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La pénombre était reine. La lune avait pris la place qui lui revenait de droit dans le ciel, maîtresse des étoiles et de la nuit. Bien qu’elle ne soit pas pleine, on la distinguait très clairement. Il suffisait de lever la tête pour apercevoir l'immense cercle blanc. Alex aurait aimé se perdre dans la contemplation de cette lune. Son corps entier ne demandait que ça. S'asseoir et se laisser bercer par la clarté apaisante qu'elle prodiguait.

Sa respiration était complètement saccadée. Elle ne s'était pas encore arrêtée pour boire et sa gorge en feu lui donnait l'impression de ne pouvoir être éteinte qu'à coups de lance à incendie. Son dos souffrait du poids du sac que lui avait remis son père et dont elle n'avait pas encore inspecté le contenu.

Malgré l'humidité de la nuit, les bois étaient secs. Pas une fois elle ne glissa sur l'herbe. Sa course était régulière, bien qu'elle ait perdu en rythme depuis son départ. Elle aurait voulu s'arrêter mais le soleil ne s'était pas encore manifesté et elle souhaitait mettre un maximum de distance entre elle et l'Armée.

Levant les yeux, Alex repéra l'aigle dont elle ne savait rien, mais qu’elle était censée suivre. Après plusieurs heures de course, elle avait fini par reconnaître que sa présence était rassurante. Bien qu'extenuée, elle accéléra encore l'allure. Elle était désormais le gibier d'une immense chasse à l'homme. Et l'Armée ne cesserait jamais de la traquer.


Le garde attrapa la corde et la lança à un autre, debout sur le ponton. Ce dernier s’en saisit et l'enroula autour d'un petit pylône. Le bateau percuta l’embarcadère, faisant légèrement vaciller les passagers à son bord.

Michael, lui, ne bougea pas. Il resta fermement campé sur ses jambes, les bras croisés, le regard dur. Il n'attendit même pas que l'on descende la passerelle. Il sauta à terre, ignorant les soldats qui le saluèrent en citant son nom.

Empruntant le chemin qui menait au bâtiment principal, il accéléra encore l'allure. L'île d'Alcatraz avait été réquisitionnée aussitôt après l'arrivée de l'Armée au pouvoir. Ils avaient investi les locaux, transformant l'ancien pénitencier en quartier-général. Les réunions qui s'y déroulaient rassemblaient les plus hauts dignitaires et Michael y possédait un bureau d'où il pouvait mener son recrutement à bien.

Après avoir grimpé à vive allure, il passa devant deux soldats, au garde-à-vous, qui lui ouvrirent la porte. À l'intérieur, la prison n'avait guère changé. Les rangées de cellules s'étiraient vers le haut, toutes remplies de fonctionnaires chargés des petites affaires de la ville.

Michael traversa l'allée au pas de course jusqu'à l'ancien réfectoire. Les vieilles tables en bois, sur lesquelles des centaines de détenus avaient mangé, étaient collées les unes aux autres pour n'en former qu'une seule. La pièce avait été réaménagée en salle de réunion.

– Commandant Thompson, le salua Roberts en le voyant arriver.

Il devint vite livide en voyant le visage rongé par la colère de Michael.

– Roberts, êtes-vous de naissance un incapable ou vous forcez-vous quand le cœur vous en dit ?

Les deux yeux de l'homme se rétractèrent pour ne plus former qu'une petite fente. Il posa le stylo qu'il tenait dans sa main droite qui fut soudain prise de tremblements.

– Je ne comprends pas, bredouilla-t-il.

– J’aimerais savoir comment un éminent membre de notre bienveillante Armée tel que vous, en qui j’ai placé toute ma confiance, a bien pu envoyer des soldats armés chez moi et leur donner l’ordre de me tuer !

Roberts ne réagit pas, comme Michael s’y était attendu. Il en profita pour abattre son poing sur la table. Voir Roberts dans un tel état de panique le faisait jubiler.

– Vos hommes ont fait feu sur moi ! s’insurgea Michael.

– Que voulez-vous dire par là, Commandant ?

Poussant un soupir d’exaspération, Michael s’empara de l’arme d’un garde et tira. La balle alla se loger sur le fauteuil de Roberts, quelques millimètres au-dessus de son épaule à peine. Michael rechargea le fusil d’un geste net et précis.

– Voulez-vous que je recommence une fois ou avez-vous compris ce que je voulais dire par « faire feu » ?

– C’est parfaitement clair, monsieur.

– Fort bien. Dans ce cas, auriez-vous l’amabilité, et je ne vous le répèterai pas une troisième fois, de me dire pourquoi ces hommes nous ont tiré dessus ?

– Nous ?

– Oui Roberts, nous, soupira Michael, ce nous se référant à moi-même, mon ami, qui a toujours été un fervent admirateur de notre glorieuse Armée, et mon chien. Pourquoi Diable avez-vous tiré sur mon chien ?

– Commandant, je vous assure que je n’ai rien à voir avec ceci.

