20. Échange téléphonique entre Mélula et Gryfolle

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― Bonjour, Gryfolle. C’est Mélula.

― Oh Mélula, quelle surprise ! Cela fait des lustres que je n’ai pas entendu ta ravissante voix !

― Heu...

― Alors tu arrives enfin à tapoter sur le clavier de ton téléphone, c’est fantastique...

― Je n’ai vraiment pas le cœur à plaisanter. Le temps presse, et j’ai besoin de ton aide.

― Merci sister, je vais comme un charme, et toi comment vas-tu ? taquina Gryfolle.

― Couci-couça... Au fait, j’ai reçu les résultats de l’enquête interne de la Lutte des Lutins Ouvriers.

― Chouette, quelle bonne nouvelle ! Désormais, tu pourras te consacrer à ta quête amoureuse. Et surtout retrouver ta magie !

― L’énigme du doudou est une affaire sérieuse. Je ne connais toujours pas l’identité de l’expéditeur. D’après les investigations menées, quatre hypothèses sont plausibles.

― Tu es beaucoup trop naïve ! Le pôle Nord te fait perdre le Nord.

― Même pas drôle, sœurette ! Écoute-moi, je t’en prie. Selon l’enquête des lutins, le coupable serait peut-être le père Noël ou son épouse, ou une personne extérieure. Ou carrément Gollywari qui est aussi le responsable du service logistique. Pour moi, j’écarte l’option du lutin vengeur.

― J’imagine mal le père Noël et sa femme être les Bonny and Clyde du Pôle Nord. Contrairement à toi, je miserais sur Gollywari, toujours se méfier d’un gentil lutin.

― Ne pourrais-tu pas utiliser tes pouvoirs pour résoudre l’énigme du doudou ?

― Je te rappelle que le père Noël jouit de l’immunité diplomatique de la Confrérie de la Sorcellerie. Aucune magie ! Je n’ai pas envie de perdre ma licence de sorcière pour tes sottises !

― J’ai une faveur à te demander, Gryfolle. Je souhaiterais que tu prennes un gentil lutin pour un stage en sorcellerie. Il pourrait t’aider pour la préparation des potions, faire le ménage ou tes courses...

― Un lutin en stage ! Tu m’as pris pour Mary Poppins ou quoi ?

― J’aurais bien accepté des lutins à la maison, mais sans mes pouvoirs, difficile de passer pour une redoutable sorcière.

― Tu te montres bien redoutable avec ta sister. Les lutins, je les connais de réputation. Ils fredonnent des chansons de Noël toute la journée. Je me connais, je ne vais pas supporter...

― Tu me dois bien ça, car j’ai suivi tes conseils avec Igor Butchy. Je tiens à te dire qu’il m’a fortement déçue.

― Mais t’es gonflée, c’est toi qui m’a demandé sa carte de visite dans l’une de tes lettres !

― Peut-être bien, faut dire que j’avais le moral en berne à ce moment-là.

― T’as gagné, j’accepte de recruter un stagiaire mais à deux conditions. Premièrement, que tu sois assidue dans tes séances de coaching et que tu fasses bien les exercices demandés. Tu n’as jamais été bonne élève. Et deuxièmement, que tu consultes au plus vite un guérisseur.

― Ouais, je te remercie beaucoup. Tu es formidable.

― Non, je suis ensorcelante, répliqua Gryfolle

― La méthode Buchy a bien fonctionné sur toi. J’informe les lutins pour que tu reçoives rapidement une convention de stage. Au revoir, Gryfolle.

― À bientôt Mélula. Ne fais pas trop de bêtises.

****

La sorcière Mélula s’apprêta à rédiger un courrier à l’attention de Gollywari. Finalement, elle pouvait toujours compter sur sa sœur. Et puis un stagiaire en sorcellerie, c’était plutôt une bonne idée. Il s’occuperait des tâches ingrates comme le broyage des ingrédients ou encore le nettoyage des ustensiles et récipients.

Mélula était presque envieuse, car un pigeon voyageur à domicile, hormis manger, dormir et faire caca, n’aidait pas dans les tâches ménagères. Même si, en quelque sorte, elle commençait à apprécier sa compagnie.

Au fait, elle n’avait pas revu Pingo depuis la veille, lorsqu'elle lui avait donné un minuscule morceau de chocolat. Malgré les avertissements de la Compagnie des Pigeons Voyageurs, rien ne s’était passé. La sorcière s’était attendue à une brusque transformation. Rien. Si, un petit changement mineur, l’oiseau avait un peu vomi, mais rien d’alarmant.

Avant d'écrire sa lettre, Mélula arrangea un peu le désordre sur son bureau. En apercevant Roméo le crapaud mange-tout couché sur le ventre, elle le releva délicatement pour lui faire un câlin. Mais une chose effroyable s’était produite. Il manquait un œil à son doudou !

Roméo était devenu borgne ! Bon il restait choupinou, mais sa bouille était défigurée. Pingo avait commis un sacrilège ! La sorcière rentra dans une grande colère. Une étincelle de magie apparut dans la paume de sa main gauche, puis disparut aussitôt. Cela signifiait que ses pouvoirs étaient endormis, mais pas éteints. Elle s’énerva de plus belle, une autre étincelle se produisit furtivement.

Mélula chercha Pingo dans toutes les pièces, il demeurait introuvable. Puis elle observa un mouvement de la nappe qui recouvrait sa table. Elle se baissa pour voir. Des yeux vert fluo l’observaient. Une créature hybride, un croisé entre un pigeon et une sorte de monstre. Pingo avait perdu son plumage. À la place, des longs poils hirsutes de couleur grisâtre avaient poussé. Son petit bec s’était considérablement allongé, de la bave en dégoulinait. Ses pattes avaient grossi, de longues griffes tranchantes se recourbaient à leurs extrémités. La sorcière faisait face à un pigeon-garou !

Au lieu d’attaquer Mélula, Pingo produisit une grande quantité de fiente violette. Elle chercha immédiatement un récipient pour le précieux contenu. Les excréments du pigeon-garou avaient de prodigieuses vertus. Une aubaine pour la sorcière.

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