Fusion, Spartacus

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Fuir vers le sud n’avait pas été prévu, à vrai dire à part quitter cet enfer rien n’avait été pensé. Ce qui fait qu’avec Crixus et les autres nous errons à travers les plaines de l’Italie. Nous sommes un convoi de voitures et de bus armé. Un esclave pas bête pour deux sous, Œnomaüs, a pris le commandement en nous ordonnant de partir vers le sud, vers Brindisium. Il faut à tout prix quitter l’Italie. Impossibles de s’approcher des aéroports, ils sont trop bien gardés, mais les ports le sont moins. Nous avons une chance de réussir à réquisitionner un navire et à prendre le large, de préférence assez vite afin qu’ils n’aient pas le temps de nous couler. Seulement de nombreux dangers se dressent sur notre route et nous avons donc dû dévier bien plus à l’ouest que prévu. Le Vésuve se dessine devant nous, majestueux et silencieux. Si je survis à cette aventure, je raconterai mes mémoires et détaillerai la beauté de ce volcan. Nous sommes sur la côte ouest de l’Italie, Brindisium est plus au sud et sur la côte est. Il va falloir traverser le pays de part en part. Nous montons un camp de fortune sur ses flancs, en bas l’armée sait déjà que nous sommes là. Rome a été prévenue et les renforts ne tarderont pas. Nous sommes déjà des milliers, à chaque escale des esclaves se rangent à nos côtés, c’est fou de voir à quel point il n’y a que peu d’hommes libres en Italie. Rome paiera cher son mépris de l’égalité entre les Hommes.

 

Il nous faut manger, la faim est toujours le nerf de la guerre, Crixus et moi nous répartissons les rôles. Il gère la construction du camp tandis que je file en embuscade avec plusieurs équipes, il nous faut des ressources. Mon équipe a trouvé un endroit parfait : une unique route de campagne qui traverse une forêt. Nous plaçons un tronc d’arbre en plein milieu de la route et nous dissimulons dans les fourrés. Nous attendons ainsi cachés. Au bout de deux heures et aucun véhicule à l’horizon nous songeons à changer de lieu lorsqu’enfin un bruit de moteur se fait entendre. Le moteur ronronne joyeusement, nous voyons apparaître une belle voiture sombre sans toit. Lorsqu’elle se rapproche, nous en distinguons les occupants, des jeunes, ce sera facile.

 

Comme prévu la voiture s’arrête, nous sautons hors de nos cachettes et nous précipitons vers eux armes au poing. Ils ont la frousse de leur vie.

 

—     Mains en l’air et plus vites que cela !

 

Pour une fois que c’est moi qui donne les ordres.

—     Esclaves ou maîtres ? crie l’un de mes comparses à la fille qui se met à pleurer.

—     Esclaves, répond le conducteur que j’ai en joue.

 

Je n’y crois pas trop, il est bien trop propre sur lui dans sa petite chemise blanche.

 

—     Prouve-le !

Il n’est pas rassuré, cela se voit, le pauvre petit n’a probablement jamais été en danger de toute sa vie. Il hésite un moment puis cherche des yeux la preuve qu’il n’a pas. Je sais reconnaître un aristocrate lorsque j’en vois un. Soudain il saisit le bras de la fille et l’amène jusqu’à moi.

 

—     Regarde par toi-même ! me crache-t-il.

 

Que dois-je y voir ? À part un bracelet d’argent autour de son poignet elle ne porte rien. Un collègue s’approche de nous et jette un œil.

 

—     Bracelet d’esclave, confirme-t-il.

—     Aussi raffiné ? demandé-je.

—     Mec riche, me répond-il simplement, Marcus Licinius Crassus Dives ? ajoute-t-il en lisant la gravure sur la plaque d’argent.

 

Il faut vraiment que j’apprenne à lire. Bon, elle est esclave, mais lui ? Je lui pose la question, il devrait avoir sa marque de propriété lui aussi…

 

—     T’imagines bien que c’est la première chose dont je me suis débarrassé. Nous sommes en fuite, plus loin nous serons de Rome et mieux nous irons.

 

Il m’explique tout le bien qu’il pense de son maître, mais je n’ai pas besoin des détails, sa haine se lit facilement sur son visage. Il a un paquet de rancœur.

 

—     Et la voiture ?

—     On s’est servis dans les écuries de la demeure, elle appartient à Publius, le fils de Crassus.

 

Nous les faisons descendre puis l’un de mes hommes fouille la voiture à la recherche d’objets utiles, mais la voiture est vide, pas de papiers ni d’argent. Qu’importe, elle suffira, la revente de ses pièces nous permettra d’acheter de quoi vivre. Nous décidons de repartir pour le camp avec ce faible butin.

 

—     Venez avec nous, tous les esclaves sont les bienvenus.

 

Ma proposition est honnête, certes je ne peux leur offrir une belle vie, mais au moins ils seront libres et nous trouverons bien à manger. Néanmoins ils déclinent, enfin l’homme, car la femme de parle pas, elle reste blottie derrière son compagnon.

 

—     Vous mourrez si vous êtes rattrapés par votre maître, avec nous vous avez une chance.

—     Nous avons un plan pour quitter l’Italie, nous partons en Grèce, me déclare ce jeune loup.

—     Les routes vers l’est sont étroitement surveillées, vous ne franchirez pas les barrages, restez avec nous.

 

Je n’aime pas donner d’ordre finalement, mais s’ils veulent rester libres et vivants nous sommes leur dernier espoir. Le jeune soupire puis accepte de nous suivre, nous partons rejoindre les camions. Assis avec moi à l’arrière je les vois scruter l’horizon avec appréhension.

 

—     Il n’est point aisé de goûter à la liberté n’est-ce pas ?

 

Je leur souris pour les rassurer tout en sachant que c’est parfaitement inutile, le temps est le seul remède. La jeune femme me semble plus réceptive que lui, car ses lèvres s’étirent doucement, lui paraît avoir les démons aux trousses. Je l’entends murmurer qu’ils sont fichus. En réponse elle pose sa tête sur son épaule et serre sa main dans la sienne. Une fugue amoureuse c’est mignon.

 

—     Comment vous appelez-vous ?

 

Je ne leur avais même pas posé la question, trop occupés à fuir que nous étions. Il faut toujours rester sur ses gardes en cas d’attaque-surprise de l’armée.

 

—     P… Aulus me répond l’homme, et elle c’est Aurea, elle est muette, me précise-t-il.

—     Enchanté, moi c’est Spartacus. 

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plume16

Alors, ce mot-là, je ne sais pas pourquoi, mais il ne m’inspire pas. Même en le prononçant à haute voix, « draps » ça ne déclenche rien de bien probant. En fermant les yeux, ce n’est pas mieux. Ce que l’on peut en dire, toutefois, c’est que la couette lui a volé la vedette et que ce n’est pas très chouette. En me concentrant un peu, des souvenirs reviennent. Je revois les draps qui volent au vent sur le fil à linge, ma mère qui, dès les premières gouttes, court dans le jardin pour les ramasser, les fous-rires quand il faut les plier à deux et qu’il nous échappe et aussi son odeur de propre et légèrement parfumé. Après réflexion, il est intéressant ce mot. D’ailleurs, je me demande si je ne vais pas virer ma couette ce soir !
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