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[...]

Le souffle coupé, Alex reprit très vite ses esprits. Cela lui rappelait les longues heures de combats au Centre, où l’on ne devait pas s’arrêter avant qu’un des deux adversaires ne soit au tapis. Sa nuit sans sommeil lui porta préjudice. Très vite, elle se retrouva allongée sur le sol, son binôme l’étranglant avec son bras droit. Elle tenta de la renverser mais n’y parvint pas ; la blonde était bien plus costaude qu’elle.

Du coin de l’œil, elle aperçut Casey se diriger vers elles. Le Lieutenant la tira brusquement vers le haut pour la remettre sur ses deux pieds, puis la sonda de ses deux petits yeux marron.

– Thompson, c’est ça ?

– Oui, madame.

– Nous attendons bien plus de votre part. Votre père y compris.

– Mon père ? interrogea Alex, qui ne voyait pas trop où elle voulait en venir.

– Il est venu nous trouver ce matin. Il veut que l’on fasse de vous un excellent soldat, afin que vous soyez rattachée à sa garde personnelle.

Alex faillit s’étrangler en entendant cela.

– Vous n’êtes pas sans savoir que votre père est un élément important de notre Armée. Le Général, notre grand maître à tous, a d’ailleurs expressément demandé à ce que le Commandant Thompson bénéficie de la protection de soldats très entraînés.

– Il serait bien mieux protégé par des soldats expérimentés, souligna Alex.

– Je ne peux qu’être d’accord avec vous. Toutefois, le Commandant veut que ce soit vous, et il en sera ainsi.

Voilà comment, dans un mouvement invisible et brillant, Michael Thompson avait décidé de continuer à lui pourrir la vie : en la gardant auprès de lui pour surveiller le moindre de ses mouvements, et ainsi s’assurer qu’elle ne désobéisse pas à l’Armée. Si son père avait été un clou et elle un marteau, Alex aurait cherché à l’enfoncer encore et encore, jusqu’à ce qu’il disparaisse sous la surface.

Ses pensées vagabondaient tandis que son regard se dirigeait vers le mur derrière elle. Son père, désormais seul, avait les yeux rivés sur elle. Il avait la main devant sa bouche, son index frottant doucement sa joue, comme à chaque fois qu’il réfléchissait. Il semblait absorbé dans sa réflexion, oubliant le remue-ménage autour de lui.

Aucune émotion n’apparaissait dans son regard. Alex aurait été bien incapable de dire ce qu’il ressentait à cet instant. À vrai dire, elle n’en était plus capable depuis dix ans. Autrefois, elle lisait en lui comme dans un livre ouvert, comprenait la moindre de ses émotions. Il lui suffisait d’être proche de lui pour savoir de quoi il en retournait. Les mots étaient vains.

– À terre, ordonna Casey, ramenant Alex à la réalité.

Le visage du Lieutenant était tout aussi inexpressif que celui du Commandant. Mais la pointe de son bâton en bois indiquait clairement le sol recouvert de tapis.

Ne comprenant pas, Alex se mit sur le ventre, ses bras devant elle.

– En position de pompes, poursuivit le Lieutenant.

Éberluée, la jeune fille se plia pourtant aux exigences. Elle ramena ses bras au niveau de sa poitrine, se plaça sur la pointe des pieds. Casey ne devait pas trouver sa position adaptée puisqu’elle lui fit baisser son dos de quelques centimètres à l’aide de son bâton. Puis elle se mit à compter.

Jamais Alex n’avait subi pareille humiliation. Elle entendait les rires moqueurs des autres recrues, imaginait sans aucun doute la satisfaction de son père. Une goutte de transpiration perla sur son front et s’écrasa sur le sol.

– Cinq. Six. Sept. Plus vite !

Le bâton du Lieutenant fendit l’air, frôlant la joue humide de la jeune fille. Elle accéléra la cadence. Ses bras se pliaient au rythme des cris de Casey. Sa poitrine se soulevait, puis se rabaissait. Elle sentait les battements de son cœur continuer d’accélérer.

– Vingt-sept. Vingt-huit.

Une sensation d’engourdissement s’installa dans les bras d’Alex. Sa respiration était haletante. Deux pompes plus tard, elle s’effondra sur le sol.

– Debout ! vociféra le Lieutenant.