– L’ordre venait pourtant de vous, non ?

– Bien sûr, mais en aucun cas je n’aurais sommé de faire feu sur vous !

L’homme marqua une petite pause pour reprendre son souffle.

– Je me chargerai personnellement de punir ces soldats, monsieur.

– Vous n’en aurez pas besoin, soupira Michael. Ils sont morts, tous les trois.

Michael s’assit sur une chaise en face de Roberts et prit un air triste.

– Je n’ai pas eu d’autre choix que de les tuer, reprit-il. J’espère que vous comprenez à quel point cela m’a été désagréable. Ces soldats faisaient partie de notre Armée, ils étaient des nôtres. Après avoir tué le premier, j’ai supplié les deux autres de se rendre. Ils ne m’ont pas écouté. Pourquoi ont-ils agit de cette façon, Roberts ?

– Je vais ouvrir une enquête, monsieur. Leur crime ne restera pas impuni.

– Contentez-vous d’annoncer la nouvelle à leur famille.

Michael se leva et, sans même un regard en arrière, quitta la salle d’un pas décidé.


Alex ouvrit difficilement les yeux. Elle se redressa et s’adossa au pied de l’arbre duquel elle avait dormi. Son corps entier la faisait souffrir, vestige de la nuit qu’elle venait de passer à courir. Elle n’avait aucune idée de l’heure qu’il était mais le soleil dans le ciel semblait montrer qu’il n’était pas encore midi.

Son sommeil avait été troublé par le souvenir de l’homme qu’elle avait tué. Elle le revoyait, tombant lourdement sur le sol, sa chemise tâchée de sang. Elle entendait sa femme crier, hurler à la mort. Se frottant énergiquement les yeux pour tâcher d’oublier ces images, Alex se tapa la tête contre l’écorce de l’arbre.

Il fallait qu’elle se change les idées. Elle attrapa le sac que lui avait donné son père et qu’elle n’avait pas lâché depuis la veille. C’était un vieux sac en toile, usé et à la couleur indéfinissable tant elle était ternie. Elle l’ouvrit et commença à en inspecter le contenu.

Il n’y avait pas grand-chose d’intéressant. Elle avait espéré y trouver de quoi manger mais ce ne fut pas le cas. Aucun signe de nourriture, et encore moins d’une quelconque chose à boire. Elle continua de fouiller et trouva une montre à cadran en vieux cuir noir abîmé. Elle accrocha le bracelet autour de son poignet, bien qu’il soit un peu trop grand pour elle, et en profita pour regarder l’heure. Un peu plus de dix heures du matin.

Poursuivant sa fouille, elle attrapa un petit engin. C’était un écran rectangle, si fin qu’il en était presque transparent, avec un bouton rond en bas. Comme elle avait vu son père le faire plusieurs fois des années auparavant, elle appuya sur le bouton rond avec son pouce.

L’écran s’alluma et une photo s’afficha. On pouvait y voir Alex, âgée de sept ans, une batte de baseball à la main. Sebastian courait derrière elle, les bras grands ouverts, tandis que le visage de Michael apparaissait au premier plan. Tous souriaient, figés dans un état d’euphorie comme ils n’en avaient pas ressenti depuis longtemps.

Faisant glisser son doigt sur le terminal pour le déverrouiller, Alex parvint sur une autre page où s’affichait une photo d’elle, petite. Elle devait avoir cinq ans à peine et riait aux éclats. Un petit signal lumineux clignota soudain en haut à droite. Elle n’avait pas assez côtoyé la technologie pour savoir ce que cela signifiait, mais l’écran devint aussitôt noir. Elle appuya sur le bouton à plusieurs reprises mais rien ne vint. Il était comme endormi. Pestant, Alex remit le téléphone dans son sac et sa main rencontra un objet froid, métallique.

Elle le sortit et plissa les yeux. C’était un pistolet dont la crosse était en argent. Alex n’en avait jamais vu d’aussi gros, à l’exception de celui que son père gardait toujours avec lui. Son doigt parcourut la crosse dans laquelle deux lettres étaient gravées. M&T.

– Michael Thompson, murmura-t-elle à voix basse.

Elle vérifia que la sécurité était enclenchée puis, comme on le lui avait appris à l’académie, fit de même avec le barillet. L’arme était chargée, prête à être utilisée. Alex se demanda pourquoi son père lui avait donné cette arme, la deuxième du jeu qu’il possédait.

C’était un lâche et les quelques heures qu’elle avait passées à fuir dans la forêt n’avaient fait que conforter cette idée. Il avait été trop loin, il n’y avait plus de voyage retour possible. Trop de sang coulait sur ses mains. Son cœur était trop gravement atteint pour espérer être soigné.

Alex se leva pour s’étirer. Les bois étaient calmes. Elle attrapa son sac et examina les alentours. Elle ne se sentait pas prête à reprendre la route tout de suite mais il fallait qu’elle trouve un autre endroit plus à l’abri pour dormir.



[...]

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