Je dois les aider !

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Point de vue de Soraya :

Depuis que l'inconnu que j'avais pu entendre à défaut de voir m'avait fait boire ce remède, il me fallait admettre les effets bénéfiques qui se manifestaient dans l'état général de mon corps. Je me réveillai à peine, et c'était une joie de découvrir que ma jambe qui me faisait si mal ne me picotait plus que légèrement, bien qu'un léger tournis me faisait sentir encore un peu nauséeuse. Mais à part ça, tout allait bien. Soulagée, je me retournai sur mon lit tandis qu'un sourire se formait doucement sur mon visage. Le repos me faisait un inestimable bien fou. Oui, il était vrai que je ne faisais que dormir depuis mon arrivée ici, mais dans ma vie, les occasions de jouir de la grasse matinée se révélaient être vraiment rares.

Si Rosa le savait, je crois que je passerais un mauvais quart d'heure, ris-je pour moi-même

J'avais fait en sorte de partir en voyage lors d'une de ses missions. Ce n'était pas parce que je ne l'appréciais pas, loin de là. Elle et moi étions de grandes amies, même si elle était affreusement autoritaire et un peu coincée. Non, le problème était qu'elle se serait mise volontairement en danger pour me protéger, et je ne voulais pas ça.

Les autres soldats me faisaient un peu plus confiance.

D'ailleurs, maintenant que j'y repensais, je ne les entendais pas. Normalement, ils ne cessaient de vouloir s'entraîner à l'aube, et me réveillaient par la même occasion.

Peut-être sont-ils partis chasser sans moi, pensais-je.

L'idée ne me plaisait pas beaucoup, étant donné que je savais très bien manier l'arc et et que, sans prétention, je m'en sentais donc plus apte. Et puis de vouloir aussi m'assurer qu'ils ne leur arrivent rien. Je m'en sentais le devoir, même s'ils étaient là pour me protéger. Boudeuse, je remontais la petite couverture jusqu'à ma tête, et laissais mes pensées un peu sombres s'envoler. Pourtant, maintenant qu'elles glissaient hors de moi, je me sentais envahie d'un malaise inexplicable. Il m'apparut évident que j'oubliais quelque chose de crucial les concernant. Mais quoi ? Il me semblait m'en rappeler encore il y a peu. Je cherchais dans ma mémoire encore embrouillée et tentai de me remémorer les évènements récents. Tandis que je tâchai de me concentrer pour me souvenir, ma tête fut traversée par une rapide migraine puis, comme dans un flash, tout me revînt aussitôt.

L'attaque. La brûlure d'une flèche transperçant ma jambe. Le capitaine qui m'aida à fuir malgré mes protestations. Notre monture qui se cabra après une autre attaque en embuscade. Ma chute dans une rivière. Mon errance dans la forêt. L'aide du garçon. Mon évanouissement. L'antidote. Je me redressais subitement en sortant de ma torpeur, les yeux grands ouverts par l'effroi.

  • Oh, c'est pas vrai. C'est pas vrai ! Combien de temps ai-je dormi ? m'affolai-je, tout en descendant de mon lit.

Aussitôt ma jambe posée au sol, ma blessure me lança vivement dans le mollet. Avec une grimace de douleur, ma main se porta vers l'endroit qui me faisait le plus mal. Si seulement j'avais encore mon élixir de guérison ! Ma jambe serait de nouveau en état ! Bizarrement, alors que je massais mon mollet pour atténuer la douleur, je sentis la texture à la fois dure et douce d'une cire qui semblait recouvrir ma plaie. Je n'eus cependant pas le temps de me pencher sur le sujet. Je DEVAIS les rejoindre. Je ne POUVAIS PAS les abandonner.

Je me dirigeai en boîtant vers la sortie et renversai sur mon passage un tabouret, une chaise et un chevet. Je n'y prêtai pas trop attention, même lorsque les bocaux et flacons en verre se brisèrent au contact du sol. Encore trois pas et la porte était devant moi. Sans chercher à les arrêter, les larmes me montèrent aux yeux. Non de douleur, mais parce que prise de remords. Je n'aurais jamais du les laisser m'accompagner, malgré leurs insistances. J'aurais du être plus vigilante lors de ma fuite. Ainsi, rien de cela ne serait arrivé.