Épuisée, face contre terre, Alex ne bougea pas. Elle reçut un coup de bâton sur le dos qui la fit se rouler en boule. Elle porta ses mains à son ventre, consciente des regards braqués sur elle. Son père avait disparu de son poste d’observation et cette simple pensée la rassura : il n’aurait pas matière à se moquer de son inaptitude criante.

– Encore dix de plus !

Alex ferma les yeux, tentant de reprendre tant bien que mal sa respiration. Un autre coup de bâton lui fut assené sur la tête, lui arrachant un grognement de douleur. Elle était à présent prostrée sur le sol, ses bras recroquevillés autour d’elle pour parer à l’éventualité d’un nouveau coup.

– Stop !

Michael venait d’apparaître dans le coin gauche de la salle, les mains dans ses poches comme à son habitude. Il avançait, le regard perçant, les yeux rivés au Lieutenant Casey. Tout le monde s’effaçait à son passage, s’alignant parfaitement, les bras le long du corps.

Casey arrêta ses coups, attrapa Alex par le col et la força à se relever.

– Saluez le Commandant, lui ordonna-t-elle.

Les mains continuant d’enserrer son ventre, Alex leva le visage vers son père et le défia du regard.

– Lieutenant Casey, reprit ce dernier tout en continuant de fixer sa fille, est-ce vraiment là des manières de former nos jeunes recrues ?

– Commandant, ce sont vos ordres. Je me dois de faire de mademoiselle Thompson un soldat endurci, afin qu’elle puisse vous protéger le moment venu.

– Outre le combat, nous nous devons d’apprendre à nos élèves la discipline, le savoir-faire et le respect. Comment voulez-vous leur apprendre le respect si vous les frappez alors qu’ils sont à terre ?

Le Lieutenant ne trouva rien à répondre. Elle se tenait droite comme un « i », son bâton tenu fermement dans sa main gauche.

– Mademoiselle Thompson s’est mal comportée, Commandant. Je ne fais que lui apprendre la discipline.

– Elle s’est fait battre, Lieutenant. Ce sont des choses qui arrivent.

– On ne peut en attendre aussi peu de la part de quelqu’un qui sera amenée à protéger un des membres les plus éminents de notre noble Armée.

Un rictus sarcastique déforma le visage de Michael.

– Elle n’est pas à la hauteur, je comprends. C’est d’ailleurs pour cela que vous êtes là, pour la pousser à bout. Je continue toutefois de penser que nous nous devons d’être des exemples pour nos jeunes recrues.

– Avec tout le respect que je vous dois, Commandant, mademoiselle Thompson n’a pas les épaules pour faire un bon soldat. L’entraîner ne représente qu’une perte de temps. Nous ferions mieux de nous préoccuper des recrues prometteuses, qui ont un avenir réel.

Ce fut une impulsion. Elle avait agi de façon spontanée, sans se soucier des conséquences de son acte. Elle n’avait rien planifié et n’aurait su dire quel mot du Lieutenant Casey l’avait poussée à agir.

Toujours est-il qu’Alex avait plongé dans les jambes de sa supérieure, la faisant lourdement tomber sur le sol. Elle leva son poing pour l’abattre sur le visage de Casey mais la main de son père lui agrippa violemment le poignet.

– Insubordination ! s’insurgea Casey.

Elle se défit de l’emprise d’Alex sans difficulté, se releva et la menaça de son bâton, le visage déformé par la colère.

– C’est une honte ! Commandant Thompson, je vous demande l’autorisation de punir mademoiselle Thompson. Nous ne pouvons tolérer ce genre de comportement !

– Ce ne sera pas nécessaire, Lieutenant.

– Mais, Commandant, il faut…

– Elle doit être punie, la coupa Michael, oui je sais. Mais je vais m’en charger personnellement.

Alex n’eut pas le temps de riposter. Son père raffermit sa prise autour de son poignet pour la tirer à sa suite. Une douleur aigüe assaillit l’avant-bras de la jeune fille tandis qu’elle suivait Michael. Ce dernier accéléra l’allure, ignorant les regards des recrues, et entra dans le vestiaire. Il ferma la porte, lâcha Alex qui commença à se frotter énergiquement le poignet.

– Connard, grommela-t-elle.

– Je te demande pardon ?

Il faisait bien plus froid dans le vestiaire que dans la salle. Alex frissonnait lorsque son père fondit sur elle.

