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[...]


Michael passa le seuil de la porte et balança sa sacoche sur le canapé. Il monta l’escalier au pas de course et entra dans la chambre située gauche dans le couloir. Les murs beiges étaient recouverts de différentes photos, pour la plupart représentant Alex et Michael. Au centre de la pièce, Sebastian était allongé sur un lit en bois.

D’un bond, Michael y monta et posa sa main sur le front de son ami qui était bouillant. Il souleva la couverture et avisa le bandage qui recouvrait l’épaule de l’homme. Il était devenu rouge.

– Imbécile, chuchota Michael.

– Je t’entends, tu sais ?

Michael faillit sursauter. Sebastian ouvrit les yeux, le dévisageant avec passion. Ses cheveux bruns et gris désordonnés lui tombaient sur le visage en mèches indisciplinées, ce qui fit sourire Michael. Contrairement à lui, Sebastian ne s’était jamais vraiment soucié de son apparence et avait eu tendance à se laisser un peu aller ces dernières années.

– Je ne suis pas encore mort, ne crois pas que je vais te laisser t’en tirer de cette façon. Où est mon chien ?

– Ne t’en fais pas, il va bien. Il a été un peu sonné par un des soldats mais il se repose maintenant. Il sera remis sur pieds bien avant toi.

– Et les gardes, que leur est-il arrivé ? Je ne me souviens plus de rien après avoir pris cette balle.

Michael desserra le nœud de sa cravate et défit trois boutons de sa chemise.

– Il se peut, dit-il ensuite, qu’ils soient morts.

– Morts ? répéta Sebastian.

– Oui, morts. Tu sais, cet état que l’on atteint après la vie.

– Je te remercie, je sais ce que veut dire « mort ». Ce que je cherche à savoir, c’est si tu as vraiment tué ces trois débiles et si c’est le cas, comment tu vas expliquer ça à l’Armée.

– Pour ce qui est de l’explication, ne t’en fais pas je m’en suis déjà chargé. Et quant à savoir si j’ai tué ces trois soldats, alors la réponse est oui. Je t’ai vu te faire tirer dessus et je n’ai pas eu d’autre choix que d’intervenir. Je n’allais pas laisser mon meilleur ami mourir devant mes yeux. Sauf qu’à partir de là, je ne pouvais pas laisser de trace.

– J’aurais bien aimé voir ça, confia Sebastian avec un large sourire. Le grand Michael Thompson, seul contre trois gardes armés. Je suis sûr que tu n’en as fait qu’une bouchée.

– Si tu savais, c’est à peine si j’ai transpiré. Le Pouvoir des Thompson est toujours en moi.

Cette fois, Sebastian rit franchement, ce qui lui arracha une grimace. Sa poitrine se soulevait de plus en plus difficilement, ce qui n’échappa pas à son ami.

– Repose-toi, ordonna Michael, je reviendrai te voir plus tard.

Il se leva, et commençait à sortir de la pièce quand Sebastian le rappela.

– Fais attention à toi, lâcha-t-il dans un soupir.

– Toujours, répondit Michael en fermant la porte derrière lui.


Le soleil avait commencé sa descente dans le ciel. L’air était devenu plus frais, obligeant Alex à mettre la capuche de sa veste sur sa tête. Elle avait plongé ses mains dans ses poches pour tenter de se réchauffer, en vain. Elle avait repris sa marche depuis un peu moins d’une heure mais elle se sentait déjà fatiguer. Elle aurait voulu s’arrêter et savourer un délicieux repas. Son ventre lui faisait regretter de ne pas avoir été rempli à chaque nouveau pas qu’elle faisait.

Le silence de la forêt l’inquiétait et elle ignorait où aller. Son objectif était de continuer à remonter vers le nord mais elle n’avait absolument pas le sens de l’orientation et ignorait si le chemin qu’elle suivait était le bon. Tout ce qu’elle espérait, c’était rester dans cette forêt le plus longtemps possible afin de demeurer à l’abri des regards indiscrets.

Mais après plusieurs heures, elle parvint sur une route. Les étoiles brillaient dans le ciel, éclairant le bitume abîmé. De l’autre côté de la rue, un panneau annonçait l’entrée dans une ville. Très peu sûre de son coup, Alex dut finalement se rendre à l’évidence ; elle n’avait d’autre choix que de passer par les habitations, priant que pour les patrouilles de l’Armée soient à un tout autre endroit à ce moment.

Après s’être assurée qu’il n’y avait personne, elle traversa la route au pas de course et entra dans la ville. Elle était dans un quartier résidentiel où des maisons s’alignaient le long d’une rue aux larges trottoirs. Alex n’eut aucun mal à imaginer la vie telle qu’elle avait dû l’être autrefois. Des enfants jouant au ballon sur les pelouses vertes, les parents rentrant et garant leur voiture dans l’allée de leur garage le soir venu.

