Sortie

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Une fois le dîner terminé, tout le monde sort dans la cour pour rencontrer les voisins. Ayant échappé à une seconde punition grâce à leur comportement exemplaire, Livia, Silvio et Agostino se retrouvent devant leur immeuble. Les pères se rassemblent autour de la table, les mères se regroupent à l’abri des oreilles masculines. Les heures de chaleur et de travail de la journée sont derrière eux, vient le temps des grandes discussions entre adultes et des jeux entre enfants.

Les trois amis ignorent les appels de leurs copains et s’éloignent à leur tour. Petit à petit, ils échappent à l’attention des parents et à celles de leurs compagnons habituels.

— Vous croyez qu’ils viendront ? demande Livia.

— On les a cherchés tout l’aprèm. Je crois qu’on les trouvera pas, réplique Agostino, fataliste.

— Moi, j’ai confiance, déclare Silvio. Qu’est-ce que vous avez apporté ?

— Mon père m’a empêché de prendre la boussole, répond Agostino, un peu boudeur. J’ai une gourde avec du jus, une lampe de poche. Et toi ?

— Des biscuits, une corde et une lampe, énonce à son tour Silvio.

— Super ! Alors on est parés ! annonce Agostino, catégorique.

— Et moi, on ne me demande pas ce que j’ai amené ? s’insurge Livia, vexée d’être mise à l’écart des préparatifs.

— Si… dis-nous.

— J’ai une gourde avec du lait, un morceau de pain, un carnet et des crayons.

— Ça sert à rien ça, réplique Agostino.

— Si d’abord ! S’ils nous emmènent dans un endroit, on pourra dessiner le plan. Comme ça, on ne se perdra pas. Ce sera plus utile que ta boussole d’hier.

Silvio n’écoute plus leurs chamailleries, se tourne en direction du port, plongé dans ses pensées, les sourcils froncés. « Est-ce que les chats ont un plan ? Lequel ? Pourquoi nous ? » s’interroge-t-il.

Comme pour répondre à ses questions, le roi des matous apparaît devant lui, accompagné de sa garde rapprochée. Ils passent le long du quai et traversent l’espace entre les immeubles. Le gros rouquin tourne la tête en direction des enfants et pousse un petit miaulement.

Silvio met fin à la dispute entre ses deux amis en leur tapotant les épaules. D’un geste, il leur indique le groupe de chats. Ils se retournent et contemplent le défilé. Avant que le dernier ne disparaisse, sans dire un mot, les trois compagnons se lèvent d’un même mouvement, et les suivent.

**

Comme tous les jeunes du quartier, Alceo traîne, lui aussi. Il discute avec ses copains à distance des parents, il garde un œil sur sa sœur, non par bienveillance, mais animé par l’envie d’être là quand elle méritera sa punition.

— Qu’est-ce tu regardes ? lui demande un de ses complices.

— Pas tes oignons, tête de veau !

— C’est ta frangine ? Hein ?

— Pas tes affaires, j’te dis !

— Elle traîne avec ses potos, le maigre et celui qui t’a foutu les j’tons.

— Hein, tu causes de quoi ?

Tout en prononçant ces mots, Alceo se rapproche de son camarade et le toise d’un air bravache.

— T’emballe pas, on est cool

Soudain, Alceo aperçoit sa sœur et ses amis qui contournent le port.

— Tiens, venez avec moi ! On va voir ce qu’ils magouillent.

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