– Tu m’as fait mal, se défendit la jeune fille en reculant d’un pas.

Elle sentit le contact froid du carrelage dans son dos. Elle ne pouvait plus s’échapper.

– J’ai essayé de te sauver la mise ! s’indigna Michael. Tu étais au tapis, en train de te faire rouer de coups ! Si je n’étais pas intervenu, tu t’en serais tirée avec bien plus qu’un poignet endolori.

– Je ne t’ai pas demandé de l’aide. Pourquoi tu n’essayerais pas de me laisser gérer ma vie comme je l’entends, au moins une fois dans ton existence ?

– Si je suis autant sur ton dos, c’est justement pour éviter que tu ne fasses des bêtises. Tu es toujours en train de te mettre dans tes situations impossibles, de te faire remarquer.

– À qui la faute ?

– À toi ! Je sais que tu détestes l’Armée, je sais que tu me détestes, mais si tu refuses de devenir un sympathisant, fais au-moins en sorte de ne pas te faire remarquer. C’est si compliqué que ça à comprendre que je ne fais que mon devoir de père ?

– Tu as arrêté d’être mon père à l’instant où tu as prêté serment à l’Armée Blanche. Si je peux compter sur quelqu’un aujourd’hui, c’est sur Sebastian.

Michael écarquilla les yeux. Alex crut voir une lueur de tristesse dans son regard. Il ouvrit une première fois la bouche pour parler, la referma aussitôt.

– Très bien, finit-il par lâcher. Tu sais quoi ? J’abandonne. Fais ce qui te chante, puisque tu sembles de toute façon penser que tu es assez grande pour te débrouiller. En revanche, ne compte pas sur moi pour venir t’aider la prochaine fois

Il commença à s’éloigner, se retourna finalement.

– Encore une chose.

– Oui ?

– Je suis désolé pour ça, mais il faut que ça fasse vrai.

Avant qu’elle ne comprenne, il lui balança son poing dans la figure. Sous le choc, sa tête heurta le carrelage sur le mur et elle tomba assise sur le banc. Portant ses mains à son nez, elle découvrit qu’elle saignait.

– Je suis désolé, s’excusa encore Michael.

Et, pour la première fois depuis très longtemps, il sembla à Alex qu’il disait la vérité.

