Chapitre 2: Pouvoir et religion

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Léonard de Corvinus

Mercredi 16 du mois d'Avril de l'an de grâce 1205 AE.

Palais de l'ecclésiarchie des Sauveurs, Fressons Capital du royaume ; durant la prière des Tierces.

Royaume du Corvin


Un soleil printanier inondait les innombrables ruelles de la ville de Fressons. Les rues de la capitale regorgeaient d'activités, incitée par le beau temps, la population vaquait à ses occupations. Badauds, marchands et autres petites gens se pressaient, créant une foule compacte, et la plupart des hautes maisons de chaque côté des rues étaient volets ouverts. Ces riches demeures de la capitale à l'architecture travaillée étaient bâties en colombage pour la plupart voire même uniquement en pierre pour les plus aisés. Des draps, habits et autres linges pendaient au-dessus des passants sur de longues cordes tendues entre les hauts bâtiments.

Au coeur de la ville se tenait le vieux marché, véritable épicentre des lieux, il attirait les voyageurs et marchands de tout le royaume et d'au-delà. Les rues, comparables à des artères, contenaient le flux de personnes jusqu'au marché dans lequel il s'y déversait sans interruption. La place marchande regorgeait de bruit en tout genre. On entendait toutes sortes de langues, du vieux continental local au lointain dialecte des sultanats. La place de commerce, véritable capharnaüm dont le son envahissait la ville, était visible des lointains palais de la capitale.

Un homme parcourait les allées du palais des Sauveurs, son regard avait été capturé par le spectacle proposé par le marché. Il posa alors ses yeux vers ce qui se présentait devant lui.

Cet homme richement habillé portait les insignes de la famille royale et de ses proches. Il se dirigeait, résigné, dans un long couloir. Ce dernier était assez large et grandement éclairé par des fenêtres qui le bordaient. Elles se trouvaient être imposantes comme le reste de l'architecture du bâtiment. Toutes présentaient des colonnes surmontées de chapiteaux crénelés. Au-dessus de celles-ci trônait un arc sculpté en chevrons. La partie supérieure de la moulure était décorée des motifs du Clergé des Sauveurs: Une sorte d'anneau ou un axe central voyaient deux autres lignes partie de son centre jusqu'aux extrémités hautes du cercle. La porte qui se tenait au bout du couloir était gardée par deux gardes en armure. L'homme, en progressant dans le couloir, distinguait plus clairement les deux gardes, à mesure qu'il s'approchait d'eux.

Ceux-ci toisaient l'arrivant du regard, parés de riches et rutilantes armures d'acier, ils ressemblaient à deux colosses engoncés dans de grandes carapaces. Les pièces d'aciers polies qui les recouvraient étaient brisées dans leurs monotonies grises par des liserés dorés finement ouvragés, ceux-ci couraient sur les interstices et les extrémités de leurs armures. Le symbole du clergé trônait au centre de leur torse et leur cape pourpe était presque caché derrière eux.

Le nouveau venu leur fit un léger signe de tête et les gardes, réceptifs, s'écartèrent alors et lui ouvrirent l'imposante porte.

L'homme plongea dans la pièce et disparut lorsque les deux gardiens fermèrent la porte derrière lui dans un léger grincement sonore.

Se tenant ainsi au milieu de la pièce, l'homme fut ébloui par le faste des lieux. Véritable bureau doré, la pièce regorgeait de décorationes et objets en tout genre. Des livres à la reliure d'or abondaient sur les longues étagères de la pièce. De forme hexagonale, elle comprenait des piliers décorés sur chacun des coins. Ceux-ci montaient jusqu'à une partie centrale du plafond en forme de coupole. Cette dernière arborait un bas-relief des Sauveurs enjolivé en leur sainte gloire. En son centre se tenait un vitrail finement travaillé. La lumière qui s'échappait du vitrail central plongeait en direction d'un imposant insigne des sauveurs. Il était entièrement façonné d'or et des pierres précieuses couraient le long de cette pièce d'art. L'insigne d'une taille plus que conséquente prenait place au-dessus d'un bureau. De par sa taille réduite, ce dernier contrastait singulièrement avec les proportions grandioses de l'insigne qui s'y trouvait.

L'arrivant distinguait une forme qui bougeait derrière le bureau. S'avançant vers la partie grandement éclairée, il se dévoila à son visiteur.

Il s'agissait du cardinal Britius, plus haut représentant du Clergé des Sauveurs dans le royaume du Corvin.

