Blessures

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La nuit fut horrible pour la Raxy. La totalité de son corps la faisait souffrir. Chacun de ses muscles semblait avoir été froissé voir déchiré. Ce n’était pas le cas, Léanne le savait bien, jamais elle n’aurait pu bouger sinon.

En s’asseyant sur son lit, la jeune femme eut pourtant un sourire. Une douleur délicieuse. Elle qui adorait autrefois lorsqu’on lui résistait… Elle avait failli perdre contre un petit boss niveau cinquante, qui correspondait au niveau soixente-dix de son époque. Puisque les jeunes Arquins apprenaient plus vite et mieux, les donjons s’étaient adaptés en augmentant le niveau avec les années.

Ils étaient étranges. Une tour présente dans chaque ville, qui s’adaptait au niveau environnant. Une suite de niveau plus difficile les uns les autres mais qui ne cherchaient jamais à tuer ? Comme pour Endeil, le boss l’avait simplement gardé en attendant que quelqu’un vienne le secourir. Il y avait très peu de chance de mourir en donjon. Comme s’il avait sa propre conscience dans un sens…

Léanne soupira, ce mystère qu’elle avait autrefois prit plaisir à essayer de déchiffrer, il était loin derrière elle maintenant.

Après avoir choisit une nouvelle robe, puisque celle de la veille n’était plus utilisable, la Raxy partit dans son bain. En se déshabillant elle eut un nouveau sourire. Son corps était bien abîmé en effet. Ses bras étaient entièrement bleus, son abdomen et le haut de ses jambes également. Par la douleur, Léanne soupçonna même une côte cassée. Heureusement, ses mains, le bas de ses jambes et sa longue queue rousse quelque peu noircie avaient été épargnés. Une robe longue cachant ses bras serait suffisante.

Mais une fois dans l’eau bien sûr, la Raxy ne voulait plus sortir, restant immobile les yeux fermés à tenter de faire taire ses douleurs.

  • Léanne ?

Elle sursauta, renversant un peu d’eau sur le sol, avant de soupirer :

  • Je suis dans mon bain Laurent.
  • Désolé, tu es sûre que ça va ?
  • Oui.
  • La robe est vraiment abîmée.
  • Je vais bien.
  • Hum… Katie est malade aujourd’hui, je vais avoir besoin de toi.
  • J’ai presque fini.

La Raxy se pressa donc pour sortir, se sécher et s’habiller.

Mais une fois de retour dans sa chambre elle s’étonna d’y retrouver Laurent, assit sur son lit à l’attendre.

  • Tu me montres ?
  • Quoi ?
  • Tes blessures.

Elle soupira en voulant s’avancer vers la porte, mais l’homme vient très vite s’interposer :

  • Ne fait pas l’enfant Léanne.
  • Ce sont des égratignures.
  • Tu en es certaine ? Ton corps n’est plus aussi résistant qu’avant et tu le sais.
  • Oui je le sais, je sais aussi reconnaître quand je suis gravement blessée.
  • Avec ta fierté ça m’étonnerais.

Un lourd silence vint s’installer entre eux.

Léanne ne voulait pas admettre qu’elle avait faillit perdre contre un niveau cinquante. Laurent savait bien qu’elle était blessée, par ce qu’Heneris lui avait raconté, et si personne n’insistait elle ne se ferait jamais soigner.

Mais la jeune femme fini par croiser ses bras.

  • Il y a du monde en bas, on doit aller s’en occuper.

Laurent soupira :

  • Très bien, pour aujourd’hui on en reste là, mais demain tu prends ta journée et tu vas te faire soigner.
  • Pourquoi faire ?
  • Te soigner peut-être.
  • Inutile.

Elle partit alors vers la porte, il la suivit de près :

  • S’il te plait Léanne, je sais que tu es blessée.
  • Je vais bien.

La Raxy disparue très vite en cuisine pour être tranquille.

Elle savait ce que s’était d’être réellement blessée, et ce n’était actuellement pas son cas. Certes, une côte cassée restait probable, mais elle pouvait toujours bouger alors elle ne pensait pas avoir à s’inquiéter.

La journée fut difficile. Les plateaux emplis de verres et d’assiettes lui paraissaient beaucoup plus lourds qu’à l’habitude. Léanne faisait attention, se fatiguer le moins possible sans laisser à Laurent le temps de s’inquiéter davantage.

Finalement, peut-être accepterait-elle une journée de repos.

Alors que la Raxy faisait une légère pause en cuisine, l’une des autres serveuses murmura non loin d’elle :

  • Il va manquer de la viande.
  • Oui, nous n’avons presque plus de sel ni d’épices non plus.

Léanne se leva pour venir près d’elles :

  • De quoi avez-vous besoin les filles ?

Elles hésitèrent, alors la Raxy leur sourit :

  • Ça va, il y a assez de serveuse dans la salle je peux y aller.
  • Bien…

L’une lui dressa donc une liste d’ingrédients.

C’était un heureux hasard. Habituellement c’était Katie qui s’en chargeait, puisqu’elle était absente pour la journée Léanne pourrait ainsi se reposer en prenant sa place.

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