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Je m'appelle Humphrey Embrun et mon histoire commence le 23 Novembre 1897 à Londres, capitale de l'Empire britannique, dans les tréfonds de l'East Side. Mon père s'appelait Pierre Embrun et ma mère Élisabeth York. Mon père avait été marin dans la marchande britannique pendant 27 ans, il était second sur le Georges V et nous vivions honnêtement dans une modeste maison en Cornouailles. Je ne m'en rappelle plus vraiment, j'étais trop jeune. Mon père rapportait suffisamment d'argent pour que ma mère n'ait pas à se préoccuper de trouver un travail et qu'elle puisse prendre soin de moi sans qu'elle est jamais à penser aux dépenses. Nous vivions humblement mais correctement et à cette époque j'ai même pu aller à l'école pendant plusieurs années. Nous ne voyons mon père que deux ou trois fois par an environ, le temps d'effectuer plusieurs traversées vers les colonies et de revenir. Je l'admirais énormément à l'époque comme tout gosse admire ses parents quand ils se battent pour lui. Ce qui me plaisait le plus en eux c'est qu'ils semblaient heureux , jamais ma mère ne pleurait et jamais mon père ne haussait la voix, pas une seule fois depuis ma naissance. Un jour mon père est rentré à la maison, il s'était cassé le dos au cours d'une tempête quand une caisse de thé mal accrochée lui était tombée sur le dos. Il s'était effondré et avait passé l'ensemble de son voyage en convalescence. Et le voilà qui revenait chez nous, appuyé sur une canne, l'air grave et désolé. Ma mère était inquiètes, mon père était solide et une blessure, même grave, ne le préoccuperait pas autant. Il venait de perdre son travail, le pire des maux à l'époque. Ma mère me fit vite comprendre que nous allions devoir déménager vers Londres tandis que mon père s'échinait en vain à trouver en travail. Toutes les portes lui étaient fermées, après tout comment pourrait-il être bûcheron alors que son dos était cassé ? Comment pourrait-il tenir un magasin sans savoir compter ? C'était perdu d'avance. Je quittais mon enfance en Cornouailles ainsi que mes amis, mes souvenirs heureux et mes sensations importantes pour l'Est puant et mauvais de Londres.
 J'avais onze ans, je n'étais jamais venu à la capitale et je mourrais d'envie de voir la plus grande ville du monde, quelle déception. En une rue je voyais plus de crasse, de débauche, de crimes contre l'humanité que la plupart des hommes du monde n'en verront de leur vie. C'était donc cela l'Enfer et je n'avais pas encore idée d'à quel point. C'est donc là que commence ma véritable, le 23 Novembre 1897, jour de mes dix ans et de mon arrivée dans l'East Side, à Londres centre du Monde. Mon père devint alcoolique, la chose qu'il désirait le plus lorsqu'il était en Mer était de nous revoir, ma mère et moi, et voilà que depuis qu'il était revenu il buvait pour se croire à nouveau sur u navire, aboyant les ordres du capitaine à ses subordonnés. Ma mère devint la seule source de revenu de la famille pendant un long moment, jusqu'à mes 14 ans elle travaillerait seule dans les manufactures de tissu pendant douze heures par jour tout en m'élevant et en entamant notre budget pour le logement et pour la nourriture pour répondre aux besoins de boisson de mon père. On pourrait croire qu'elle en aurait eu marre de lui et de ses dépenses, mais ils s'aimaient malgré tout et elle voyait combien il souffrait de honte et de douleur physique à-cause de son impuissance. Elle devait penser intérieurement que la boisson devait être le meilleur moyen pour lui de finir sa vie sans douleur. Depuis le début de leur mariage elle le respectait, lui qui passait des semaines en Mer à faire un travail difficile et dangereux pour nous nourrir tous deux et là encore elle le tenait en haute estime. Malgré son comportement désespéré, mon père n'agissait pas comme la plupart des alcooliques. Jamais il n'a levé la main sur moi et il était toujours aussi doux avec sa famille qu'aux premiers jours, il était triste et bon comme tous les grands hommes. Je décidais que je me devais d'aider mes parents et même si ils refusaient de me laisser travailler avant mes quatorze ans, je les aidaient autrement. Je prenais soin de mon père, nettoyait l'immonde location de deux pièces que nous partagions à trois et volait quand c'était possible, de la nourriture sur le marché. Jamais je n'était pris, j'étais habile pour ce genre de choses et j'avais la discrétion de tous les enfants invisibles. C'est à cette époque que je rencontrais James et Sal, des Irlandais qui faisaient la loi dans les rues. Bien entendu ces grands criminels étaient craints par tout Londres à condition qu'il fasse nuit, qu'ils soient à dix contre cinq et que leur adversaire ne dépasse pas les quatorze ans. Je les aimaient bien. A l'époque tout les autres enfants me détestaient parce que mon père était d'origine française et que j'avais grandi en Cornouailles, loin de la vraie ville, mais Sal qui était pourtant timide m'intégra vite à la bande. Et un jour où j'étais avec Sal et son frère James, un gang rival du Westside les insulta, les traita de singes et commencèrent à les imiter. En réalité ce n'étaient qu'une bande de bourgeois fils de Lord qui s'en prenaient à nous parce que nous étions des immigrés sans personne pour nous protéger. Mais en se moquant de mes amis parce qu'ils étaient Irlandais, ils oublièrent vite leur réputation. Ce n'était certainement pas la première fois qu'ils se battaient, et leur honneur gaélique les tenait de répondre à ce genre de provocation par les poings. Et si les petits anglais se reposaient sur leur nombre, ils ne s'étaient pas aperçus que leurs deux ennemis les dépassaient un peu en âge et en taille. Quant à moi, si je n'étais guère impressionnant, j'avais tout de même un certain courage et la présence de mes amis l'encensait, je me sentais la force d'Ajax et l'habileté d'Achille. Et voilà James le plus âgé des deux frères qui se jette sur un blond de deux têtes plus bas que lui et qui l'envoie rouler sur les pavés. Je me jette à mon tour dans la mêlée suivi de Sal qui se coltine deux gars à la fois, il a un véritable talent pour se battre. En deux coups de poings nous mettons les jeunes en fuite et même si un coup à l'estomac m'a coupé le souffle, je me retrouve soudé avec deux amis que je me promets de ne jamais lâcher.
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