Présentation

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Point de vue de Soraya :

Je courais sans m'arrêter un seul instant. J'étais perdue. Mon corps était frigorifié et pourtant, ma peau me brûlait et me démangeait. Dans l'immensité ténèbreuse où je ne pouvais voir que mon propre corps, je n'arrivais même pas à appeler à l'aide. Chaque fois que j'ouvrais ma bouche pour parler, aucun mot n'en sortait. Ce lieu était vide de toute trace de vie. Mais je savais que quelqu'un m'épiait. Là, tapi dans le noir. J'arrivais à percevoir sa présence et ses pensées. Ces dernières, bien qu'incohérentes, étaient haineuses et emplies de joie à me voir ainsi fuir sans parvenir à m'échapper. Il goûtait au plaisir de me voir souffrir et se délectait de la peur qu'il m'inspirait. Oui, j'avais peur. J'étais effrayée même ! Tout son être était oppressant et il dégageait sans cesse des pulsions meurtrières avides de carnage. Cette aura était tellement noire, tellement... inhumaine. Même le fou le plus meurtrier ou le fauve le plus cruel ne serait rien à côté de cette chose, dont je ne supportais plus de ressentir la présence.

Mais j'avais beau essayer de m'éloigner, en changeant de direction ou en revenant sur mes pas, je me rapprochais inlassablement de lui. Un frisson de peur qui crispa mes muscles me fit arrêter cette course. Il était là. Juste devant moi. Je ne le voyais pas, mais je le ressentais. Une présence se glissa comme un serpent au corps glacé dans ma tête, et je me mis à hurler de douleur en sentant cette intrusion violente qui me frappait comme le marteau d'un forgeron. Je fermais mes yeux tant j'avais mal. Ses pensées devinrent des mots qui se formèrent dans ma tête, annonciateurs d'un avenir funeste : << ... bientôt, très bientôt. Vous, vivants et immortels, subissez le courroux de ma colère éternelle et la noirceur d'un sort pire que la mort. >>

Maintenant, cette phrase revenait sans cesse, me faisant souffrir le martyr et me recroqueviller sur moi-même. Impuissante à l'arrêter, je collais mes mains aux oreilles, tandis que je commençais à sombrer dans les abysses de l'inconscience.

Plus je m'enfonçais, plus la présence malveillante semblait diffuse. Quelque chose me sortais de cet horrible endroit. Je me mis à flotter sur le dos, me détendant à mesure que les secondes passaient. Enfin, l'obscurité commença à s'éclaircir derrière mes yeux. Toute la malveillance de cet esprit s'effaça, ne laissant plus qu'une fraîcheur bienvenue qui soigna mon mal de tête. Alors que je me décidais à ouvrir les yeux, une voix cristalline et chaleureuse chuchota à mon oreille...

<< ... va au Nord... trouve la clé du Grand Arbre... là-bas se trouve le salut du monde...

J'émergeai.

La première chose que je vis, c'était un jeune garçon assis à genoux sur ma droite qui me fixait intensément de ses yeux bleus, tout en fronçant ses sourcils. Pendant un moment, je demeurais interdite par son apparence. Une chose était sûr, il ne devait avoir que onze ou douze ans, guère plus. Il avait ses cheveux blonds un peu sales aux mèches rebelles qui lui arrivaient au cou, et sa peau était recouverte de trace de terre et d'une étrange pellicule grisâtre, comme s'il s'était barbouillé de cendres. Ce n'est cependant pas ça qui m'intrigua le plus. Ses oreilles étaient légèrement pointues, cela pouvait presque passer inaperçu si l'on ne regardait pas attentivement, et ses pupilles se fendaient comme ceux des chats. J'étais tellement abasourdite par son apparence que je sursautai quand il parla :

  • Qui es-tu ? Que fais-tu sous ma tente ?

Sa voix était celle d'un enfant humain, sans aucun doute, mais elle était ferme et son ton m'indiqua qu'il était méfiant et sur ses gardes. Lorsque je vis un poignard qui reposait juste à côté, la panique acheva de me réveiller.