Si la pièce pouvait impressionner par ses ornements et son faste, son résident le cardinal n'avait rien à lui envier. Il était richement habillé, il portait une longue soutane pourpre décorée de coutures d'or et arborait un insigne des Sauveurs en collier. Son visage reflétait celui d'un homme âgé qui n'avait pas été épargné par le passage du temps. S'approchant de son visiteur, il l'accueillit.

— Mon fils, approchez, je vous en prie, dit-il en lui faisant signe.

Sa main gantée arborait un anneau pastoral en or serti d'une pierre de grande qualité.

Le visiteur s'approcha du cardinal et posa un genou à terre devant lui.

Il embrassa sa bague en signe de respect et le cardinal lui fit signe de se relever. Le cardinal, posant sa main sur l'épaule du visiteur, lui sourit en poursuivant.

— C'est un plaisir de vous voir, Léonard... Oui, cela fait un moment que vous ne m'avez pas gratifié du plaisir de votre visite, mon fils.

— En effet, Père Britius, j'ai été grandement occupé dans le nord à combattre ces païens de Narlhind; tiquant nerveusement il poursuivit. Ces maudits barbares n'arrêteront donc jamais de harceler nos frontières.

— Mon fils, tout homme qui croit se battre pour ses dieux est un homme dangereux, vous devriez savoir ça ; dit le père Britius en emmenant Léonard vers les Jardins.

Britius, l'accompagna la main sur l'épaule pour aider ses déplacements.

Tous deux passèrent par une petite porte qui débouchait dans un vaste jardin. Celui-ci comprenait de nombreux arbres. Le chant des oiseaux accompagnait les deux hommes durant leur marche.

— Mon père, je suis venu à vous comme auparavant. En quête de justes conseils que seul vous pouvez prodiguer.

— Vous accordez trop d'importance à ma vieille personne, mon fils, rétorqua Britius en souriant.

— Mon père, vous savez sûrement que mon oncle le roi, bénit par les Sauveurs, est maintenant mort. Son âme s'en est allée et je dois vous demander que faire durant cette période de trouble, dit Léonard d'un air préoccupé avant de poursuivre. Mon père était le légitime successeur mais il a été spolié d'une certaine manière par son frère, un grand nombre de familles ne l'avait pas acceptée à l'époque.

— Cette histoire appartient au passé, cependant je ne pense pas que vous soyez là pour me remémorer des passages aussi peu glorieux, dit Britius en guidant son invité dans les jardins.

— En effet, c'est la sécurité du royaume qui me préoccupe. Vous savez que le roi n'a laissé qu'une héritière et son fils, lui, n'a que deux ans. Le royaume va se trouver dirigé par une adolescente et son nourrisson qui ne sait même pas encore parler. Les royaumes voisins ne tarderont pas à sauter sur l'occasion de nous attaquer. Sans parler des Narlhinds qui nous pillent déjà.

— Vous avez raison mais la reine, ou devrais-je dire la princesse, n'est pas encore couronnée à ce que je sache.

— Oui, c'est pour cela que je voudrais vous demander votre aide, j'aimerais prendre la place qui était destinée à mon père ; dit Leonard d'un ton assuré.

Britius prit pleinement conscience de l'annonce de Léonard. Il finit sa route en conduisant son invité vers un belvédère qui donnait vue sur la cité en contrebas.

— Léonard, mon fils si je vous donne mon soutien ; questionna Britius avant de prendre une pause. Si je vous aide, promettez-moi d'aider notre congrégation, d'aider l'Église et de la mettre au cœur de vos décisions.

À cette annonce, Léonard se tourna face au Cardinal. Il s'agenouilla devant Britius et s'éclaircit la gorge avant de continuer.

— Mon père je vous jure d'être votre plus fervent support si vous m'apportez votre aide.

Britius savourait l'ironie de la situation, la famille royale qui l'avait si souvent gardé hors des grandes décisions du royaume allait maintenant s'entredéchirer et ce pantin de Léonard allait lui donner les clés du royaume.

— Alors, c'est chose faite, vous serez roi par la volonté des Sauveurs. Vous aurez mon soutien durant le vote du conseil seigneurial, répondit Britius en faisant un signe religieux suivi par Léonard qui prit alors congé.

En regardant son visiteur partir, Britius se tourna vers la ville en souriant. Si tout se passait bien, le royaume sera bientôt sous sa coupe, son homme de paille lui obéira au doigt et à l'œil. Et cela sous la bénédiction des Sauveurs... et du Culte.

