Guérison

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Point de vue de Soraya :

Je n'en pouvais plus. C'était franchement agaçant. Cet enfant ne cessera-t-il donc jamais de me surveiller ? Depuis ma petite escapade, il ne s'absentait plus du cabanon, sans jamais cesser de m'observer. En plus, j'ai eu le droit aux remontrances du médecin pour le bazar que j'avais provoqué. Et le fait que je me retrouve sous la surveillance de... ce garçon, n'arrangeait pas mon humeur. Au début, j'étais assez touchée qu'il s'inquiète à mon sujet, moi, une parfaite inconnue. Cependant, il me laissait ainsi dans l'ignorance la plus totale sur le sort de mes compagnons de route. Même si cela me faisait enrager comme jamais auparavant, je n'osais cependant pas élever la voix et m'échapper alors qu'il était là.

Bon, c'était ce que j'avais fait au début quand j'avais compris qu'il ne changerait pas d'avis. Je m'étais un peu acharnée sur lui, et lui ne sait contenté que de me lancer parfois des coups d'œil blasés. Mais ce fut lorsque que j'ai finis par me lever à nouveau que j'ai compris que je l'avais agacé. En me parlant pour me résonner, il essayait de me maintenir couchée au lit tout en me menaçant d'employer la manière forte. Et je pouvais vous certifier qu'il en avait de la force, pouvant à peine me tenir aux coudes. Finalement, il finit par me fixer intensément de ces yeux bleus, et j'ai ressenti un malaise m'envahir. C'était semblable à la sensation de mon cauchemar, bien que beaucoup moins oppressante, mais cette fois-ci, je me sentis paralysée. Sur le coup, je fus assez surprise. Je ne m'attendais pas à ce qu'il puisse le faire, lui aussi.

Le garçon avait fini par se rasseoir à nouveau et, remontée, je projettais aussi ma Présence sur lui, tout en essayant de me dégager de cette oppression. Il s'agissait d'une technique qui consistait à étendre l'Aura qu'émanait notre corps grâce au Mana que nous accumulions en nous et de l'imposer sur l'Aura d'un autre être, ou l'utiliser pour accroître la nôtre. Moi qui, chez tous les autres, passait pour l'une des meilleurs et pour étendre, et pour bloquer, il ne s'était contenté que de baîller légèrement, et en me faisant en prime un léger sourire amusé.

  • Dommage pour toi, on dirait bien que cela ne m'a rien fait, m'avait-il dit d'une voix arrogante, me faisant pousser un petit cri indigné.

Jamais personne n'avait encore eut une réaction comme celle là devant moi, et à raison. J'ai eu beau m'acharner sur lui, rien à faire.

Enfin, il ferma ses yeux. J'avais cru tenir ma chance pour enfin sortir de là. Plusieurs minutes plus tard, remarquant que sa respiration était lente et calme, je posais à peine un pied qu'il ouvrit un œil. Exaspérée, je lui fis une grimace et me rallongeais, lui tournant volontairement le dos. Un silence particulièrement pesant s'installa entre nous.

Comment faire pour tromper sa vigilance, ou simplement le convaincre de me laisser partir ?, me demandais-je, en posant ma main sur ma blessure, grimaçant au contact de cette zone douloureuse, laissant couler au passage une petite larme sur le côté.

oOo

Point de vue d'Anéon :

En réalité, je ne dormais pas. Je réfléchissais. Soraya me faisait beaucoup de peine. Je regrettais un peu de l'avoir retenue, mais, bien que je ne la connaisse pas, je n'allais tout de même pas la laisser se jeter dans la gueule de l'un de ses monstres, blessée comme elle est ! Je m'en serais voulu toute ma vie. Mais ce qui était pire, c'était de l'empêcher de savoir si ses fameux amis étaient morts ou non, ce qui ne m'enchantais pas non plus.

Idiot, laisse là y aller et accompagne là ! rugit une voix à l'intérieur de ma tête que je ne connaissais que trop bien.