Aujourd’hui, les jardins étaient jaunis et non entretenus. Plus aucun véhicule n’apparaissait dans les allées. Les maisons étaient délabrées et certaines portes étaient marquées d’une grande croix rouge, signe des traîtres. Le cœur battant, Alex se faufila entre les pavillons et en avisa un en retrait.

La croix peinte sur la porte donnait à penser qu’elle était inoccupée. Elle la contourna, repéra une fenêtre en verre. Utilisant la crosse en argent du pistolet, elle frappa violemment contre le carreau qui se brisa. Elle s’engouffra à l’intérieur, prenant garde à ne pas se couper avec les bouts de verre qui dépassaient de la bordure.

Elle se retrouva dans une pièce qui avait dû servir autrefois de salon. Le canapé était perforé en son milieu, la table en bois était cassée et de nombreux objets avaient été renversés de leurs étagères. Alex passa une main sur le rebord de la cheminée, dévoilant une fine couche de poussière. Elle passa la porte sur sa droite et se retrouva dans la cuisine.

C’était une pièce plutôt grande aux murs verts et décorée avec goût. Comme pour le salon, de nombreux objets étaient sur le sol et Alex craignit de ne rien trouver ici. Elle commença à fouiller dans les différents placards, jetant tout ce qui était ouvert ou percé. Elle finit par mettre la main sur un paquet de biscuit, encore hermétiquement fermé. La date de péremption était passée de deux ans mais, au point où elle en était, une infection intestinale serait le cadet de ses soucis.

Elle prit un premier biscuit dans sa bouche, lorsqu’un bruit attira son attention. Elle voulut prendre son pistolet mais remarqua qu’elle l’avait laissé sur la cheminée dans l’autre pièce.

– Lâche-ça tout de suite, lui ordonna une voix.

Un homme se tenait dans l’embrassure de la porte. Il était vêtu d’un pantalon noir et d’un sweat à capuche. Une casquette était posée sur sa tête, ne permettant pas à Alex de voir son visage. En revanche, elle remarqua sans peine l’arme que ce dernier braquait sur elle. Il aurait été inutile de tenter quoi que ce soit.

– Je suis affamée, dit-elle.

L’homme eut un rire sarcastique.

– C’est le cas de beaucoup de gens dans ce pays. Et là, tu pioches dans mes réserves.

– Je pensais que la maison était inoccupée, se justifia la jeune fille.

– Fous le camp, répondit l’homme en désignant la porte avec son arme. Et emporte ces biscuits avec toi maintenant que tu as plongé ta main immonde dedans.

Alex ouvrit la bouche pour répliquer mais n’en fit rien. Mieux valait ne pas courir de risque. Elle sortit de la cuisine à pas feutrés, récupéra son revolver et le glissa dans son sac, puis se faufila par la brèche dans le carreau. Une fois qu’elle fut sûre que l’homme n’était plus derrière elle, elle détala aussi vite que possible.

Elle s’arrêta plusieurs mètres plus loin, après qu’elle eut quitté le quartier résidentiel. Son butin toujours serré contre elle, elle s’adossa à un bâtiment pour reprendre son souffle. Il fallait qu’elle soit plus prudente à l’avenir. Si cet homme avait vu son visage, il aurait pu aller alerter l’Armée et elle aurait été ramenée à San Francisco pour être exécutée par son propre père.

Une fois que son cœur eut retrouvé un rythme normal, elle rangea ses biscuits dans son sac et reprit son chemin. Il fallait qu’elle sorte de cette ville au plus vite. Après avoir vérifié qu’elle était seule, elle se remit à courir, d’une allure plus lente cette fois. Elle traversa le centre de la ville et parvint enfin à la sortie. Elle replongea dans l’obscurité de la forêt et accéléra le pas.


Très vite, elle n’eut plus aucune notion du temps. Elle marchait toute la nuit, allant même jusqu’à courir quand elle se sentait assez en forme. Puis, quand le soleil commençait à se lever, elle s’arrêtait et trouvait un endroit à l’écart de tout pour se reposer en sécurité. Pas une fois elle n’avait croisé des gardes de l’Armée dans les bois.

Elle avait été contrainte de traverser une autre ville mais n’avait pu y trouver à manger. Elle était affamée, à bout de forces, et consciente que sa fuite était sur le point de se terminer. Plus elle continuait à remonter vers le nord, moins elle supportait de dormir dehors. Le froid la piquait, pénétrant ses vêtements et glaçant chaque partie de son corps.

Elle ignorait depuis combien de temps elle était partie lorsqu’elle s’écroula sur le sol en plein milieu de la nuit. Une pluie fine tombait et ses habits étaient trempés. La bouche entrouverte pour tenter de respirer convenablement, Alex attendit. Le temps lui parut durer une éternité. Quand elle essaya de se lever, elle retomba sur l’herbe humide. Ses jambes ne pouvaient plus la porter.

Le cœur battant, elle ramena ses mains sous sa tête et ferma les yeux. Il fallait qu’elle dorme.

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