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Skye23S@lut

Clic. Clac. "Reveille-toi, n°1362. C'est l'heure d'aller rapporter du fric" "Retourne dans ta cellule n°1362 ou tu vas avoir des problmes" " Regarde ton dos! Rien qu'en le regardant on voit combien de coups de fouet tu t'es prise, imbécile"
Voila ce que j'entends chaque matin.
Des bruits de serrure et des bruits de fouet qui claque, aussi.
Il y a longtemps, je m'appellais Coralie. Enfin, c'était il y a longtemps. Maintenant, je suis n°1362, une meurtrière parmi tant d'autre.

Cela fait maintenant 12 ans que j'ai renoncé a une vie humaine. Je trace une nouvelle barre sur le mur droit de ma cellule. 12 ans que j'ai exterminé un population entière. Je suis la fille unique de Cristophe Colomb, et contrairement a ce que dit l'histoire, c'est loi seule qui les a tous tués à moi toute seule. J'étais au service de mon père, car c'était le prix a payer pour rester a ses côtés. Je le chérissait comme rien au monde, c'était ma seule famille, la seule corde a laquelle je pouvais me raccrocher.

Mais finalement, je l'ai tué en même temps que les Maya.

- Eh, n°1362. Ca va faire combien de temp que t'es ici?
Je ferme les yeux en entendant le gardien qui me parle sur un ton méprisant.
- 12 ans, je répond en me retournant pour contempler le mur.
- 12 ans... T'a pas encore perdu encore la tête?
Je cligne les yeux quelque seconde. Quoi, perdre la tête? La bonne blague. Ma tête,
il en manque plusieurs morceaux depuis très longtemps.
- Hé ho. Regarde-moi quand je prend la peine de te parler.
Alors je tourne la tête d'un geste las, et je vois enfin ce garde grassouillet qui me "nourrit" une fois par semaine. Mais cette fois-ci, il est accompagné par un petit garçon.
**

- C'est qui ? T'as pas honte de gacher l'enfance de pauvre petits innocents ?
- Ta g***e, toi. On t'a pas demandé ton avis. Alors apprend que ce mioche est Chris, un enfant...
- Jm'en branle !
- Laisse-moi finir ou tu pourras compter une nouvelle cicatrice sur ton joli minois, murmure le gardien en se penchant vers moi.
Je passe la main sur mon visage couvert de cicatrice horrible et sanglante avec une infime pointe de regret.
- Donc, cet enfant a été évacué de sa maison -et heureusement, car il y a eu un attenta là-bas un peu plus tard-
- Et tu connais son origine ? C'est un Maya.
Je déglutis.
- Voyez-vous ça...
- Je te laisse avec le gamin. Et va pas l'égorger parce que ta pendaison aura lieu dans une semaine, dit-le garde en s'éloignant.
- Je m'en moque! Tu piges ?!
- C'est pas bien de mentir, dit le garde en sortant dehors.
- SALE ***** DE ******* !
Trop tard. De toute façon, il est déja parti.
Alors je me tourne vers le petit..
- Chris, c'est ça ? Tu attend quelqu'un?
- Mon Dady.
- Oh. Et... Il revient quand, ton "dady"?
- Demain.
Je regarde le petit attentivement. Ses cheveux sont d'un brun noisette, et ses yeux bleus reflètent une patience sans fin.
- D'accord.
Un silence lourd s'installe soudain.
- Tu sais, petit, on est un peu pareil, nous deux. On a plus de famille.
- Non, mon dady revient demain. Tu sais, moi je suis pas un tueur.
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Or
La journée commence normalement malgré le pesant brouillard, mais... si tout basculait... dans l'effrayant ?

Imagination ou réalité ???
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36
1
Défi
OD'UN


Vous avez eu droit à la prédiction de l'Ange.
Que vous a t-il dit?
Non mais vous cherchez des histoires à Scribay. Okay...Caisses-que l'ange m'a dit ? Une caisse de Leffe, car t'es nouille Od'un. Tu vas sauter les Mathusalem au Cointreau/Xérès ou à l'or, on te Bic ton stylo-plume. Que feriez-vous si vous deviez sauter avec votre nouille ? Moi, j'ai opté pour un Big Band, car c'était plus judicieux, étaient mésanges cachées dans le texte. C'est ainsi que mon ZZ Topless à l'air et Césaire de Miss...Terre en vue : Od'un, tu y as droit...adroite. Non, Descartes au Monopoly...Tic/Tac...Tic/Tac. Une Joconde, je vous montre mon splashdown ? Ça fusain Tom à confectionner des pizzas, car à présent, c'est le pizzaïolo français de l'espace. Cependant, j'effet le saut de l'Ange, épi Sean...connerie de parachute : El Capote en corps Anubis ?
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