commençais à songer à l'irrémédiable que Titania revint vers moi à toute allure.

  • Je viens de la voir un peu plus loin ! Elle nous a dépassé et est en train de se diriger vers les rapides ! m'informa-t-elle.
  • Compris ! lui répondis-je en plongeant à nouveau, me servant de la force du courant pour accélérer ma vitesse.

Après une nage assez chaotique, et un virage, je réussis à enfin apercevoir la chevelure brune de Soraya qui était en état de panique, ayant de plus en plus de mal à maintenir sa tête hors de l'eau. Mon cœur rata un battement lorsque je vis ce qui nous arrivait dessus. Des rochers, pour la plupart aux bords tranchants où l'eau se jetait avec fracas. Bien que la jeune fille essayait de rejoindre la terre ferme en se déplaçant perpendiculairement au courant, il me parut évident que la collision était inévitable. Aussi, je la rejoignis au plus vite. Après s'être retournée, je parvins à croiser son regard horrifié.

  • Anéon, va t'en ! Va t'en tout de suite ! parvins-je à comprendre malgré l'eau et le fait que les vagues m'immergeaient de plus en plus.

Je l'ignorais et, quelques brasses plus tard, j'arrivais à son niveau. Cependant, au même instant, je me fis aspirer dans un courant qui allait pour m'entrainer au fond de l'eau. Mais, presque aussitôt, je sentis que l'on m'attrapais à ma taille. Soraya m'aida à remonter et ne me lâcha plus. Je m'aggripais aussi à elle et, ensemble, nous essayâmes d'éviter au mieux les rochers. Pour la plupart, nous le pûmes, mais à d'autres, nous ne pouvions que subir les impacts. Avec nos os frigorifiés, la douleur était foudroyante. Je serrais les dents, tâchant de ne pas succomber à l'envie d'abandonner malgré ma fatigue et mes muscles stigmatisés.

  • Attention ! s'écria Soraya, me plaquant tout contre elle.

Il y eut un nouvel impact, beaucoup plus violent que les précédents, et Soraya se le prit de plein fouet au dos en essayant de me protéger. Sous l'impact, Soraya hurla de douleur, son cri dominant celui du tumulte d'eau. Alors je sentis la prise de la jeune fille se défaire, et il ne se fallut de peu pour qu'elle ne sombre dans l'obscurité. Désespéré, je fis tout mon possible pour la maintenir hors de l'eau, bien que je commençais moi aussi à faiblir. Nous étions en train de nous noyer ! Tout à coup, les pensées de Titania me parvinrent, me faisant grimacer tant elles étaient fortes.

Anéon, tiens bon ! Il y a une branche d'arbre mort pas très loin qui est dans l'eau ! Essaye de l'attraper pour te sortir de là !

D'accord. Je vais faire de mon mieux.

Avec peine, je pus apercevoir la fameuse branche qui allait nous sauver la vie si je parvenais à l'attraper. Je commençais à me débattre pour m'en approcher le plus possible. Soraya étant devenue un poids mort, c'était affreusement difficile, surtout que je veillais à la maintenir à l'air libre. Mais pour rien au monde je ne l'aurais lâchée. Peut-être qu'un autre n'aurait pas hésité, mais personnellement, je préférais encore mourir que l'abandonner. Ce fut juste, mais je pus atteindre avec ma main le bout de la branche. Je dus lutter contre le courant mais, petit à petit, et malgré le fait que je buvais la tasse et que mon souffle se coupa, je parvins à sentir des gravillons sous mes pieds. Enfin ! Mes jambes flageollaient lorsque je nous ramenais jusqu'au plancher des vaches. Puis, sans m'en rendre compte, je m'écroulais au sol, totalement à bout, mon cœur ralentissant progressivement. Je sombrais...

oOo

Point de vue de Soraya :

Je finis par me réveiller en vomissant de l'eau glacée en grande quantité, mes poumons et mon dos me faisant atrocement souffrir. Dans un râle, je roulais sur le dos, ma respiration saccadée et la vision trouble. Je sentis une forte envie de dormir s'emparer de moi. J'étais complétement frigorifiée. Alors que mes yeux se fermaient, je pus distinguer des cris de détresse. Je ne les reconnus pas néanmoins. En tournant légèrement ma tête, je pus voir un corps inerte à moitié dans l'eau, face contre sol. Au-dessus tournoyait un étrange petit être lumineux, qui répétait inlassablement les mêmes mots que je ne comprenais pas, mes oreilles bourdonant de manière désagréable. En recouvrant leur acuité, je me pétrifiais en l'entendant finalement :

  • Anéon ! Anéon ! Réveille-toi, je t'en supplie ! Ô Lyrhana, faite qu'il vive encore par pitié !

Cela suffit pour me relever, faisant se figer la petite fée qui me regarda les yeux emplis de larmes.

  • S'il te plaît Soraya, sauve le, me supplia-t-elle.

J'étais bien trop inquiète pour m'interroger sur sa présence ici, ni le fait qu'elle sache mon prénom. Rapidement, je retournais Anéon, dont la tête retomba sur le côté, les yeux clos. De l'eau gouttait depuis sa bouche. Je le secouais, essayant de le réveiller. Pris d'un affreux pressentiment, je me penchais afin d'entendre sa respiration. Que je ne perçus pas. Je me redressais, horrifiée.

Il ne respirait plus !

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________________________________________________________________________________________________________

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