22. 2ème entretien Skype entre Mélula et Venda

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― Bonjour Méloula ! Comment vous portez-vous ? s'enquit la jolie nymphe d’une voix mielleuse.

― Bonjour Vendouille, je me porte comme un charme ! Et vous ?

― Oh, je préfèrerais que vous évitiez d’écorcher mon ravissant prénom à l’avenir, Méloula...

― D’accord Vendouille !

― Je suis une professionnelle, je ne vais pas m’énerver, c’est mauvais pour le teint. Arrêtez vos gamineries, je vous prie. Autrement, je vais...

― Vous plaindre auprès du magnifique Igor de la vilaine sorcière, répliqua Mélula en tirant la langue.

― Vous avez un sacré tempérament. Mais le temps presse, le Bal des Sorcières Débutantes approche. Igor a insisté pour que j’accepte de m’occuper de votre relooking. Puis-je compter sur votre coopération, chère Mélula ?

― Promis, Venda, je ferai des efforts. Je le jure sur la tête de mon balai !

― Parfait, on peut enfin commencer la séance. Lors de notre dernier échange, j’ai retenu que vous étiez une sorcière simple, appréciant le confort et les très vieilles séries.

― Mouais, il y a du vrai, pas certain que cela soit flatteur !

― Êtes-vous bien consciente de l’image que vous projetez ?

― Couci-couça...

― Vous bottez en touche, Mélula. Votre image extérieure vous semble-t-elle en adéquation avec votre moi intérieur ?

― Sacrée question ! Vous êtes douée, Venda, ça c’est certain.

― On ne parle pas de moi, on s’intéresse à vous, uniquement à vous.

― Heu...

― Répondez à ma question, je vous en prie.

― Malgré mes apparences de sorcière forte, je suis une romantique. Je crois en quelque sorte au prince charmant, même si je ne suis pas dupe pour autant.

― Vous avez raison de croire au grand amour, il existe. Avec de la magie et de la chirurgie, tout devient possible.

― L’usage d’artifices pour être aimé, bonjour les lendemains qui déchantent.

― Mélula, cela fonctionne, j’en suis la preuve. Plus de vingt opérations à mon actif, mon blond n’est pas naturel, ni ma poitrine, ni le reste, mais l’essentiel est l’image que je renvoie.

― Pourtant les nymphes sont réputées pour leur grande beauté.

― Voilà pourquoi je me devais d'être à la hauteur ! Souffrir pour être belle, ce n’est pas rigolo...

― Pas rigolo… Donc je veux aller mollo avec la chirurgie.

― Vous ne seriez pas contre quelques subtiles et infimes retouches ?

― Heu... Cela mérite une longue réflexion à durée indéterminée.

― Quelle image souhaitez-vous donner ?

― L’inverse de ce que je suis ?

― Pour commencer, un relooking vestimentaire s’impose. Toutes vos chemises de nuit en flanelle et vos confortables charentaises vont aller à la poubelle ! Du satin, de la dentelle, des mules à talon pour Mélula !

― C’est tellement chouette que je préfère garder mes vieux vêtements !

Venda rit aux éclats, s’essuya les yeux en tapotant délicatement avec un mouchoir en soie.

― On verra ça à la prochaine séance. Je vais vous envoyer quelques habits d’ici là. Je vous conseille de faire déjà le tri dans vos armoires. À bientôt, Mélula.

― Heu... Je ne suis pas certaine que...

Venda interrompit la conversation Skype, ne laissant pas à la sorcière l’opportunité de finir sa phrase.

****

Avec la transformation de Pingo, Mélula avait presque oublié les séances de coaching, de relooking, et surtout ce fichu Bal des Sorcières Débutantes organisé par la Confrérie de la Sorcellerie. Elle s’imaginait mal avec une robe de soirée, des escarpins et maquillée comme un camion volé.

De plus, il fallait retrouver au plus vite le pigeon-garou avant d’éventuels dégâts. Elle en avait la responsabilité, et puis la fiente miraculeuse allait lui servir pour la fameuse soirée.

Sa magie n’était pas vraiment éteinte, elle sommeillait au fond d’elle, certainement pas loin de la femme fatale. Ses pouvoirs étaient réapparus sous le coup de la colère. Pourquoi cela ne fonctionnait pas avec Venda ? Pourtant la nymphe lui tapait sur les nerfs, mais rien ne se passait. Pas une seule étincelle ne s’était produite ; à son grand désarroi. Elle avait hâte de récupérer toutes ses capacités de sorcière pour retrouver l’auteur de l’énigme du doudou.

Avant de partir à la recherche de Pingo, Mélula devait recontacter le Lapin de Pâques pour lui communiquer notamment les résultats de l’enquête interne de la Lutte des Lutins Ouvriers. Cette fois-ci, elle écrirait un mail afin d’éviter tout intermédiaire de livraison. Des précautions nécessaires pour ne pas attirer l’attention sur elle. Une sorcière avertie en valait deux.

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Défi
Sur le départ

Je n'aurais jamais du fondre pour elle.
Je la vis qui se tenait devant moi. Sa couleur pâle appelait à tout les vices. Sa rondeur m'appelait, je rêvais de l'entourer de mon corps. J'ai dit rondeur ? j'aurai du dire des courbes délicieuses. Charnue comme il faut, aux endroits appropriés. Son odeur sucrée invitait elle aussi aux plaisirs licencieux. D'avance, je me délectais. Je la rêvais pour moi. Je me voyais partager ce temps interdit tous les deux. Dans une atmosphère feutrée, je l'aurai fait fondre de plaisir. Dans la pénombre, nous serions juste elle et moi. Elle serait à croquer.
L'objet de ma convoitise attirait le regard des autres, elle était tellement belle. Je bouillonnais, elle était à moi ! Je refusais de la partager. J'allais faire le premier pas. Moi qui avais l'habitude d'être adulé, je me retrouvais à supplier la belle. 
Elle n'avait pas pu résister à la tentation. Mes tablettes et ma couleur chocolat les faisaient toutes fondre d'envie. Ce qu'elle ignorait c'était que, là, je fondais pour elle.
je l'ai rejointe. L'endroit était moins intime que dans mon imagination. Lorsque je me suis coulé contre elle, j'ai tout oublié, la cuisine, les autres, le bruit. Elle se tenait contre moi. Elle était froide, j'étais brûlant. Pour moi, elle s'était déshabillée. A mon contact, elle s'est réchauffée. Notre osmose frisait la perfection. J'en étais soulevé, près du septième ciel.
Nos températures ont fini par s'accorder. La magie de l'instant s'est estompée. Depuis ce matin, nous attendons, langoureusement collés sur un lit de paillettes, résidus de notre fusion intense. Le froid nous saisit. Des gens nous regardent, me regarde. Je protège ma belle des regards gourmands. Je détourne leur attention par mon corps lisse mais cela ne suffit pas. Au contraire, ce que je cache attise les regards. Des doigts nous montrent. 
- le dôme poire chocolat, s'il vous plait.
le verdict est tombé, nous allons être dégustés. Notre pénombre sera la bouche d'un gourmand où, cette fois, nous nous mélangerons.
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Défi
La_Rêveuse_99
Voici, en réponse au défi "Et pourtant, Scribay a posé cette question", la présentation de mon mot préféré.
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Eirleann Wilde
Juste quelques pensées qui me sont venues à l'esprit, et qui résument ben ma façon de voir l'écriture.
L'occasion également, de m'y replonger et d'à nouveau retrouver le ferveur de la narration.
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