La vue brouillée par mes larmes, je heurtai soudain quelque chose et je vacillai en arrière assez rudement. Par réflexe, je fermai les yeux. Le bruit de l'impact fut pour le moins étrange. Comme si un seau rempli d'eau se déversait. J'étouffai un cri et pestai quant à ma faiblesse, ainsi que mon " obstacle " se révélant doué de parole.

  • Aïïïïïïïe ! Hey ! s'indigna une voix, visiblement contrariée, et qui m'était familière.

Intriguée, j'ouvris un œil, prise au dépourvue. Je sentis mon cœur rater un battement. Trempé de la tête aux pieds, tandis que quelques poissons gigotaient frénétiquement autour de lui et qu'un sceau roulait de gauche à droite à ses côtés, le jeune garçon des bois se massait douloureusement le crâne. Il releva la tête vers moi, tout d'abord avec un air peu joyeux ( chose étrange, ses pupilles étaient parfaitement ordinaires cette fois-ci hormis ses oreilles ) avant de me toiser avec surprise.

  • So... Soraya ! Tu... Enfin... Vous êtes debout ?
  • Heu... Oui.

La mémoire me faisait défaut, et je peinais à me souvenir de son prénom. J'étais cependant sûre qu'il me l'avait dit. Mais l'urgence de la situation me revint et, sans parler davantage je me remis debout, malgré la douleur stridente, sous les yeux incrédules du garçon en m'excusant, et me mis en route le plus vite possible.

  • Aaaah... Si seulement j'avais un bâton ! marmonais-je. Avec ça, je pourrais au moins accélerer et me défendre face aux ennemis.

C'était peut-être dérisoire, mais c'était toujours mieux que rien.

oOo

Point de vue d'Anéon :

  • Mais attends ! Tu vas où ? Qu'est ce qui t'arrive ? l'interrogeai-je, oubliant sur le coup de la vouvoyer, bien que je trouvais ça assez futile.

Soraya ne ralentit même pas, concentrée à marcher le plus rapidement possible. Son air angoissé m'inquiétait d'autant plus. Aussi, sans trop de difficulté, je la rattrapai et essayai de la calmer.

  • Soraya, qu'est ce qui t'arrive ? Ta blessure n'est pas encore complétement refermée, tu devrais éviter de trop bouger, argumentai-je, constatant à son expression crispée le calvaire qu'elle subissait.

Elle s'arrêta un court un instant et reprit son souffle. Elle me jeta un coup d'œil qui, en dépit de la souffrance, laissait paraître un semblant de reconnaissance .

  • C'est... C'est gentil mais... Aïe... C'est rien. Je... je dois y retourner. Ne me suis plus s'il te plaît, c'est trop dangereux.
  • Mais... De quoi tu parles ? Qu'est ce qui est dangereux ? Et où tu dois aller ?

La jeune fille me souffla un rapide « désolée » et reprit son chemin. Je restai interdit quelques secondes par son attitude, mais n'en démordis pas et me précipitai à nouveau dans sa direction. C'est alors que je la vis trébucher et s'étaler lourdement sur le sol. Aussitôt je la relevai et, me mutant en béquille, l'aidai à se maintenir debout.

  • Soraya, tu n'es pas en état de marcher. C'est trop dangereux pour toi d'aller hors du village. La nuit va bientôt tomber et la forêt, ainsi que la plaine, regorgent de monstres !
  • Tu ne comprends pas. Je... Je dois y retourner sinon ils... ils vont mourir... à cause de moi, sanglota-t-elle, des larmes se déversant de ses yeux verts.

Je soupirai, pressentant déjà un malheur. Je la rammenai sans plus attendre dans le cabanon, où je pus m'apercevoir qu'Esteban nous attendait, visiblement sous le choc.

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