Chapitre XVIII 4/5

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A vingt et une heure, tout le monde est en bas. Julie nous rappelle les mesures de distanciation sociale et moi je suis heureux parce que, avec ma chérie, on n’a pas cette contrainte et donc on peut se coller l’un à l’autre pour notre plus grand bonheur. Visiblement ce n’est pas très bien vu mais on s’en fout.

L’apéritif, un Pommeau de Normandie nous est servi en « open bar » debout en extérieur. Je porte un toast à Alice, Julie et Johanna. Les filles en profitent pour me chambrer à la moindre occasion. A quatre, on fait l’animation. Richard, le seul cavalier de la troupe vient s’associer à notre mini groupe, rejoint bientôt par deux autres cavalières, puis trois. Julie me regarde. Je sens que je l’amuse et probablement un peu plus. Johanna a laissé sa carapace de vendeuses chics dans sa chambre. Elle m’étonne par sa sincérité, ses plaisanteries qui descendent dans les étages au fur et à mesure que le Pommeau s’étiole dans la bouteille. Je me sens bien et quand je me sens bien, j’ai tendance à me lâcher moi aussi. C’est maintenant Alice qui me regarde éberluée en se demandant qui c’est cet énergumène avec qui elle partage sa vie et qui affole la troupe.

Je n’avais pas mesuré les conséquences de cet élan de jovialité. Car, à table, tous ce petit monde veut s’asseoir à mes côtés et moi, la seule que je veux, c’est ma chérie. Or, ma puce ne s’est pas méfiée et elle s’est retrouvée reléguée à l’autre extrémité de la tablée. Elle me regarde de ses grands yeux tristes, seule parmi les mégères insupportables. J’arrive à la rapatrier « in extremis » en face de moi sans blesser quiconque.

Johanna est à côté d’Alice, face à Julie qui s’est assise à mes côtés. De l’autre côté, une jeune femme d’apparence un peu coincée, Clémence, qui semble pourtant faire des efforts désespérés pour se dérider. Le repas est bien sympathique. La vue nocturne sur le champ de course illuminé est admirable. Ici, tout est vert alors qu’ailleurs, tout est grillé par la chaleur extrême.

Le repas se termine par un calvados maison. Alice et Johanna me laissent finir leur verre. Julie semble bien fatiguée. Seule Clémence tient réellement le coup et on trinque à la réussite des uns et des autres pour la compétition de demain.

Tout ce petit monde se sépare et avec Alice, bras dessus, bras dessous, on regagne amoureusement notre chambre.

- Je ne t’ai jamais vu comme cela. Un vrai boute en train. C’est rigolo. D’habitude, les repas sont plutôt ternes mais là, tu as mis le feu. On va voir « Voie-Lactée » ? J’ai envie.

- Viens, on y va.

Alice se presse contre moi.

- Je suis bien avec toi. Serre-moi fort dans tes bras. J’ai envie que tu me donnes plein de bisous.

On sort de l’hôtel pendant que mes lèvres se perdent dans son cou, sur ses oreilles, partout où un morceau de peau est accessible. Il fait nuit noire. Les lumières du champ de course se sont éteintes.

- Regarde les étoiles. Le ciel est dégagé et la lune n’est pas encore levée. C’est le temps idéal pour observer les constellations. C’est beau. C’est très beau et dans tes bras, c’est encore plus merveilleux.

- Julie ne devait pas prendre son tour de garde ? Je ne vois personne.

Dans la stalle, « Voie-Lactée » est paisible, tout autant que « Belle-de-Jour » et les autres chevaux. Alice est rassurée. Elle embrasse sa jument. Il y a une complicité énorme entre la cavalière et sa monture. Reste à trouver Julie pour s’assurer que quelqu’un veillera sur les chevaux.

De retour à l’hôtel, je frappe à la porte de la chambre de Julie. Au bout de quelques secondes, la porte s’ouvre.

- Oulla, je me suis endormie. Merci Olivier d’être venu me réveiller, j’étais partie pour faire ma nuit.

- Je te laisse mon numéro de téléphone portable. Si tu as un souci ou si tu es trop fatiguée, appelle-moi. Ça va aller ?

- Oui, ne t’en fait pas. Va te reposer pour être frais et disponible pour prendre le relai. Bonne nuit et à tout à l’heure. J’attendrai que tu arrives avant de partir. Ok ?

- Ok Julie. Bon courage et à tout à l’heure.

-°°-

- Alors, elle était dans sa chambre ?

- Oui, elle s’était endormie.

- Pas étonnant, elle n’a pas arrêté de lever le coude. Viens dormir mon chéri, toi aussi. Ta nuit va être courte.

Je paramètre le vibreur à trois heures moins le quart et je me mets au lit. Alice vient se blottir tout contre moi.

- On est serré mais c’est rigolo. Je peux grimper sur toi ? demande Alice.

- Non pas question.

- Qu’est-ce que tu peux être rabat-joie, des fois.

- Bon allez ! Viens.

- Tu as de la chance parce que j’étais prête à te jeter en bas du lit.

- Essaye un peu canaille ! Tu as récupéré ta culotte au-dessus du meuble ?

- Non, je suis trop petite. Même en montant sur la chaise je n'y arrive pas.

- Ben alors tu n’as pas mis de culotte ce soir ?

- J’avais mon short. Personne n’a rien vu, même pas toi. Et pour la nuit, tu m’as dit toute nue alors je suis toute nue.

- Cool ! Je peux en profiter.

- On se calme gros coquin. Je suis exténuée et demain il faut que je sois en pleine forme.

- Alors, bonne nuit ma puce, fais de beaux rêves. Je te la récupérerai demain.

- Merci mon cœur. Allez dodo maintenant.

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