Antidote

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Point de vue d'Anéon :

Esteban ouvrit la porte de son cabanon, et je ne pus m'empêcher de boucher les narines tant l'odeur des médicaments était forte. Je me dirigeai, Soraya toujours inconsciente sur le dos vers le lit des patients que le médecin recouvrit d'un léger drap blanc. Il me le désigna rapidement du menton, tout en se dirigeant vers ses étagères remplies de boîtes et de fioles contenant herbes, liquide, crèmes assez étranges, petits mamifères et autres choses peu ragoutante.

Je pris soin de détourner mon regard, tandis qu'Esteban revint les bras chargés de ses atrocités.

  • Pose la tout en douceur... Voilà. Maintenant, dis moi ce que tu sais, m'interrogea-t-il tout en épongeant avec un chiffon le front humide de la fille.
  • Quand je l'ai trouvée, elle était assoupie sous ma tente. Elle était d'une pâleur effroyable ! J'ai ensuite vu la flèche enfoncée dans sa jambe.
  • L'as-tu conservée par hasard ?
  • Non, je l'ai brûlée, dis-je en jetant un rapide regard au vieil homme qui ne broncha pas, mais je peux vous assurer qu'elle était empoisonnée. De sa blessure j'ai pu voir ses veines se teinter de noires. Un étrange liquide de la même couleur s'en écoulait.
  • Je vois.

Avec douceur, le médecin posa la paume de sa main sur le front de la fille. Il attendit un peu, puis il repartit vers son bureau jonché de parchemins et de divers objets. Il y prit un mortier en terre cuite avec son pilon, une soucoupe en verre, une autre petite fiole à l'eau cristalline ainsi qu'une bourse en cuire. Assis sur un tabouret, je l'observais silencieusement s'approcher de la blessure de Soraya où il laissa couler quelques gouttes de l'eau. Dès qu'elle fut en contact, une étrange fumée noirâtre commença à s'élever dans les airs et j'entendis distinctement un léger grésillement. Passé un court instant, Esteban mit sa main dans sa bourse et attrapa une feuille dorée qu'il déposa sur la plaie. Il repartit ensuite s'emparer d'une pâte blanche et l'étala généreusement sur la blessure. Ensuite, il s'empara cette fois de trois des bocaux importés et en ressortit une racine écarlate biscornue, de la mousse verdâtre séchée et ainsi qu'un cube gris. Il déposa le tout dans le mortier et les réduisit en poudre avec le pilon.

  • Anéon.

Je sursautai, surpris que le médecin m'adresse la parole. Il ne me regarda pas, trop occupé à sa tâche, mais me tendit un petit gobelet.

  • Apporte-moi un peu d'eau de la source.
  • Euh...
  • Dépêche-toi mon garçon !

Sans attendre une seconde de plus, je me saisis de l'objet et détalai rapidement dehors. En moins de trente secondes de course, j'arrivais à la source. Il s'y trouvait également deux femmes, qui me dévisagèrent de manière peu amicale. Tout en remplissant le récipient, je pus entendre leurs chuchotements. C'était sûr, elles parlaient de moi ! Faisant mine de les ignorer, je repartis en direction du cabanon une fois le gobelet remplit, en veillant cependant à ne rien renverser. Le médecin m'attendait au pas de la porte avec son mortier et à peine eus-je le temps de le franchir qu'il s'empara du gobelet et renversa son mélange poudreux dedans. Il l'agita doucement tout en revenant auprès de Soraya. J'eus la surprise de constater que ses yeux commençaient à papilloner et je pus même l'entendre gémir faiblement. Je fus soulagé de voir qu'elle commençait à reprendre conscience.

Me demandant de soulever sa tête, il inclina légèrement le gobelet afin de verser son étrange contenu pour que la fille puisse le boire. Je m'aperçus presque aussitôt qu'un petit filet violacé s'échappa des lèvres de Soraya, et j'entendis le grommelement d'Esteban qui entrouvit légèrement la bouche de la jeune fille. Cette fois-ci, Soraya se mit à tousser un peu, obligeant le médecin à retirer le gobelet. Il soupira :

  • Jeune fille, ayez confiance. Buvez ceci et vous guérirez dans peu de temps. Il s'agit de l'antidote au poison.
  • L'an... L'antidote ? demanda-t-elle faiblement, presque comme un murmure.
  • Oui, buvez donc. Vous irez mieux ensuite, confirma le médecin, un sourire confiant dessiné sous sa barbe fournie.

Il réessaya à nouveau, et Soraya se mit à boire sans protester. Elle prit même le gobelet d'une de ses mains et le finit rapidement à grandes gorgées, pour ma plus grande surprise. À la vue de son visage, je compris qu'elle préférait ce breuvage à celui que j'avais pu lui administré précédemment.

Si seulement elle savait ce qu'il y avait dedans, me moquais-je intérieurement.

Sitôt qu'elle eut fini, elle soupira d'aise et lâcha un vague remerciement, puis je reposai sa tête avec délicatesse. Cinq secondes à peine s'étaient écoulées lorsque j'entendis sa respiration ralentir, bien plus facile et paisible qu'il y a quelques instants. Je m'assis à nouveau sur le tabouret, sous le regard étonné d'Esteban.

  • Tu restes donc ?
  • Oui, j'aimerais la questionner quand elle se réveillera. Je voudrais savoir ce qu'il s'est passé pour qu'elle se retrouve dans cette situation, seule dans les bois et blessée.
  • Hummm... Comme tu veux. Tu pourras rester ici, mais je ne pense pas que les villageois apprécieront.

J'haussai les épaules, et la discussion s'arrêta là. Titania attendit que le médecin s'éloigne pour sortir de ma veste, visiblement contrariée.

  • C'est bien joli tout ça, mais si les villageois nous surprennent, ce sera notre fête ! Surtout qu'il y a des soldats ici, tu les as vus toi aussi ! s'écria-t-elle, le corps irradiant une lumière aveuglante, sous l'effet de sa colère.
  • Oui, oui je sais. Mais la moindre des choses qu'on puisse faire après l'avoir aidé est de s'assurer qu'elle s'en sorte. En plus, je suis curieux de savoir pourquoi elle s'est retrouvée ainsi, pas toi ? chuchotai-je.
  • Moi aussi, mais je sens surtout qu'on va au devant de très gros ennuis... Sa blessure était loin d'être ordinaire, ajouta-t-elle, les yeux perdus dans ses pensées.
  • Raison de plus pour rester.
  • Tu es vraiment impossible parfois, soupira Titania.

Je ne pus m'empêcher de rire à cette remarque, souriant de toutes mes dents.

  • Tu me connais !
  • C'était loin d'être un compliment...
  • Je sais.

Boudeuse, Titania partit se cacher dans ma sacoche. Une fois qu'elle fut partie, je regardais à nouveau la blessure de Soraya. La phrase de Titania me revint, et je me demandais également qui avait bien pu causer cette plaie. Une chose était cependant sûre, ce poison n'avait pas été fabriqué par un humain normal.

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