  • Heu... eh bien... Je... bégayais-je, surveillant avec une attention toute particulière son poing resséré sur le manche de l'arme.

Au même instant, je sentis quelque chose d'humide tomber de mon front et atterir sur la couverture qui recouvrait encore mes jambes. Il s'agissait d'un chiffon humide. Était-ce lui qui l'avait mis sur mon front ? Mes pensées encore embrouillées m'empêchaient de bien réfléchir. Je vis cependant le garçon s'impatienter, et je me décidais donc de lui répondre :

  • Alors... enfin... Je me nomme Soraya. Et toi ? demandais-je timidement.

L'intéressé prit un air dépourvu, comme s'il ne s'attendait pas que je l'interroge. Il sembla réfléchir quelques instants, puis il décida de se présenter :

  • Je m'appelle Anéon. Dis moi, puis-je savoir ce que tu fais là ?
  • Hummm...

C'est vrai ça. D'ailleurs, où est-ce que j'étais ? Je mis à regarder autour de moi, et compris que j'étais sous une tente. Comment d'ailleurs ? Les seules choses dont je parvenais à me souvenir, c'était d'être partie d'une auberge en compagnie de quatre soldats de la garde royale, d'avoir ensuite traversée une vallée sur ma monture, un étrange bruissement avait attiré l'attention des gardes et... ensuite...
La mémoire me revenant soudain, je sautais sur mes jambes, faisant reculer le dénommé Anéon.

  • Par Lyrhana ! Il faut absolument que je retourne là-bas les aider ! Ils n'y arri...veront... pas... seuls...

Une vague de fatigue s'empara de tout mon être et me fit tomber en avant. Mais avant que je ne touche le sol, le garçon me retint en m'attrapant. Comment a-t-il put y parvenir, je faisais au moins deux têtes de plus que lui ? Très nauséeuse, je ne m'interrogeais pas davantage. Il me força à me rallonger avec douceur, le visage désormais rongé par l'inquiétude.

  • Surtout, ne bougez pas, madame. Vous avez été blessée à la jambe par une flèche sûrement empoisonnée et vous avez de la fièvre. J'ai réussi à stopper la dégradation de votre état, mais vous êtes très faible. Essayez de vous reposer, me conseilla-t-il d'une voix plus douce.
  • D'ac...cord.

Je me laissais donc remettre en place, sentant la fièvre que je n'avais pas remarquée en me réveillant marteler à nouveau . Le garçon sortit de la tente et ne revint que plusieurs minutes plus tard, tenant un bol fumant d'où émanait une odeur assez nauséabonde. Même faible, je me mis à grimacer. Voulait-il que j'avale ça ? Effectivement, il souleva ma tête et approcha avec précaution le bol empli d'un liquide verdâtre assez repoussant. Pas question que j'avale cette horreur ! Je secouai la tête et l'empêchai de porter l'infect breuvage à ma bouche, et faillit le faire renverser. Le garçon poussa un soupir, bien qu'il ne lâcha rien.

  • Si vous ne buvez pas, vous mourrez dans peu de temps. Faites moi confiance. Ça à beau être dégoutant, c'est un remède très efficace ! me rassura-t-il, le visage confiant.

Pour me prouver ses dires, il but une légère gorgée juste devant mes yeux. Ensuite, il me le remit devant ma bouche. Bien que je ne le voulais pas, je sentis effectivement mon mal de tête s'intensifier et ma jambe commençait à me lancer. Je soupirai à mon tour, mais de résignation. Quand il faut, il faut ! Alors, lentement, je le laissais approcher le bol et ouvris la bouche pour le boire. Yeurk ! C'était absolument affreux ! Je retins à grand peine un haut-le-coeur et but jusqu'à la dernière goutte de cette monstruosité. Cependant, je sentis ma tête devenir moins douloureuse et plus légère tandis que ma jambe commençait à s'engourdir de toutes sensations. Mon corps se mit à chauffer également, détendant un à un mes muscles. Ce breuvage était-il enchanté ? Mes paupières s'alourdirent, et Anéon laissa reposer ma tête sur le sol. Bientôt, je m'endormis.

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