Titania ! Pense moins fort voyons, grondais-je en pensée, les yeux rivés sur la sacoche. Et puis, pourquoi me demandes-tu ça ?

Eh bien, seule, cette fille n'a aucune chance. Ensuite, on pourra avoir plus d'indices sur ce qui l'a attaquée. Et enfin, avec sa jambe comme ça, ce sera pour des mois. De plus, j'ai commencé à entendre des villageois se plaindre auprès d'Esteban de nous avoir accueillit. Il vaut mieux se hâter, m'informa-t-elle.

Tu ne veux quand même pas que je...

On n'a pas le temps ! Tu t'es mis dans cette galère, à toi d'en ressortir comme un grand. Je vais pas te tirer la main à chaque fois tout de même ! se plaignit-elle, rompant le lien télépathique.

Je soupirais. Lentement, je remontais la main vers mon visage, fixant ma paume. Je détestais vraiment faire appelle à ça...

Mais je me levais quand même et, moins de deux pas plus loin, je secouais l'épaule de Soraya. Elle ne me répondit pas, bien sûr, mais comme je ressentais parfaitement sa Présence, qui ressemblait à une vrai tempête, je parlais tout de suite :

  • Tu as gagné Soraya. Je veux bien te laisser voir ce que sont devenus tes compagnons de route. Mais... ajoutais-je devant le visage surprit de Soraya qui s'était relevé en m'entendant prononcer ces mots, ... mais, il y a un point sur lequel je ne céderais pas : je t'accompagne.
  • Pardon ? Mais ça va pas toi ? C'est pas un jeu ce que je fais, loin de là ! s'écria-t-elle, ses yeux furieux lançant des éclairs.

Plus fermement, en fronçant les sourcils et en croisant les bras, même si je savais que vu mon âge apparent, ma taille et ma voix cela n'aurait probablement aucune influence, je haussais le ton :

  • T'as pas le choix ! Sinon, sans moi, ta jambe ne guérira pas aussi rapidement, ( Je laissais quelques secondes passer, sentant nettement le reproche du chantage et l'hésitation de Soraya ), et puis, de toute façon, je dois partir, pas le choix. Et si c'est pour te rassurer, j'ai une arme et sais m'en servir !

Comme preuve, je sortis mon fameux poignard, et l'adolescente le dévisagea avec incrédulité, puis moi sans une seule émotion. Il se passa quelques instants jusqu'à ce qu'elle me réponde :

  • C'est d'accord, je veux bien. Mais je te préviens : tu me soignes, tu m'accompagnes jusqu'à la plaine et, ensuite, tu te caches le plus rapidement possible. Entendu ?
  • D'accord. Je te le promet...

Je le promet sur Lokhim, dieu du mensonge, pensais-je tout en croisant les doigts.

Soraya continua de me regarder quelques secondes, puis elle reporta son attention sur ses cheveux bruns afin de les attacher en queue de cheval. Pendant ce temps, je me rapprochais de sa jambe blessée, tendant ma main et concentrant le flux de Mana qui parcourait mon corps et celui qui m'entourait. Une douce sensation de chaud se créa sur le dessous de ma main, que je vis briller d'une couleur bleuâtre qui se répendait sur toute sa surface. Cette fois, Soraya me regardait avec attention, alternant ma main et sa blessure.

En douceur, je déposais ma main sur celle-ci, laissant dans les airs un court instant une ligne bleue, et je sentis les muscles transpercés s'unir à nouveau, le tendon déchiré se ressouder et la plaie se recouvra d'une toute nouvelle peau neuve. Cela ne me prit que quelques secondes et, à peine eus-je le temps de retirer ma main, Soraya déchira vivement le plâtre et examina son mollet neuf avec beaucoup d'intérêt. Je pus entendre de sa part murmurer, comme pour elle-même :

  • C'est un vrai miracle...

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Jérôme S.....
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